Disclaimer : Kingdom Hearts et ses personnages ne m'appartiennent pas.
Bien, voilà le second chapitre qui justifie que l'histoire soit classée dans la catégorie "mature". Pour celles/ceux qui avaient jugé le premier chapitre un peu "limite", je ne saurai que trop vous conseiller d'ignorer celui-là. (qui se passe après le premier chapitre donc vous ne raterez rien si vous ne voulez pas le lire) Voilà, vous avez été prévenu(e)s. Tout cela mis à part, c'est mon premier lemon donc j'espère que ça ne sera pas trop maladroit, même si j'en doute un peu. ^^; Bonne lecture?
oxoXOXoxo
Je ne me rappelle plus la dernière fois où je me suis senti aussi comblé. Peut-être quand je sortais encore avec Cloud? Non, ça n'était pas comparable. J'aimais Cloud. Sora, lui, je l'adorais comme on adore une glace à la vanille en pleine canicule. On en redemandait et on ne s'en lassait jamais. Et pour les excentriques comme moi, on en mangeait même en plein hiver, juste parce que c'est bon à ce point.
Nos débuts ont été un peu gauches. Je n'osais pas me montrer trop enthousiaste de peur de l'effrayer et lui avait encore du mal à s'imaginer que nous étions amants et non amis. Pourtant, de l'un à l'autre, je trouvais qu'il n'y avait qu'un pas. Nous nous voyions aussi souvent qu'avant, avions les mêmes conversations et, la plupart du temps, le même comportement. En quoi était-ce donc si différent? En beaucoup de choses. Déjà, je le regardais de façon bien plus suggestive et il lui a fallu du temps avant de réussir à me regarder dans les yeux. Il rougissait encore beaucoup mais je n'allais pas m'en plaindre. Ensuite, je m'amusais souvent à lui prendre la main et à la couvrir de baisers ma foi fort innocents pour quelqu'un comme moi. C'était encore une chose qui le mettait dans tous ses états.
Je n'en faisais pas plus parce que je sentais que j'avais déjà atteint sa limite. Nous nous contentions de nous embrasser, pas plus. Il s'excusait très souvent de sa timidité mais je l'ignorais. Il finirait par comprendre que j'étais quelqu'un de patient et que contrairement à certains, je n'allais pas le précipiter.
En parlant de cette personne, Riku était venu avec Sora il y a un petit moment de ça et il avait une main couverte de bandages; et bleue. J'ai appris qu'il était allé mettre une raclée à Axel après ce qu'il avait fait à Sora. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui faire savoir que je lui en voulais de ne pas m'avoir emmené avec lui. Sora n'avait pas tellement apprécié mais Riku, lui, en avait été très amusé. Il avait d'ailleurs été un peu étonné de savoir que j'étais devenu le petit ami de Sora mais généralement content pour nous. Au moins, il savait que son ami ne risquerait rien avec quelqu'un comme moi. Je crois même que ça l'a rassuré. Après l'incident avec Axel, Riku avait besoin de savoir son ami entre de bonnes mains.
Je retrouvais enfin ma motivation des premières années à la fac et mes notes s'en ressentaient, ainsi que mon humeur. Je n'arrivais pas en cours la bouche en cœur mais il n'y avait déjà plus l'aura presque meurtrière qui me suivait partout depuis quelques temps. Mes professeurs et mes élèves m'en étaient sincèrement reconnaissants.
J'avais aussi appris que j'allais être embauché dans l'école où j'effectuais mon stage. C'était une très bonne nouvelle. Je connaissais déjà l'endroit et le personnel ainsi que leur fonctionnement. Je ne risquais pas d'être perdu. Et pour couronner le tout, j'avais déjà fait mes preuves et ils savaient qu'ils n'auraient pas à se plaindre avec moi. Les élèves m'écoutaient sans que j'aie besoin d'émettre de menaces oralement – un regard suffisait à les faire taire – et j'enseignais de façon claire et simple. Les élèves en difficultés comprenaient mieux avec moi qu'avec leur professeur habituel et, au risque de paraître imbu de ma personne, j'avais réussi à faire augmenter la moyenne de la classe pour les maths. J'ignorais tout de leurs capacités dans les autres matières et pour être franc, c'était le cadet de mes soucis. Ça ne me concernait pas, après tout.
Tout ce que j'avais à faire, c'était terminer mes études, quitter mon job et commencer ma carrière en tant que professeur. Professeur Leonhart… Je trouvais que ça sonnait plutôt bien.
