Chapitre 3 : Defectum

Les otages coururent vers cette source de lumière. Sortir. Fuir. Le plus loin possible. Nous revoilà à notre instinct de base dont je vous parlais. Quand on a peur, on fuit. Et c'est exactement ce que les gens de cette foule faisaient. Ils se heurtèrent aux policiers de plein fouet. Ces derniers les laissèrent sortir un par un, et ils étaient accueillis de l'autre côté par une myriade d'hommes de la loi, ou de médecins. La rue avait été bouclée, et personne n'allait ni ne venait, et s'il était autorisée, c'était après une fouille méticuleuse et une autorisation spéciale.

Ayumi, Genta et Mitsuhiko n'étaient pas sortis. Conan et Haibara, qui avaient étaient entrainés par la foule quand les policiers étaient entrés, luttaient contre le courant pour retourner chercher les enfants. Conan priait pour qu'ils ne se soient pas fait prendre comme monnaie d'échange pour la liberté des braqueurs. La lumière n'était toujours pas revenue, et comme il faisait maintenant nuit dehors, il ne les voyait pas. À force d'hurler leur nom, il les entendit répondre. Il se dirigea le plus vite possible vers eux, Haibara sur ses talons. Ils sentirent tous les deux une vague de soulagement en les voyant devant la jeune femme enceinte, bras ouverts pour la protéger. Elle avait une grimace horrible sur la figure. Haibara la regarda attentivement quelques secondes, puis elle se retourna pour observer la situation. Les policiers étaient partout. Ils ne risquaient plus rien.

-Genta, Mitsuhiko, Ayumi, allez chercher un médecin dehors, elle a des contractions, il faut l'emmener en vitesse à l'hôpital.

-On y va !

Dès que les enfants furent partis, une autre voix surgit de la pénombre :

-Les enfants ! Vous allez bien ?

-Inspecteur Takagi !

-Conan, quelqu'un a été blessé ? Les autres vont bien ?

-Non, on va bien. Tous les otages aussi, sauf cette femme enceinte, mais les enfants sont partis chercher un médecin. Il y a eu deux coups de feu avant que vous n'entriez, vous avez vérifié que personne n'avait reçu de balles ?

-On est entrés à cause de ça. D'ailleurs, pourquoi il n'y a pas de lumière ? On n'a pas de blessés, mais deux cadavres : ceux des braqueurs, d'après leur accoutrement.

-Quoi ?!

La surprise se lisait sur le visage de Conan et celui de Haibara. Clairement –ou pas du coup, cette histoire se barrait en steak. Deux braqueurs étaient morts. Lesquels ? Conan pariait sur les deux subordonnés, mais pas à haute voix, parier sur des morts était assez glauque.

-Et le chef, vous l'avez eu ? Il s'appelle Ursus, et il était parti au fond du magasin, vous devriez aller voir ! cria presque Conan.

Takagi hocha la tête et alla voir le reste des policiers. Très vite, une équipe se forma, et se dirigea à petites foulées vers le fond (on dirait qu'ils partent faire un jogging au calme). Conan inspira et expira profondément pour évacuer tout la panique qu'il l'avait pris au ventre. Il focalisa son esprit sur ce qui venait de se passer.

« Ce n'était pas les policiers qui ont coupé le courant. Si c'était une coupure générale, alors ils auraient été au courant. Donc c'est Ursus. C'était prévu. Mais il ne l'avait pas dit à ses subordonnés, pour les prendre par surprise et les tuer ? Etrange, il aurait eu le temps de le faire mille fois depuis le début. Et puis, maintenant, il n'a pas pu gagner un seul yen. Faire ça lui a fait tout perdre. Ou tout gagner ? Quelque chose cloche. »

Des médecins et une civière arrivèrent. La jeune femme enceinte fut posée dessus. Avant de partir sous le regard qui se devinait bienveillant d'Haibara, elle lui attrapa le bras.

