Bonjour tout le monde !
Voilà la suite :-)

Merci à Caroline et à Kiitsu pour leur review (aux autres lecteurs aussi bien sûr mais je leur ai déjà adressé mes remerciements par MP, ce que je ne peux pas faire avec les non inscrits)

Caroline : Tu m'en vois ravie ! :-) C'est gentil. Les review comme celles-là reboost pour écrire, c'est assez incroyable ^^ Bises

Kiitsu : Ah ah ! Mystère ^^ Tu verras au fil des chapitres. Pour le moment, Kendra n'est pas du tout "in love" avec Sev'. C'est Kendra qui raconte l'histoire, donc bien évidemment, ce seront ses ressentis que vous percevrez. Néanmoins, l'histoire sera centrée en grosse partie sur Sev' et sa fille chérie. Voilà, il me semble t'avoir répondu. Bises. PS : utilise la poste des Moldus, ça fait moins mal ! ;-)


Chapitre 3 - Bienvenue à Poudlard !


Le mois d'août touchait à sa fin, on sentait l'amenuisement touristique, la fin de l'été, presque le raccourcissement des journées. La rentrée s'annonçait. Dans quatre jours, les petits Moldus et les petits sorciers retourneraient à l'école. Et moi aussi. Cette idée me mettait en émoi. Je me revoyais étant gamine, devant la grande porte de l'Institut des Sorcières de Salem, toute heureuse et impatiente de retrouver mes amies et d'apprendre de nouvelles choses, avec le sac en tissu orné d'un pentacle magique que tout le monde trouvait bizarre. Cette fois, rien ne serait pareil. J'irais dans une école que je ne connaissais pas, avec des gens que je n'avais jamais vus, en tant que prof totalement inexpérimenté et qui craignait – il fallait bien l'avouer – de ne pas réussir à faire ses preuves.

Je relus le dernier message que Dumbledore m'avait envoyé avant de le ranger dans la poche de mon pantalon. Il disait ceci :

Chère Kendra,

Je vous attends le mardi 29 août, à onze heures, au collège Poudlard. Une collègue viendra vous chercher.

Cordialement,

Albus Dumbledore

J'avais de la chance de travailler pour un directeur si attentionné. Après tout, j'aurais pu me débrouiller toute seule, je connaissais l'emplacement de l'école puisque j'avais lu L'Histoire de Poudlard.

A dix heures et demie, je vérifiai le contenu de ma valise, la déposai devant la porte d'entrée, et fis le tour de la maison pour être sûre de ne rien avoir oublié. Puis, pour faire passer le temps, je décidai de trier les papiers que j'avais laissés sur mon bureau. Parmi eux, il y avait un double de la lettre de démission que j'avais adressée à mon ancien employeur Moldu, les lettres que Hope et mes parents m'avaient envoyées pour me féliciter d'avoir décroché un nouveau job dans le monde de la sorcellerie et un dessin de Kim. J'observais ce dernier avec un sourire attendri. Ma fille m'avait représentée dans une salle de classe remplie d'élèves, debout sur une estrade, avec une baguette magique aussi longue que mon bras. « Elle n'a pas encore le sens des proportions », songeai-je en riant intérieurement.

Soudain, le carillon retentit. J'enfouis précipitamment le dessin de Kim dans mon sac à main, en attrapai l'anse et allai ouvrir. Je me retrouvai face à une grande dame à l'allure stricte et sévère. Elle était vêtue d'une robe écossaise et avait des cheveux noirs, tirés en arrière et attachés en chignon, et des yeux perçants derrière des lunettes carrées.

- Bonjour, professeur Campbell, dit-elle.

Professeur Campbell… Cela me faisait tout drôle !

- Je suis le professeur McGonagall. Je suis la directrice-adjointe de Poudlard et j'enseigne la métamorphose. Le directeur m'a demandé de vous conduire au collège.

- Bonjour, professeur, répondis-je. Je suis au courant. Dumbledore m'a envoyé un hibou.

Il y eut un silence pendant lequel elle examina mon débardeur noir, la croix gothique que je portais autour du cou, le tatouage qui ornait mon avant-bras droit et la mitaine qui recouvrait le gauche, mon pantalon agrémenté de chaînes et mes chaussures plateforme en pinçant les lèvres.

- Rassurez-moi, vous ne comptez pas enseigner dans cette tenue ? demanda-t-elle.

Son ton sec, presque désagréable, me prit au dépourvu.

- Je… euh… non. Non…bien sûr que non.

Elle réajusta ses lunettes.

- Bien. J'imagine que vos affaires sont prêtes ?

- Oui, elles sont juste là, dis-je en montrant la valise qui se trouvait derrière moi.

- Eh bien, prenez-les, nous partons, répliqua-t-elle, toujours aussi sèchement.

- Oui… oui, tout de suite.

Pourquoi avais-je dis cela avec une toute petite voix ? On aurait dit une gamine intimidée qui venait de se faire réprimander. J'avais l'art et la manière de passer pour une gourde !

« Ressaisis-toi, ressaisis-toi », m'intimai-je mentalement.

Je sortis ma baguette magique, fis venir mon long manteau noir que j'enfilai prestement, réduisis ma valise et mon sac à main, et glissai le tout dans mes poches.