Et j'avais tout à fait raison. Quand j'ai finalement commencé à donner des cours, mes cours, je n'entendais plus que ça d'un bout à l'autre du lycée. Ça me remplissait de fierté, sans doute parce que je me rendais compte que j'avais enfin atteint mon but. Il y a toujours ce mélange de fierté et de quiétude lorsque l'on finit par parvenir à ce qu'on a toujours cherché à accomplir.
Tout à coup, j'avais l'impression d'avoir pris dix ans de plus. Je pensais vraiment comme un retraité. Dire que je commençais à peine…
J'étais très populaire parmi les lycéens, plus particulièrement les lycéennes. Elles me suivaient partout comme les abeilles suivent…ce qu'elles suivent habituellement. Elles venaient par nuées et me parlaient de tout et de rien. Je les avais d'abord ignorées mais quand je me suis rendu compte que ça faisait pire que mieux, j'ai commencé à leur répondre.
Et ça aussi, ça faisait pire que mieux. D'un sens comme de l'autre, j'étais perdant.
" Professeur Leonhart, est-ce que vous êtes marié? "
" Vous devez avoir beaucoup de succès auprès des filles. "
Une série de gloussements.
" Est-ce que vous aimez les filles jeunes? "
C'était le genre de questions qu'on me posait souvent. Et j'avais trouvé un moyen efficace d'éviter le sujet.
" Comment se passent vos révisions? J'espère que vous n'avez pas oublié que vous avez un contrôle dans deux jours. "
Après ça, c'était généralement le calme plat et elles partaient voir leurs amis. Il y avait parfois une fille qui les accompagnait et restait en retrait. Elle ne s'approchait de moi qu'après que l'une de mes remarques cinglantes ne fasse fuir les autres. Il s'est avéré qu'elle éprouvait simplement quelques difficultés avec son professeur et venait me consulter pour l'aider à mieux comprendre ses cours.
" Rikku, tu devrais peut-être plutôt parler à ton professeur, non? Ce n'est pas très correct pour lui de me demander de tout t'expliquer. " Lui ai-je fait remarquer après nombre de discussions avec la jeune fille – très mignonne, ceci dit au passage.
" J'ai déjà essayé mais il me répond toujours la même chose et refuse de m'aider. Il n'y a que vous qui soyez assez gentil pour tout m'expliquer. " A-t-elle répondu en boudant.
" Si tu es dissipée pendant ses cours, ça peut expliquer qu'il ne veuille rien répéter. "
" Je ne suis pas dissipée! " S'est-elle exclamée soudainement. Je l'ai regardée d'un air surpris. " Il ne m'aime pas, c'est tout. "
" Pour un professeur, il n'est pas question d'aimer ses élèves ou non. Nous sommes là pour vous aider à – "
" C'est peut-être vrai pour vous mais pas pour lui. Je sais parfaitement certaine qu'il ne m'aime pas. " A murmuré Rikku en baissant les yeux. J'ai cru qu'elle allait se mettre à pleurer devant moi, dans la cour. Et le sanglot qu'elle a laissé échapper confirmait mes doutes. Je l'ai rapidement conduite jusqu'à la salle des professeurs, qui n'était heureusement pas occupé par le professeur de Rikku, et l'ai fait s'asseoir à ma place.
" Merci. " A-t-elle sangloté en prenant le mouchoir que je lui tendais.
" Que se passe-t-il, Monsieur Leonhart? " A demandé Miss Trèpe en me rejoignant. Elle devait connaître Rikku car elle s'est montrée très gentille avec elle. Ou alors elle était émue de la voir pleurer.
" Elle m'expliquait quelque chose avant de se mettre à pleurer. " Ai-je maladroitement expliqué en me grattant la nuque. Je n'étais pas habitué à consoler les filles.
" Je vous assure que c'est la vérité, professeur. " A continué l'élève en levant vers moi des yeux légèrement rougis. " Il ne m'aime pas du tout. "
" Est-ce que tu veux parler de monsieur Guado? " Demanda doucement Quistis en lui frottant affectueusement le dos. La jeune fille s'était légèrement raidie au contact avant de se détendre et de se calmer assez pour pouvoir parler de façon intelligible.
" Alors vous savez? " A demandé Rikku, paniquée.
" Oui, je l'ai entendu te parler plusieurs fois. J'avoue qu'il n'est généralement pas aussi froid avec les élèves. Ça m'avait étonnée. "
" Y a-t-il une raison particulière pour qu'il agisse de cette façon? " Ai-je tenté assez nerveusement. Je ne voulais pas vraiment la faire pleurer plus que nécessaire. J'ai tourné la tête vers Quistis et j'ai remarqué qu'elle aussi avait envie de connaître la réponse à ma question.
