Chap. 3 – Premiers frissons

PDV Nina

Nous étions arrivés depuis quelques minutes, et découvrions tous avec curiosité et euphorie la propriété que la Prod' avait réservée.
C'était splendide. Se dressait juste devant nous, une vieille plantation typiquement géorgienne, entourée d'une haie de chênes séculaires. Le chemin que nous suivions pour aller vers la demeure, était bordé de rosiers en fleurs.
Je m'attardais devant une des branches, et humais l'odeur qui se dégageait d'un des boutons éclos. C'était un de ces moments, que je souhaitais graver dans ma mémoire. Je prenais mon temps, je regardais le ciel, la maison, la nature qui l'entourait. J'inspirais à plein poumon pour me remplir de toutes les odeurs qui habitaient ce lieu.
J'observais mes acolytes qui poursuivaient leur chemin, et cherchais Ian parmi eux. Je le vis arrêté à côté de la haie en train de me dévisager avec un grand sourire. Il me fit un clin d'œil, me faisant sourire à pleine bouche.
Puis il me fit signe de venir.

PDV Ian

Je la voyais arriver vers moi, avec une telle légèreté qui m'empêchait de détourner le regard. De toute façon même si je l'avais voulu, je n'aurais pu, elle m'hypnotisait. Je l'attendais...

Je fis quelque pas vers elle, et lui tendis mon bras le plus élégamment possible pour lui dire :

– Mlle Dobrev si vous permettez.

– Oh, merci M. Somerhalder, vous êtes un vrai gentleman. Me répondit-elle avec obligeance.

– Comprenez Mademoiselle, que je ne pouvais laisser une jeune femme seule, sur le bord de la route.

– Je vous en suis gréée, Monsieur.

Nous nous regardions et explosions de rire.

– Aller Nina, je t'accompagne jusqu'à la maison. Lui-dis-je, tout en gardant son bras précieusement.

Nous avancions vers la maison en silence. Je la regardais et lui demanda.

– Nina, que faisais-tu sur le chemin, tout à l'heure ?

– Je prenais des notes mentales pour graver cet endroit parmi mes souvenirs.

– Des notes mentales ?

– Oui j'observais, sentais, écoutais, pour mettre mes sens en éveil, et garder une image la plus précise de cet endroit dans ma mémoire.

Elle continua de parler et m'expliqua qu'elle essayait à chaque fois que, cela lui paraissait important, de figer des images dans son esprit. Pour les faire ressurgir, lorsqu'elle était morose. Et, pouvoir se dire, que des jours meilleurs viendraient.
Je continuais de me faire bercer par le son de sa voix, mais je ne l'écoutais plus vraiment. Cette fille était incroyable. Si jeune et en même temps si pleine de force. Elle donnait l'impression d'être insubmersible, pleine de vie et ...

– Ian … Eh oh ... Ian, allo ici la terre.

– Euh, oui je connecte, pardon, j'étais dans mes pensées.

– C'est ce que je vois, ça fait plaisir de savoir, que ce que je dis t'intéresse autant, je t'en remercie. Dit-elle avec sarcasme.

– Oh non au contraire, je méditais sur tes paroles, que je trouvais plutôt pleines de bon sens. Pardon Nina, si je t'ai paru distrait, mais en fait je ne l'étais pas. Dis-je en utilisant ma mine de chien battu.

– Mon dieu, Ian ! S'exclama-t-elle. Arrêtes de faire cette tête. Comment veux-tu, que je me concentre pour bouder ?

Je la regardais encore, avec plus d'insistance, puis conclu en lui disant avec un petit sourire narquois.

– Franchement, Je ne comprends absolument de quoi tu parles … je ne vois vraiment pas, à quelle tête tu fais allusion. ?

Elle me donna une tape sur le bras et objecta.

– Ben voyons ! Celle-là elle était facile.

Nous étions déjà arrivés sous le porche d'entrée. Je lui lâchais donc le bras, à contre cœur, pour lui ouvrir la porte.

PDV Nina

Ian me devança, il se tourna vers moi. Puis après m'avoir fixée quelque instant avec ses beaux yeux bleus, il me dit avec son regard bienveillant.

– Après-vous Mademoiselle Dobrev.

J'entrai dans le hall et entendis Candice :

– Ah... Vous voilà ! Mais que faisiez-vous dehors, tous les deux ?

Je lançais un regard noir à mon amie, qui la pétrifia sur place. Elle botta en touche en disant :

– Euh … Oui … Bon alors, découvrons cette maison.