-Comment… t'appelles tu, petite ?

-Ai Haibara.

-Ai… C'est un joli prénom. Je m'appelle Anne. Merci pour… tout ce que… tu as fait.

Haibara posa sa main sur celle de la jeune femme, lui sourit, puis la laissa partir. Conan la regarda :

-Une nouvelle Ai va voir le jour, je pense.

-Non, celle-ci aura le prénom qui signifie Amour, et pas Plainte. Elle n'aura pas le début de vie raté que j'ai eu. Enfin. Tu as avancé sur l'affaire ?

Conan avait rarement entendu Haibara parler comme ça, avec autant de légèreté.

-Je tâtonne, à vrai dire.

Soudainement, les policiers qui étaient partis il y a quelques minutes revinrent en courant (toujours) et dirent :

-On n'a pas retrouvé le supposé chef de leur bande. Une fenêtre a été brisée à l'arrière du magasin. Et on a retrouvé deux corps morts dans les toilettes.

-Et alors ? Elle n'était pas surveillée ? demanda le chef de la police des braquages. Quand aux corps, je suppose que c'est ceux des assommés. Ce n'est pas très étonnant, quand on sait que les deux premiers ont aussi été tués.

-Quand on a entendu les coups de feu, tout le monde s'est retrouvé devant, chef, c'est pour ça que personne n'était à l'arrière.

Les subordonnés se turent. Ils avaient commis une erreur, certes pardonnable, mais elle avait permis à un criminel de s'échapper. Le chef soupira, puis repris le cours de sa réflexion. -Il serait parti sans son argent ? Etrange. Je veux qu'une équipe se mette à sa recherche, on bloque les issues de la ville, et on le retrouve. On a à faire à quatre meurtres en plus du braquage. Inspecteurs Takagi, Sato, c'est une bonne chose que vous soyez venus finalement.

Les deux acolytes acquiescèrent. Takagi sortit un carnet.

-Comment sont morts les deux autres hommes ? Encore avec à une arme à feu ?

-Non. On leur a tranché la gorge.

-Sordide, ajouta calmement Haibara pour elle-même.

-Les enfants, vous vous souvenez de quelque chose quand vous les avez assommés ?

Trop plongé dans ses pensées, Conan ne répondit pas à la question de Takagi. Aussi, après quelques secondes de silence, ce fut Haibara qui prit la parole :

-C'est cet Ursus qui nous a surpris quand nous électrisé le deuxième braqueur, il ne les a pas tué à ce moment. Après notre arrivée au milieu des otages, les deux autres hommes de main sont partis chercher un canapé dans la salle de direction de la boutique, puis plus personne n'a quitté la pièce des otages. La seule personne qui a eu le temps de les tuer est donc Ursus, mais ça, on le savait déjà. La seule chose que l'on ignore c'est s'il les a tué avant ou après que l'électricité est été coupée.

Les policiers regardaient la petite fille comme si elle venait d'exprimer une formule mathématique incompréhensible.

-Tu es une bonne observatrice, ma petite, lui dit gentiment un policier en s'accroupissant à sa hauteur.

-Je me suis dis que je pourrais vous rendre service en le faisant ! déclara Haibara guillerette avec une fausse joie.

-Tu l'as fait. Merci beaucoup.

Le policier se releva et tout le groupe quitta les deux enfants pour aller étudier de plus près les quatre cadavres, ou pour aller écouter les déclarations des autres otages.

-Tu vois ce n'est pas si dur d'être gentille des fois, ricana Conan.

-Un sourire et tout le monde est dans ma poche. N'est ce pas fabuleux ?

Conan et Haibara se dirigèrent dehors vers les DB. En sortant, Conan reconnu la coccinelle jaune du professeur de loin. Les policiers avaient du mettre au courant les proches des victimes une fois qu'ils étaient sortis de ce magasin de l'enfer. Le jeune détective entendit les policiers parler à nouveau de la vitre brisée, et ils s'en voulaient terriblement, mais il n'était pas satisfait de cette version de l'histoire.