Quistis – aussi appelée Miss trèpe par les élèves – faisait partie des professeurs qui savaient se montrer neutres en classe mais qui avaient leurs petits favoris. Elle traitait cependant chaque élève comme son propre enfant et n'hésitait pas à interrompre un cours pour discuter avec l'un d'eux s'il semblait éprouver des difficultés, qu'elles soient d'ordre scolaire, personnel ou même familial. C'était ce qui faisait d'elle le professeur que tous les lycéens rêvaient d'avoir. Je crois ne pas me tromper en disant qu'elle avait plus de succès que moi. Elle était non seulement jolie mais aussi très sociable, un atout que je n'aurais certainement jamais.
" C'est que…je ne sais pas si je peux vous en parler. " A bégayé Rikku en nous regardant tour à tour. Elle a serré ses doigts entre eux sans rien dire, visiblement gênée.
" Tu peux tout nous dire, Rikku. Rien de ce que tu diras ne sortira d'ici. " L'a rassurée Quistis mais ça n'incitait pas la jeune fille à se confier pour autant.
" Pas ça. Je ne sais pas comment vous allez le prendre. " A murmuré Rikku.
Sa façon de réagir m'était très familière, tout simplement parce que j'avais l'impression de me voir quand j'avais annoncé à mes parents qu'ils n'auraient jamais de petits enfants. Je n'ai pas perdu de temps et suis allé fermer la porte pour éviter que des oreilles indiscrètes n'entendent ce qui se dirait dans la salle. J'ai ignoré le regard interrogateur de Quistis et me suis planté devant Rikku, qui n'avait pas l'air de savoir comment réagir.
" Voilà ce que je te propose. Je te révèle quelque chose que tu devras garder pour toi et en échange, tu me dis ce que tu cherches à nous cacher et nous le garderons pour nous. " Je me suis ensuite tourné vers Quistis. " Evidemment, ça vous concerne aussi, Miss Trèpe. Pas un mot de ce que je vais dire à qui que ce soit, et surtout pas à Monsieur Guado. Si j'ai bien compris ce qu'il se passe, je doute fort qu'il continue à m'apprécier autant. "
Quistis était perdue mais a malgré tout acquiescé de la tête alors qu'une lueur d'espoir était apparue dans les yeux de Rikku, qui était bien plus enthousiaste, tout à coup. J'ai pris une grande inspiration et me suis dit que je faisais ça pour aider une élève. Ça me donnait moins l'impression de faire une énorme boulette.
" Je ne suis pas marié et ne le serai jamais; et je n'aime ni les jeunes filles, ni celles de mon âge, ni celles qui sont plus vieilles parce que je suis gay. Et j'ai comme l'impression que c'est aussi ton cas et que Guado t'en tient rigueur. Est-ce que je me trompe? "
" N-Non, c'est exactement ça. " Bégaya Rikku en baissant subitement les yeux, visiblement trop gênée pour me regarder en face. " Il m'a surprise dans les rues quand j'étais avec ma petite amie. Depuis ce jour là, il est exécrable avec moi pendant les cours et en dehors. "
" Ignore tout ce qu'il te dit. De toute façon, tu es en Terminale, non? C'est la dernière année que tu vas passer à devoir le supporter. " Ai-je dit en haussant les épaules.
Je sentais clairement que Quistis ne me quittait pas des yeux et mourait d'envie de me poser des tas de questions, mais je l'ai ignorée car le cas de Rikku était plus urgent. Personne ne s'acharnait sur moi.
" Mais vous ignorez les choses horribles qu'il me dit en classe! " S'est emporté la jeune fille en secouant vivement la tête. " Il me traite presque de traînée devant tout le monde. C'est humiliant. "
" Ce n'est humiliant que s'il a raison. Tu sais mieux que lui qui tu es, Rikku, alors ne laisse pas ses idioties te mettre dans tous tes états. D'après ce que je vois, les gens de ta classe te parlent normalement et ne le croient certainement pas alors il est inutile de te rendre malade pour ça. Si tu veux lui rabattre le caquet, garde la tête haute et montre-lui que rien de ce qu'il te dit ne t'atteint. Et si tu veux pleurer, fais-le quand tu es chez toi et qu'il ne peut pas le voir. Tu verras qu'il finira par te laisser tranquille si tu ne réagis pas à ses provocations. "
Wow, j'y étais peut-être allé trop franchement. Parler comme ça, c'était bon pour un garçon de son âge mais certainement pas pour une fille. Elle allait croire que je n'avais pas de cœur.