Candice, entreprit alors son exploration. Elle passait de pièce en pièce. Elle réussissait à nous surprendre en trouvant une sonorité différente, à ses exclamations monosyllabiques, pour chaque nouvelle découverte.
Ian me regarda d'un air moqueur et me dit à l'oreille en rigolant.

– Quelle gamme de note ! Et quelle diversité dans les sons !

Je frissonnais, quand il s'approchait de moi, mais ne pus m'empêcher de rire à ce qu'il venait de me dire.
Puis bonne amie que j'étais pour Candice, je mis un coup de coude dans ses côtes, la vengeant ainsi des quolibets que Ian avait prononcés à son encontre.
En signe de représailles il s'approcha de moi et me murmura à l'oreille :

– Tu ne l'emporteras pas au paradis, « Ma Nina ».

Après ses paroles, je ne savais pas ce qui m'avait le plus bouleversée. Son souffle chaud dans mon cou ou les paroles qu'il avait prononcées.
«Ma Nina », ces deux derniers mots étaient sortis de sa bouche, d'une manière si … si... sexy … non ! Je veux dire...d'une manière si amicale !
Je n'allais pas refaire les mêmes erreurs. Il ne fallait pas que je mélange les choses. Ian était un partenaire, enfin non, disons plutôt un collègue et … Rien d'autre ! Me répétais-je intérieurement.
Je m'efforçais de reprendre le contrôle. Mais je sentis sa main se glisser dans la mienne, et m'entrainer avec elle.

– Nina, allons voir ce que Candice viens de découvrir, car j'ai l'impression que son cri semblait vraiment différent des autres.

Je ne bougeais pas. Il me tenait la main, et me regardait avant de me répéter :

– Aller Nina ! Suit-moi.

Je me laissais guider tant bien que mal par Ian. Nous traversions la cuisine, puis la salle à manger, passions par un couloir, pour atterrir dans la bibliothèque et finir notre course dans une sorte de bureau, où se dressait un billard.
J'avais à peine le temps d'examiner les pièces que Ian, m'emmenait encore vers un autre endroit.

Après ce dédale de salles et de couloirs, nous arrivions enfin sur les lieux où Candice avait criée. Je comprenais pourquoi elle avait émis ce son.

Je serrais la main de Ian plus fort, et contemplais la pièce qui s'ouvrait devant nous. C'était un grand patio, dans lequel trônait en plein milieu une piscine intérieure qui se prolongeait vers l'extérieur.
Dans le fond de la pièce, des fauteuils en rotins entouraient les tables basse, sur chacune desquelles une corbeille de fruit avait été positionnée. Le bar se trouvait non loin de là. Sur le comptoir de celui-ci, était posés des bouteilles de champagne et des verres.
Je regardais Ian avec un sourire qu'il me rendit. C'était magnifique.

Je sentis une pression sur ma main, accompagnée d'une caresse. Son geste me procura un frisson, qui remonta le long de mon bras pour venir mourir à la base de mon cou.
Je réalisais alors que nous nous tenions toujours la main. Je m'empressai de la lui retirer.
Je me raclai la gorge pour me donner plus de contenance, et m'exclamai à mon tour.

– Waouh

C'est tout ce que j'étais capable d'articuler. Une fois de plus avec un sourire en coin, Ian s'approcha de moi et me glissa à l'oreille.

– Mlle Dobrev pour une actrice vous n'avez pas beaucoup de vocabulaire.

Fier de lui, il me dévisageait avec son sourire enjôleur. Quant à moi je restais pantoise, la bouche entrouverte à le regarder. Visiblement gênée je ne savais plus quoi dire.
Je me retournais pour regarder la pièce, et vis également Candice avec un énorme sourire. Elle nous avait certainement vus.
Je sentais qu'elle allait encore, me sortir tout un tas de sornettes sur Ian et moi.
Je laissais mon cavalier derrière moi, et me dirigeais vers elle.

– C'est vraiment splendide, lui dis-je

– C'est clair, oh regarde à côté des bouteilles, il y a un mot.

C'était Julie qui nous faisais savoir, que la maison était à nous pour le week-end et, que ce soir nous étions tous attendu au restaurant. Elle détaillait les activités qui étaient proposées à quelques kilomètres de là, sur le lac. Elle nous expliquait qu'il y avait logiquement ce qu'il fallait dans le frigo, pour tenir une semaine malgré le nombre que nous étions.
Enfin, elle terminait en conseillant d'en profiter, car nos prochaines vacances seraient lointaines. Et, que dès lundi nous commencions à tourner les premières scènes, dont les scripts se trouvaient dans nos chambres respectives.
Nous partions ensuite, tous ensemble à la recherche de nos chambres et surtout de nos textes.
Nous visitions l'étage. Comme Julie l'avait précisé les scripts étaient bien sur nos lits. J'étais dans une chambre en bout de couloir, juste côté de Candice.
En fait, si je schématisais les choses, les garçons étaient d'un côté et la fille de l'autre.
J'entrais dans ma chambre, et m'asseyais sur mon lit, pour détailler la pièce. Je vis ma valise posée devant l'armoire. Il y avait une porte juste à côté, qui devait certainement mener vers la salle de bain.
J'ouvrais la fenêtre sur le mur opposé de la porte, et découvrais un balcon filant sur toute la façade.
Je m'accoudais à la rambarde de celui-ci et m'abandonnais à mes pensées.