Ayumi se retrouva debout au milieu de personnes beaucoup plus grandes qu'elles à l'extérieur du magasin. Tout le monde devait rester juste devant la boutique, pour examiner les moindres blessures, mêmes les plus petites.

Elle sentit une odeur désagréable chatouiller son nez. Elle râla auprès de Mitsuhiko et Genta :

-Pouah… Il y a quelqu'un qui sent la cigarette ici. Il doit vraiment beaucoup fumer pour sentir encore alors que nous sommes enfermés depuis plusieurs heures !

-Au moins trois paquets par jour ! s'écria Genta, un sourire aux lèvres.

Un éclair passa dans les yeux Mitsuhiko.

-Ayumi, tu es un génie !

-Je suis d'accord avec lui, approuva Conan qui venait juste d'apparaitre.

Haibara regarda son ami. Elle sut au sourire de ce dernier qu'il venait de résoudre toute l'enquête. C'était ce moment précis qu'elle préférait dans une enquête : celui où le petit détective affichait un sourire triomphal, qui annonçait la victoire de la vérité sur le bas monde d'où elle venait. Elle avait fini par adorer la vérité, même si elle ne la mettait pas en œuvre tout le temps.

-J'ai une mission pour vous, Ayumi, Genta, Mitsuhiko, déclara Conan. Le boss ne doit plus être armé, donc vous allez dans la foule, et vous essayez de trouver celui qui sent la cigarette aussi fort. Mais vous ne vous approchez pas de lui, c'est compris ?

Les trois enfants se mirent au garde à vous devant Conan, puis se dispersèrent. Haibara le regarda, puis lui parla :

-Alors ? Qu'as-tu compris ?

-Le déroulement des évènements. Viens avec moi, allons voir Takagi.

Les deux enfants se dirigèrent vers l'inspecteur qui avait appris à les écouter. Il s'accroupit pour se mettre à leur hauteur, et leur demanda ce qu'il se passait :

-Ayumi a senti une odeur de cigarette très forte sur un ex-otage. Nous sommes enfermés depuis plusieurs heures, l'odeur de cigarette est forcément partie si quelqu'un a fumé avant d'entrer dans la boutique, ou elle aurait au moins du diminuer. Mais elle l'a sentit très nettement, donc cette personne vient de fumer. Hors ce n'était pas possible donc… la personne qui sent la cigarette est le tireur, Ursus. Il s'est caché parmi les otages.

-Je vois. Hep ! On a une indication sur le coupable, venez !

-Ce n'est pas la peine ! cria Mitsuhiko, suivit de près par ses deux acolytes. On l'a retrouvé. Il est grand, blond, il porte une veste bleue clair et il a un jean très foncé !

-Est-ce qu'il a un sac, ou quelque chose de significatif ?

-Oui, deux gourmettes en or au poignet droit, l'informa Conan. Il y a écrit « Brother » sur l'une d'entre elles.

-Allons arrêter cet Ursus.

Takagi les quitta pour aller regrouper ses collègues. Haibara se tourna vers le détective lycéen.

-Tu m'expliques la suite ?

-Il comptait tuer les quatre autres depuis le début. Il a coupé le courant, et tué les deux premiers en leur tranchant la gorge, enfin surement avant afin de voir clair, et a tué les deux autres bruyamment, pour que les policiers interviennent, ainsi, il pouvait fuir.

-Oui, mais quelqu'un aurait pu se souvenir qu'il ne faisait pas parti des otages.

-On était tous debout, c'était très dur d'évaluer le nombre d'otages qu'il y avait, et qui il y avait d'un bout à l'autre. Toute cette histoire, braquer une boutique, demander des choses impossibles… ça ne prend sens que si le but est d'attirer l'attention des policiers. Je pense qu'il attirait tous les policiers ici pendant que quelqu'un d'autre braque une bijouterie ou quelque chose dans le genre.

