Il y avait donc assez pour acheter un balai. Un très très bon balai, même. Un éclair de feu pour être précis, ainsi qu'un nécessaire d'entretien à balai complet dans un coffret de bois exotique. Ils lui trouvèrent des vêtements du côté du Londres moldus, et décidèrent de revenir sur Londres plus tard, lorsqu'ils devraient faire des achats pour Poudlard profitant de l'occasion pour compléter son inventaire.
Au final, le style de Juliet était assez garçon manqué. Seuls les cheveux poussant assez bas sur son crane étaient laissés longs, retenus en une queue basse qui tombait dans son dos.
Trois t-shirt, deux jeans, une paire de baskets, un pull-over pour les soirées fraiches, un pyjama, un sac besace qui pouvait aussi faire office de cartable, et quelques sous-vêtements plus tard, ils rentrèrent à Loutry Ste Chaspoule. Laissant MacGonagall à Londres, chez elle.
Juliet s'était aussi achetée une ceinture, de sorte à pouvoir toujours garder sa baguette magique sur elle.
Kirke Diggory, la mère de Cédric avait raison, les Weasley étaient assez nerveux avec l'arrivée de Harry qui était proche ainsi que celle de la coupe du monde. C'est pourquoi, Rémus ne se permit pas d'aller leur présenter Juliet de but en blanc. Il envoya d'abord un courrier à Arthur... etc. Mais tout devait se faire petit à petit.
Quand ils eurent fini de ranger leurs achats dans la chambre de Juliet dans le nouvel appartement de Rémus, Cédric se retira et ce fut la première fois que Rémus et Juliet se trouvaient seuls, l'un avec l'autre.
-Tu sais... tu aurais raison de m'en vouloir pour ne pas t'avoir adoptée plus tôt..., murmura-t-il la gorge toute sèche d'un relan de culpabilité
-Adopter quelqu'un -à mon sens en tout cas, ce n'est pas comme choisir une paire de chaussures ou une nouvelle cape de voyage. C'est important. Et vous savez, je ne vous en aurais même pas voulu si vous ne m'aviez tout simplement pas adoptée du tout. J'ai conscience que c'est un certain lot de responsabilités...
-D'ici deux semaines, les Weasley iront chercher Harry Potter, ton demi...
-Oui, je sais. Rémus, je ne dis pas ça pour écourter la soirée mais j'ai eu beaucoup de séquences émotions aujourd'hui et j'ai du me lever particulièrement tôt alors...
-Tu ne veux pas manger un bout?
-Non, par contre, je veux bien un verre de lait.
-Je vais te le chercher.
Elle entendit les pas de Rémus dans le couloir, puis, dans l'escalier. Elle en profita pour enfiler rapidement son pyjama, elle détacha ses cheveux, posa ses lunettes et sa baguette sur la petite tablette de chevet puis elle se glissa sous ses draps.
Son tuteur remontait, un verre de lait à la main, il entrouvrit la porte doucement et quand il constatait qu'elle était vêtue, il entra vraiment. Pour poser le verre sur la tablette.
-Minerva m'a... expliqué que tu ne savais pas grand chose de ton père.
-Rien à part son nom.
-Alors laisse-moi te dire deux mots sur lui. D'abord que tu... tu n'as rien à lui envier. Tu lui ressembles tellement... Et j'ai lu que tu avais tendance à faire les mêmes... péripéties. Ton frère lui ressembles énormément lui aussi. Mais il tire aussi de Lily et il y a certaines situations dans lesquelles il reste... il reste trop... je ne dis pas qu'il manque d'expérience, au contraire. Harry a affronté des choses qu'aucun autre sorcier n'a eu et n'aura à affronter. Mais parfois, sur certaines choses, il reste incroyablement naïf et... Et je suis content que tu sois rentrée aussi pour veiller sur lui.
-D'accord.
-Autrement, lança-t-il un peu mal à l'aise, Amos Diggory vient de m'envoyer un hibou. Il m'a dit qu'il t'offrait une place pour la coupe du monde de Quidditch si tu veux y aller avec eux ou même avec les Weasley.
-Génial!! La coupe du MONDEEEEE!!!
Elle sortit de son lit et sauta de partout frénétiquement à tel point que Rémus s'inquiétait de la voir se cogner quelque part à un moment donné.
-Bon. Maintenant, quelques nouvelles beaucoup moins réjouissantes. Comme Minerva te l'a expliquée, Dumbledore voulait que tu restes sur le sol américain pour te savoir en sécurité.
-Oui.
-Maintenant tu es sur le sol anglais.
-Oui.
Elle se demandait sincèrement si Rémus n'avait pas oublié la chute de sa phrase, parce que faire durer les choses comme ça... Ou alors ce qu'il avait à dire serait vraiment très grave.
-Mais on pense que tu peux quand même être en sécurité chez nous à condition que tu ne … Que tu ne portes pas le nom de Potter. Je me suis arrangé avec Molly et Arthur Weasley. Avec Minerva MacGonagall et avec les Diggory. Si tu es d'accord, parce qu'il faut que tu sois d'accord, d'abord. Tu seras Juliet Lupin. Juliet P. Lupin. Et tu ne devras jamais dire ce que signifie « P. » .
-Ça veut dire que Harry ne saura pas que j'existe, si je comprends bien.
-Tu comprends bien.
-Bon. Ce n'est pas grave. L'important c'est que je sois près de lui. Qu'il le sache ou qu'il l'ignore, c'est du pareil au même.
