Titre : Pluie et nuage
Disclaimer : Akira Amano, vous vous en doutez.
Paring : 8018
Rating : T
Genre : Romance/Drama
Chapitre II
15 ans plus tard
Dans une salle, deux corps combattent. Chacun y met tout ce qu'il a. on sent l'exaltation qui se dégage à des mètres à la ronde. Le sabre heurte les tonfas dans des étincelles. Un instant, leurs yeux s'accrochent, comme hypnotisés. Un instant, et leur seule perception est celle du tiraillement des muscles sur-sollicités, de la sueur qui coule dans le dos, du souffle saccadé et brûlant de l'autre sur leur visage. Les corps se séparent pour mieux se retrouver dans des fracas métalliques. Un coup plus fort que les autres fait trembler puis s'écrouler un mur déjà fragilisé de la pièce dévastée.
« Yamamoto ! Hibari ! Combien de fois vous ais-je répété de ne pas combattre à l'intérieur ! »
L'épéiste fit un grand sourire et s'excusa quand le manieur de tonfas regarda son Boss d'un air méprisant. Kyôya se désintéressa vite de Tsuna et prit la direction du toit. Takeshi le suivit des yeux un instant avant de ranger son sabre et de se diriger vers le garage. Un petit quart d'heure en moto suffit à le ramener chez lui. Sur la table de la cuisine, Reborn était assis en tailleur, son fedora couvrant ses yeux.
« Tu te souviens de ce que je t'ai dit, il y a quinze ans ?
-Oui.
-Avant est bientôt terminé. »
Takeshi ne répondit pas. Reborn ne lui avait jamais expliqué de quoi il parlait. Il n'avait pas eu besoin.
Le sabreur alla s'étendre sur son futon. Malgré la nouvelle, il s'endormit en quelques secondes. Il se réveilla au milieu de la nuit. Il y avait quelqu'un dans la chambre. Reborn. Il se leva et sortit à la suite de son mentor. Aucun mot ne fut échangé. Ils prirent la voiture de l'arcobaleno et roulèrent assez longtemps. Ils arrivèrent dans un lieu vide d'êtres humains à des kilomètres à la ronde. Ils descendirent du véhicule et s'éloignèrent un peu. Les dernières paroles qu'ils échangèrent furent prononcées par Reborn :
« Après demain, aux alentours de quinze heures, Tsuna viendra voir et récupérer… ce qu'il en est. »
Le combat commença. Aucun coup n'était retenu. Chaque frappe visait là où ça faisait mal. Chaque mouvement blessait. Deux tueurs. Deux bêtes enragées. Deux machines de destruction. Deux Parfaits Tueurs. Le combat dura longtemps. Très longtemps. Jusqu'à ce que l'un des deux corps s'effondre.
L'autre homme contempla le corps sans vie, mutilé au possible, de celui qui fut son mentor. Il le contempla, sans autre émotion qu'une espèce de fascination morbide, pendant une éternité qui lui parut une poignée de secondes.
Une voiture s'approcha dans le paysage dévasté, et Tsuna en sortit, l'air grave. Il se posta aux côtés de son gardien et posa son regard sur le cadavre abimé.
« Il a perdu. »
Takeshi hocha la tête. Tsuna enfila ses gants et brûla le corps jusqu'à ce qu'il n'en reste que des cendres. Ils rentrèrent. Hayato l'insulta, Lambo pleura, Ryûhei le regarda d'un air gêné, Chrome, peiné, Mukuro, curieux, et Bianchi, fataliste. Tsuna se chargea d'aller leur parler. Takeshi alla sur le toit. Kyôya était là, allongé comme à son habitude. La Pluie s'étendit auprès du Nuage qui ne réagit pas.
« En général, c'est comme ça qu'un tueur à gages fait savoir à son élève qu'il est prêt. C'est… comme un test final. Il m'avait prévenu dès le début, même si je n'ai pas tout de suite compris.
-…
-Selon la tradition, seuls l'amant ou l'amante peuvent rendre hommage au défunt, et ce, une seule fois de son vivant, en brûlant la possession la plus chère du mort à l'endroit même où il est trépassé. Une fois mort, il peut se faire incinérer au même endroit.
-Que voudras-tu que je brûle ?
-Tu es ce que j'ai de plus cher.
-Je ne m'inhumerai pas.
-Je sais… »
30 ans plus tard
Malgré ses soixante ans bien passés, Kyôya avait toujours le physique de ses quarante ans, et le magnétisme et la prestance de sa jeunesse. Son œil en moins ne faisait que renforcer son aura intimidante et dangereuse. Même mort. On fit flamber son corps au milieu de nulle-part, là où il avait périt, presque dix ans plus tôt. Et Hibari, selon la tradition, fut incinéré auprès de son amant. Il lui avait déjà offert son œil. Le reste le rejoignait, à présent.