- Comme vous n'êtes jamais venue à Poudlard, vous allez transplaner avec moi, dit le professeur McGonagall.

Elle désigna son bras. Je le pris délicatement et je me sentis tournoyer dans les airs avant de reprendre contact avec la terre ferme, face à un immense portail orné de têtes de sangliers. Le professeur prononça une incantation compliquée et celui-ci s'ouvrit. McGonagall me fit signe de passer devant elle, referma le portail d'un coup sec et nous primes le chemin qui s'offrait à nous. Droit devant, je pouvais voir les tours du château de Poudlard qui se détachaient sur le ciel. Hautes, sombres, pointues, elles m'auraient presque parues menaçantes.

- Vous avez un beau terrain de Quidditch, constatai-je en regardant à droite.

- C'est vrai, répondit McGonagall. Vous pratiquez ?

- Pas tellement. Quand j'étais élève à Salem, je jouais surtout au Quodpot.

- Ah, vraiment ? s'étonna-t-elle. Ici, le Quidditch est très populaire. Chaque maison a sa propre équipe et nous organisons régulièrement des tournois. A la fin de l'année, la maison qui a gagné le plus de matchs remporte la coupe.

- J'ai hâte d'assister à ces matchs. Serait-ce la forêt interdite que l'on voit là-bas ?

Je montrai une vaste étendue d'arbres sur ma gauche.

- Tout à fait, dit McGonagall. A la lisière, il y a la cabane de Hagrid. Hagrid est à la fois le garde-chasse et le professeur de soins aux créatures magiques de l'école.

Nous étions arrivées devant le château. Nous grimpâmes les marches qui permettaient d'accéder à la grande porte en chêne et entrâmes dans un hall gigantesque, éclairés par des torches enflammées fixées aux murs. Le plafond était très haut, me faisant sentir étrangement petite.

- Waouh ! fut tout ce que je trouvât à dire.

McGonagall me montra un grand escalier de marbre et nous montâmes au deuxième étage. Je me laissais guider comme une automate, admirant les murs en pierre ancienne, couverts de tableaux qui me saluaient les uns après les autres. Bientôt, nous nous arrêtâmes devant une gargouille.

- Suçacide ! s'exclama le professeur McGonagall.

La gargouille s'écarta, et le mur qui se situait derrière se sépara en deux, révélant des escaliers de pierre en colimaçon.

McGonagall s'engouffra dans les escaliers, j'en fis autant et ceux-ci montèrent lentement, tel un escalator, tandis que le mur se refermait derrière nous. Les escaliers débouchaient sur une porte de chêne soigneusement polie avec un marteau d'airain en forme de griffon. McGonagall frappa à la porte.

- Entrez ! fit la voix de Dumbledore.

La porte s'ouvrit sur une large pièce circulaire. C'était une très jolie pièce. Elle comportait plusieurs fenêtres – dont l'une qui donnait sur une partie des montagnes entourant le château –, de nombreux portraits, des tables à pieds fins supportant de curieux instruments d'argent, une étagère sur laquelle trônait un vieux chapeau miteux, une vitrine contenant une belle épée, une cheminée, et un grand bureau derrière lequel se tenait le directeur.

- Bonjour, Kendra, dit-il en se levant. Bienvenue à Poudlard !

- Bonjour, répondis-je. Merci, votre école est splendide.

- Ravi qu'elle vous plaise autant. Asseyez-vous, toutes les deux.

Je m'assis en face de lui, à côté du professeur McGonagall.

- Kendra, je vous ai fait venir dès aujourd'hui pour vous laissez le temps de découvrir Poudlard et ses habitants.

Vous êtes ici dans mon bureau. Vous pourrez m'y trouver tout au long de l'année, pour n'importe quel motif. J'insiste, vous devez vous sortir libre de venir me voir à tout moment.

Il claqua des doigts et une clé dorée apparut au creux de sa main.

- Voici la clé de vos appartements, ajouta-t-il en me fixant de ses yeux bleus intenses. Gardez-la précieusement, ce n'est pas une clé banale. Une fois qu'elle aura fermé votre porte, personne d'autre que celui qui la détient ne pourra la rouvrir.

Il me donna la clé.

- C'est un système ingénieux, remarquai-je en la caressant doucement. Mais pourquoi ne pas se contenter de sorts de verrouillage ? Il y a en d'excellents.

- Le problème, Kendra, c'est que nos élèves sont excellents aussi. Seuls les sortilèges qui protègent le château sont suffisamment puissants pour résister aux plus brillants d'entre eux. Et je ne tiens pas à équiper toutes nos portes intérieures avec, cela prendrait trop de temps.

- Laissez-moi deviner, dit le professeur McGonagall. C'est Severus qui est à l'origine de cette idée ?

Dumbledore échangea un regard complice avec ma nouvelle collègue et hocha la tête en souriant malicieusement.

- Severus Snape est le maître des potions, dit-il simplement en réponse à mon air interrogateur.

Il claqua à nouveau des doigts et un petit rouleau de parchemin apparut sur mes genoux.

- Ceci contient les différents mots de passe de l'école. Vous devrez en prendre connaissance rapidement et le faire disparaitre ensuite.

