Désolé d'avoir mis autant de temps pour poster la suite, mais je passais le bac. Maintenant c'est terminé et je vais pouvoir achever ma fic.


Chapitre 2 : J'ai peur


« Capitaine Flamme, tu n'es pas de notre galaxie. »

Voilà ce que chantait la TV depuis 3 bonnes minutes. Mokuba, âgé alors de 4 ans, fixait avec enthousiasme l'écran, les yeux remplis des images qui défilaient.

« C' est pas vrai ! Le générique dure plus longtemps que l'épisode lui-même ou quoi ? Gémit Séto à l'autre bout de la pièce.

- Chut !!! - fit son jeune frère. - Capitaine Flamme, tu es là ...

Le garçon chantonnait en même temps que le générique jusqu'à ce que l'écran devienne noir soudainement. Il se retourna furibond vers son frère qui tenait la télécommande à la main.

« Rallume ! Grogna-t-il.

- T'as pas besoin de voir ces bêtises.

- Rallume ! Hurla Mokuba en se jettant sur son frère.

Tout deux s'écroulèrent par terre. Mokuba était affalé sur Seto et essayait vainement de récupérer la télécommande. Seto retenait tant bien que mal un fou rire. Il voulait paraître le plus sérieux possible aux yeux de son frère.

Mais ils n'étaient pas seuls au monde dans ce minuscule appartement. Leur père fondit sur eux en hurlant :

« Est-ce que vous allez la fermer ? Bon sang, fermez-la ! Madie, fais les sortir. »

La-dîte Madie, leur mère, releva la tête de la table. Elle avait le visage bouffi et les yeux à demi-clos.

« Les enfants, filez dans votre chambre. » La cocaïne qu'elle venait de prendre avait rendu sa voix plus rauque qu'à l'accoutumée.

Les 2 frères se précipitèrent vers une petite pièce ; Mokuba le premier. Le père gifla Madie qui tombait de sa chaise sous le choc. Seto, resté dans l'entrebaillement, fixa la scène avec un apparant détachement.

« Toi, va dans ta chambre ! » Dit son père en se retournant vers lui.

Seto s'exécuta en refermant la porte derrière lui. Puis, il s'assit sur lit avec son frère dans les bras. Il posa ses mains sur les oreilles de Mokuba. Celui-ci ferma des yeux emplis de larmes et enfoui sa tête dans la torse de son grand frère.

Les cris et les bruits sourds continuaient à fuser dans la pièce voisine.

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Ce n'est que 8 heures plus tard, vers 19h, que Seto se décida à sortir pour aller chercher de la nourriture dans la cuisine. Tout était sombre dans l'appartement et il se dirigea prudemment dans l'obscurité ambiante. La porte du frigidaire émit une sorte de grincement en s'ouvrant. Seto prit une bouteille de lait, des tomates et une boite de fromage.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Le garçon sursauta et ses provisions s'écrasèrent par terre. Il releva la tête vers son père et murmura en ramassant la nourriture :

« Rien, je prenais juste ...

Vous avez faim avec ton frère ? Interrogea le père.

Sans le regarder, Seto hocha la tête imperceptiblement.

« Bien, appelle Mokuba. Je vous ai préparé à manger. »

Quelques minutes plus tard, les 2 frères étaient installés à table, tandis que leur père faisait réchauffer le dîner dans la poëlle.

Avec un grand sourire, il se retourna et s'écria :

« Poulet au currie, j'espère que vous aimez. »

Mokuba tendit prestemment son assiette.

« Moi en prems. »

Quant il eut estimé que son estomac allait mieux, Mokuba demanda à son père, la bouche encore pleine :

« Où est Maman ? »

Pour la première fois, Seto quitta son assiette des yeux et fixa son père.

« Ne me regarde pas comme ça ! » Ordonna ce dernier.

Ce furent là les derniers mots qu'il prononça de la soirée.

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Seto borda son frère, puis se coucha dans son lit à son tour. Il s'endormit presque aussitôt tandis que Mokuba jouait avec sa peluche favorite, son doudou.

