CHAPITRE 3

Cela fait une semaine que Bellamy vit chez Clarke. Cela fait aussi une semaine qu'elle essaye de ne pas l'étrangler à chaque instant.

Bellamy est très bruyant. Bellamy prend beaucoup de place. Bellamy est un grand gamin et surtout… Bellamy est très beau. C'est indéniable.

Clarke se lève de son lit en entendant la porte d'entrée se claquer violemment. Elle soupire et frotte ses yeux en franchissant la porte de sa chambre. Elle vérifie que son short ne soit pas trop court et débouche dans le séjour.

— Bonjour princesse !

Clarke ferme les yeux d'énervement en entendant la voix enjouée de Bellamy. Déjà qu'il utilise un surnom qu'elle ne supporte pas, il est ensuite de très bon humeur le matin. Clarke a toujours été une personne du soir et non du matin et ça Bellamy le sait. Il en joue.

— Tu étais sorti de l'appartement ? demande-t-elle.

— J'ai fait un jogging.

Elle le regarde de haut en bas. Il porte un t-shirt gris complètement trempé ainsi qu'un short de sport. Ses cheveux sont décoiffés et dégoulinent de sueur. Toutes les filles seraient dégoutées par cette vision mais ce n'est pas repoussant chez Bellamy. C'est attirant.

— Je vais faire quelques joggings vu le beau temps en ce moment, lui dit-il. Je te laisserai dormir.

— Tu es chez moi, heureusement que tu me laisses dormir.

Elle se dirige vers le frigidaire et met sa main sur la poignée. Elle l'ouvre et s'apprête à prendre la bouteille d'eau alors que Bellamy l'intercepte avant elle. Elle grogne en essayant de reprendre la bouteille.

— Je viens de courir une dizaine de kilomètres princesse, dit-il en serrant la bouteille d'eau dans sa main.

— Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça ! s'exclame-t-elle.

— J'aime te voir en colère, dit-il en souriant. Ça te rend encore plus sauvage et sexy.

— Que fais-tu du « je reste professionnel dans mon travail » ?

— On est entre nous.

— Donc tu pourrais coucher avec moi ?

Elle sourit devant le regard surpris de Bellamy. Elle vient de faire exprès de dire cette phrase pour savoir quelle serait sa réaction. Elle est surprise de le voir s'humecter les lèvres et la regarder de haut en bas.

Il ouvre finalement la bouche pour lui répondre.

— Non.

Il sourit devant son regard effaré et porte la bouteille d'eau à sa bouche. Il boit à même le goulot alors qu'elle s'avance et la retire violemment de ses mains.

— Si tu veux de l'eau tu prends un verre ! s'écrie-t-elle. Et je peux savoir pourquoi « non » ?

— Pourquoi, tu as envie de coucher avec moi ?

— Quoi ? Non ! s'exclame-t-elle.

— Alors j'imagine que tu es simplement vexée.

— Je ne suis pas vexée, je ne voulais pas que tu dises oui ! C'est juste que tu as sorti le mot « non » sans rien rajouter de plus.

— D'accord, alors je vais te répondre, dit-il en se tournant vers elle. Non je ne pourrais pas coucher avec toi parce que je suis censé te protéger. Par contre, j'en ai grandement envie, ça c'est sûr.

Il repose la bouteille d'eau sur le plan de table alors qu'elle écarquille les yeux et ouvre la bouche, choquée par ce qu'il vient de dire. Il sourit en la regardant et enlève soudainement son t-shirt. Elle recule d'un pas.

— Je ne vais pas te sauter dessus, lui dit-il en roulant les yeux. Oui tu es très jolie, oui tu es très intelligente mais tu es beaucoup trop insupportable pour qu'il se passe quelque chose entre nous.

— Je te retourne le compliment.

— Je vais prendre ma douche.

— Non ! J'y vais en premier !

— C'est ton jour de repos, tu ne vas même pas au travail !

— Non mais je dois passer voir Raven pour récupérer ma voiture.