PDV Ian

Allongé sur mon lit, je me remémorais ces dernières heures.
Lorsque je l'avais vue la première fois dans le hall, elle ressemblait à une égérie grecque, illuminant la pièce de sa beauté.
Je pensais à son visage rayonnant lorsqu'elle souriait, et entendais son rire chanter dans ma tête.
Juste à ces simples pensées, mes lèvres ne pouvaient faire autrement que d'esquisser un sourire, et une certaine excitation agitait le bas de mon ventre.
Je la revoyais le long de la haie, se pencher pour sentir le parfum des roses. Puis se redresser, regarder autour d'elle et fermer les yeux. Pour enfin, gonfler ses poumons et laisser se dessiner sur son visage, des traits de satisfaction.
Je regardais mes mains et sentait encore les siennes dans les miennes.
Je pensais à ces grandes tragédies classiques. Ce pouvait-il que j'ai rencontré ma Juliette ?
J'avais eu des conquêtes avant, mais aucune ne m'avaient fait ces effets là si rapidement.

Je sursautais en sentant mon téléphone vibrer. Je le regardais et vis un SMS de Meghan.

De : Meghan Auld
A : Ian Somerhalder
Pense à toi et surtout à la nuit dernière. Tu me manques.

Je soufflais. Meghan, il ne manquait plus qu'elle.
Bon là c'était trop je n'avais plus les idées claires, il fallait que je sorte. Je passais la fenêtre et arrivais sur le balcon.
Elle était là, perdue dans ses pensées. Elle ne m'avait pas vu. Je décidais alors de reculer d'un pas pour la contempler en silence.
Que devais-je faire ? J'avais aimé le contact de sa peau plus tôt. J'avais envie de m'approcher d'elle et sentir encore son parfum.
Elle se retourna et sursauta en me voyant.
Je n'avais plus le choix, je m'avançais vers elle en lui disant :

– Mlle Dobrev, il semblerait que les cieux aient décidé, que nous soyons inséparables aujourd'hui.

Elle me regarda avec un sourire inquiet. Je devinais en la regardant, que je n'étais pas le seul, à avoir été troublé de notre rencontre.
Je mettais fin à ce moment de malaise et lui demandant :

– Alors Nina, comment est ta chambre ?

– Euh, très bien. Et la tienne ?

– Parfaite, comme la vue d'ailleurs. Disais-je en la dévisageant, avant de regarder le paysage.

Je faisais une pause avant d'ajouter :

– Je pense que nous avons les plus belles chambres de la maison.

Décontenancée par mes précédents propos, elle balbutia :

– Tu as probablement raison.

Je continuais à m'approcher d'elle pour m'appuyer sur le balcon. Nous étions juste au-dessus de la piscine, qui donnait sur la terrasse. Les premières chaleurs du printemps se faisaient sentir, et l'on voyait que la nature reprenait ses droits sur l'hiver.
Je regardais loin devant et sentais son regard posé sur moi. Je tournais alors la tête avant d'ajouter :

– J'ai le sentiment, que nous ne sommes pas au bout de nos surprises, ma Nina.

Elle continuait à me regarder en silence. Alors que le soleil faisait briller ses yeux noisette, je soutenais son regard et lui demandais.

– Ma Nina, ça ne te gêne pas, que je t'appelle comme cela.

PDV Nina

J'essayais de rien laisser transparaître, mais j'étais très troublée. Les choses prenaient une tournure, que je n'osais envisager.
Il fallait que je réagisse, et vite. Je regardais son visage et cherchais comment formuler ma réponse le mieux possible.

- Euh, Ian ! Dis-je d'un ton grave.

Je m'apprêtais à développer ma réponse, quand mon téléphone sonna. Énervée, je regardais qui était en train d'appeler, et ne décrochais, voulant terminer ma discussion avec lui.
C'était sans compter, sur Steven et Michael que nous n'avions pas vu, qui se trouvaient plus bas, sur la terrasse. La sonnerie du téléphone leur avait fait lever la tête, nous apercevant à l'occasion. Steven beugla alors :

- Qu'est-ce que vous faites nichés là-haut, venez nous rejoindre. On allait piquer une tête.