" Ce que Monsieur Leonhart essaie de dire, Rikku, c'est que tes larmes sont bien la dernière chose qu'il mérite de voir. Ne lui donne pas cette joie, ma grande. " La réconforta Quistis en passant un bras autour de ses épaules pour rapidement la serrer contre elle. Et ça avait l'air d'avoir bien plus d'effet que mon discours.
Rikku a vivement hoché la tête et essuyé ses joues avec son mouchoir abimé. Je lui en ai tendu un autre, qu'elle a gracieusement accepté.
" Vous avez raison. Je n'aurais pas dû me mettre à pleurer comme ça. Je suis désolée. " S'excusa la lycéenne. " Je vais faire ce que vous me dites. " A-t-elle ajouté en nous regardant tour à tour, à présent plus confiante.
J'étais tellement rassuré d'avoir pu l'aider. Et puis elle savait qu'elle avait des alliés, dont un qui pouvait comprendre ce par quoi elle passait; en tout cas, plus que Quistis.
" Souvenez-vous bien toutes les deux : pas un mot de ce qui s'est dit ici à qui que ce soit. " Leur ai-je rappelé en prenant mon air le plus menaçant. Mais il s'est vite effacé quand je les ai vues me sourire malicieusement.
" Est-ce que vous voyez quelqu'un en ce moment? Je voudrais bien savoir à quoi il ressemble. " A demandé Rikku de façon très franche. À ses côtés, Quistis hochait vigoureusement la tête.
Après m'être fait harceler pendant plusieurs jours, je me suis décidé à emmener une photo de Sora au travail pour qu'elles se décident à me ficher la paix. Visiblement, je n'étais pas le seul à le trouver mignon et alors que ça me faisait plaisir, lui en était un peu vexé.
" Pourquoi tout le monde me trouve mignon? Ils ne pourraient pas changer un peu, pour une fois, et dire que je suis beau? " Marmonnait Sora, assis face à moi dans la baignoire.
Je le regardais s'amuser à éclater plusieurs bulles de savon pour se venger de l'affront que ma collègue de travail lui avait fait. Ça avait été un peu délicat de le convaincre de me rejoindre dans le bain. Surtout parce que je ne savais pas trop comment il allait le prendre. Mais il avait été assez curieux et avait accepté avant de me faire toute une scène en me disant qu'il ne fallait pas que je le voie sans vêtements. Je n'en voyais pas vraiment l'utilité puisque de toute façon j'étais destiné à le voir nu un jour ou l'autre. Et puis il n'avait rien que je n'avais pas.
" C'est la première fois que tu t'impliques autant dans la vie personnelle d'une de tes élèves. Je suis fier que tu aies pu l'aider. " M'a confié Sora avec un sourire candide. Et il voulait qu'on arrête de le trouver mignon? La bonne blague.
" Ah bon? " Ai-je demandé en battant lentement des cils.
" Tu ne me crois pas. " A remarqué mon amant. Il était sur le point de bouder mais s'est vite repris. " Pourtant, je t'assure que je le pense. C'est bien d'aider les autres, surtout que cette fille se fait harceler par un homophobe. C'est vraiment dégueulasse de s'en prendre à quelqu'un à cause de ses préférences. En plus, cette Rikku a l'air d'être très gentille. "
" Elle l'est. Seymour n'aime simplement pas beaucoup ceux qui cherchent trop à se démarquer des autres. Les gays sont sûrement sur sa liste noire. " Ai-je répondu en haussant les épaules. Moi, ce genre de personnes ne me faisait absolument aucun effet. Au pire, je les regardais comme quand je retombais sur un débat politique à la télé; ça me donnait envie de dormir.
" Quel salaud. J'ai horreur des gens comme ça. " Jura Sora en continuant à détruire les nuages de bulles qui flottaient à la surface de l'eau. Il aurait des crampes avant d'avoir achevé la dernière bulle vu la quantité de mousse. Il avait toujours la main aussi lourde sur le bain moussant.
" Tu ne peux pas les empêcher de penser comme ça. "
J'ai plongé une main dans l'eau pour attraper la sienne et la serrer au creux de la mienne. Elle était tellement petite que j'avais peur de la briser si je la serrais trop. Je savais pourtant qu'elle pouvait me faire sacrément mal quand elle me frappait. Non pas que nous nous étions déjà disputé au point d'en venir aux mains – si ça en venait là un jour, je ne porterais certainement aucun coup – mais il nous arrivait de nous chamailler gentiment en nous donnant de petites tapes à nous donner des bleus.