La voiture de Clarke a eu un problème technique il y a trois jours alors qu'elle allait à l'épicerie avec Bellamy. Il a dû ouvrir son capot pour savoir ce qui clochait et l'un des fils du moteur était arraché. Il a directement cru à un sabotage, bien-sûr. C'est Bellamy.

— Oh non, lui dit-il. Ça fait déjà trois fois qu'on va voir Raven, je n'en peux plus !

— Pourquoi ? demande Clarke. Tu t'entends super bien avec elle, ça devrait te faire du bien même.

— Elle n'arrête pas de me pincer la joue, dit-il. Je ne la comprends toujours pas.

— De toute façon je resterai avec elle pendant que tu seras avec Wick. Il sera là normalement.

Clarke n'a rencontré qu'une seule fois Wick mais elle l'aime déjà. Il tient tête à Raven dans l'entreprise et c'est ce qui lui fallait. Il n'a pas peur de dire ce qu'il pense même si ça peut la blesser.

— D'accord, répond Bellamy en commençant à aller vers la salle de bain.

— Non ! s'écrie Clarke.

Elle accourt vers lui et le bouscule en entrant dans la salle de bain. Elle ferme rapidement la porte derrière elle et met le verrou alors qu'elle entend son grognement. Elle sourit en s'adossant au mur. Elle a réussi à le contrer.

— Princesse, je vais réellement te tuer, dit Bellamy à travers la porte.

— Tu perdrais ton travail non ?

— Fais chier ! s'exclame-t-il, sa voix s'éloignant de la porte.

Elle sourit et entre dans la baignoire en activant l'eau chaude. Elle laisse ses pensées dériver alors qu'elle frotte le gel douche contre sa peau.

Clarke a toujours été une personne stressée par le temps et par les personnes autour d'elle, mais elle n'a jamais été aussi heureuse que ces derniers temps. Avoir Bellamy chez elle lui donne une occupation suffisante pour ne plus penser à ses problèmes. Il l'aide à oublier.

Elle sort de la salle de bain en enroulant une serviette blanche autour de son corps. Elle s'est tellement précipitée qu'elle avait complètement oublié de prendre des affaires. Elle déverrouille la salle de bain et sort, regardant autour d'elle. Elle voit Bellamy toujours torse-nu, les bras croisés et la regardant.

— Quoi ? demande-t-elle. J'avais oublié de prendre des affaires.

— Tu sens bon.

— Merci, dit-elle en fronçant les sourcils. Je viens de me laver, c'est normal.

— Ce serait dommage que quelque chose te salisse de nouveau… Ou quelqu'un.

Elle ouvre grand les yeux quand elle le voit dangereusement s'approcher d'elle. Elle recule d'un pas.

— Non Bellamy, dit-elle. Si tu fais ça, je te jure que…

Clarke n'a pas le temps de dire un mot de plus puisque Bellamy prend ses bras et la plaque contre son torse trempé de sueur. Elle essaye de se débattre mais il resserre son emprise sur son corps et l'enlace. Elle bouge en criant mais ça le fait plus rire qu'autre chose. Il frotte ses joues mouillées contre les siennes.

— Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? gémit-elle dans ses bras.

— Tu m'adores, ne dis pas le contraire.

Il s'écarte d'elle et rentre directement dans la salle de bain. Clarke laisse ses bras le long de son corps en soupirant. Infernal.

Elle rentre dans sa chambre en laissant tomber sa serviette au sol. Elle choisit dans son dressing un jean ainsi qu'un débardeur bleu et retourne dans le salon. Elle se dirige vers son congélateur et choisit de mettre un plat de lasagnes dans le four. Finalement, elle se fait un chignon sur la tête en s'affalant violemment dans le canapé. Elle commence à regarder les chaines en soupirant jusqu'à ce que son téléphone portable commence à vibrer.

— Allo ? répond-elle.

Clarke ? dit Raven. Tu viens toujours au garage ?

