Chapitre 2
« An du Dragon de Feu 998 – trois semaines plus tard, en Asgard »
La veille, la troupe menée par Frey était enfin parvenue au palais d'Asgard. Il avait installé les cinq sœurs dans une partie de l'immense palais au troisième étage. Lydwina contempla une nouvelle fois le décorum autour d'elle. Les pièces de l'appartement qui lui était dévolu étaient propres et spacieuses, éclairées par des dizaines de chandelles et deux cheminées par chambre. Elle secoua la tête, irritée. Le climat était pourtant bien plus clément ici près de l'océan qu'au pied de leur montagne éternellement enneigée. Les tentures et tableaux étaient somptueux, riches en couleurs.
Combien de ses gens aurait-elle pu nourrir avec tout ce qui se trouvait dans ces pièces ? Elle haussa les épaules, franchement agacée et se posta devant l'une des fenêtres. Celle-ci donnait sur la cour dallée à l'arrière du château. Les jardins s'étendaient au-delà. La neige avait commencé à fondre et révélait des plaques d'herbe verte. Oui, la vie était plus douce ici, que chez elle.
Un mouvement dans la cour attira son attention. Frey et Ulric s'affrontaient en duel à l'épée, sans doute pour un entraînement. Les deux hommes paraissaient de force égale, pourtant Frey prenait lentement le dessus. Plus rapide et plus précis que son adversaire, il pouvait faire mouche à chacun de ses coups. A y regarder de plus près, il semblait même retenir ses coups.
- C'est un bel homme n'est ce pas ? Commenta une voix cristalline à côté d'elle.
Lydwina sursauta et se tourna vers Essylt, qui poursuivit l'œil intéressé
- Je crois que vais tenter quelque chose avec ce beau chevalier… Frey…
- Essylt ! Nous ne sommes pas ici pour nous amuser ! Tu n'es pas sérieuse !
- Et toi tu l'es de trop ! Répondit Essylt du tac au tac. Il est beau, jeune, élégant et quand je vois cette fougue pour un duel amical, je ne peux m'empêcher à celle qu'il pourrait déployer dans une couche …
- Essylt ! Pour l'amour d'Odin, laisse le tranquille.
Lydwina avait réagi trop vite et trop brusquement à son goût. Que lui arrivait-il ? La simple idée de Frey avec Essylt l'avait piqué au vif.
- Touchée ! Déclara sa sœur en riant. J'ai ma confirmation, tu as un faible pour lui ! Durant tout le voyage tu n'arrêtais pas de le dévorer des yeux…
- Non… j'ai beaucoup parlé avec lui … pour mieux connaître Asgard et Hilda et …
Lydwina tentait de se justifier tout en rougissant comme une pivoine. Essylt leva la main pour l'arrêter et sourit de plus belle.
- Bien sûr, bien sûr … c'est bien pour cela que tu deviens aussi rouge que ta robe !
- Essylt, arrête de mettre Lydwina mal à l'aise.
Myrna venait d'entrer, des fleurs séchées dans les bras et des paquets d'herbes odorantes soigneusement empilés dans un panier.
- Ces pièces sont toutes magnifiques, mais ne sentent rien … absolument rien ! Nous avons peu-être un décorum nettement moins spectaculaire mais l'air y est beaucoup plus sain.
L'intervention de Myrna avait délivré Lydwina d'une situation fort gênante. Les deux chevaliers avaient cessé leur combat et se désaltéraient à présent. Frey leva les yeux vers la fenêtre et remarqua les deux silhouettes. Il leur sourit et leur adressa un petit signe de la main auquel Lydwina répondit.
- Eh bien ! murmura Ulric, vous avez l'air de bien vous entendre avec l'aînée des cinq sœurs.
Frey rosit comme un écolier pris à rêvasser au lieu d'étudier.
- Ne dis pas n'importe quoi, Ulric ! Nous avons beaucoup conversé durant le voyage.
- Plus qu'avec les quatre autres réunies, c'est certain ! D'ailleurs, quand on en voit une, les autres ne sont jamais bien loin, commenta-t-il en désignant les escaliers derrière lui.
Illyana venait d'apparaître, vêtue de son armure de combat, comme à son habitude.
- Vous croyez qu'elle dort avec ? ironisa Ulric
- Suffit ! Montre-lui plus de respect. Elle serait capable de te tailler en pièces !