-Pourquoi tu ne leur as rien dis ?

-Je ne peux ni affirmer ni réfuter ma théorie, il faut que cet Ursus le fasse.

-Il y a tout de même quelque chose qui cloche dans ta théorie, Kudo-kun : les banques sont fermées depuis plusieurs heures, à cette heure ci, comme les bijouteries.

-Je sais. Avec cette histoire de talkie-walkie, on sait qu'il est à environ deux rues d'ici. Mais oui ! Bien sur ! L'exposition de bijoux de Ran et Sonoko !

-Elles y sont encore ?!

-Non, il est tard, elles ont du rentrer, mais je soupçonne que cet Aquilae doit encore y être. Pour le cambrioler il a du s'y infiltrer pendant la journée et y rester une fois la nuit tombée.

-Aquilae et Ursus… drôle de choix de nom de code.

-Pourquoi des noms de code ? Ce n'est pas simplement leur prénom ?

-Aquilae veut dire aigle en latin.

-Quoi ?! Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ?

-Tu ne me demandais pas, Kudo.

-Alors ça veut dire que… Ursus veut dire ours ?

Haibara fronça les sourcils.

-En effet.

-Quand il a eu cet Aquilae au téléphone la deuxième fois, j'ai vu qu'il portait deux gourmettes, une avec un aigle, et une autre avec un ours. Sur celle de l'aigle, il y avait écrit Brother.

-Frère. Ce sont des frères ?

-Je pense. Je te laisse prévenir les policiers, je file arrêter Aquilae.

-Bien sur que non, tu es un enfant, je te rappelle.

Conan quitta son amie en courant, sans écouter sa recommandation. Elle alla voir l'inspecteur Sato en vitesse pour lui expliquer ce qu'avait compris Conan, puis alla rejoindre le professeur dans sa beetle.

-Ai-kun ! Tu vas bien ?

-Oui je n'ai rien, mais ce n'est pas la question. Une fois de plus, il est parti sans réfléchir, il faut qu'on aille le chercher, j'ai prévenu les policiers, mais il est en danger. Vous avez ses lunettes radars ? Et une fléchette hypodermique ?

-Il y en a une paire de rechange dans la boite à gants, et pareil pour la montre. Et les détectives boys ?

-Ils sont restés là bas, leurs parents ne vont pas tarder je pense. Les policiers ont du appréhender le chef des braqueurs maintenant, et vont se mettre en route pour aller capturer son frère, mais je crains qu'ils n'arrivent trop tard. Démarrez, professeur.

Agasa démarra et la beetle partit au quart de tour.

Je t'en prie, Kudo-kun, ne te met pas dans une autre situation infernale.

Evidement, lui, les conseils de la chimiste, il ne les écoutait pas. Il courait vers l'exposition de bijoux où sa dulcinée était allée quelques heures plus tôt. Comme prévu, quand il arriva à l'angle de la rue, il trouva un homme qui attendait devant. Il était grand, costaud, il avait de courts cheveux noirs, et il était en train de fumer. Conan regarda à gauche et à droite, la rue était déserte. Tant mieux. Maintenant, il devait juste assez s'approcher pour pouvoir lui envoyer un ballon dans la figure. Il s'engagea dans la rue comme si de rien n'était. Il sentit le regard le l'homme. Mais qui ferais attention à un enfant ?

-Mais qu'est ce qui peut bien lui prendre autant de temps ?

-Votre frère s'est fait arrêté par les policiers, Aquilae.

-Que dis-tu ?!

-J'ai compris votre plan il y a quelques minutes, vous savez. Il était très bien pensé, d'ailleurs. Je suppose que dans votre sac se trouve les bijoux que vous avez volé à l'exposition ?