Vers 1 heure du matin, Seto se retourna en grognant. Il fronça les sourcils quand, du coup, la lumière, le reveilla. Il ouvrit les yeux tant bien que mal et distingua peu à peu son frère à la lumière de sa veilleuse. Celui-ci était assis sur son lit, la couverture remontée jusqu'au menton ; il se balançait d'avant en arrière. Seto se leva et se mit à genoux devant le petit lit de son frère.

« Moki, qu'est-ce qui se passe ?

- J'ai perdu Doudou, mon lapin. »

Seto jette un oeil par terre ; le lapin en question dépassait en dessous du lit.

« Il est juste là. Moki, pourquoi tu ne le récupère pas ? »

Des larmes étincelèrent et Mokuba ouvrit la bouche, mais ne prononça pas un mot. Il luttait visiblement pour trouver ses mots, comme si son jeune âge l'empêchait d'exprimer ce qu'il ressentait.

« J'ai peur. Finit-il par murmurer.

Il n'y a rien. Aucun monstre n'est sous ton lit.

Il y a toujours un monstre et Doudou est tout seul avec lui.

Seto prit les mains de son frère et lui souffla doucement.

« Non, non, il n'est pas tout seul. Je suis là ...je suis là avec toi. Les monstres grognent beaucoup, mais au fond, ils ne sont si méchant. »

Le garçon marqua un temps et poursuivit :

« Papa, ne te fera pas de mal Mokuba.

Il frappe Maman..., gémit le petit garçon en laissant les larmes roulées sur ses joues.

C'est vrai – admit son grand frère. - Mais pas nous. Nous, il ne nous touche pas. »

Voyant que ses paroles avaient l'effet escompté, Seto se racla la gorge.

« Aller, il faut dormir maintenant. »

Mokuba se recoucha et gardant la main de son frère dans la sienne, il s'endormit rapidement.

Le reveil sonna 6 heures plus tard. Seto s'était endormi contre son frère et il portait la marque des draps sur sa joue droite. A cette heure-ci, Buck et Madie étaient déjà en train de « travailler ». Lui en train de vendre sa drogue et de récuperer l'argent de ses prostituées. Elle, en tant que prostituée, en train d'essayer d'attirer le client malgré ses bleus.

Après le petit déjeuner, Mokuba et Seto se rendirent dans la salle de bain. Face au miroir et au lavabo, les deux frères tenaient chacun une brosse pleine de dentifrice.

« Prêt ? - Interrogea Seto. - Partez ! »

Le dentifrice se mit alors à mouser à une vitesse folle. Mokuba mimait le bruit d'une voiture de course en agitant frénétiquement la brosse dans sa bouche. Seto, avec la même rapidité, s'appliquait quand même à ne pas éclabousser la salle de bain de mousse.

« Stop ! » Cria-t-il en avalant un peu de dentifrice.

Mokuba cracha dans le lavabo, s'écria qu'il avait gagné et s'aprêta à sortir.

« Une minute, dit son frère en le saisissant par le col. - Rince-toi la bouche avant de partir ! »

Quelques instants plus tard, il accompagnait Mokuba à la maternelle. Puis il se rendit lui-même dans son école. Celle-ci et celle du petit frère étaient adjacentes et faisaient cantine commune ; c'est pourquoi les 2 frères mangeaient toujours ensemble.

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7 rames de métro plus loin, Madie fut soudain prise de nausée alors qu'elle faisait une pipe à un client. C'était étrange car satisfaire un homme de quelque façon que se soit ne l'avait jamais un jour dégoutée à ce point. Pris d'un vertige, elle continua néanmoins sa « tache ». Buck ne serait pas content si elle rentrait les mains vides. Il lui en voulait suffisemment qu'elle lui ai pondu 2 gosses et qu'elle ai en plus voulu les garder. Lorsque son nez se mit à saigner, elle se demanda si elle n'aurait pas dû avorter pour leur propre bien.