- Bien, monsieur, dis-je en le rangeant dans ma poche.

- Minerva va maintenant vous montrer vos appartements et votre salle de classe. Vous pouvez aménager ces deux pièces comme bon vous semble. L'important est que vous vous y sentiez bien.

Le professeur McGonagall se leva.

- Vous avez des questions ? me demanda-t-elle.

- Aucune.

- Alors allons-y.

Je saluai Dumbledore et je suivis McGonagall hors du bureau. Nous longeâmes le couloir jusqu'à une porte close. Je fis glisser la clé dans la serrure et nous pénétrâmes dans une salle sobre, comprenant un bureau, deux sièges, un placard et une étagère vide. Au fond, il y avait une autre porte. J'allais l'ouvrir et découvris une chambre avec un lit deux places, une table de chevet, une armoire et un grand miroir.

- Vous êtes ici chez vous, dit le professeur McGonagall, alors qu'un sourire envahissait mon visage. Installez-vous et rejoignez-moi dans mon bureau, à l'étage du dessous. Prenez votre temps, nous ne sommes pas pressées.

McGonagall s'éclipsa, me laissant seule dans mon nouveau chez-moi. Je déballai mes affaires et entrepris de les ranger dans les meubles mis à ma disposition. Ensuite, j'accrochai un drapeau américain au-dessus de mon bureau et posai une photo de ma fille sur ce dernier. Je m'occuperais du reste de la décoration plus tard.
J'hésitai un instant avant de troquer ma tenue contre une robe de sorcière de couleur noire, plus propice à l'endroit, et pris le chemin du premier étage. Je trouvai aisément le bureau du professeur McGonagall. C'était une pièce agréable, meublée de bois et agrémentée de motifs écossais.

- Vous avez fait vite, commenta-t-elle. Venez, je vais vous faire visiter le château.

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Ooo

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Voilà, c'était fait, j'avais fait le tour du château. Rapidement bien sûr, car il était bien trop vaste pour que je pusse tout visiter en une seule journée. Je connaissais l'emplacement des pièces essentielles, comme les salles communes des quatre maisons, le bureau de leurs directeurs, le réfectoire, la bibliothèque, l'infirmerie, ma salle de classe… Bref, j'étais suffisamment informée pour me débrouiller toute seule dans cet immense endroit.

Minerva McGonagall était de bonne compagnie. Sous ses airs froids et sévères, j'étais persuadée que se cachait une personne sensible avec de vraies valeurs humaines, telles que la droiture et la sincérité.

En fin d'après-midi, elle m'entraina dans le parc pour me faire visiter les serres où se déroulaient les cours de botanique. Nous y rencontrâmes Pomona Chourave, qui enseignait la matière précédemment citée. C'était une petite femme replète, avec des cheveux gris en désordre recouverts par un chapeau rapiécé. Elle était très gentille et ce fut un réel plaisir de partager une tasse de thé avec elle.

Vers six heures, nous rentrâmes toutes les trois au château, direction la Grande Salle, pour le dîner. La Grande Salle était superbe. Elle comportait un plafond enchanté qui reproduisait le temps qu'il faisait dehors. On y trouvait quatre longues tables pour les quatre maisons de l'école. D'après ce que m'avait dit le professeur McGonagall, la plus près de la porte était celle de Serpentard, puis venait Serdaigle, Poufsouffle, et contre le mur du fond, Gryffondor. En face d'elles, sur une estrade, il y avait la table réservée aux professeurs.

Je m'assis entre mes deux collègues, discutant de sujets divers et variés. Nous fûmes rejointes par trois autres professeurs dont je fis rapidement la connaissance : Aurora Sinistra, Septima Vector et Hagrid.

Le professeur Sinistra était une femme assez mystérieuse, difficile à cerner au premier abord, qui enseignait l'astrologie. Le professeur Vector était une petite femme très énergique qui dispensait les cours d'arithmancie. Elle était amusante et je m'entendais bien avec elle. Hagrid, quant à lui, était quelqu'un qui semblait avoir un cœur aussi gros que sa personne, ce qui n'était pas peu dire car c'était un demi-géant.

Toutes ces personnes avaient été informées de ma venue le jour-même et elles étaient toutes très accueillantes, ce qui me surprenait agréablement car j'avais craint de ne pas être acceptée tout de suite, en vertu du fait que j'étais une étrangère qui, contrairement à elles, n'avaient jamais été élève à Poudlard et qui n'avait jamais donné un seul cours.

Ce fut le cœur léger que je quittai la Grande Salle pour aller me reposer dans mes appartements. Je m'endormis aux alentours de minuit, sereine et comblée.

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Ooo

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Les trois jours qui avaient suivi mon arrivée à Poudlard avaient été remplis de découvertes et de surprises. J'avais rencontré tous mes collègues, à l'exception du professeur de potions qui n'était pas encore arrivé, et ceux-ci m'avaient apporté un soutien précieux. Ils m'avaient bien informée sur le fonctionnement de Poudlard, aidée à me repérer dans le château, à préparer mes premiers cours et Minerva m'avait même briefée sur l'attitude à adopter face aux élèves. La veille de la rentrée, je me sentais fin prête à commencer mon nouveau métier.