— Bien-sûr, tu sais que je dois récupérer ma voiture. Je travaille demain.

— Super. Est-ce que tu pourrais emmener Bellamy ?

— Tu sais très bien qu'il est obligé de m'accompagner de toute façon, répond Clarke en rongeant son ongle.

— D'accord. Il me faut juste quelqu'un pour occuper Wick. Je n'en peux plus.

— Oui, même s'il y a deux jours tu as fait un rêve érotique où vous le faisiez sur une voiture.

Tais-toi, siffle Raven au téléphone. Tu n'es pas censée être au courant !

Clarke commence à rire alors que Raven lui dit une nouvelle fois de se taire. Elles continuent à parler jusqu'à ce que Bellamy s'écrase à côté de Clarke dans le canapé et approche son oreille pour écouter leur conversation.

J'entends un second souffle, dit Raven au bout d'un moment.

— SALUT RAVEN ! s'écrie Bellamy.

Clarke s'écarte soudainement de lui après son hurlement. Elle se renverse sur le canapé et commence à le frapper avec ses pieds en portant le téléphone contre son oreille.

— Je suis désolée Raven, dit-elle en se chamaillant avec Bellamy. Je dois te laisser. Il faut que je le tue.

— Non s'il te plait, il faut qu'il occupe Wick !

— Tu fais chier. Salut.

Clarke balance son portable sur la table basse et continue à se battre avec Bellamy. Ils tombent tous les deux du canapé mais ça ne les empêche pas de se disputer. Clarke met plusieurs coups dans son torse alors qu'il éclate de rire et la soulève de terre en mettant ses mains sur sa taille. Elle commence à crier alors qu'il la laisse dans les airs au-dessus de lui.

— Repose-moi ! s'écrie-t-elle.

— Quoi, tu n'aimes pas faire l'avion ?

— Je n'ai PAS 12 ans Bellamy !

Il la relâche soudainement alors qu'elle tombe brusquement sur lui, coupant simultanément leur souffle. Elle le regarde et s'apprête à parler lorsque l'alarme du four retentit. Elle grogne et essaye désespérément de s'extirper de l'emprise de Bellamy.

Elle se rue sur le four et sort le plat sans prendre le temps d'attraper des gants de protection. Bellamy éclate de rire alors qu'elle dépose violemment les lasagnes sur la table et saute sur place en secouant ses mains dans le vide. Il se lève et s'assoit directement sur une chaise, commençant à piquer dans le plat alors que Clarke suçote le bout de son doigt.

— Tu ne compaties même pas avec moi, lui dit-elle.

— C'est de ta faute, répond-il en mangeant. Je suis censé te protéger des attaques extérieures et non de tes stupidités.

— Merci, c'est gentil, dit-elle en se rasseyant, vexée.

Ils commencent à manger dans le silence en se lançant quelques regards agacés de temps à autre.

À la fin du repas, ils se préparent à partir vers le garage. Ils sortent de l'appartement et de l'immeuble en débouchant dans la rue.

— On va prendre une bonne dizaine de minutes à pied, dit Bellamy en se plaignant à côté de Clarke.

— Et alors ? On est jeunes, on peut le faire.

Clarke le regarde en souriant. Il commence à regarder autour de lui comme s'il découvrait la ville pour la première fois. Elle roule ses yeux lorsqu'elle le voit sursauter en entendant un bruit de voiture derrière eux.

Elle continue de l'observer quelques minutes de plus.

— Est-ce qu'on peut accélérer ? demande-t-il soudainement.

— C'est quoi ton problème ? demande-t-elle en s'arrêtant en plein milieu de la rue.

— Dépêchons-nous, dit-il en prenant son bras.

— Bellamy !

Elle sent une vibration dans sa poche de jean. Il fronce les sourcils alors qu'il tend son bras et le retire de la poche de Clarke, à sa plus grande surprise.

— Non mais tu permets ? dit-elle en lui arrachant le portable des mains.