Ian continuait à me regarder d'un air songeur, puis se retourna vers eux et leur répondit.

- Ne bougez-pas, on arrive. Juste le temps de motiver Nina.

Je le regardais surprise. Mais que racontait-il ! Je n'avais pas besoin d'être motivée, bien au contraire. Vu, les tensions engrangées au cours de cette courte journée, me baigner ne pouvait me faire que le plus grand bien.

- Il semblerait que nous soyons attendus, Mlle Dobrev.

J'entendais au même moment, Steven et Michael sauter dans l'eau, et je me retournais pour les regarder.
Je sentis alors la main de Ian glisser le long de ma taille, et ses lèvres se poser délicatement sur ma joue pour m'embrasser.
Une fois de plus, je restais bouche bée devant lui. Alors qu'avec une étincelle dans l'œil, il me dit :

- A plus tard, ma Nina.

J'essayai de bafouiller quelque chose, mais aucun son ne sortit de ma bouche.
Il s'en amusa et toujours la main sur mes hanches, il rajouta avec un air satisfait :

- J'ai la vague impression, que nous avons autant besoin l'un que l'autre, de nous rafraîchir.

Je le regardais partir, alors que je frissonnais encore de notre tête à tête.
Comment avait-il réussi le tour de force, de me faire passer par tant d'émotions, en à peine 5 minutes.
J'étais à présent sans-dessus-dessous. D'ailleurs, une chose pour laquelle nous étions d'accord, c'est que j'avais effectivement besoin d'une bonne douche froide. Je sentais la colère grandir en moi. A quoi rimait cette histoire ? Comment pouvait-il penser que je me laisserais manipuler si facilement ?
Je n'étais pas une petite fille. Mais en même temps lorsqu'il avait posé sa main sur ma taille, j'avais senti mes jambes trembler, comme si, c'était la première fois que quelqu'un me touchait.
L'apothéose, ce fut quand il m'avait embrassée sur la joue. Je n'aurais pu décrire la décharge électrique, que j'avais ressentie dans le ventre.
Mais, comment faisait-il pour me faire autant d'effet ?
Me laisser guider par mes émotions était une erreur et je le savais, je devais raisonner.
Je m'appuyais sur les propos de ma mère, pour ne pas chavirer et reprendre le contrôle du navire.
En effet, Elle m'avait toujours dit, de ne pas fréquenter quelqu'un au travail. Même si mon métier d'actrice, ne ressemblait pas aux boulots que mes parents avait eus, il n'en restait pas moins que Ian était un collègue au même titre que Steven, Zach, Michael et compagnie.
Lorsque l'avenir faisait peur, il me paraissait plus rassurant de m'appuyer sur l'expérience de mes proches, et appliquer leurs conseils dispensés.
Je décidais donc que notre relation devait rester platonique, et n'irais pas au-delà de la simple amitié. C'était la meilleure solution, ou du moins c'est ce que je pensais à ce moment-là.

J'entendais mon téléphone sonner pour m'annoncer que j'avais un message vocal.
Ah oui c'est vrai, c'était elle qui avait appelé tout à l'heure. J'écoutais son message, elle voulait savoir si tout aller bien et si les autres membres du casting étaient sympas. Je ne voulus pas l'avoir en ligne maintenant, car juste au son de ma voix, elle aurait compris tout de suite, que quelque chose me tourmentait.
Je lui envoyais le message suivant.

De : Nina Dobrev
A : Michaela Dobrev
Tout est super. Le cast est top. Suis super heureuse:-)

Je remettais mon téléphone dans la poche et quittais le balcon vers ma chambre. Je n'avais plus qu'à me préparer pour rejoindre les autres.
Je posais ma valise sur le lit et décidais de déballer toutes mes affaires, pour les ranger dans ma commode, juste à côté de la salle de bain. J'en profitais au passage pour regarder à quoi elle ressemblait. Sans grande surprise comme le reste de la maison elle était grande et évidement splendide.
Je déposais tous mes produits sur le lavabo en pierre polie, mon maillot et me déshabillais pour l'enfiler. J'avais également pris un grand paréo, que je nouais autour de moi. Je me ramassais rapidement les cheveux avec une pince, et j'étais prête.

Je me remémorais mon plan de bataille anti-Ian et passais la porte galvanisée par ma décision.


Ce n'est pas la fonte des neiges mais la refonte des chapitres. Alors, dites-moi ce que vous en pensez.