- Kendra ! m'interpella une petite voix flutée alors que je m'apprêtais à sortir de la salle des professeurs.

- Oui, Filius ?

Filius Flitwick était le professeur de sortilèges. Il avait la particularité d'être vraiment petit.

- Nous avons une réunion professorale cet après-midi, à deux heures, vous n'oubliez pas ?

- Ne vous inquiétez pas, c'est enregistré ! dis-je avec un sourire.

Je refermai la porte derrière moi et allai m'aventurer du côté de l'infirmerie, dans l'espoir de trouver Mme Pomfresh à qui je voulais demander un remède pour le mal de tête lancinant que j'éprouvais depuis mon réveil.

Sur le chemin du retour, j'aperçus une silhouette qui m'était inconnue. En m'approchant, je vis qu'il s'agissait d'une jeune fille efflanquée, pâle, comme si elle était malade, avec un nez crochu, des cheveux d'ébène et des yeux magnifiques, très noirs. J'eus l'impression de tomber dans un puits sans fond quand je croisai son regard.
Je m'étonnai de sa présence ici :

- J'avais cru comprendre que les élèves n'arrivaient que demain, dis-je calmement.

- Les élèves ordinaires, certes, mais pas moi, répondit froidement la jeune fille.

Autant dire que j'étais loin d'imaginer pareille réponse. Quelle arrogance !

- Qui êtes-vous ? enchaîna-t-elle abruptement.

J'hésitai à répondre, irritée par le ton employé.

- Kendra Campbell, le nouveau professeur de défense.

Un sourire narquois se dessina sur les lèvres de l'adolescente.

- Ah. Eh bien, j'espère que vous serez plus performante que votre prédécesseur, professeur Campbell.

Sa remarque me figea sur place. Pour qui se prenait cette petite peste ?

- Eh bien, moi, j'espère que vous serez plus humble et polie lorsque vous serez dans ma classe, Miss… ?

Elle ne devait pas s'attendre à ce que je la reprisse de cette façon car elle sembla un instant déconcertée et battis plusieurs fois des paupières.

- Snape, dit-elle, sur un ton plus doux.

Snape ? N'était-ce pas le patronyme du professeur de potions ? Cette jeune fille porterait donc le même nom que lui ? Était-ce une simple coïncidence ou est-ce que…

- Meredith, que fais-tu ?

Une voix grave avait mis un terme à mes réflexions. Je tournai la tête pour voir d'où elle provenait et remarquai qu'un homme était apparu en haut des escaliers. Il était trop loin pour que je pusse examiner son visage mais j'avais dors et déjà la nette impression que ce n'était pas quelqu'un de particulièrement sympathique.

- Je discute, répondit l'adolescente, sans me quitter du regard.

L'homme descendit les escaliers, sa longue robe de sorcier flottant derrière lui. Quand il arriva à notre hauteur, il posa une main sur l'épaule de l'adolescente qui recula d'un pas pour se serrer contre lui, et me regarda en face. Je fus alors frappée par les traits de son visage. C'étaient sensiblement les mêmes que ceux de l'enfant, en plus marqués, en plus durs. Mon regard fit plusieurs fois l'aller-retour entre ces deux personnes. Non, je ne me trompais pas. Ils avaient forcément un lien de parenté. Ils avaient les mêmes lèvres, le même nez, les mêmes yeux noirs et glacés. Les seuls différences notables devaient être la couleur de leur peau et la nature de leurs cheveux. L'homme avait le teint cireux et des cheveux gras qui lui tombaient aux épaules, la fille avait une peau claire, presque translucide et une chevelure lisse et épaisse.

- Tiens, tiens, tiens, grinça l'homme. Serait-ce vous la fameuse Kendra Campbell ?

Bien qu'impressionnée par cet homme qui dégageait une aura de puissance presque palpable, je ne me démontai pas et répliquai nonchalamment :

- C'est exact. Et vous, je suppose que vous êtes le professeur Snape.

- Vous supposez bien.

Son ton était encore plus froid et péremptoire que celui de Meredith, quelques minutes plus tôt.

Il jeta un coup d'œil à l'adolescente avant de recentrer son attention sur moi.

- J'ai cru comprendre que vous vous en preniez à ma fille, grinça-t-il.

- Que je… quoi ? fis-je, scandalisée. Non. Pas du tout. Je me suis juste permis de lui faire remarquer son impudence.

Snape haussa les sourcils.

- Ah, oui ? Eh bien, sachez, Mrs Campbell, que tant que la rentrée n'a pas encore commencé, vous n'avez pas à lui faire remarquer quoique ce soit, siffla-t-il entre ses dents.

- Mais je…

- Me suis-je bien fait comprendre ? m'interrompit-il durement.

- Oui mais…

- Parfait. Je vous souhaite une bonne rentrée, Mrs Campbell. Profitez bien de cette année, car vous ne serez plus là l'année prochaine.

Je me sentis rougir de mécontentement. Non mais quel toupet !

- Qu'est-ce que vous voulez dire ?

- Vous n'êtes pas au courant ? demanda Snape, la voix doucereuse. Je pensais que Dumbledore vous en avait parlé avant de vous embaucher.

