Voici, cher lecteur, le troisième chapitre de cette histoire, que tu as - j'espère - impatiemment attendu.

Amuse-toi bien!

...

Je rejoins mes amis dans mon petit salon, et m'assois lourdement sur mon fauteuil attitré, les bras paresseusement posés sur les accoudoirs. Quand je lève les yeux, Albus et Rose me regardent tous les deux, une étrange expression sur leurs visages.

-Quoi? je demande, surpris.

Ils échangent un regard entendu.

-Tu n'as rien à dire? demande Rose d'un ton calme.

Mon dieu, je n'avais jamais remarqué à quel point sa voix était douce et rauque... un frisson court le long de ma colonne vertébrale.

-Euh, comme quoi? je dis en m'efforçant de ne pas balbutier.

-Oh, je ne sais pas, moi... fait Albus avec un petit geste dérisoire de la main. Peut-être quelque chose comme… une longue complainte pathétique sur ta malchance, la cruauté de la vie et l'injustice de l'univers en général? tente-t-il d'un air clairement moqueur.

Je le regarde une seconde, perplexe. A ses côtés, Rose semble elle aussi attendre quelque chose. Ses lèvres sont ourlées dans une courbe presque inquiète, et pleines et roses et...

-Non? insiste Albus, me ramenant à la réalité.

Je secoue la tête, troublé.

-Parfait, lâche-t-il soudain d'un ton abrupt en se frottant les mains d'un air lubrique.

Son corps se penche un peu plus avant, dans ma direction. Il arbore un air proprement machiavélique, une étincelle inquiétante dansant dans son regard.

-Nous allons pouvoir commencer les choses sérieuses, alors.

-Que…

Je lance un regard interrogateur à Rose, mais celle-ci a l'air amusé de ceux qui savent ce qui se passe. Je reviens à Albus et à son expression volontairement perverse, et je comprends.

-Non, je martèle d'une voix qui sonne misérable même à mes propres oreilles.

-Oh si, balaye Albus, les yeux brillants de malice. Mon vieux, toi…

Il prend une voix volontairement dramatique.

-Tu as besoin de sexe, annonce-t-il en pointant un doigt accusateur sur moi.

Je regarde vers Rose d'un air alarmé, mais elle secoue la tête, l'air de dire qu'elle ne peut absolument pas m'aider. Cependant son expression profondément réjouie me laisse à penser qu'elle n'en a pas envie non plus…

-Je vais très bien, je proteste faiblement.

-Que tu crois, s'exclame Albus en agitant le doigt comme si j'étais un petit garçon pris en flagrant délit la main dans le pot à biscuits. Mais bientôt, le manque d'exercice physique te fera perdre la tête et tu ne seras vite plus qu'une loque molle et désespérée…

-Je ne suis pas à ce point-là dépendant du sexe, Al, je dis posément.

-Et qui es-tu pour te prétendre au-dessus de tes besoins naturels, Scorpius Hyperion Malefoy ? dit-il d'un ton moqueur. Tout homme a des pulsions, et même ta froideur de sang-pur hautain et supérieur ne peut t'en protéger…

Je sens mon cerveau batailler pour empêcher mes yeux de se tourner vers Rose, mais je sens son regard sur moi. Je n'arrive pas à croire que le sujet soit abordé devant elle, entre toutes…

-Ҫa ne t'a jamais gêné avant… sussure la petite voix dans mon oreille.

-Oui mais maintenant ce n'est pas pareil, je rétorque mentalement.

-Ah non ?

-Argh, tu le sais très bien, espèce de sadique, je gronde d'un air furieux.

-Voilàààà, là je retrouve mon Scorpius! se réjouit Albus en tapant dans ses mains comme un enfant de cinq ans.

Je réalise, mortifié, que je viens de parler à haute voix.

-C'est entendu alors. On va te trouver un bon petit coup, et ensuite tout ira mieux et tu redeviendras notre Scorpius d'avant, irritablement parfait et heureux!

Je me tais.

-Il faut que j'y aille, annonce soudain Rose en regardant sa montre. J'ai un rencard et je suis déjà en retard.

Elle se lève du canapé et je l'imite sans y penser. Je meurs d'envie de lui demander de poser un lapin à l'imbécile qui l'attend, mais ma gorge est trop nouée et je reste debout là, immobile et empoté.

