Encore une fois, un gros merci pour les merveilleux commentaires laissés. J'ai répondu à la plupart, mais je n'ai pas pu répondre aux « guest », je les remercierai ici : MlleSpock, Cinochie, Ysabelle et Elyon, je suis très contente que vous ayez pris le temps de laisser un message.
Elyon : Je me demandais ce qu'il t'arrivait, il y a longtemps que je ne t'ai pas vu par ici…en passant, je m'ennuie de tes fics, est-ce que tu écris encore?
Sinon, je veux quand même redire merci à : Stephanie1206, Laura1907. BlueAlice9, Electre1964 et Huntess-Dark.
Bonne lecture!
Chapitre 3 : Le calme avant la tempête
La fin du mois approchait rapidement et Molly se sentait de plus en plus nerveuse. Sherlock avait accepté sa condition. Elle ne demandait pas grand-chose en fait, simplement qu'il la traite comme une vraie amie et avec respect. Honnêtement, ce qu'elle voulait, c'est que Sherlock entre en relation avec elle, mais elle lui avait donné la version édulcorée à la place lorsqu'ils ont discuté de leur cohabitation la semaine passée. Il avait été surpris par sa demande comme s'il s'attendait à une autre demande de sa part et elle n'aurait jamais pensé que Sherlock accepterait sa condition sans rechigner. La pathologiste aurait cru qu'en mettant du sentiment dans l'enjeu de l'emménagement qu'il changerait d'avis, mais non, il avait accepté très facilement, « trop facilement », lui disait une petite voix. Elle restait très méfiante. Mais elle n'avait pas l'intention de retourner en arrière, la jeune femme avait donné sa parole. Bizarrement, depuis qu'elle avait répondu positivement à sa demande, Sherlock jouait les filles de l'air, elle ne l'avait pas revu. Par contre, elle savait qu'il s'occupait de son déménagement, car son propriétaire avait accepté sans discuter la résiliation de son bail et n'avait pas gardé son cautionnement qu'il était en droit de réclamer. Elle ne savait pas ce que Mycroft avait fait ou dit, mais il s'était avéré extrêmement efficace.
Plongée jusqu'aux coudes dans le corps de Jane Doe, les portes de la morgue s'ouvrirent brutalement. Elle jeta un regard, mais elle savait très bien que c'était Sherlock qui s'avançait vers elle.
« Molly, est-ce le corps de la femme qui a été repêché dans la Tamise ce matin? »
« C'est bien elle. »
« J'ai besoin de l'examiner. Cède-moi ta place. » Dit Sherlock avec arrogance.
« Sherlock, je n'ai aucunement l'intention de te laisser examiner ce corps avant que j'aie terminé. »
« Mais…Molly… »
« Pas un mot de plus. Je vais continuer mes examens et je te laisse regarder, mais en aucun cas, je ne te laisserais passer par-dessus moi. Je suis la pathologiste et je travaille dans cette morgue; tu n'es que le détective-consultant. »
« C'est la troisième victime du tueur. Si tu ne me laisses pas voir ce corps immédiatement, tu laisses la chance au tueur de continuer à tuer. Et je ne suis pas qu'un détective consultant, je suis le seul détective consultant au monde. »
« Est-ce que tu mets ma compétence en doute? »
« Non…Non! Mais je suis le meilleur pour l'observation. »
« Et bien, observe et ne touche pas. » Molly commençait à s'énerver, il n'était là que depuis 2 minutes et déjà, elle avait envie de l'étrangler.
Après quelques respirations afin de reprendre son calme, elle reprit l'autopsie et se fit un devoir d'ignorer la présence du détective, ce qui était difficile puisqu'il était presque collé sur son dos. Trente minutes plus tard, n'en pouvant plus Molly lui cria après.
« Ma bulle, Sherlock, tu embarques dans ma bulle, peux-tu juste reculer de quelques pas, tu m'empêches de travailler. »
« Est-ce que ma proximité te dérange? Pourtant je fais exactement ce que tu m'as demandé, j'observe, et ce, dans le meilleur angle possible. »
« Ce n'est pas ta proximité qui me dérange, mais "LA" proximité. Personne ne peut travailler décemment avec quelqu'un pratiquement collé à lui. Juste reculer, Bon Dieu! » Lui dit Molly avec exaspération.