- Çà pour sûr ! Elle ressemble plus à une valkyrie qu'à une simple mortelle. Son regard me fait froid dans le dos.
Frey ne pouvait le nier ; Illyana était incontestablement la plus farouche des cinq. Et elle s'avançait vers eux, son épée à double tranchant dans la main.
- Bien le bonjour, chevaliers ! Lança-t-elle. Lequel de vous deux souhaite m'affronter ? dans un combat amical bien sûr …
D'un geste de l'épaule, elle fit tomber son manteau écarlate.
- Je vous la laisse, chef ! Confia Ulric. Vous m'avez épuisé, je ne me sens pas de taille.
Frey sourit en voyant Ulric reculer et quitter la cour.
- Votre second est un poltron ! Assena Illyana. Ferez-vous de même ?
- Ulric n'est pas un poltron … mais vous l'impressionnez.
La jeune femme esquissa un sourire.
- Et vous ?
Il m'en faut plus, jeune demoiselle ! … Quand vous voulez !
Piquée au vif, Illyana fondit sur le jeune homme qui para son coup sans difficulté. Mais Frey dût bientôt s'avouer qu'il n'avait jamais rencontré une femme aussi déterminée et agressive. Sa force était surprenante, comparable à celle de ses meilleurs hommes et son agilité bien plus grande. Heureusement pour lui, il était plus fort physiquement et après de longues minutes, réussit à la désarmer.
L'épée alla se ficher à quelques mètres d'eux, fendant l'une des dalles de la cour.
- Félicitations chevalier ! Déclara Illyana en essuyant du revers de la main un filet de sang au coin de sa bouche.
Elle ôta son casque et ses cheveux cascadèrent librement dans son dos. Elle vint vers lui et lui tendit la main. Il la lui serra et elle l'attira vers elle, lui broyant les doigts.
- Que ? commença-t-il surpris
- J'ai entendu votre conversation avec ma sœur Lydwina… au sujet de notre séparation… Je suis consciente de votre force et bien qu'hostile à l'idée de cette séparation, je vous demande de prendre soin d'elle !
Frey était perdu. Illyana avait l'expression d'un père donnant son accord au mariage de sa fille. Puis le regard saphir se durcit encore, le transperçant.
- Mais attention ! S'il lui arrive quoi que ce soit, Asgard ne sera pas assez grand pour vous cacher !
Elle remit son casque, leva les yeux et adressa un signe rassurant à son aînée qui s'était précipitée sur le balcon avant de reprendre son épée et rentrer, laissant Frey planté là.
La soirée de présentation des cinq sœurs à la cour devait avoir lieu le soir-même et Hilda voulait que tout soit parfait. La jeune souveraine détestait l'ambiance de la cour et préférait la tranquillité de sa retraite de prières. Mais le sort des héritières d'Odalwar devait être scellé devant un maximum de dignitaires des royaumes soumis aux règles d'Asgard. Cela assurerait sa souveraineté et amènerait le calme dans les différents royaumes.
« Oui, c'est la meilleure solution. Toucher Odalwar, c'est toucher au plus grand et au plus craint des royaumes. Le message sera d'autant plus clair. »Elle leva les yeux vers le ciel. « Oh Siegfried ! Fidèle et avisé ami et conseiller … que n'es-tu pas là pour m'épauler ? »
La porte s'ouvrit derrière elle sur Freya, sa blonde et jolie jeune sœur.
- Hilda ? Je peux te déranger quelques minutes ? J'ai une grande nouvelle pour toi !
- Oui, entre Freya. Qu'y a-t-il ?
- Je viens de recevoir un message du chevalier des glaces … Ils arrivent aujourd'hui et nous réservent une grande surprise selon ses termes.
- Le chevalier des glaces ? Veux-tu parler de Hyoga du cygne, chevalier du Sanctuaire d'Athéna ?
Les yeux verts de Freya pétillèrent de joie.
- Oui ! Te rends-tu compte ? Que peuvent-ils bien venir faire ici ? Cela fait des mois que nous ne les avons pas vus …
- Je me le demande. De plus, soupira Hilda, le moment est mal choisi. La présentation des cinq héritières d'Odalwar a lieu ce soir et je ne peux la repousser d'avantage.
Freya fronça ses fins sourcils.
- Tu as toujours en tête de les séparer Hilda ? Par Odin, c'est cruel ! Je n'aurai pas supporté que l'on me sépare de toi sur ordre ou par nécessité politique !