Rose n'a rien remarqué, elle fait une bise à son cousin, s'avance vers moi pour m'embrasser sur la joue aussi, et sort du salon.

-A plus, les gars! lance sa voix enjouée depuis l'entrée. Tenez-moi au courant de l'évolution du plan cul!

Albus glousse et moi-même je retiens un sourire; il n'y a que Rose pour dire ça. La porte de l'appartement claque et je me rassois lentement dans mon fauteuil. Albus me regarde soudain intensément.

-Tu es partant pour mon idée, pas vrai ? demande-t-il abruptement.

Je ne réponds pas.

-Je pense vraiment que ça pourrait t'aider à surmonter ce que tu traverses, reprend-il. Tu as besoin de réaliser qu'il y a d'autres femmes que Leila dehors, des femmes qui ne demandent qu'à te rencontrer.

Une, je corrige mentalement.

-Alors maintenant, continue-t-il en se levant, je veux que tu te prépares à faire bonne impression. Tu vas te laver, te raser, te débarrasser de ce t-shirt immonde et t'appliquer à retrouver le beau gosse en toi, le beau gosse que tu es depuis Poudlard.

-Mon t-shirt est immonde?

Il lève les yeux au ciel, l'air proprement scandalisé.

-Scorpius, soupire-t-il, si tu crois que je n'ai pas reconnu le t-shirt des Bizarr' Sisters que tu portais déjà en quatrième année...

Je jette un coup d'oeil sur mon t-shirt. C'est vrai qu'il est un peu défraîchi, mais de là à dire qu'il est immonde...

-Parce que là, sans vouloir t'offenser, s'excuse-t-il en faisant un geste qui englobe toute ma personne, tu ressembles à Martin.

-Qui ? dis-je sans comprendre.

-Le clochard qui crèche devant ma porte d'entrée.

-Oh.

-Alors, compris ? Tu dois te sortir de cette mauvaise passe, Scorp'. Et pour ça, je ne vois pas de meilleur moyen que d'agir exactement comme d'habitude, et de sortir un peu pour te distraire.

-Entendu… je lâche d'une voix lasse.

-Parfait.

Albus me serre brièvement l'épaule.

-Il y a une soirée demain au Magical, m'informe-t-il en s'éloignant vers l'entrée. Ca me semble être l'endroit idéal pour commencer ta remise en condition.

Je rigole doucement.

-Alors fais-toi tout beau et prépare-toi à faire tourner les têtes !

La porte se ferme derrière lui. Je soupire et me frotte la mâchoire, pour me rappeler qu'une barbe de trois jours s'y est installée.

Ok, il faut que je me ressaisisse. Première étape, rasage intensif.

Deuxième étape...

Ce t-shirt va aux ordures.

...

Quand Albus me voit arriver au Magical - rasé de frais, mes cheveux blond pâle soigneusement coiffés en arrière pour un look volontairement "jeune cadre richissime et inatteignable", ma chemise blanche choisie expressément pour faire ressortir mes yeux et ouverte juste ce qu'il faut pour laisser apparaître un bout de gorge pâle -, il m'adresse un grand sourire derrière ses deux pouces levés en signe d'appréciation. J'arrive vers lui, mes mains enfoncées nonchalamment dans mes poches, faisant de mon mieux pour éviter que ma gêne transparaisse.

-Bravo Scorp'! s'exclame Albus en me donnant une grande claque dans le dos. Là je te retrouve!

Je tousse légèrement.

-Tu n'es pas mal non plus, je ne peux que rétorquer.

Je n'ai même pas besoin de mentir; Albus porte un jean sombre et une chemise vert foncé qui, il le sait, le mettent parfaitement en valeur.

-Maintenant, place à l'action, déclare-t-il sans plus attendre en me poussant vers l'entrée du club.

Le vigile nous laisse passer sans question - ce que je trouve toujours étrangement réconfortant - et nous pénétrons dans le coeur de l'activité de la soirée. Une vague de chaleur humaine et de musique m'enveloppe, tandis que je promène un regard acéré autour de moi. La lumière est tamisée, mais pas assez pour empêcher les gens de se voir, et les couleurs des murs et du décor sont chaudes mais pas étouffantes. Je décide que cet endroit doit être relativement agréable, pour peu que l'on se trouve en bonne compagnie. Et justement, voici que quelqu'un me tape sur l'épaule.