- M'avait parlé de quoi ? m'énervai-je.

- De votre poste bien sûr. Il est maudit.

- Je vous demande pardon ?

Snape eut un sourire singulièrement mauvais, emprunt d'une ironie qui me donnait envie de le projeter contre le mur.

- Je ne suis pas une gamine qu'on effraie avec des histoires à dormir debout, dis-je, cassante.

Le sourire de Snape s'accentua. Il baissa les yeux vers sa fille et lui caressa les cheveux.

- On dirait que ton futur professeur ne me croit pas, n'est-ce pas Meredith ?

L'adolescente hocha la tête, goguenarde.

- Vous demanderez à vos collègues de plus amples informations sur le sujet, reprit-il. Vous verrez bien si ce que je viens de vous apprendre s'apparente à – quel était le terme ? – ah, oui… à des histoires à dormir debout.

La main qui caressait les cheveux de Meredith retomba le long de son torse et il se mit en marche.

- Nous nous reverrons d'ici une heure, Mrs Campbell, pour la réunion. Suis-moi, Meredith.

Meredith ne réagit pas immédiatement à l'appel de son père. Elle me fixait, sans se départir de son expression moqueuse.

Snape lança un regard en arrière.

- Meredith !

- Oui… j'arrive, papa.

Elle lui emboita le pas et se dépêcha de le rejoindre. Je les regardai s'éloigner, leurs robes voletant largement derrière eux, tels deux chauves-souris géantes.
Quand ils ne furent plus visibles, je pris la direction de la salle des professeurs où je retrouvai plusieurs collègues, dont Filius, Pomona, Septima et Minerva qui perçurent immédiatement ma contrariété.

- Oh la la, que vous est-il arrivé en chemin ? m'interrogea Pomona. Vous étiez si joyeuse tout à l'heure !

- Elle a croisé Severus, dit Septima avant d'éclater de rire.

- Vous ne croyez pas si bien dire, marmonnai-je. Il est infect. Et sa fille, n'en parlons pas.

Il y eut un silence. Je me laissai tomber dans un fauteuil, près de la cheminée.

- Allons, Kendra, vous n'allez pas laisser Severus vous saper le moral ! s'exclama Pomona en posant une main réconfortante sur mon bras.

Septima me tendit une tasse de thé.

- Tenez, ça vous fera du bien.

- Merci.

Elle s'assit sur l'accoudoir de mon fauteuil.

- Allez, racontez-nous ce qu'il vous a dit.

D'une voix lente et monocorde, je commençai mon récit…

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Ooo

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- Est-il vrai que le poste de professeur de défense contre les forces du Mal est maudit ? questionnai-je, un instant plus tard.

- C'est ce qu'on dit, répondit Pomona. Peu après sa sortie de Poudlard, Vous-Savez-Qui s'est rendu auprès de Dumbledore pour lui demander ce poste. Il a refusé. Déjà à l'époque, il n'avait pas confiance en lui. Fou de rage, Vous-Savez-Qui a donc maudit le poste de DFCM. Depuis, aucun professeur n'est parvenu à y rester plus d'un an.

Je fis la grimace.

- Kendra, il ne faut pas que vous preniez cette malédiction trop au sérieux, intervint Minerva. Certains de vos prédécesseurs sont partis de leur propre gré.

- A qui pensez-vous ? interrogea Pomona.

- A Remus Lupin, par exemple.

- Si Severus n'avait pas crié sur les toits que Remus était un loup-garou, il serait probablement encore là, fit remarquer Pomona.

- Severus…, grognai-je.

Septima s'esclaffa à nouveau.

- Vous ne lui avez parlé que quelques minutes et vous le détestez déjà !

Je croisai les bras sur la poitrine.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle à ça, bougonnai-je.

- Severus a très mauvais caractère, dit Minerva. Il est désagréable avec tout le monde, et il le sera d'autant plus avec car vous occupez le poste qu'il convoitise depuis des années. Mais ne vous en faites pas, on s'habitue vite.

- Peut-être, répondis-je à contrecœur. Mais ce qui est sûr, c'est que je ne m'habituerai jamais à l'effronterie de sa morveuse !

- Meredith ne vous posera pas de problèmes. Son père la soutient systématiquement devant autrui, mais il ne la laissera pas faire la loi à Poudlard, ce n'est pas son style.

- J'espère sincèrement que vous avez raison, Minerva.

La porte s'ouvrit dans un grincement et je tournai la tête pour voir entrer une demi-douzaine de professeurs, dont Snape qui alla s'assoir sur le fauteuil opposé au mien. Je lui lançai un regard froid, auquel il répondit par un sourire moqueur.

- Alors, vous vous êtes renseignée ? demanda-t-il.

Je soupirai, exacerbée.

- Laissez-la tranquille, Severus, lui intima Pomona.

Il leva rapidement les yeux vers elle avant de les reposer sur moi.

- Il faut croire que oui, railla-t-il.

- Et gardez vos sarcasmes pour vos élèves, ajouta Minerva. Installons-nous, le professeur Dumbledore ne devrait plus tarder à arriver.

L'ensemble des professeurs de Poudlard s'assit autour de la table de réunion. Je me trouvais entre Charity Burbage, professeur d'étude des Moldus, et Septima. En face de moi, il y avait Filius, rehaussé par une pile de livres, et Hagrid.