« Bien exprimé, mais faux, naturellement. » Molly allait répliquer une insanité, mais elle savait qu'il avait raison, l'avoir si près d'elle, son corps frôlant le sien, la déconcentrait plus qu'elle était prête à le reconnaître. Par dépit, et surtout refusant de lui avouer qu'il avait gagné son point, elle joua des coudes pour mettre une distance respectable entre eux. Étant dos à lui, elle ne put voir le sourire satisfait qu'il abordait.
Malgré le gonflement des tissus, à cause du séjour prolongé dans la Tamise, elle remarqua deux trous parfaitement identiques dans la chair de son épaule gauche. Impossible que ça soit une morsure de poisson, la blessure semblait propre, comme si elle aurait faite avec un objet chirurgical. Il faudrait qu'elle pousse l'analyse, elle n'avait pas fait les autopsies des autres corps, elle devra donc vérifier si de pareilles marques avaient été trouvées. Elle avait la gorge tranchée, une coupe nette, sans bavure fait avec un objet tranchant probablement un scalpel. Si elle se fiait à la coupure, le meurtrier était gaucher. Pour le reste, le corps ne portait pas d'autres traces en rapport avec un meurtre, elle n'avait pas été abusée sexuellement, mais encore là, elle ne pourrait pas l'affirmer, car le séjour dans la Tamise aurait pu faire disparaître les traces de liquide séminal, mais elle n'avait pas d'hématomes dans la paroi vaginale qui suggérait un rapport forcé.
Elle releva de la tête et son regard se porta sur Sherlock qui piaffait d'impatience. Elle l'entendit murmurer un « enfin » et s'approcha du corps.
« Est-ce que tu veux que je te fasse part de mes observations? »
« Je préfère me faire une idée. Par contre, je ne dis pas non pour consulter ton rapport. Je te rejoins dans 15 minutes dans ton bureau. » Molly ouvrit la bouche pour répliquer, mais elle fut interrompue par Sherlock. »
« Non, je ne toucherai pas au corps, ni à tes instruments et advenant qu'une personne entre dans la morgue, je ferai semblant que je suis en attente de tes conclusions. Est-ce que tu souhaitais me dire? »
« Oui et, je rajouterais, de m'apporter un café lorsque tu me rejoindras un peu plus tard. Un lait, un sucre. » Sans laisser le temps au détective de refuser, elle quitta la morgue pour son bureau.
Sherlock eut une absence de deux secondes après le départ de Molly. Il n'en revenait pas qu'elle ait osé lui demander de lui rapporter un café. Habituellement, c'est elle qui lui apportait le café. Pour cette fois, il le fera, puisqu'elle n'avait pas encore emménagé avec lui et souhaitait rester dans ses bonnes grâces, mais il avait bien l'intention de revenir aux vieilles habitudes d'ici peu. Chassant Molly de son esprit, il se concentra sur Jane Doe.
Sherlock déposa son café sur sa table exactement 15 minutes plus tard. Confuse, elle le regarda sans comprendre son geste avant de se souvenir que sous un coup de tête, elle lui avait demandé un café. Elle le remercia et,méfiante, renifla le café avant de le boire prudemment.
« Franchement Molly, je n'ai pas empoisonné ton café. Il vient de la cafétéria, donc, oui, il est mauvais, mais tout à fait inoffensif. »
« Tu as des antécédents. »
« C'était nécessaire, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. »
« Je resterai donc prudente à l'avenir. » Molly ne put s'empêcher de sourire, car Sherlock fit quelque chose de tellement non-Sherlock en lui faisant un clin d'œil accompagné d'un sourire impudent.
« La victime, Molly, a été tuée par un homme mesurant 1 mètre 85, gaucher, habile avec le maniement de lames tranchantes, la coupe est nette. Dans le creux de son épaule, elle a deux points parfaitement similaires avec de légères brulures autour, probablement un pistolet électrique, ça doit être la façon qu'il a immobilisé sa victime. Il n'a pas de préférence quant au choix de ses victimes, pourvu qu'elle soit une femme âgée entre 25 et 35 ans, il reste à confirmer avec cette victime, mais elles sont toutes célibataires. Le motif est encore inconnu pour le moment, mais il ne les fait pas souffrir inutilement, à part, son cou et les marques sur son épaule, il n'y a rien. Voilà, pour le moment. Puis-je voir tes conclusions? » Molly retourna son ordinateur. Ils étaient arrivés pratiquement aux mêmes conclusions en ce qui concerne les blessures de la victime, naturellement, elle n'avait pas émis d'hypothèse sur le tueur, elle devra examiner les deux autres rapports avant.