-Rose!

Je lui fais la bise d'un geste machinal.

-Je ne savais pas que tu venais...

-Oui, eh bien, dit-elle en riant, mon rencard n'était pas exactement satisfaisant...

Je la regarde de haut en bas; elle est très peu maquillée, mais ses joues sont déjà rougies par la chaleur de la salle, et ses yeux bleus brillent d'excitation. Ses longs cheveux sont dénoués et tombent en boucles sauvages sur ses épaules nues, constellées de taches de rousseur. Elle porte une petite robe bleu pervenche qui serre sa taille et ses hanches avant de s'évaser en retombant... pas très bas. Je vois ses cuisses pâles se dévoiler au gré des mouvements du tissu souple, et mes paumes sont moites, d'un seul coup. Je déglutis.

-Je vais nous... hum, nous chercher des verres, je dis en choisissant la première excuse pour filer.

Il faut que je me contrôle un peu, bon sang. C'est de Rose qu'on parle, quand même! Je ne peux pas me permettre de la reluquer comme ça, à deux pas de son cousin et mon meilleur ami... encore qu'elle serait parfaitement capable de me remettre à ma place sans l'aide d'Albus.

Gloups. Cette pensée est effrayante.

-Trois verres de punch, je commande au bar.

En attendant les boissons, je regarde tranquillement autour de moi, remontant distraitement les manches de ma chemise pour les rouler autour de mes avant-bras. Rose s'est installée à une table avec Albus, et ils rient ensemble. Je sens soudain un regard s'appesantir sur moi, et mes yeux se tournent vers la provenance de la sensation. Je croise une paire d'yeux clairs qui se plantent dans les miens avec un brin de ce que je perçois être de la provocation. J'envoie un petit sourire à la propriétaire des yeux insistants, histoire de ne pas être impoli, mais je ne soutiens pas son regard. Le barman pose les verres sur le bar derrière moi; je me tourne pour les caler entre mes doigts et je repars vers mes amis en faisant attention de ne rien renverser.

-Le voilà, le héros du jour, s'exclame Albus en se poussant un peu pour me faire une place.

Nous sommes tous debout autour de la table, un haut meuble de designer, fin et métallique, visiblement pas conçu pour être entouré de confortables fauteuils. Je pose les verres sur la table et Rose prend le sien.

-Comment trouves-tu Scorpius ce soir, ma chère cousine? demande Albus en me serrant contre lui par l'épaule. Il a fait un effort et ça se voit, tu n'es pas d'accord?

Rose prend une gorgée de son punch en détaillant ma tenue, ses yeux se promenant un peu partout avant de descendre vers mon pantalon. Je me sens rougir.

-Très bon choix, la chemise, Scorp', approuve-t-elle avec un grand sourire.

Mon estomac fait un saut périlleux.

-Nous avons l'appréciation favorable du public féminin, notre candidat peut maintenant entrer dans le jeu! clame Albus d'une voix de commentateur de Quidditch.

Je soupire, faussement excédé, et il m'ébouriffe les cheveux avec affection.

-Elles n'ont aucune chance contre tes habiletés sournoises de petit serpent, Scorpius, chuchote-t-il, penché sur la table dans une pose de conspirateur.

Justement, la fille qui me regardait tout à l'heure nous a perçus et marche vers notre table.

-Oh oh, lâche Albus dans un souffle, déjà une touche, mon poulain?

La fille s'arrête juste devant moi, à côté de Rose. Mauvais calcul car elle ne tient pas la comparaison, mais je lui conçois tout de même qu'elle est très jolie. Son visage forme un doux ovale, entouré de cheveux sombres et lisses qui caressent ses épaules menues à chaque mouvement de la tête. Ses grands yeux maquillés de noir me fixent avec un intérêt non-dissimulé.

-Salut, dit-elle, je m'appelle Diana.

Première surprise, sa voix est étonnamment agréable; plutôt grave, légèrement rauque, avec cette touche enrouée caractéristique des fumeurs.

-Je t'ai vu de là-bas et je me demandais si tu voulais danser? continue-t-elle en allant droit au but.