A deux heures pile, le professeur Dumbledore arriva, vêtu d'une robe mauve, et s'installa en bout de table. Après m'avoir officiellement présentée à mes collègues – ce qui n'était pas indispensable étant donné que je connaissais déjà tout le monde –, il évoqua brièvement le fonctionnement de Poudlard, rappelant les règles à faire respecter aux élèves, les récompenses et sanctions possibles, les horaires… Bref, tout ce qui n'était pas d'une importance capitale au premier abord mais qui était absolument nécessaire si on voulait que l'école tourne rond. Puis, il distribua nos emplois du temps respectifs ainsi que les listes d'élèves que nous aurions en charge. Un sourire passa sur mon visage lorsque je lus le nom du célèbre Harry Potter sur celle des sixième année. Sourire qui se transforma en un rictus franchement réprobateur quand je constatai, quelques secondes plus tard, que Meredith Snape figurait aussi sur cette liste.

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Ooo

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Le lendemain soir, peu avant le festin de début d'année…

- Kendra ! Où diable étiez-vous donc passée ?

- A la tour nord, Pomona. J'admirais le paysage…

- Ce n'est pas le moment d'admirer quoi que ce soit, les élèves vont bientôt arriver, venez !

Pomona me saisit le poignet et m'entraîna vers la Grande Salle. Dans le hall, nous croisâmes Meredith Snape qui me toisa du mieux qu'elle le put. Je fis mine de l'ignorer et suivis Pomona qui me fit assoir à la table des professeurs, entre elle et une chaise vide.
A quelques mètres de moi, Dumbledore, assis au centre de la table, dans son fauteuil d'or au haut dossier, s'adressa à Minerva :

- Vous devriez y aller, je crois que les diligences sont arrivées.

Minerva quitta son siège et traversa la Grande Salle, ses talons claquant le sol dallé. Il y eut un bref silence, puis soudain, un tumulte de voix et de bruits de pas résonna dans le hall. Les élèves s'engouffrèrent massivement dans la Grande Salle et les quatre longues tables se remplirent sous le plafond noir sans étoiles, semblable au ciel qu'on apercevait à travers les hautes fenêtres. Tout au long des tables, des chandelles flottaient dans les airs, illuminant les fantômes argentés dispersés dans la salle et les visages des élèves qui s'interpellaient d'une maison à l'autre. Parfois, certains tournaient la tête vers la table des professeurs et me regardaient d'un air curieux.

- Severus n'est pas là ? demanda une voix que j'identifiais comme étant celle d'Aurora.

Pomona tourna la tête à droite et à gauche, pour examiner la Grande Table.

- Il faut croire que non, répondit-elle en haussant les épaules.

- Si vous voulez mon avis, ce n'est pas une grosse perte, intervins-je, m'attirant plusieurs sourires malicieux.

- Le professeur Snape est parti chercher Harry, nous apprit Hagrid d'une voix bourrue.

- Harry Potter ? demandai-je.

- Oui, le gamin a eu un pépin. Normalement, c'est moi qui aurait du y aller : une Auror affectée à la protection de Pré-au-Lard m'avait envoyé son Patronus pour prévenir qu'elle ramènerait Harry à la grille de Poudlard mais le professeur Snape l'a intercepté et il a décrété que…

- Nous verrons cela plus tard, Hagrid, l'interrompit Filius. Regardez, Minerva est de retour.

En effet, les portes de la Grande Salle venaient de se rouvrir sur notre collègue. Celle-ci portait un tabouret sur lequel était posé l'antique chapeau de sorcier que j'avais vu dans le bureau du directeur, le jour de mon arrivée.
Minerva s'avança, suivie d'une file d'élèves plus jeunes et moins assurés que les autres, déjà installés.

- Ce sont les première années ? demandai-je à Pomona.

- Oui, ce sont eux.

La rumeur des conversations cessa et les première année s'alignèrent devant la table des professeurs, face à leurs futurs camarades. Minerva plaça soigneusement le tabouret devant eux puis fit un pas en arrière.

L'école toute entière semblait attendre en retenant son souffle. Je compris alors que le vieux chapeau n'était nul autre que celui qui devait répartir les élèves dans les différentes maisons et qu'il était, comme je l'avais lu dans l'Histoire de Poudlard, sur le point d'entamer sa traditionnelle chanson de début d'année.
La déchirure qui traversait l'étoffe du Choixpeau magique, juste au-dessus du bord, s'ouvrit largement :

Il y a bien mille ans,
Lorsque j'étais neuf et bien portant,
Quatre illustres sorciers,
Ont eu l'excellente idée
De fonder ensemble l'école Poudlard
Pour répandre leur immense savoir.
Chacun montra très vite
Sa vertu favorite
Et en fit le blason
De sa propre maison.
Ainsi pour aller à Serpentard,
Il fallait descendre de noble lignée
Et être diablement rusé.
Serdaigle n'acceptait dans sa classe
Que les esprits les plus perspicaces,
Tandis que chez le hardi Gryffondor
N'avaient leur place que les plus forts.
Enfin la bonne Poufsouffle recueillait
les élèves qu'on lui laissait.