Bon, elles n'étaient pas si petites mais on ne contrôlait pas notre force. Pour un jeune homme aussi mince, Sora avait plus de force que je ne le pensais.
Je l'ai senti tirer légèrement sur mon bras avant de soulever ma main pour la porter à ses lèvres. Il était assez rare qu'il se montre affectueux; en tout cas de cette façon. Je l'ai regardé faire sans rien dire et quand nos regards se sont croisés, il s'est contenté de me sourire avant de gesticuler pour s'asseoir plus convenablement.
J'avais toutes les raisons de croire qu'il le faisait chaque fois exprès. Déjà plus de dix ans auparavant, il m'avait fait le même tour et aujourd'hui encore – et j'ai honte de l'avouer – il me faisait autant d'effet. Il m'a entendu hoqueter assez bruyamment avant de toussoter pour vainement couvrir le bruit. Mais c'était trop tard.
" P- Pardon, je n'ai pas voulu – " S'est-il excusé aussitôt, l'air désolé et ma main vite oubliée.
" Ce n'est pas grave. Je finis par avoir l'habitude. " Ai-je répondu sans trop réfléchir. Il m'a regardé étrangement et a attendu que je m'explique. " Tu m'as déjà fait le coup quand tu étais plus jeune. Tu as d'ailleurs été le premier à m'avoir fait avoir une érection. Tu peux en être honoré. "
" Quoi? " A-t-il marmonné. Je voyais son visage prendre de plus en plus de couleurs et ses yeux devenir de plus en plus grands au milieu de son visage. Je me suis alors demandé pourquoi je n'avais parlé de ça plus tôt. J'avais failli rater quelque chose. " Je suis vraiment désolé. Je n'ai pas voulu te...que tu…je veux dire – "
" Oui, oui, n'y pense plus. C'est déjà passé. " L'ai-je rassuré en haussant les épaules. Avoir de l'âge avait au moins cet avantage, je me contrôlais mieux. Je l'ai vu me sourire sournoisement mais ça perdait de son effet avec ses joues écarlates.
" Vraiment? Si jeune et déjà impuissant. " Se moqua gentiment Sora.
Hah, je n'allais pas le louper. Comment osait-il prétendre une chose pareille à mon sujet?
" Éjaculateur précoce. "
Je ne pensais pas qu'il pourrait rougir plus qu'il ne le faisait déjà. Et pourtant.
" Tu exagères! Je n'ai eu qu'une expérience, moi. " Bouda-t-il en croisant les bras.
Je l'ai vu tourner la tête sur le côté et j'ai vraiment cru que je l'avais vexé. Mais il avait quand même l'air un peu amusé et inquiet à la fois. Ça faisait plusieurs mois que nous étions ensemble et je suppose qu'il commençait à se poser des questions sur ce qui allait se passer par la suite. Un moment assez pénible; j'étais heureux d'avoir passé cette période depuis longtemps.
" Est-ce que tu veux parler? " Ai-je proposé en retrouvant tout mon sérieux. D'un point de vue extérieur, la situation paraissait probablement assez drôle mais je savais très bien que Sora, lui, n'avait pas envie d'en rire. Il avait besoin de pouvoir parler sérieusement et j'étais tout disposé l'écouter.
" C'est gênant. " L'ai-je entendu marmonner en se laissant couler un peu plus sous l'eau. Je n'ai plus vu que ses yeux et le haut de sa tête pendant quelques secondes.
" Tu peux me parler. Il n'y a que nous deux ici. Personne d'autre ne t'entendra. "
" C'est justement parce que j'en parle avec toi que c'est gênant. Quand je t'ai questionné la première fois, ça ne m'avait trop rien fait parce qu'on n'était pas ensemble. Mais maintenant… "
" Ça devrait justement être pire d'en parler avec quelqu'un d'autre que celui avec qui tu sors. " Ai-je répondu, les sourcils haussés. J'avoue que les premières conversations avec Cloud n'avaient pas été faciles mais ça aurait probablement été pire si j'avais abordé le sujet avec quelqu'un d'autre que lui.
" Mais je sais que tu te retiens depuis tout ce temps. J'ai peur qu'en parlant de… " Il a hésité un moment et a rapidement baissé les yeux vers la mousse qui n'avait pas encore été attaquée. " Qu'en parlant de sexe, je te donne de faux espoirs. "
Ah, c'était donc ça.