Bizarrement, tout le trip des filles qui invitent les garçons n'est pas ma tasse de thé, mais je me force à ne pas me sentir repoussé par son approche audacieuse. Je lui adresse un sourire que j'espère charmant, mais avant que j'aie eu le temps de décider de ma prochaine action, Albus me prend par le cou.

-Il adorerait danser, pas vrai Scorpius? répond-il à ma place. Il n'y a pas trente secondes il me disait justement à quel point il aimait cette chanson, c'est drôle, non?

Je lève les yeux au ciel. Il en fait trop, la fille va prendre ses jambes à son coup, c'est évident. Mais au contraire, cette dernière a l'air ravie.

-C'est vrai? Moi aussi, j'adore cette chanson! se réjouit-elle avec un sourire engageant dans ma direction.

Je tends l'oreille. Je n'ai jamais entendu cette chanson de ma vie - un mélange dégoulinant de sons électroniques et de voix nasillarde, et je prie immédiatement pour ne plus jamais avoir à l'écouter après ce soir.

-Quel heureux hasard! continue Albus, toujours dans son numéro de publicitaire pour agence matrimoniale.

Il me pousse fermement vers la fille - dont j'ai déjà oublié le nom.

-Allez, Scorpius, je sais que tu en as envie!

Il se penche vers la fille, feignant de la prendre à part.

-Il est un peu timide, il faut le mettre en confiance, lui dit-il d'une voix basse, comme s'il partageait le secret le mieux gardé au monde.

La fille sourit encore plus largement et sans attendre plus longtemps me prend par la main pour me guider vers la piste de danse. Je la suis mollement et me laisse faire quand elle passe ses bras autour de mon cou pour se serrer contre moi. Mes propres mains vont se poser sur sa taille, et je regarde les autres couples pendant que nous tournons lentement. Soudain, mes yeux se posent sur la table de Rose et Albus; ce dernier a disparu, mais un homme d'une trentaine d'années, grand et musclé, a pris sa place et est en train de parler à Rose. Ses coudes sont posés sur la table et il la regarde dans les yeux pendant qu'elle sirote son verre d'un air amusé. Il la drague, le salaud! Mes doigts se crispent sur la taille de la fille - qui semble condamnée à être désignée ainsi puisque son nom m'échappe -, et je serre les dents. Au premier signe de rejet de la part de Rose, je l'attrape par la peau du cou et je le balance dehors sans plus de ménagement.

Malheureusement, sitôt que j'ai pris cette décision, je me rends compte que Rose n'a pas l'air ennuyée du tout. Elle regarde l'homme par-dessous ses cils, papillonnant d'un air séducteur, sa jambe nue dangereusement proche du genou de mon rival. Mon coeur se décroche de ma poitrine et s'écrase sur mon estomac. Hypnotisé et horrifié à la fois, je ne les quitte pas des yeux, regardant Rose tendre une main gracieuse vers le bras de l'homme pour le caresser sensuellement.

-Ҫa ne va pas? demande soudain une voix sous mon menton, me ramenant à la réalité.

Je baisse les yeux pour voir que la fille me regarde d'un air perplexe.

-Hein? Quoi, non, tout va très bien, je réponds distraitement.

-Vraiment? Parce que ça fait une minute que tu n'as pas bougé, note-t-elle d'un ton vexé.

-Ah bon?

Eh bien je ne vais pas continuer à ne rien faire, merci.

-Euh, désolé, je dois y aller, je balbutie, euh...

-Diana, complète la fille, l'irritation teintant ses iris d'une lueur inquiétante.

Eh bien voilà au moins un problème en moins pour me garder éveillé la nuit!

-Désolé, Diana, je m'excuse sincèrement, je vais te laisser et, hum... bonne fin de soirée!