Poudlard vécut longtemps en harmonie
Jusqu'à ce qu'apparaissent les premiers ennuis.
Chaque fondateur voulant imposer sa loi,
plus d'une fois l'école faillit voler en éclats.
Un matin Serpentard dit qu'il était temps pour lui
De faire sa valise sans plus de cérémonie,
Et les maisons ne furent plus jamais unies
Comme elles l'étaient au début de leur vie.

Depuis que les fondateurs m'ont doté d'un cerveau,
Je répartis les élèves dans la maison qu'il leur faut.
N'ayez crainte de ma décision,
Car le Choixpeau Magique a toujours raison

Maintenant, permettez-moi
De vous rappeler encore une fois
Qu'il n'est pas vain de protéger Poudlard
Des forces hostiles, qui tôt ou tard,
Ressurgiront dans le monde
Et creuseront notre tombe.
Pour les empêcher d'nous envahir
Il faut nous réunir. *

Le chapeau redevint immobile et la salle éclata en applaudissements.
J'étais troublée par la chanson du chapeau. Jamais je n'avais songé qu'un vieux morceau tissu pouvait tenir pareilles recommandations. Quand le silence fut revenu, Minerva déroula un long rouleau de parchemin sur lequel figuraient les noms des nouveaux élèves. Elle les appela un par un pour les faire assoir sur le tabouret et enfiler le Choixpeau magique.

- Regardez si elle n'est pas mignonne, dit Pomona, quand il ne resta plus qu'une seule élève sur l'estrade. J'espère qu'elle atterrira chez moi.

Je souris. Par « chez moi », Pomona entendait la maison dont elle était directrice, à savoir Poufsouffle.

Gênée par tous les regards qui convergeaient vers elle, la fillette tirait nerveusement sur ses tresses blondes.

- Wheeler Lucy ! dit Minerva.

Lucy tremblait tellement qu'elle faillit tomber du tabouret lorsqu'elle s'y assit. Minerva posa sur sa tête le Choixpeau magique qui déclara presqu'aussitôt :

- Poufsouffle !

Les élèves de Poufsouffle applaudirent chaleureusement Lucy qui s'empressa de les rejoindre à table.

- Contente ? dis-je à Pomona.

- Oui, répondit-elle joyeusement, tandis que Minerva regagnait sa place auprès des professeurs.

On entendait la rumeur des voix enfler à nouveau mais avant que la Grande Salle ne soit redevenue bruyante, Dumbledore s'était levé pour annoncer le début du festin.

Les assiettes et les gobelets d'or alignés sur les tables se remplirent de mets et de boissons. Me sentant soudainement affamée, je me servis en abondance de tout ce qui passait à ma portée. Je me régalais. Je n'avais pas le souvenir d'avoir un jour aussi bien mangé.

L'atmosphère était à la fête. La Grande Salle résonnait des conversations et des rires, auxquels se mêlait le cliquetis des couverts.

- Potter est là ! s'exclama soudainement Pomona.

Je levai le nez de mon assiette. Un adolescent de taille moyenne venait de franchir les portes de la Grande Salle et se dirigeait d'un pas décidé vers la table des Gryffondor. Il marchait si vite qu'il était déjà passé devant la table des Poufsouffle avant que les autres élèves aient vraiment eu le temps de le regarder.

- Que lui est-il arrivé ? demandai-je en avisant son visage couvert de sang.

- Vous poserez la question à Severus, dit-elle moqueusement. Le voilà qui arrive.

Snape avait fait son apparition peu après Harry Potter et progressait vers nous. Il monta sur l'estrade, contourna la table, et vint s'assoir sur la seule chaise libre, à savoir celle qui était juste à côté de moi.

« Génial », songeai-je.

- Si vous avez des commentaires désobligeants à faire, ayez le cran de les faire à haute voix, dit Snape sèchement.

- Alors comme ça, monsieur est legilimens ?

Il haussa les sourcils, l'air narquois.

- J'ignorais qu'une femme comme vous utilisait des mots si compliqués.

Et paf ! Prends ça dans les dents, Kendra ! Bon, j'avoue, je l'avais un peu cherché.

- Ma fille est legilimens de naissance, ne pus-je m'empêcher de répliquer.

- Vraiment ? Et que vous voulez-vous que cela me fasse ?

Il avait raison : pourquoi avais-je parlé d'elle ? Parce qu'il m'avait vexée. Quelle idiote !

Je serrai les dents et reportai mon attention sur Harry Potter. Le sang avait disparu de son visage et, à présent, il était en grande discussion avec deux de ses amis.

- Vous comptez faire partie du fan club de Harry Potter ? interrogea une voix grave, froide et ironique sur ma droite.

Je tournai la tête pour regarder Snape dans les yeux.

- Cela vous pose-t-il un problème ?

- Disons que donner trop d'importance à ce gamin frondeur et déjà excessivement arrogant n'est pas lui rendre service, répliqua-t-il hypocritement.

- Je ne pensais pas que vous étiez le genre d'homme à vous soucier de ce qui est bon ou non pour les élèves, professeur Snape. Comme quoi, les apparences sont parfois trompeuses.

Snape me lança un regard à faire fuir le lord noir lui-même.