Aquilae ne bougea pas. Comment un gamin avait il pu comprendre leur plan ? Il décida de jouer le jeu.

-Tu n'as pas prévenu les policiers ?

-Si, je pense qu'ils arriveront dans cinq minutes.

-Je serais parti d'ici là, tu sais ?

-Je ne pense pas. C'est votre frère, après tout, vous allez le laisser aux mains de la loi ?

-Bien sur que non. Mais pour le moment, aller à son secours serait une chose idiote. Et oui, ce sont les bijoux que j'ai volé tout à l'heure. Si je comprends bien, c'est à cause de toi que mon frère a été arrêté ? À qui ai-je à faire ?

-Conan Edogawa. Détective.

-Tu es conscient qu'à ton âge ce n'est pas possible ? Tu es sur d'avoir cet âge ? J'ai déjà vu une chose exceptionnelle qui relevait du mystique et du trafic de vieillesse, remarque.

Conan faillit s'étrangler. Quoi ? Il parle de l'apoptoxine ? L'organisation ? Il fait parti de l'organisation ? Je dois l'assomer, s'il peut nous donner des informations, il est très précieux !

-La seule chose que je peux faire, c'est…

Conan gonfla un ballon avec sa ceinture, et tira dedans avant que l'homme ne puisse finir sa phrase. Mais ce dernier fut le plus rapide. Il tira dans le ballon avec un pistolet qu'il venait de sortir. Puis il tira une deuxième fois. Conan sentit comme un courant d'air qui traversa son épaule. Puis il sentit une douleur horrible qui le fit hurler. Il tomba au sol. La dernière chose à laquelle il aurait pensé, c'est que quelqu'un tire sur un enfant. Quel genre de fou le ferait ? Il tenta de se relever, et il se mit difficilement sur ses deux jambes.

-Me venger.

-Vous… vous êtes un monstre.

Conan n'était plus capable de gagner.

-Peut être bien. Oh, mais qu'est ce que j'entends ? Des sirènes de police ? Je m'en vais. Tu devrais aller te faire soigner, j'ai touché une artère. On se retrouve à l'hôpital ?

Le grand homme aux cheveux s'enfonça dans l'obscurité de la nuit en ricanant, son sac de bijoux sur l'épaule, tandis que Conan faiblissait. Une beetle jaune s'arrêta à son niveau. Une chimiste auburn accourra à ses côtés.

-Kudo ! On t'emmène à l'hôpital tout de suite !

Conan la remercia intérieurement. Il aurait tué n'importe lui ayant dit « ça va ? » « bah écoute tranquille j'ai pris une balle puis un doliprane ça va passer t'inquiète ». Il attrapa la main de la chimiste.

-Non… Pas l'hôpital.

-J'ai entendu un coup de feu, et tu es blessé à l'épaule. D'après les litres de sang qui s'écoulent, une artère a été touchée. Tu dois aller à l'hôpital.

-Je ne peux… pas.

-Bien sur que si, tu y es déjà allé sous ta forme de Conan. Il n'y aura pas de problèmes.

-A… Aquilae a dit que… qu'il m'attendrait à l'hôpital.

-On aura qu'à le dire aux policiers et ils surveilleront ta chambre ! Professeur, portez le jusqu'à la voiture.

-Non… Il a dit que… je… l'organisation…

Ce fut au tour d'Haibara de frissonner de peur. Qu'est ce que l'organisation avait à voir là dedans ? Prendre une décision. Maintenant.

-On le ramène à la maison. S'il pense que l'organisation est mêlée à tout ça, alors on doit à tout prix éviter les hôpitaux. On pourrait le protéger avec le FBI, mais pas dans cette situation d'urgence. Je m'occuperais de lui.

-Je démarre.

Alors que tous les trois s'éloignaient le cœur battant à tout rompre de cette rue dans une beetle jaune, les voitures de police arrivaient une à une, mais trop tard.