Hilda eut un geste las.
- Nous n'allons pas recommencer cette discussion Freya. Il le faut, c'est ainsi et c'est nécessaire. Odalwar est en paix pour le moment mais qui nous garanti que cela durera … Combien seront-ils ? Demanda-t-elle pour changer de discussion.
- Ils viennent tous Hilda ! Les cinq chevaliers, Athéna mais aussi certains chevaliers d'or.
- Vraiment, Quel comité … cela doit être important pour qu'ils délaissent ainsi le Sanctuaire. Ne m'avais-tu pas dit que les chevaliers d'or étaient tous morts ? Et Seiya aussi ?
- Oui… pourtant Hyoga m'a bien précisé qu'ils seraient présents… C'est étrange… mais Athéna nous expliquera tout. Oh je suis si heureuse Hilda !
Hilda s'en serait douté. Sa sœur ne tenait pas en place et son tourbillon insouciant la fatigua soudain.
- Fais préparer les chambres Freya… Je crois que le quatrième étage est disponible. Fais vite, ils risquent d'arriver bien plus tôt que nous ne le pensons.
- J'y cours … A tout à l'heure !
Freya disparut dans un bruissement de jupes et Hilda fut à nouveau seule.
- Odin … Asgard doit-il encore être le théâtre d'une bataille ? Je ne sais si ton peuple le supportera encore une fois, soupira-t-elle.
Un vent violent s'engouffra par la fenêtre entrouverte et fit tournoyer quelques flocons dans la pièce. Ils vinrent mourir dans le feu de cheminée qui crépita. Les flammes dansèrent un moment avant de reprendre un rythme régulier.
Hilda s'approcha de la cheminée. « Dois-je en conclure qu'oui ? » N'ayant nulle réponse, elle se rendit dans sa chambre pour s'y préparer en vue de la longue et animée soirée qui l'attendait. A n'en pas douter, les chevaliers du Sanctuaire allaient arriver durant la soirée de présentation.
Hilda se trompait … Ils étaient déjà entrés en Asgard, aux portes du palais.
- Tentons de nous montrer aussi discrets que possible, conjura la douce Saori à ses compagnons.
Autant demander l'impossible. Bien que l'ensemble de ses chevaliers aient pris soin de couvrir leurs armures d'une cape à capuche leur descendant jusqu'aux pieds, la troupe ne passait pas inaperçue. Leurs hautes statures forçaient le respect et les villageois qu'ils avaient croisés s'étaient écartés avec crainte lors de leur passage, en murmurant quelques prières à leurs dieux.
- Quel pays barbare ! Maugréa Aiolia en claquant des dents. Je n'ai jamais eu aussi froid de ma vie.
- Le climat est encore plus rude en Sibérie, fit remarquer Camus, impassible.
- Accélérons le pas avant de susciter encore plus de curiosité, conseilla Mu.
Saori dévisagea une nouvelle fois sa troupe dont elle était si fière. Ils s'étaient tous courageusement battus pour elle et en retour elle s'était battu pour qu'ils puissent vivre. Une nouvelle fois, une larme coula le long de sa joue. Qu'elle aurait été seule sans eux !
- C'est par-là, révéla Hyoga en ôtant sa capuche. La porte dérobée de l'entrée du palais. Les escaliers mènent directement aux appartements des princesses. Nous ne croiserons personne, croyez-moi.
- Tu sembles bien connaître les lieux, dis-moi ! S'amusa Seiya. C'est pour voir Freya en cachette je suppose.
Hyoga rougit instantanément.
- Çà suffit, entre la-dedans grommela Hyoga en le poussant dans les escaliers.
- Qu'il prend vite la mouche quand il s'agit de Freya ! C'est fou, non ? continua Seiya en riant
Il récolta un coup de poing de son compagnon et s'écroula sur les marches. Les chevaliers d'or sourirent. Leurs compagnons avaient beau être de redoutables guerriers lorsque cela s'avérait nécessaire, ils restaient des jeunes hommes voire des adolescents.
- Hyoga, Seiya, pourrait-on à notre tour entrer ? Interrogea Shiryu patiemment. Certains d'entre nous semblent transis par le froid.
Après une longue volée de marches, ils parvinrent enfin aux appartements des deux princesses asgardiennes. Ils entrèrent dans l'antichambre chauffée avec un soupir de soulagement. Aiolia se planta devant la cheminée, vite rejoint par son frère Aioros et Aphrodite.