- Ne vous en faites pas, je ne lui demanderai pas d'autographe, ajoutai-je, sarcastique. Je ne voudrais pas que sa tête enfle encore plus que celle de votre fille.

Il fronça les sourcils et ouvrit la bouche pour me répondre d'une façon que j'imaginais parfaitement cinglante, mais Dumbledore ne lui en laissa pas le temps. Il s'était levé dans l'intention évidente de faire un discours. Les conversations et les rires qui résonnaient dans la Grande Salle s'évanouirent instantanément.

- Je vous souhaite chaleureusement le bonsoir ! dit-il avec un grand sourire, les bras largement écartés comme s'il avait voulu étreindre tout le monde à la fois.

A ce moment là, je remarquai que sa main droite était noircie et cadavérique, comme si elle avait été victime d'un maléfice puissant et inguérissable. Je m'étonnais de ne pas m'en être aperçue plus tôt.
Des chuchotements se répandirent dans la Grande Salle et je devinai que je n'étais pas la seule à avoir fait cette constatation déroutante.
Conscient que sa main blessée attirait l'attention, Dumbledore sourit et tira sa manche pourpre et or par-dessus.

- Rien d'inquiétant, assura-t-il d'un ton dégagé. A présent… je souhaite la bienvenue aux nouveaux élèves et je salue le retour des anciens ! Une nouvelle année d'apprentissage de la magie vous attend…

- Qu'est-il arrivé à sa main ? demandai-je discrètement à Pomona.

- Je n'en ai aucune idée.

- … et Mr Rusard, notre concierge, m'a chargé de vous informer que tous les objets provenant du magasin des frères Weasley, Farces pour sorciers facétieux, sont rigoureusement interdits, sans aucune exception. Comme d'habitude, ceux qui voudraient jouer dans leur équipe de Quidditch devront donner leur nom au directeur ou à la directrice de leurs maisons respectives. Nous cherchons également de nouveaux commentateurs pour les matchs. Les candidats devront se signaler de la même manière. Nous sommes heureux d'accueillir cette année une nouvelle enseignante dans notre équipe, le professeur Campbell.

Pomona me donna un coup de coude, m'incitant à me lever sous les applaudissements chaleureux des élèves.

- Le professeur Campbell, ancienne Auror, sera votre professeur de défense, annonça Dumbledore.

Il se racla la gorge afin de poursuivre, alors que je me rasseyais :

- Autre chose à présent : Comme vous le savez, les Mangemorts sont à nouveau en liberté et quoiqu'en disent certains d'entre nous, je peux vous assurer que Lord Voldemort se renforce chaque jour un peu plus.

Le silence devint tendu, pesant, à mesure qu'il parlait.

- Je n'insisterai jamais assez sur les dangers que représente cette situation et sur les précautions que nous devons tous prendre pour assurer notre sécurité. Les fortifications magiques du château ont été consolidées durant l'été, nous disposons désormais de moyens nouveaux, plus puissants, pour assurer notre protection, mais nous devrons nous garder soigneusement de toute imprudence, que ce soit de la part des élèves ou de celle des enseignants. Je vous demande donc instamment de respecter les restrictions qui pourraient vous être imposées pour des raisons de sécurité, aussi détestables qu'elles vous paraissent – en partie l'interdiction de vous trouver ailleurs que dans votre lit en dehors des heures autorisées. Je vous supplie, au cas où vous remarqueriez quelque chose de suspect à l'intérieur ou à l'extérieur du château, d'en informer immédiatement un professeur. Je compte sur vous pour accorder, dans votre conduite quotidienne, la plus grande attention à votre sécurité et à celle des autres.

Dumbledore balaya la salle de son regard bleu, puis il sourit à nouveau.

- Mais maintenant, des lits tièdes et confortables vous attendent et je sais que votre première priorité sera d'être parfaitement reposés pour vos cours de demain. Souhaitons-nous donc bonne nuit. Salut !

Dans le raclement assourdissant des bancs qu'on repoussait, des centaines d'élèves commencèrent à sortir de la Grande Salle pour prendre le chemin de leurs dortoirs.

Je me levai à mon tour et percutai Snape en descendant de l'estrade. Il se retourna pour me lancer un regard méchamment noir.

- Je n'ai pas fait exprès, lui signifiai-je froidement.

Il leva les yeux au ciel et fit volte-face. Sa longue robe noire accompagnant son mouvement, il prit la direction de la sortie.

- Non mais je rêve ! m'exclamai-je. Je l'ai à peine touché !

- Vous l'avez profondément vexé tout à l'heure, me fit remarquer Pomona.

- Quand ?

- Quand vous avez parlé de sa fille.

J'eus un petit rire.

- C'est vrai. Mais il l'avait mérité.

- Ne faites pas de Severus votre ennemi, me conseilla-t-elle avec un sourire espiègle, vous pourriez vous en mordre les doigts.


Une review ! Une review ! Une ! Que dis-je... DES review, please ! :-)
* Allez, si vous ne savez pas quoi mettre dedans, vous n'avez qu'à dire ce que vous avez pensé de la chanson du Choixpeau magique. Eh oui, elle est de moi :D

A bientôt tout le monde !