Note de l'auteur: Je tiens à m'excuser du retard, j'ai eu quelques problèmes avec ma connexion Internet, mais problème réglé. Ensuite, je tiens à remercier pour les commentaires reçus, même si je suis assez déçue de voir qu'en comparaison du premier chapitre ayant reçu dix commentaires, le second n'en ai eu que deux...Enfin, j'espère voir la donne changer. Quoi qu'il en soit, allons-y pour la suite.
Hormis Odin, Heimdall était le seul aux yeux de qui rien ne pouvait rester caché. Tous les faits et gestes des habitants des Neuf Royaumes étaient observés en permanence, pour lui permettre d'immédiatement avertir Odin de tout acte susceptible de troubler la quiétude régnant au sein des Royaumes. L'Ase avait par ailleurs toujours considéré sa loyauté comme entièrement et définitivement acquise au souverain. Après tout, n'était-ce pas le Père de Toutes Choses qui l'avait nommé Gardien du Bifröst malgré la jeunesse et la fougue qui étaient siennes à l'époque ?Il était donc évident qu'il ne pouvait laisser le prince héritier pour quelques jours encore cheminer librement vers Jötunheimr par des chemins détournés, sa conscience le poussant à avertir Odin. Une toute partie seulement, car Thor n'était-il pas désormais son nouveau souverain ?Et de ce fait, on ne pouvait considérer comme une traîtrise de préserver comme secrète l'escapade nocture du dieu du tonnerre et de la créature chère à son coeur vers le royaume détruit des géants des glaces. Contrairement à Odin, Heimdall n'arrivait pas à considérer le Jötunn comme un monstre. Ni même comme une menace. Certainement pas comme une menace. La peur dominait son existence, non la haine qui aurait pu lui permettre de dépasser les limites imposées par son propre esprit sur sa magie naturelle et se venger d'Asgard et de ses habitants. Mais le Gardien ne se faisait pas d'illusions: viendrait le jour où l'esclave briserait ses chaînes et le vieil aveugle qu'était Odin comprendrait enfin que la souffrance rendue est bien plus douloureuse que la souffrance infligée. Néanmoins, la cruauté de précipiter la mort du jeune Jötunn ne faisant pas partie de son coeur, le Gardien détourna son regard vers Midgard, espérant trouver dans l'observation de ces faibles êtres un intérêt susceptible de lui faire oublier les ennuis auquels le prince héritier nouvellement nommé s'exposait par attachement envers l'esclave qui était sien. Esclave qui ne pouvait également s'empêcher de trembler. Non pas de froid, celui-ci étant un vieil ami qui l'accompagnait depuis sa naissance, mais de douleur. Ainsi, c'était donc tout ce qui restait de son peuple ?Des habitants éradiqués jusqu'au dernier après une lutte acharnée pour leur survie ?Une planète entièrement et sans pitié ravagée par l'armée d'Odin avant d'être pour toujours abandonnée au déchaînement presque interminable des vents glacials ?Une planète irrémédiablement morte qu'il était désormais le seul à pouvoir pleurer ?Malgré la basse température, la main de Thor serrant la sienne lui paraissait brûlante mais cette chaleur était une véritable bénédiction en comparaison du froid glacial qui régnait dans son coeur comme à vif et il s'y accrocha de toutes ses forces, comme si le contact avec ce dernier pouvait faire taire les murmures entremêlés de rage et de souffrance, réels ou non, qu'il semblait entendre dans le silence rendu maître de la contrée désolée. Murmures qui s'enfonçaient dans son esprit fragilisé telle une lame de poignard aiguisée et ne faisaient qu'amplifier sa culpabilité d'avoir survécu à son peuple. Même s'il n'était qu'un esclave au service du royaume vainqueur. « -Le temple...Je dois voir le temple... » Les murmures douloureux se firent plus lancinants et plus douloureux encore dans celui-ci, unique monument ayant miraculeusement échappé à la folle volonté destructrice d'Odin et de son armée. Pourquoi, le Jötunn l'ignorait mais en voyant l'autel sur lequel on l'avait abandonné bébé, les larmes vinrent d'elles-mêmes sans qu'il ne cherche à les retenir. Pour avoir supporté tant de moqueries depuis son enfance, il savait qu'il n'avait pas été laissé à la merci de la mort non par cruauté mais bien au contraire par pitié. Faible comme il était, il n'aurait jamais pu faire face à son existence sans avoir constamment besoin d'aide si on lui avait laissé la vie sauve. Au moins n'aurait-il jamais eu à subir tout l'enfer sans cesse renouvelé qui était le sien.
« -Calme-toi Loki, tout va bien...Sèche tes larmes mon amour... »
Au lieu de s'apaiser malgré ses paroles réconfortantes, les sanglots du plus jeune redoublèrent même s'il tentait vainement de les contenir, tout comme ses cris de chagrin. Une véritable crise de panique auquelle le dieu du tonnerre était habitué, quand bien même celles-ci étaient fort heureusement rares. Aussi se contenta-t-il de garder son amant tout contre lui, sans cesser de l'assurer de son amour et de sa détermination à le protéger de tout danger. Certains diraient qu'il ne pouvait tenir cette promesse, pleine d'espoir mais tellement mensongère, mais il ne doutait pas de pouvoir la tenir. Il ne pouvait en douter, malgré les difficultés auquelles il aurait à faire face. Au moins ne tarda-t-il pas à obtenir rapidement le résultat escompté, à savoir l'apaisement du Jötunn qui resta blotti contre lui, épuisé. A le voir s'effondrer d'épuisement à chaque fois qu'il était soumis à une forte émotion, Thor n'en l'aimait que plus davantage. Car cela signifiait que son Loki n'était pas un monstre, mais juste une petite chose fragile et trop faible pour se protéger par elle-même. « -Tue-moi...Ne me laisse pas aux mains d'Odin, je ne veux pas subir le châtiment qu'il compte m'imposer...Je vais mourir, j'ai bien le droit à une fin digne que tu es le seul à pouvoir m'offrir...même si je suis un monstre...Jure-le moi. » S'étant attendu à une telle demande, le dieu blond se contenta d'hôcher la tête, s'étant déjà promis d'offrir lui-même une mort juste au jeune homme qui lui avait changé la vie de manière aussi radicale. Après tout, n'était-ce pas Loki qui avait fait du guerrier impulsif et bourrin un prince héritier plus ou moins sage ?Une transformation nullement du fait de son père, malgré tout ce que ce dernier semblait penser.