Elle répond sans regarder l'écran alors que Bellamy lui dit que c'est un numéro masqué. Elle hausse les épaules.

— Allô ?

On se fait une petite sortie en couple dans les rues de New York alors que tu fais face à des menaces extérieures ? Ce n'est pas très prudent tout ça.

Elle fronce les sourcils et sent son cœur battre de plus en plus rapidement. Elle regarde Bellamy en pointant son téléphone portable. Elle articule les mots « Quelqu'un nous regarde » alors qu'il tourne la tête à droite et à gauche. Elle avale doucement sa salive.

Est-ce que tu me vois ?

— Qui êtes-vous ? demande-t-elle.

Un membre des Grounders. Je pense que tu t'en doutais.

— Qu'est-ce que vous voulez ?

Nous n'arrêterons pas, lui dit-il. Jusqu'à ce que ta mère, son garde du corps et toi soyez morts.

— Pourquoi ?

Ton père n'a pas été vraiment réglo, malheureusement pour toi. Dis-moi… L'homme présent avec toi est-il ton garde du corps ou ton petit-ami ?

Clarke réfléchit quelques secondes alors que Bellamy se déplace autour d'elle, interceptant tous les passants au téléphone à côté d'eux. Clarke réfléchit.

L'homme au téléphone vient de dire qu'il allait tuer le garde du corps de sa mère. Peut-être que si Bellamy était son copain…

— Petit-ami, répond-elle alors que Bellamy fronce les sourcils en la regardant.

Ils ne t'ont pas encore assigné un garde du corps ? Peut-être que je devrais t'attaquer ici et maintenant, avant qu'il n'y en ait un.

— Et bien je t'attends.

Le téléphone se coupe. Clarke se retourne vers Bellamy en prenant le bas de son t-shirt dans son poing. Il continue à regarder ailleurs alors qu'elle tire son pull. Il la regarde enfin.

— Ils pensent que tu es mon petit-ami, dit-elle doucement. Il ne faut pas qu'ils sachent que tu es mon garde du corps autrement ils risquent de te tuer, c'est compris ?

— Que je sois ton copain ou non, quand ils verront que j'essaye de te défendre coûte que coûte, ils le comprendront tout seuls.

— Je sais. Mais ils ont menacé de tuer Kane, je ne voulais pas prendre le risque.

— Passe-moi ton portable.

Clarke lui tend l'appareil alors qu'il le prend. Il fouille dans les derniers appels alors qu'elle regarde par-dessus son épaule.

— C'est un numéro masqué, lui dit-il. Aucun moyen de le retracer. L'appel a duré moins de deux minutes donc c'est mission impossible.

— Espérons qu'ils rappellent plus longtemps, lui dit-elle.

— Non, c'est beaucoup trop dangereux. Viens, on y va.

À la plus grande surprise de Clarke, il pose son bras sur ses épaules et la tire en avant, toujours en regardant derrière eux. Il accélère le pas alors que Clarke essaye de suivre en passant son bras gauche derrière son dos. Elle baisse la tête et essaye de penser à tout sauf à la personne qui est en train de les suivre en ce moment même.

Ils se dirigent rapidement vers le garage dont Raven est la propriétaire. Ils entrent brusquement.

— Clarke ! s'exclame Raven en la regardant. Bellamy. Vous allez bien ?

— Oui, sauf si on omet le fait qu'un membre des Grounders m'a appelé dans la rue pour me dire qu'il allait tous nous tuer.

— Sérieusement ? pouffe Raven.

Clarke sourit devant la réaction de son amie. Chacun aurait eu un regard surpris ou aurait pris peur mais pas elle. Raven est différente de tout le monde.

— Rien de très grave, dit Clarke en tirant la langue.

— Ça n'a pas l'air d'être le cas de lui par contre, dit Raven en faisant un signe derrière elle.

Clarke se retourne et trouve Bellamy devant elle en train de faire les cents pas. Il se frotte le front en murmurant plusieurs paroles incompréhensibles. Clarke soupire et s'approche de lui en mettant ses mains sur ses épaules.