" Nous avons déjà abordé le sujet, Sora. J'attendrai autant de temps qu'il le faudra, ne t'inquiète pas. J'ai des mains et je sais m'en servir. "
" Je m'en veux justement à cause de ça. Je sais que je peux te faire confiance et je suis curieux mais…j'ai trop peur pour oser quoi que ce soit. "
Je le voyais se recroqueviller de plus en plus sur lui-même, comme s'il cherchait à me fuir. Je ne comprenais pas pourquoi je l'effrayais à ce point. Je ne l'avais jamais forcé à faire quoi que ce soit et l'avais toujours laissé aller à son rythme. Il aurait dû savoir qu'il pouvait me parler en toute confiance. Non, il n'était pas question de ça, il venait de me le dire. Qu'est-ce que ça pouvait être, dans ce cas, s'il me faisait confiance à moi?
Et là, j'ai compris; en tout cas, c'est ce que j'ai pensé. C'était de confiance en lui-même dont il manquait cruellement. Moi, j'avais déjà de l'expérience mais lui, aucune. Partant de là, je commençais à y voir un peu plus clair dans sa façon de penser.
" Peur de quoi? " Ai-je finalement demandé en prenant à nouveau sa main dans la mienne. " Il n'y a rien qui puisse me faire m'éloigner de toi. Tu pourrais me dire que tu es une fille que ça ne m'empêcherait pas d'avoir envie de toi. " Je faisais vraiment tout mon possible pour le rassurer et lui faire comprendre qu'il n'avait aucune raison d'avoir honte de je ne sais trop quoi. J'ai caressé le dos de sa main du bout des lèvres et ai observé avec une fascination non contenue le duvet de son bras se hérisser.
" Mais on est tellement différents. Toi, tu as un corps à tomber par terre alors que moi…je suis petit et presque maigre et puis ce n'est vraiment pas beau à voir. " A-t-il fini par déblatérer en gesticulant à nouveau.
" Si ça peut te rassurer, les organes sexuels, qu'il s'agisse du nôtre ou de celui des femmes, sont rarement très beaux à voir. C'est d'ailleurs pour ça qu'on porte assez de vêtements pour les cacher. " Lui ai-je dit avec un sourire que j'espérais réconfortant. " En tout cas, si tu veux le savoir, je t'ai trouvé très agréable à toucher. " Ai-je ensuite murmuré au creux de son oreille en laissant mon autre main se poser sur son torse avant de glisser lentement le long de sa cage thoracique puis de son abdomen. Sa main est venue trouver la mienne et a stoppé sa course.
" Je – Je ne suis pas sûr de vouloir en venir là. " A-t-il bégayé en fermant les yeux. J'ai cru qu'il allait chercher à s'éloigner de moi mais son corps l'a trahi en se cambrant vers le mien. J'ai éloigné ma main de son ventre et l'ai repositionnée dans le bas le son dos. Il sembla moins chercher à protester.
" Pourtant, tu t'es rapproché. " Ai-je dit en posant le front contre le sien.
Je l'ai observé pendant qu'il ouvrait timidement les yeux pour les plonger dans les miens. Il m'a fixé du regard pendant un instant avant de regarder ailleurs.
" Ce jour là aussi, tu n'as pas cessé de te rapprocher de moi pendant que je te parlais de mes premiers rapports. Et tu sais aussi bien que moi comment ça s'est fini. " L'ai-je poussé en commençant à masser le creux de ses reins, mon autre main se joignant rapidement à la première. Comme cette fois là, il s'est inconsciemment rapproché et a soupiré quelque chose que je n'ai pas réussi à comprendre. Mais le son avait envoyé comme une décharge dans mon corps tout entier. Je connaissais parfaitement ce genre de réaction et je me suis dit que c'était peut-être celle-là même qui avait fait soupirer Sora de cette façon.
" Tu n'as fait que me masturber. Ce n'est pas pareil en ce moment. " A-t-il soufflé, sa respiration se saccadant un peu plus à chaque seconde. " S-Squall. "
" N'aie pas peur, Sora. Je t'assure qu'il n'y a aucune raison de t'inquiéter. " Lui ai-je fait savoir avant de mordiller tendrement le lobe de son oreille.
Il a frissonné contre moi et a laissé échapper l'un de ces gémissements qui m'avait donné d'agréables vertiges quelques mois plus tôt.
" Et si je te déçois? " A-t-il continué bien que ses mains s'aventuraient déjà sur mon torse pour en sentir les muscles qui se contractaient sous ses doigts.
J'ai répondu à sa question en posant les lèvres au creux de son cou. J'ai mordillé sa peau avant de la lécher un court instant pour ensuite continuer à la presser légèrement entre mes dents.