« Bien Molly. J'ai toujours dit à Mike que tu étais la meilleure pathologiste de St-Bart. » Sans laisser le temps à Molly de répliquer, il la quitta soudainement. Son téléphone vibra aussitôt.
— Tu ne travailles pas demain. Je vais t'aider pour le déménagement. — SH
— Il me reste encore 3 jours – Molly
— Demain est parfait – SH
Molly ne savait pas quoi répondre. Elle savait que Sherlock avait raison et déménager demain est la solution la plus pratique, mais elle voulait retarder le moment aussi longtemps qu'elle le pouvait. La jeune femme savait qu'elle agissait avec couardise, mais elle avait peur. Le détective n'était pas un homme facile et elle n'était pas assez idiote pour penser qu'il changerait ses habitudes pour elle. Elle hésitait encore à lui répondre, son cellulaire vibra à nouveau.
— Réponds à tes textos, c'est impoli — SH
— Je sais que tu les regardes – SH
— C'est bon, demain sera parfait. Pas besoin de ton aide. – Molly
— Ridicule. Je serai chez toi avec l'auto de John. Que ça te convienne ou pas – SH
Molly ne répondit pas au dernier texto, elle savait quand une cause était perdue. Elle finit son café et se leva pour prélever des tissus du corps de la victime aux fins d'analyses. Elle s'occupa l'esprit jusqu'à la fin de son quart de travail pour éviter de penser que demain à la même heure, elle sera la colocataire de Sherlock Holmes au 221B.
Il était près de 2 heures du matin, mais le sommeil fuyait Molly. Elle avait tout essayé, un lait chaud, un livre assommant et en désespoir de cause, elle avait regardé un documentaire à la télévision portant sur le système féodal du moyen-âge. Rien n'avait fonctionné et elle avait l'impression qu'elle ne réussirait pas à dormir de la nuit. En soupirant, elle se dirigea vers son comptoir de cuisine et se versa un verre de vin rouge tout en se refaisant mentalement le déroulement de sa journée de demain. Elle n'avait pas grand-chose à déménager à part ses vêtements et son mobilier de chambre à coucher, le reste sera entreposé en entrepôt dans l'éventualité que la cohabitation soit un échec retentissant.
Le bruit d'un verre sur la table de cuisine la fit sursauter, elle releva la tête et vit Sherlock ce qui tenait devant elle. Elle s'était endormie dans la cuisine et la tête encore embrouillée par le sommeil, elle ne réalisa pas que le détective était vraiment devant elle. Elle le réalisa pleinement lorsque Sherlock prononça son nom avec moquerie.
« Sherlock, tu ne peux pas être comme toutes les autres personnes normales et sonner au lieu d'entrer comme un voleur dans mon appartement. »
« Je ne fonctionne pas comme les autres. Va t'habiller, je vais nous préparer du thé avant de commencer cette journée. » Molly allait le remercier, mais en se retournant, son regard se portant sur le micro-onde qui indiquait 6 h du matin. »
« Bon sang, Sherlock, il est 6 heures du matin. Tu avais dit 9 h »
« Je m'ennuyais et j'étais réveillé. Enfin, 6 h ou 9 h, la différence est de la façon qu'on regarde le chiffre, le 9 peut devenir un 6 et vice-versa. »
« Tais-toi Sherlock. Je ne veux rien entendre de toi avant que j'aie bu mon thé. » Sherlock renifla dédaigneusement, semblant offensé par la brusquerie de la pathologiste. Mais elle l'ignora et se dépêcha d'aller dans sa chambre afin de mettre des vêtements plus adaptés que son long t-shirt écrit « Université d'Oxford. » « La journée sera longue. » Se dit Molly en gémissant.
Sherlock regarda autour de lui et remarqua les boîtes empilées et identifiées dans le couloir. Molly était vraiment efficace, il jugea qu'ils pourraient s'en tirer avec deux voyages et si tout va bien, elle sera installée et prête à l'aider dès cet après-midi. Il entendit la voix de John lui dire de faire preuve de patience avant de l'entrainer dans ses expériences, mais il l'ignora. Maintenant qu'il avait une colocataire qui partageait ses passions, il avait l'intention de ne pas laisser une minute de plus que nécessaire sans son aide et bizarrement, il se sentait heureux.