— Je ne suis pas morte, on ne m'a pas attaquée, tu ne vas pas te faire virer. Ça va mieux ?

— Il faut qu'on aille voir ta mère, lui dit-il.

— D'accord, quand j'aurais récupéré les clés de la voiture.

Elle se dirige vers Raven alors que celle-ci lui explique les modifications faites à sa voiture. Elle affirme le fait que les fils ont bien été arrachés par quelqu'un. Clarke croise les bras en l'écoutant.

— Es-tu vraiment en sécurité ? lui demande celle-ci.

— Avec Bellamy oui, répond Clarke. Il fera tout pour me protéger.

— En es-tu sûre ? Vous n'avez pas l'air de vous entendre très bien.

— C'est le cas, répond Clarke en soupirant. On a un peu de mal à se parler normalement mais ça ira mieux. Tout ce dont je suis sûre, c'est qu'il ne veut pas que je meure.

— Si tu lui fais confiance alors moi aussi, dit-elle en souriant.

Clarke hoche la tête alors que Raven reprend ses explications. Elle acquiesce de temps en temps mais son esprit est occupé par autre chose. Elle tourne légèrement la tête et regarde Bellamy rire avec Wick. Elle se mord la lèvre et regarde de nouveau sa meilleure amie, entendant l'éclat de rire de Bellamy au loin.

— Arrête de rire ! s'exclame Wick en regardant Bellamy. Cette fille est insupportable mais je ne peux pas m'empêcher de penser à elle.

— C'est parce qu'elle t'insupporte justement, répond ce dernier. Elle contrôle tes pensées.

— Tu penses qu'on peut avoir des sentiments envers quelqu'un d'insupportable ?

— Si tu partages d'autres moments avec cette personne oui… Je pense. Ça ne m'est pas encore arrivé.

— Je ne te le souhaite pas alors.

— Ne t'inquiète pas, ça n'arrivera pas.

Il entend soudainement le rire de Clarke à l'autre bout du garage. Il se tourne et la regarde quelques secondes en fronçant les sourcils. Elle est vraiment bruyante. Il se tourne de nouveau vers Wick.

— Ce n'est pas trop dur de la protéger ? lui demande Wick.

— Pour l'instant nous n'avons pas eu de réelles menaces, seulement un coup de téléphone.

— Et tu t'entends bien avec elle ?

— Non, répond Bellamy en commençant à rire. C'est la première fois que ça me fait ça mais ce n'est pas grave, je vais faire avec.

— J'espère que ça s'arrangera, dit Wick en souriant.

— Ce n'est rien. Elle est plutôt drôle.

Bellamy sourit en baissant la tête alors que Raven et Clarke viennent à leur encontre. Clarke fait tourner ses clés de voiture dans sa main et fait un grand sourire à Bellamy.

— On peut rentrer en voiture, dit-elle toute excitée.

— Oui, enfin on va aller chez ta mère avant de rentrer à la maison.

— Quoi ? Pourquoi ?

— Il faut qu'on informe Kane du coup de fil de tout à l'heure. Il doit être au courant pour l'ajouter au dossier.

— On pourrait simplement l'appeler.

— Non.

Clarke commence à grogner et fait la bise à Raven et Wick. Bellamy leur dit également au revoir alors qu'ils entrent tous les deux dans la voiture de Clarke. Elle s'installe derrière le volant et met la clé dans le contact en souriant. Elle fait un signe à Raven et Wick et débouche dans la rue.

— On aurait pu l'appeler, grogne-t-elle.

— On n'a rien d'autre à faire de la journée de toute façon.

— Parle pour toi.

Bellamy secoue la tête d'énervement en mettant son coude droit contre la vitre. Il s'apprête à parler lorsqu'il entend un coup sur le derrière de la voiture et son corps projeté en avant. Clarke pousse un petit cri en regardant dans le rétroviseur.