Et je la plante au milieu de la piste de danse, fendant la foule dans la direction opposée à Rose et son prétendant. Je passe en coup de vent au vestiaire, récupère mon manteau et sort précipitamment du club. Je me retrouve dans la rue, tout seul et un peu honteux de m'être ainsi laissé emporté par mes émotions et d'avoir offensé une pauvre fille qui n'y était pour rien, mais conscient que si j'étais resté là j'aurais fini par aller casser la gueule au type qui parlait à Rose. J'inspire avec gratitude l'air frais, j'ai l'impression d'avoir passé des heures dans cette salle alors que j'y ai vraiment passé moins d'une heure. Les mains dans les poches, je m'éloigne sur le chemin qui mène à mon appartement, avec l'intention de ruminer ma colère envers ce type et d'imaginer toutes sortes de tortures inventives que je pourrais expérimenter sur lui si je l'avais sous la main en cet instant. Alors que je suis en train de me complaire dans la vision de lui beuglant tandis que je lui balance des seaux de Veracrasses à la figure, j'entends qu'on appelle mon nom.

Je me retourne, surpris. Rose est en train de courir vers moi, à petits pas à cause de ses talons vertigineux, ses cheveux volant de part et d'autre de son visage. Je m'arrête pour la contempler.

-Je t'ai... vu... partir, halète-t-elle quand elle arrive finalement à ma hauteur.

Merlin, qu'est-ce qu'elle est belle comme ça, toute essoufflée et les joues rosies par l'effort! Je grimace pendant qu'elle reprend sa respiration.

-Oui, eh bien, je...

Je t'ai vue avec ce type et j'ai eu envie de lui casser la gueule et de t'embrasser et puis de t'emmener chez moi pour te faire l'amour contre le mur de l'entrée?

Non, vraiment pas envisageable.

-Je ne me sentais pas très bien, je conclus.

Elle fronce les sourcils mais ne dit rien.

-Mais pourquoi tu m'as suivi? je reprends d'un ton détaché. Tu avais l'air de t'en sortir plutôt bien...

Mon coeur se serre encore une fois à la pensée de Rose presque collée contre cet infâme séducteur, mais cette dernière lâche un léger gloussement.

-Ennuyeux, commente-t-elle. Il m'aurait ramenée chez lui, j'aurais passé une nuit correcte, puis j'aurais dû m'éclipser au petit matin... j'aime m'épargner la peine de prétendre avoir du plaisir sous les mains d'un gros beauf qui se croit une bête de sexe.

Je pâlis. Mais pourquoi faut-il qu'elle en parle comme ça? Maintenant la seule chose à laquelle je peux penser c'est ce qu'elle penserait si c'était mes mains qui la caressaient...

Elle reprend son sérieux.

-Enfin bon, je préfère largement laisser ça à une autre et partir avec toi.

Je réprime un frisson en entendant le double-sens potentiel de ses paroles.

-Merci, je suis touché, je réplique quand même.

Ouf, mes facultés vocales ne semblent pas trop atteintes.

-Scorpius... dit-elle soudain d'une voix plus douce.

Il y a de l'inquiétude sincère dans son regard.

-Est-ce que tout va bien?

Je devine qu'elle ne parle pas de mon soi-disant malaise au club. Je cligne des yeux une fois, deux fois, considère l'idée de la prendre dans mes bras pour l'embrasser... et puis je décide de lui faire une réponse honnête mais vague.

-Pas vraiment, je souffle, laissant volontairement de côté la véritable raison de mon trouble.

Son regard se voile et elle pose une main réconfortante sur mon bras.

-T'inquiète pas, va. Tu vas t'en sortir, promet-elle.

Je lui souris faiblement.

-J'espère juste qu'Albus ne sera pas trop déçu, je dis avec malice. Il me casera une autre fois...

Rose retient un petit rire.

-T'inquiète, il est sûrement trop occupé maintenant pour s'en soucier. Quand je suis partie il avait très intéressé par une petite blonde avec un tatouage...

Nous nous regardons et éclatons de rire en même temps. Quand nos rires s'éteignent, Rose se tient les côtes et j'ai moi-même du mal à me tenir correctement debout. Elle s'essuie les yeux, un sourire hilare étirant encore ses lèvres. Nous échangeons un regard complice et je lui tends mon bras; elle l'attrape pour y caler le sien et nous nous éloignons dans la rue sombre, accrochés l'un à l'autre et riant assez fort pour réveiller tout le quartier.

...

Cette nuit-là, mes rêves sont peuplés de Rose souriantes qui me tendent leurs bras dans des rues fraîches de fin d'été...

...

Voilà c'est tout pour cette fois, attentif lecteur! J'espère que ça t'a plu, dis-moi tout dans une review!