" J'ai peur de ne pas être à la hauteur. " A-t-il soupiré en posant les mains sur mes omoplates pour rapprocher nos corps un peu plus.
Sans jamais séparer mes lèvres de son cou, j'ai retiré mes mains de son dos pour le faire baisser les bras et amener ses mains jusqu'à mon membre qui commençait déjà à se raidir sous l'effet de ses seuls gémissements. Son corps s'est tendu un instant sous le choc mais il s'est légèrement détendu assez rapidement.
" Tu t'en sors très bien, Sora. Tu ne le sens pas? " Ai-je soupiré en retirant mes mains des siennes, qui restèrent là où je les avais conduites.
Je l'ai senti agripper mon organe d'abord avec hésitation puis plus fermement avant de le caresser lentement. Sans doute cherchait-il à savoir s'il s'y prenait comme il fallait. Une pensée qui m'aurait fait rire dans un tout autre contexte. Il n'y avait pas vraiment trente-six façons de caresser un homme; ou alors, on n'avait jamais pris la peine de me le faire savoir.
Ses caresses se sont rapidement affirmées pendant que je répétais son nom sans cesse dans une sorte d'encouragement. Il est arrivé un moment où j'ai dû l'obliger à arrêter avant de me faire atteindre le point de non retour. J'ai alors écrasé mes lèvres contre les siennes dans un baiser passionné, qu'il n'a pas cherché à stopper. Il a répondu à mes avances presque instantanément et a levé les mains pour passer ses doigts dans mes cheveux.
J'avais l'impression d'être vierge une seconde fois. Les sensations étaient aussi intenses que la première fois où je les avais ressenties et le moindre de ses gestes, le simple fait de le sentir effleurer ma peau me faisait brûler d'une passion que je peinais de plus en plus à contenir. Ses lèvres contre les miennes étaient électriques et provoquaient des picotements jusque dans mon bas ventre. J'en voulais encore et surtout plus.
" Squall, je… " A-t-il commencé en me sentant prendre son membre à pleine main pour le masser avec peu de délicatesse, je dois l'avouer. Il a laissé échapper un nouveau gémissement et s'est presque assis de lui-même sur mes cuisses. " Pas si vite, je vais – "
Il n'a pas eu le temps de finir sa phrase que je l'ai senti répandre sa semence dans l'eau du bain. J'ai aussi senti ses griffes s'enfoncer dans la peau de mon cou et, très certainement, y laisser de petites marques en forme de demi-lune. Mais c'était bien la dernière chose à laquelle je pensais pour l'instant.
" Sora, s'il te plaît… " Ai-je murmuré à son oreille tandis que mes mains s'aventuraient déjà jusqu'à son postérieur pour chercher son entrée. Ou sa sortie, tout dépend du point de vue qu'on prend.
" S- " A-t-il commencé pour finalement être coupé court lorsqu'il a subitement hoqueté. Mes doigts avaient rapidement trouvé ce qu'ils cherchaient. " Ne sois pas trop brutal, d'accord? "
Je sentais au son de sa voix qu'il était à présent plus inquiet qu'excité. Je pouvais le concevoir, c'était tout à fait normal. Mais j'étais décidé à lui montrer que s'il avait mal, la douleur ne serait que temporaire et insignifiante comparée à ce que je lui ferais ressentir juste après.
" Je serai doux. " Lui ai-je répondu en déposant toute une série de baisers sur son cou pendant que je le préparais à me recevoir.
J'ai senti ses muscles se contracter autour de mon doigt puis se détendre lorsque je l'ai bougé pour commencer à détendre l'anneau de chair. Sora s'était vite habitué et je l'ai jugé prêt pour la suite. Mon majeur a rejoint mon index dans la cavité et s'est lentement écarté de ce dernier pour continuer la longue et pénible préparation. Mon amant a émit une légère protestation et a posé le front sur mon épaule en haletant. Je lui ai murmuré des mots de réconfort, espérant lui faire ainsi oublier la douleur. J'ai été soulagé quand j'ai effleuré sa prostate et qu'il a gémit si fort et si brusquement que j'en ai presque sursauté. J'ai pris soin de recommencer régulièrement puis ai retiré mes doigts quand je sentais que Sora bougeait pour accompagner mes mouvements.
Je lui ai donné de rapides instructions tandis que je positionnais mon organe à son entrée sans jamais oublier de m'assurer que j'avais son accord avant de poursuivre. Il a semblé avoir un temps d'hésitation à ce moment là.