— Quelqu'un vient d'emboutir la voiture ! s'exclame-t-elle.

Bellamy regarde par la vitre arrière de la voiture et fronce les sourcils. Une voiture noire est derrière eux avec les vitres teintées. Il essaye de distinguer l'intérieur de la voiture mais n'y parvient pas. La voiture fronce de nouveau vers eux et les emboutit une nouvelle fois.

— Qu'est-ce qu'il se passe ? s'écrie Clarke.

— Fonce !

— Quoi ?

— FONCE !

Elle appuie sur l'accélérateur et essaye de slalomer entre les voitures. Bellamy regarde en arrière alors que la voiture continue son avancée.

— Qui c'est ? demande-t-elle.

— Surement des membres des Grounders, répond-il. Accélère, Clarke.

— J'ai mon permis depuis peu de temps ! s'exclame-t-elle. Je ne suis pas habituée à conduire vite !

— Échangeons nos places.

Elle refuse mais il lui prend le volant des mains en passant par-dessus son corps. Il appuie son pied sur la pédale d'accélération tandis que Clarke glisse doucement son corps sur le siège passager. Elle y parvient alors que Bellamy commence à son tour à slalomer entre les voitures. La voiture essaye désespérément de suivre mais Bellamy commence à prendre des allées à droite et à gauche. La voiture a dû mal à les suivre. Clarke regarde en arrière.

— On les a semés, lui dit-elle.

— Je vais continuer à prendre des petites allées jusqu'à arriver chez ta mère.

Elle hoche la tête alors qu'il rallonge la route jusqu'à chez Abby. Clarke ne cesse de jeter des coups d'œil derrière eux pour s'assurer de leur sécurité. Elle appuie sa tête contre son siège et essaye de respirer calmement. Elle ne peut décrocher un seul mot tellement sa gorge est nouée.

Bellamy se gare rapidement devant la maison d'Abby et sort en trombe de la voiture. Il fait le tour et aide Clarke à sortir de la voiture. Celle-ci sent la main de Bellamy frôler le bas de son dos alors qu'il regarde à droite et à gauche. Elle avance et entre sans frapper.

— Maman ? dit-elle en se dirigeant vers le salon.

Sa mère, jusqu'alors assise avec Kane sur le canapé, se lève dès que Clarke entre dans la pièce. Elle sourit et prend sa fille dans ses bras alors que Kane fait une accolade à Bellamy.

— Tout va bien ? demande-t-il devant l'air frustré de Bellamy.

— On s'est fait emboutir plusieurs fois de suite sur la route.

— Quel voiture ? demande Kane en se précipitant vers le bureau.

— Je ne sais pas exactement, dit Bellamy en passant une main derrière sa nuque. Une Audi TT noire, il me semble. Les vitres étaient teintées.

— Tu as pu apercevoir quelque chose à travers le pare-brise ?

— Non. Clarke ?

— Je pense que c'était un homme, répond celle-ci en approchant. Je n'ai pas très bien distingué, je suis désolée.

— Ce n'est rien. Bellamy, vient avec moi sur l'ordi.

Ils se dirigent tous les deux vers l'ordinateur alors que Clarke reste avec sa mère. Elle croise les bras et la regarde.

— J'ai peur pour toi.

— Maman, je vais bien. Je suis toujours vivante et c'est la première fois qu'il m'arrive quelque chose. Tout va bien.

— Écoute…

Abby s'approche de sa fille et pose ses deux mains sur ses bras. Elle la regarde intensément dans les yeux.

— J'ai parlé du cas de Bellamy à Kane, lui explique-t-elle. Il m'a bien confirmé qu'il était le meilleur garde du corps mais, si tu ne t'entends pas avec lui, tu peux demander un changement. C'est comme tu le souhaites.

Clarke réfléchit quelques secondes à la proposition de sa mère. En effet, cela lui faciliterait la vie si elle s'entendait vraiment bien avec son garde du corps. Mais, d'un autre côté, Bellamy lui procure un petit amusement quotidien.