- Enfin un peu de chaleur soupira ce dernier. Quel contraste avec la Grèce ! En peu de temps passé ici, j'ai déjà des gerçures et presque des engelures…
- Arrête de te plaindre et de gémir, le coupa Camus. Le froid conserve. Tu devrais venir de temps en temps. Çà t'éviterait les rides !
Saori sourit devant leurs chamailleries. Qu'ils étaient bons ces instants insouciants !
- Hyoga !!!
Freya, la plus jeune des princesses, venait d'entrer dans une envolée de jupes et se précipita dans les bras du chevalier blond qui la serra instantanément contre lui.
- Enfin tu es là ! Cela faisait si longtemps !
- Je suis revenu comme je te l'avais promis, lui répondit-il en levant son joli visage vers lui du bout de l'index. Ne pleure pas, s'il te plaît …
- Je suis désolée … nous pensions que vous étiez tous morts suite à votre dernière bataille.
- Athéna nous a protégés, murmura-t-il, et ressuscité pour beaucoup d'entre nous.
- Oh par Thor ! L'interrompit-elle brusquement... nous ne sommes pas seuls ! je suis confuse…
En effet, des paires d'yeux de toutes les couleurs fixaient le couple avec tendresse. Hyoga ne bougeait pas et couvait toujours sa compagne d'un regard débordant d'affection. Celle-ci s'était reprise et se jeta dans les bras de Saori.
- Oh Athéna ! Nous avons eu si peur pour vous. C'est si bon de vous revoir saine et sauve après toutes ces épreuves.
Saori les caressa les cheveux.
- Tout s'est bien fini, c'est ce qui compte.
Freya embrassa tour à tour les quatre chevaliers de bronze, y compris Ikki, visiblement gêné par toutes ces effusions. Les chevaliers d'or avaient retiré leurs manteaux à capuches et s'étaient réunis autour d'Aiolia devant la cheminée pour ne pas gêner ces retrouvailles.
- N'aie aucune crainte chevalier du Phénix, Freya ne t'étouffera pas, s'éleva la voix légèrement rauque d'Hilda, qui entrait à son tour dans la pièce en refermant la porte derrière elle.
Les chevaliers retinrent un instant leur souffle en voyant la grande prêtresse d'Odin. Elle était splendide dans sa somptueuse robe d'apparat. Le bustier d'un bleu nuit était rebrodé de perles de cristal et se prolongeait en pointe sur une longue jupe d'un ton plus clair qui moulait ses hanches étroites avant de s'évaser plus bas. L'ourlet et la traîne de sa robe étaient brodé de motifs runiques bleu nuit soulignés des même perles de cristal. De longs gants bleu nuit complétaient sa tenue. Sa couronne noire et dorée retenait ses cheveux qui cascadaient librement dans son dos. Toute la noblesse de son rang émanait d'elle. Son cosmos était doux, apaisant et profondément bon.
Saori s'avança vers elle et lui tendit les mains.
- Ma chère Hilda, quel plaisir de te revoir. Tu es si belle et tant de douceur émane de toi.
Hilda rosit légèrement.
- J'ai eu un bon professeur pour ce qui est de la bonté d'âme. Quant à la tenue, c'est pour ce soir. Comment vas-tu Athéna ? Nous avons eu tant de mauvaises nouvelles en provenance du Sanctuaire que cela nous a vivement inquiété.
Saori lui sourit.
- Je vais te raconter tout dans le détail mais avant, laisse moi te présenter mes chevaliers protecteurs. Tu connais déjà les chevaliers de bronze …
- Oui, même si les circonstances furent douloureuses.
Seiya, Shiryu, Shun, Ikki et Hyoga la saluèrent tour à tour.
- Quel bonheur de vous revoir tous en vie et en bonne santé, ajouta-t-elle en les détaillant des pieds à la tête.
- Nous de même répondit Seiya. Vous êtes magnifique !
Hilda rosit à nouveau.
- Seiya, arrête d'importuner tous ceux qui t'entourent, soupira Hyoga, excédé par le peu de manières de son ami.
- Ne t'inquiète pas Hyoga, le rassura Hilda. Les personnes que j'affronterais tout à l'heure seront bien pires que Seiya.
- Une nouvelle bataille à Asgard ?