" Tu n'utilises pas de préservatif? " A-t-il demandé, ses pupilles tellement dilatées que j'avais du mal à voir le bleu de ses yeux. Je suppose qu'il pouvait dire la même chose pour moi vu l'état dans lequel j'étais.
" C'est ta première fois et j'ai fait un test de dépistage avec Cloud avant nos rapports sans capote. Mais tu préfères peut-être – "
" Non, je te fais confiance. Je suis prêt. " M'a-t-il coupé en se laissant glisser pour faire entrer le début de mon organe.
J'ai posé mes mains sur ses hanches pour le faire ralentir et lui éviter ainsi de se faire mal. Parti comme il était, il s'y serait pris bien trop vite et aurait eut plus de soucis que nécessaire dans les prochaines heures. Lorsque je fus entièrement entré, il a posé le front sur mon épaule une nouvelle fois et a laissé d'autres marques quelque part dans mon dos. Je n'ai pas osé bouger pendant un long moment et j'ai dû user jusqu'à ma plus petite goutte de sang froid pour rester immobile.
Finalement, Sora s'est redressé de lui-même puis s'est laissé glisser le long de mon membre et j'ai pris cela comme un encouragement. Mes mains toujours sur ses hanches, j'ai baissé les reins avant de les lever pour m'enfoncer à nouveau en lui, d'abord doucement puis plus rapidement lorsqu'il me l'a demandé. Il a presque crié quand mon gland a touché sa prostate et il s'est mis à répéter mon nom si vite que je n'étais plus certain que c'était effectivement ce qu'il était en train de dire. J'entendais aussi l'eau tomber par-dessus le bord de la baignoire. J'allais devoir tout ramasser une fois notre affaire finie mais ce n'était pas grave. Pour l'instant, il était avec moi, j'étais à l'intérieur de lui et tout était pour le mieux dans le plus merveilleux des mondes. Ma vue commençait à se brouiller et les sons se faisaient plus sourds quand j'ai vu Sora rejeter la tête en arrière en gémissant longuement tandis qu'il atteignait l'orgasme pour la seconde fois. J'ai atteint le mien peu de temps après et j'étais un peu désolé de ne pas avoir eu assez de temps pour me retirer complètement avant de libérer ma semence.
Il s'est laissé tomber contre moi et a haleté pendant plusieurs minutes. Son corps entier était rouge et chaud au toucher. Le mien était à peu près dans le même état. Je me suis retiré avec précaution lorsque mon organe eut retrouvé son état habituel et ai couvert les joues de Sora de baisers. Il a ouvert les yeux, l'air fatigué, et m'a souri tendrement avant de m'embrasser à son tour, mais sur le bout de mon nez.
" Je pense qu'on va pouvoir se laver une seconde fois. Je doute fort que l'eau du bain soit si propre maintenant. " A-t-il plaisanté en baissant les yeux vers l'eau couverte de mousse.
" Tu restes ici pour la nuit? " Ai-je demandé en observant son visage. Je pouvais presque voir ses pupilles se réduire.
" Il faut que j'appelle ma mère pour la prévenir. J'espère qu'elle sera d'accord. "
" De toute façon, tu ne risqueras pas de savoir aller bien loin. Je lui parlerai si tu veux. " Ai-je offert avec un sourire navré. J'avais beau m'être montré délicat, ça n'allait pas l'empêcher d'avoir mal plus tard; simplement un peu moins que si je ne m'étais pas montré prudent.
" Je crois que je préfère le faire moi-même. " A-t-il répondu avec une petite grimace. Il a regardé autour de lui pendant un instant puis a reporté son attention sur moi. " Tu fermes les yeux le temps que je me rhabille? "
" Je viens de te faire l'amour et tu ne veux toujours pas que je te voie nu? " Ai-je demandé, sincèrement étonné.
" Je suis pudique, tu sais. " A-t-il répondu en boudant. " Allez, ferme-les. "
J'ai obéi mais pas sans lui faire savoir que je n'étais pas très content. Et ça l'a simplement fait rire. J'ai laissé un sourire faire s'étirer mes lèvres en entendant le son mélodieux s'échapper de sa bouche. Ce n'était pas si grave, au fond, de ne rien voir. J'aurais des tas d'autres occasions plus tard…
oxoXOXoxox
En faisant une recherche sur le site, j'ai remarqué que je suis la seule à avoir posté une fic avec ce couple! Il y en a pourtant pas mal en anglais donc je m'étais attendue à en trouver quelques unes en français mais non… Bref. Donc voilà pour cette min-fic sans grande prétention. \o/ J'espère qu'elle vous aura plu et vous aura quand même fait rire, ou tout au moins sourire par moment.