— Ça va aller maman, répond Clarke. Je sais qu'il fait très bien son travail, c'est tout ce qui compte.

— D'accord, dit sa mère avec un sourire, satisfaite de sa réponse.

Clarke commence à rire en voyant la réaction de sa mère. Kane et Bellamy reviennent rapidement vers elles, un dossier dans leurs mains.

— C'est bon, dit Kane. J'ai ajouté le témoignage de Bellamy au dossier. Il m'a parlé du coup de téléphone que tu as reçu, Clarke. C'était bien un homme ?

— Oui, c'est ça. Sa voix n'était pas plus menaçante que ça, mais elle n'était pas bienveillante. Il fait partie des Grounders, c'est ce qu'il m'a dit en tout cas.

— Ce coup de fil peut nous faire avancer, même s'il était masqué. Passe-moi ton téléphone.

Clarke fronce les sourcils et regarde Bellamy, qui lui fait un petit signe de tête. Elle soupire en le sortant de sa poche et le tend à Kane. Il l'ouvre en deux et installe une puce dedans. Il le rend à Clarke.

— S'il te rappelle, la conversation sera enregistrée grâce à cette puce. Il faudra que tu essayes de lui parler le plus longtemps possible pour qu'on puisse le localiser. Nous saurons enfin où se trouve leur QG.

Elle hoche la tête alors que Kane se tourne vers Bellamy et l'enlace rapidement. Clarke dit au revoir à sa mère et sort de la maison, Bellamy sur ses talons. Elle fait le tour de la voiture pour regarder l'ampleur des dégâts et met ses mains dans ses cheveux.

— Cela va me couter une fortune, soupire-t-elle.

— Kane s'en chargera. Passe-moi tes clés.

— Pourquoi ?

— Je vais conduire.

— Non, c'est ma voiture, c'est à moi de conduire.

Il s'approche d'elle en soupirant et entre sa main dans sa poche de jean pour prendre ses clés de voiture. Elle frissonne de la tête aux pieds alors qu'elle sent sa main sur sa cuisse. Il prend les clés et contourne la voiture pour l'ouvrir. Il entre alors qu'elle fait de même. Il démarre doucement la voiture et conduit. Il tourne quelques fois sa tête vers Clarke.

— On est vivants, dit-il en souriant. C'est chouette, non ?

— Oui, dit-elle en commençant à rire nerveusement. La course poursuite était plutôt très intéressante, d'ailleurs.

— Exactement. Un peu d'adrénaline de temps en temps.

Clarke éclate de rire alors qu'il sourit à pleine dent. Il bifurque quelques minutes après vers l'immeuble de Clarke et se gare. Ils sortent tous les deux de la voiture, Clarke devant Bellamy. Elle remarque que celui-ci fait très bien son travail puisqu'il regarde de tous les côtés avant d'entrer.

Elle rentre dans l'immeuble et se dirige vers sa porte d'entrée. Elle s'arrête à un mètre de celle-ci.

— Qu'est-ce qu'il y a ? demande Bellamy en s'approchant.

— Ma porte est ouverte.

Elle le regarde alors qu'il fronce les sourcils et s'avance.

— N'y va pas ! chuchote-t-elle en le suivant. Il y a peut-être quelqu'un chez moi !

— Justement, dit-il en retour. Reste ici.

— Non, je viens avec toi !

Il s'avance en soupirant alors qu'elle prend le bas de son t-shirt dans ses mains, se collant à lui. Il met son bras droit tendu devant elle, comme pour la protéger. Il s'approche et pousse doucement la porte. Ils entrent tous les deux dans le séjour. Un bruit retentit.

— Il y a quelqu'un dans ta chambre, murmure-t-il à l'oreille de Clarke.

Elle hoche la tête, la chair de poule s'étalant sur ses bras. Elle serre plus fortement le t-shirt de Bellamy dans ses mains alors qu'une ombre apparait. Bellamy sort rapidement son pistolet placé dans sa ceinture et le pointe sur l'ombre.