Elle se glissa dans son lit de nouveau et Rémus s'éclipsa après lui avoir souhaité une bonne nuit. Par bonheur, elle avait laissé sa fenêtre ouverte, ce qui lui épargna d'être dérangée à deux reprises, d'abord par un chat et ensuite par un hibou.
Le chat venait de Cédric
La coupe du monde de Quidditch aura lieu le vingt-cinq août, nous partirons le vingt cinq très tôt dans le matin. Je suis content que tu sois une fan de Quidditch, on pourra en discuter pendant plusieurs siècles!
Dans la gazette des sorciers à la rubrique sports il y a des bons de commandes pour des multiplettes qui sont à un prix défiant toute concurrence. Si ça t'intéresse on passera commande ensemble.
Passe une bonne soirée,
Cédric.
Et le vieux hibou venait des Weasley :
Nous allons chercher ton frère pour qu'il passe les vacances avec nous, ce sera plus simple de l'emmener voir la coupe du monde cette façon. Elle n'a lieu que fin août mais Harry n'aime pas trop la famille dans laquelle il est, donc si tu veux venir le chercher avec nous (hors de question que nous dévoilions qui tu es pour autant, rassure Rémus à ce sujet) nous y allons dimanche à cinq heures précises.
Elle retourna le papier et répondrait le lendemain puisqu'elle n'avait pas encore de plume ou d'encre dans sa chambre.
Le lendemain matin, elle descendit joyeuse dans la salle à manger, uniquement séparé de la cuisine par une cloison à mi-hauteur.
-Mes amis de Salem seraient rassurés si je leur écrivais des lettres pour dire que je vais bien. Il y a une volière de hiboux postaux dans le coin?
-Oui, à l'autre bout de la rue.
-Et une papeterie?
-Aussi.
Lupin préparait le déjeuner.
-J'ai une faim de loup!!! s'écria-t-elle en se jetant (sens particulièrement propre) sur le thé et les toasts grillés.
-En parlant de loup je ne pourrais pas être là ce soir. Ni cette nuit. Et je reviendrais probablement tard dans la journée de demain.
-Hm. Ok.
-Si tu ne veux pas rester seule, tu pourras aller dormir chez les Weasley.
-Ok.
-Ce sera l'occasion de voir du monde.
-D'accord.
-Ou chez les Diggory.
-Rémus, j'ai passé ma vie dans un orphelinat. Je peux supporter de rester seule une nuit et une journée.
-On m'a dit que tu dormais dans un dortoir plein à craquer, pourtant.
-En effet. Mais la solitude ne peut que me faire du bien. Ce sera l'occasion idéale pour écrire à mes amis en toute quiétude et sérénité. Ok?
-Je suis rassuré que tu le prennes comme ça.
-Par contre, sans indiscrétion, quand tu … quand tu es comme ça, tu vas passer où la nuit?
-Dans une maison en ruines à Pré-Au-Lard. J'y suis seul et tranquille.
-Bon. Et bien ça ne doit pas être agréable... donc on va pas épiloguer. Le thé est délicieux.
-Merci. Sinon je peux demander à une amie de passer te voir.
Hm. Juliet Potter aurait apprécié de pouvoir l'envoyer sur les roses en avançant sa capacité à se débrouiller convenablement, mais il avait l'air très inquiet.
-Et si j'allais passer la soirée chez les Weasley avec Cédric puis, je remonterai ici pour passer la nuit sous le girond de cette amie. Ça irait comme ça?
Elle se foutait de sa gueule mais lui répondit d'un air très sérieux :
-Oui, comme ça, ce serait parfait. Je vais envoyer un hibou à Tonks pour la prévenir.
Elle ne put retenir son regard le plus blasé qui soit et quand elle s'en aperçut, elle le plongea rapidement dans son bol de thé fumant.
-Tu veux faire quelque chose aujourd'hui?
-Hm... pas spécialement. Je vais faire un tour dans les environs en balai p'têtre, et puis, comme je te l'ai dit, il faut que j'écrive, c'est important. D'autre part, je me demandais si je pouvais écrire à Harry en tant que ta nièce ou quelque chose dans ce genre là.
-Je ne vais pas t'empêcher de lui écrire mais il faut que tu pèses bien chacun de tes mots, d'accord?
-Oui.
Rémus fouilla dans sa poche et en tira un peu d'or.
-Tu iras t'acheter de quoi écrire et prendre un abonnement à la volière pour la liaison Angleterre-États Unis avec ça. Si tu n'as pas envie d'y aller immédiatement, il y a une rame de parchemin dans le secrétaire du salon et deux plumes neuves dans le tiroir de droite. L'encre est avec.
-Merci.
-Pour ce qui est de voler, il faut que tu le fasses à une certaine altitude et que tu ne t'écartes pas de Loutry Ste Chaspoule et environ. On va dire, limite maximum, le Terrier. C'est là qu'habitent les Weasley tu assimileras seule le nom et l'architecture de la maison, pas de soucis pour te repérer, t'en fais pas.
-D'accord. Tu vas faire quoi de ta journée, toi?
-Je n'ai pas encore eu le temps d'installer convenablement mes affaires dans mon bureau, je crois que je vais prendre mon temps donc ça va durer toute la journée. Il faut aussi que j'envoie un hibou à Dumbledore et l'un dans l'autre... faudra pas oublier d'aller à pré-au-lard assez tôt...
-Ok.
Ils prirent leur petit-déjeuner très tranquillement avant que chacun n'aille se consacrer à ses activités.