Hilda éclata de rire.
- Non, non, chevalier Pégase ! Ce serait plutôt de la politique. Et ces affrontements sont presque pires que les batailles … On ne sait jamais qui est son ennemi.
- Peut-être pourrons nous t'aider ? proposa Saori
- Je ne pense pas … mais vous serez les bienvenus … à ce propos, ajouta-t-elle en désignant les chevaliers d'or en armure, qui sont ces valeureux guerriers ?
Saori l'emmena vers eux.
- Je te présente les chevaliers d'or… Mur, chevalier du bélier, Saga des gémeaux, Aiolia du lion, Shaka de la vierge, Milo du scorpion, Aioros du sagittaire, Shoura du capricorne, Camus du verseau et Aphrodite des poissons. Les autres chevaliers d'or sont restés pour protéger le Sanctuaire.
L'un après l'autre s'inclinèrent devant Hilda qui les salua chaleureusement.
- Vous êtes de merveilleux protecteurs. Athéna est entre de bonnes mains.
Elle se retourna vers Saori.
- Puis-je t'appeler sœur comme je le fais avec Freya même si nous ne sommes pas du même sang ? Je ne me suis jamais sentie aussi proche de quelqu'un.
- Bien sûr, j'en suis très honorée.
Les deux jeunes femmes s'étreignirent. Freya lâcha encore quelques larmes, vite consolée par Hyoga. Hilda toussota pour s'éclaircir la voix et se reprit.
- Je vous invite tous à venir ce soir notre réception. Il y aura toute la « cour » asgardienne et nous devons recevoir ces personnes importantes pour la paix d'Asgard. C'est très important pour notre avenir.
Saori dévisagea ses chevaliers et haussa les épaules.
- Nous aurons une belle surprise pour toi Hilda… mais nous te la réserverons pour demain dans ce cas et serons ravis de te soutenir ce soir.
- Merci. Cependant, même si j'adore vos armures d'or et de bronze …
- Non, armures divines la coupa Seiya, tout fier.
- Je pense que je vais finir par t'étrangler ! Grogna Hyoga. Quel manque d'éducation vraiment !
Hilda sourit conciliante.
- D'accord mais cela ferait un peu trop guerrier pour la « cour »
Elle prononçait ce mot comme s'il la rebutait.
- Ma sœur n'aime pas la cour, expliqua Freya. Elle trouve cela très frivole, éloigné du vrai monde d'Asgard. Mais nous sommes obligées de faire avec tous ces gens. Ils représentent toutes les contrées d'Asgard. Il y a des musiciens, des conteurs, des scientifiques, des prêtresses, des mages.
- Toutes les contrées ? releva Shiryu
- Oui. Ce que vous avez vu d'Asgard est seulement l'une de ces contrées et le palais d'Odin, qui regroupe en son sein la cour, les représente toutes. Un peu comme … elle chercha ses mots … comme Camelot.
- Camelot ?
- Oui, acquiesça Hyoga. Je lui ai raconté l'histoire d'Arthur, d'Avalon et de Camelot.
- C'est tout à fait çà, confirma Freya, dont les yeux s'embrumèrent soudain. Mais sans chevaliers toutefois …
Hilda posa sa main sur l'épaule de sa sœur.
- Tu devrais aller te changer, Freya. Il est bientôt l'heure.
- Oh oui ! Je parle, je parle et je vais finir par retarder tout le monde. A tout à l'heure à tous …
Elle repartit comme elle était venue, dans un frou-frou de jupe blanche. Saori observa Hilda. D'une parole légère, elle avait su couper de suite la gêne qui les avait tous saisi à l'évocation des chevaliers disparus dans la bataille d'Asgard. Elle n'aimait peut-être pas la politique mais elle était une fine diplomate.
- Bien, reprit Hilda. Je vous envoie notre habilleur pour qu'il vous trouve des tenues conformes aux exigences de la cour. Ainsi vous serez parfaitement incognito dans la foule pour profiter pleinement de la soirée. Des appartements ont été préparés pour vous … avec de grandes cheminées, ajouta-t-elle malicieusement en jetant un coup d'œil vers Aiolia, Aioros et Aphrodite.
Elle s'adressa Hyoga.
- C'est au quatrième étage … je te laisse les guider, tu connais déjà les lieux. A tout à l'heure, pour vingt heures. Soyez à l'heure, je compte sur vous.
