La tête appuyée contre la vitre du train, Minerva regardait dans le vague. Elle pensait au petit habitant qui logeait au creux de son ventre et au papa de l'enfant. Elle aurait tellement voulu vivre une vie normale avec eux deux. Mais cela était impossible, pas avec l'homme qui lui servait de père. Il n'accepterai jamais que sa fille ai eut une aventure, qui plus est avec un de ses subordonnés et hors mariage. Il aurait tué Sting, sans aucun doute, et l'aurait torturée pendant plusieurs jours. Une question se fraya sournoisement un chemin parmi les pensées obscures qui l'habitaient. Était-ce vraiment bien de faire naître son enfant dans un monde où Genma pourrait l'atteindre? Ne risquait-elle pas de le condamner à une vie comme la sienne? Une larme roula sur sa joue. Si. Genma ne ferait aucune distinction entre un nourrisson et un adulte. Il pourrait le tuer pour la faire un peu plus souffrir. Il faisait tout pour la faire un peu plus souffrir. Parce qu'il la tenait pour responsable de la mort de sa mère. Tout comme il tuerait ce bébé parce qu'il était né sans son accord. Tout comme il haïssait l'humanité toute entière pour lui avoir fait naître une fille non désirée. Le train siffla et ralentit. Une voie féminine hurla le terminus et la brune attrapa ses bagages, puis descendit du véhicule pour aller se trouver un hôtel. Car il faisait déjà presque nuit. Une journée entière dans ce train pour rejoindre le lieu de sa mission. Dans un sens, cela la rassurait de s'éloigner de ce paternel violent et vil. Plus loin il était, mieux ce serait pour son petit. Elle loua une chambre dans une vieille auberge délabrée, seul hôtel dans ce minuscule village, et s'installa pour la nuit. Une fois lavée, changée et repue, elle se glissa sous sa couverture après avoir pour la énième fois regardé son profil dans le miroir. Elle s'endormit aussitôt, fatiguée par la journée. Elle se réveilla courbaturée et moulue par ce sommeil sans rêves. Car, de toute façon, à quoi cela servait, de rêver? Il n'y avait pas la place pour les songes dans sa misérable vie. Son père prenait bien trop de place. Le reste était occupé par son amant et son enfant à venir, ainsi que par sa seule amie, si gentille et compréhensive. Elle se sentait coupable. Coupable d'exister, coupable de vouloir donner la vie à un être si fragile alors que son géniteur pouvait le faire souffrir, coupable de mentir à ceux qu'elle aimait, d'amour ou d'amitié. Car, non, elle n'avait jamais dit à personne que son père la battait. Sauf à un petit être qui, par une nuit orageuse, était venu quémander un peu de réconfort à sa porte, alors qu'il ne la connaissait que comme la Demoiselle, Minerva de Sabertooth. Cette nuit-là, elle s'était laissée allée dans sa véritable apparence, qu'il était le seul à connaître. Si bien qu'à présent, il l'appelait "maman" dans l'intimité. Lui connaissait tout ses secrets, mais ne les répétait à personne. Parce qu'il avait promit, parce qu'elle lui avait juré que tout cela n'était rien pour elle. Encore un mensonge... À qui ne mentait-elle pas? Bonne question. Tous la pensaient méchante, tous croyaient qu'elle prenait autant de plaisir que son père à faire souffrir et à humilier. Mais c'était faux, complètement faux. Elle souffrait de faire du mal, car elle connaissait la douleur. Et mieux que beaucoup semblaient croire.