« -Je te le jure. »
Rassuré, Loki se laissa relever (quand était-il tombé à genoux contre son maître, roi et amant ?) comme un enfant et raaccompagné hors du temple jusqu'aux ruines de la "salle du trône" où les deux jeunes hommes marquèrent une pause. Ainsi était-ce donc là que le roi de Jötunheimr était mort dans une dernière lutte désespérée jusqu'à sa défaite ?Était-ce donc là que les Jötunn avaient perdu la guerre qui avait vu leur complète disparition ?Une légère pression sur sa main le rappela à la réalité et le jeune homme se permit un faible sourire triste: malgré son envie de vivre, il espérait malgré tout que la mort que lui offrirait Thor soit aussi rapide que sans douleur...Et il comprit avant même que Thor n'ouvre la bouche pour s'excuser.
« -Loki, nous ne pouvons rester plus longtemps. Je suis désolé. »
Ayant déjà fait son deuil, le brun suivit le dieu sans dire mot et sursauta quand le Brifrot apparut devant eux. Les deux jeunes hommes échangèrent un même regard résigné, leur fugue vers Jötunheimr n'étant évidemment pas passée inaperçue, puis s'avancèrent sur le pont. A peine eurent-ils posé le pied dans l'Observatoire d'Heimdall qu'ils furent saisis par plusieurs gardes devant un Odin au visage fermé. Thor s'inquièta plus pour Loki que pour lui-même, son amant semblant sur le point de s'effondrer au sol malgré ses efforts pour garder un semblant de calme, aussi passa-t-il un bras autour de sa taille pour le soutenir en ignorant les nombreux regards dégoûtés des gardes pour ne contempler que le faible mais tendre sourire de son Loki.
« -Thor Odinson », gronda Odin avec une fureur mal contenue de voir son fils si proche de sa chose. « Je t'accuse de haute trahison envers Asgard et son peuple, pour avoir considérer la vie de cette misérable créature plus importante que le royaume qui est le tien. As-tu a parler pour ta défense ? »
« -Père, vous ne pouvez m'accuser d'avoir considéré Loki comme une personne et, de ce fait, lui avoir offert la possibilité de voir la terre d'où vous l'avez arraché. Chose dont il a cruellement manqué durant toutes ces années... »
Thor défia courageusement son père du regard sans sourciller. Cela faisait des siècles qu'il ne se considérait plus comme un enfant qui laissait son émotion prendre le dessus lorsque son père lui jetait en pleine figure son mécontentement. Non, il était un homme désormais, donc parfaitement capable d'assumer ses propres choix. Celui-ci étant de protéger son Loki face à n'importe quel péril. D'autant plus si le péril en question était son propre père. Loki, lui, avait l'impression que son coeur explosait sous le coup de l'émotion devant les paroles de Thor. Celui-ci était réellement prêt à mettre sa vie entière d'héritier aimé d'Asgard juste pour lui. Lui qui ne s'était jamais senti digne d'un tel attachement à sa pitoyable existence, garda la tête baissée en sentant le regard empli de haine d'Odin sur lui.
« -Pour avoir trahi Asgard et les lois qui sont siennes, je te déclare indigne de ta famille, de ton rang et de tes pouvoirs. Mais par ton sang, je ne peux te condamner à mort malgré tes actes. Aussi moi, Odin Borson Père de Toutes Choses te déclare condamné...à l'exil ! »
Dans l'Observatoire, le temps sembla comme suspendu tant la situation était emplie d'horreur pour les deux jeunes gens. Comme dans un rêve, Thor vit son père tendre Gungnir vers lui, un jet de lumière intense en sortir et venir comme ralenti le frapper en plein torse. L'envoyant dans le Bifrost nouvellement ouvert, sa dernière vision étant celle de son Loki hurlant de toute ses forces en se débattant pour le rejoindre avant de s'effondrer sous un coup de Gungnir. Mais comme si voir son amant être brutalisé n'était pas assez, traverser les Neuf Royaumes en sentant ses pouvoirs le quitter peu à peu lui semblait être un écorchement vif tant cela lui était douloureux. Aussi fût-il presque soulagé de voir le sol se rapprocher, moins en se sentant violemment percuter une masse noire surgie de nulle part, assez pour l'envoyer par terre mais néanmoins pas assez puissante pour l'assommer. Masse noire qui s'avèra être une sorte de grosse boîte de métal d'où en sortit deux femelles humaines et un mâle. Des midgardiens.
« -Oh Père, quelle imagination !M'envoyer sur Midgard, n'avez-vous rien trouvé de mieux !? », cria-t-il en espérant de tout coeur que son père l'entende, trouvant par là un défouloir parfait. Mais être envoyé sur Midgard n'était pas particulièrement ce qui l'inquiétait le plus. Non, c'était le sort réservé à son Loki.
J'avoue, je suis incapable de faire de "longs" chapitres, mais j'espère néanmoins que celui-ci vous plaira ;). Des commentaires ?