— Octavia ? dit soudainement Clarke.

Octavia sursaute et met ses mains en l'air lorsqu'elle voit l'arme de son frère pointée sur elle. Celui-ci soupire et l'abaisse, la remettant dans son pantalon. Octavia commence à rire alors que Bellamy croise ses bras.

— Qu'est-ce que tu fiches ici Octavia ? lui demande-t-il.

— Tu m'as donné le double des clés, dit-elle en sortant celles-ci de sa poche. Je voulais parler à Clarke mais je n'avais pas son numéro de téléphone.

— Tu aurais pu m'appeler.

— C'est le cas mais tu ne mets jamais ton portable en vibreur.

Bellamy soupire et sort trois verres du lave-vaisselle. Il met de l'eau dans chacun alors que sa sœur se rapproche de Clarke.

— Je suis venue pour te dire qu'on allait faire du shopping !

— Quand ?

— Vendredi si tu le souhaites.

— Nous ne sommes que lundi, dit Clarke en riant. Tu prévois d'avance tes journées shopping ?

— Il fera beau, répond Octavia en haussant les épaules. Tu es d'accord ?

— Bien-sûr.

— Tu peux inviter des amies à toi aussi, plus on est de fous plus on rit.

— J'inviterai Raven alors. C'est gentil.

— Je viens aussi, dit Bellamy, un verre d'eau dans la main.

Octavia hausse les sourcils et croise les bras. Elle s'approche lentement de son frère, un regard menaçant sur le visage.

— Il en est hors de question, lui dit-elle. Ce sera une journée entre filles, tu n'es pas autorisé à venir.

— Je suis obligé d'être avec elle.

— Non, je peux la protéger à ta place ! Allez Bellamy, tu me fais assez confiance tout de même ?

— Oui mais…

— Il y aura Raven également, comme le dit Clarke ! C'est décidé, tu ne viens pas ! Clarke t'appellera toutes les heures, pas vrai Clarke ?

Octavia se tourne vers Clarke avec un regard interrogatif. Bellamy se tourne également vers elle. Clarke hoche la tête vers lui alors qu'il ferme les yeux en soupirant.

— C'est d'accord.

— SUPER ! s'exclame Octavia en l'enlaçant.

Clarke sourit lorsqu'elle voit Bellamy prendre dans ses bras sa petite sœur. Clarke a toujours rêvé avoir un frère ou une sœur, elle envie leur relation. Octavia a vraiment l'air d'être une fille bien, Clarke est impatiente de sortir faire les boutiques avec elle.


Bonjour à tous ! Comment vous allez ? Est-ce que votre rentrée s'est bien passée ? Racontez-moi tout !

J'espère que vous avez apprécié ce chapitre. Je sais qu'il y a très peu d'action dans celui-ci mais c'est parce qu'il y en a pas mal dans le chapitre 4, ainsi que quelques révélations sur Bellamy... Pour ce qui est de la relation entre Bellamy et Clarke, j'imagine que vous avez remarqué le fait qu'elle soit semblable à celle dans Plus qu'un jeu. Je suis désolée, je ne peux pas m'en empêcher, j'adore quand ils se taquinent et se font des blagues. Promis, si je fais une prochaine fiction, ça changera !

Sinon, je souhaitais remercier tous les guest qui m'envoient une review. C'est incroyable de voir votre engouement pour mon écriture, vous essayez à chaque fois de me motiver donc je vous en remercie. N'oubliez pas que vous pouvez tous me suivre sur Twitter avec mon pseudo Carreyland. J'ai rencontré de formidables personnes grâce à ça.

Bon week end à tous ! Ce week end va être épuisant pour moi puisque je vais toute la journée à la foire de Lessay. Je croise les doigts pour que mes parents m'achètent quelques petits trucs (oui, je suis une gamine capricieuse)

- Amandine.