De son côté, Sting était tranquillement affalé dans le canapé, un café à la main. Lector était assit à côté de lui, et mangeait sa part de pizza calmement. Car, oui, Sting avait eu tellement envie de cuisiner qu'il avait commandé des pizzas. Encore. Et Rogue avait bien sûr protesté et s'était enfuit dans un de ces restaurants diététiques dont le blond ne comprenait pas l'utilité. Qui pouvait bien vouloir payer pour manger de l'herbe? Autant brouter dans son jardin, ça revenait à moins cher. L'horloge annonçant neuf heures, il se leva pour aller se doucher. Rogue n'allait pas tarder à revenir et allait encore lui crier dessus car, il fallait l'avouer, il sentait un peu la sueur. Mais ce n'était pas non plus sa faute s'il y avait eu du soleil toute la journée, ainsi qu'une forte chaleur. La véranda de la avait d'ailleurs été transformée en serre, et plus personne n'osait y aller de peur de mourir de chaud. Il ouvrit le robinet et se glissa sous l'eau chaude. La sensation de chaleur détendit tout ses muscles, et il soupira d'aise. Un bruit de verrou retentit dans la pièce d'à côté suivit de deux personnes entrant et refermant la porte en bois massif derrière eux. Son ami ainsi que son exceed complètement immature étaient donc rentrés de leur séance de tonsure de pelouse. Il se dépêcha de terminer sa douche, et sortit de la salle de bain. Il se coiffait devant le miroir, chose totalement inutile avant d'aller se coucher, lorsqu'il remarqua le rouge à lèvres posé sur le bord du lavabo. Il savait parfaitement à qui il appartenait, il appartenait à son amante la plus régulière. Car, oui, Monsieur Eucliffe avait une amante régulière. Il était vrai que la plupart des filles avec qui il passait la nuit n'étaient que des coups d'un soir, des fans ramenées chez lui pour une partie de jambes en l'air, mais il se sentait tellement bien avec cette femme, et pas seulement sexuellement parlant. Elle semblait peu sociable au premier abord, mais sous ses airs de méchante sorcière se cachait une femme en manque d'affection, et cela, il avait su le lire. Et puis, elle était plutôt canon, alors pourquoi se plaindre? Il attrapa le petit tube de maquillage et le glissa dans sa poche, avant de jeter ses vêtements dans la bassine de linge sale. Il sortit en serrant machinalement entre ses doigts le petit objet. Il joua avec, le faisant tourner du bout des doigts. Son colocataire l'attendait, ou plutôt regardait la lacrimavision, avachi dans le canapé. Ce canapé était décidément un bon investissement, au vu du temps qu'ils passaient dedans. Le brun se retourna vers lui et lui adressa un simple signe de tête avant de replonger dans son feuilleton à deux balles. Las de toutes ces séries à l'eau de rose que regardait son faux jumeau, il décida d'aller piquer un somme, histoire de ne pas avoir de valises sous les yeux le lendemain. Car, il ne le savait que trop bien, Rogue était parfaitement capable de rester toute la nuit devant l'écran à pester contre Antonio et à pleurer pour Louisa. Alors autant ne pas le déranger car, comme le disait si bien Orga, "Mets pas les doigts, ça mord ces bêtes-là". Il se plongea donc dans un sommeil sans rêve autre que le visage souriant et heureux de la propriétaire du rouge à lèvres.
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OhMonDieuJaiFini! J'arrive pas à le croire!
Oui, je sais, ça m'a prit du temps. Mais je raconte surtout la vie de Minerva, et il fallait que je fasse une partie sur Sting. Du coup, il ne se passe absolument rien, sauf Rogue qui broute de l'herbe et Sting qui fantasme sur une certaine brune dont je pense que tout le monde à deviné qui c'est /#JeParleBienLaFrance/
Bref, qu'en avez-vous pensé? :-)
Bon, j'essaye de publier le chapitre quatre dans moins de deux jours, mais ça va être dur, comme l'action commence au chapitre cinq avec les Grands Jeux Magiques (ou Daïmato Enbù, comme dit dans cette fics)
Ensuite, jusqu'au douze, ça ira tout seul, comme c'est déjà écrit. Mais c'est le quatre qui me fait vraiment chier... .
Enfin bon, je ne vous embête pas plus et je vais... je vais rien faire, en fait...
Franchement, mes journées sont passionnantes... -_-'''
Bon, bonne continuation et à plus tard dans un autre article!
