Le signal du lever fut donné vers cinq heure du matin par une créature d'une saleté repoussante, un elfe de maison d'après Maureen.
Les dix sept jeunes filles furent réparties en sept groupes, à son grand désarroi, Maryline se retrouva avec Béatrice.
La jeune femme la laissa la suivre jusqu'à leur lieu de travail, une série de vieilles caves poussiéreuses.
- On doit tout nettoyer dit simplement Béatrice, Annie Lennot nous rejoint en fin de matinée, elle doit d'abord faire quelque chose pour les maîtres.
Maryline acquiesça et se mit au travail, mais c'était sans compter sa peur des araignées. Lorsqu'une de ces bêtes repoussantes, en plus énorme et velue, sortit d'un fente dans le mur, la jeune fille poussa un hurlement et se recula.
Béatrice se retourna et sourit,
- Ha, ça il va falloir t'y faire ma mignonne, tu vas en voir au moins une cinquantaine d'ici ce soir et il est hors de question que je m'arrête pour te les enlever. Allez magne toi un peu! Les maîtres passeront sûrement voir le travail et si nous n'avançons pas, ils sont capables de punir d'une manière assez cruelle.
Mais Maryline resta figée, une seconde araignée était apparue, encore plus grosse, la bête mesurait prés de sept centimètres avec les pattes. Quatre autres sortirent du mur à sa suite, la jeune fille ne pouvait plus bouger à la vue de ces six petits monstres.
- Ca ce n'est rien lui dit Béatrice, tu vas en voir d'autres! Alors tue les et cesse de tergiverser!
Elle-même avait saisit un balais et s'appliquait à réduire une bête en bouillie sur son pan de mur, Maryline attrapa une serpillière humide et frappa de toutes ses forces en grimaçant. Trois araignées furent touchées et retombèrent au sol, elle renouvela l'opération deux fois mais une bête prit la fuite, ensuite elle se remit à frotter.
Le milieu de matinée s'installait quand elles eurent enfin fini la première cave, il en restait cinq au total et Maryline se sentait déjà épuisée, moralement surtout. Mais elle ne pouvaient en aucun cas faire une pause. Les deux rentrèrent dans la seconde cave avec leur matériel.
Elle était plus petite, mais la jeune fille comprit vite qu'elle serait encore plus longue à nettoyer, très sale et délabrée, la pièce était repoussante et puait le rance et la moisissure.
- J'imagine qu'on va voir des bestioles, dit Maryline d'une voix blanche
Béatrice acquiesça avec une grimace et se mit au travail sans plus attendre, la jeune fille ne put s'empêcher d'admirer son ardeur à la tache.
- Arrête de trainer! Si les six caves ne sont pas faites ce soir, on sera trois à en payer le prix.
Maryline sursauta et se mit au travail, mais l'angoisse la ralentissait fortement, elle était allergique aux piqures d'araignées et les réactions qu'elle avait subies étant petite avaient laissé une marque indélébile dans sa mémoire.
Un quart d'heure plus tard, de grosses larmes roulaient sur ses joues tandis qu'elle tentait d'éradiquer les bestioles en question.
Béatrice de son côté redoublait d'efforts et son humeur déjà peu engageante empirait de minute en minute. Pourtant elle ne leva pas la main sur Maryline comme elle l'avait fait dans la nuit, se contentant de remarques acerbes de temps en temps.
Les pleurs de la jeune fille ne s'arrêtèrent pas de la journée. Vers onze heure, Annie Lennot les rejoignit et Béatrice sembla soulagée. En effet, si Annie n'allait pas aussi vite qu'elle, en revanche elle travaillait avec assez d'ardeur pour accélérer le mouvement et réchauffer un peu l'atmosphère. C'était une fille de dix-huit ans à l'épaisse chevelure châtaine tressée avec de grands yeux bleus-gris.
Malgré son arrivée, il apparut vite que le travail ne serait pas finit à temps, Maryline avait beau mettre autant de volonté qu'elle le pouvait, elle ne parvenait pas à accélérer la cadence.
Vers vingt heure, Bellatrix apparut dans les caves, les trois filles sursautèrent, elles n'en étaient qu'à la quatrième.
La sorcière sembla en être réjouie et les parcourut du regard, elle semblait hésiter mais finalement se décida. Elle s'avança vers Béatrice:
- Il me semblait avoir donné des ordres, murmura-t-elle d'une voix doucereuse
La jeune femme acquiesça avec raideur, des gouttes de sueur perlaient à son front.
- Vous n'y avez pas obéit
- Madame, tenta Béatrice, Maryline n'avançait pas, elle craint les ar…
- Endoloris! Tais toi!
La jeune femme s'effondra en battant l'air de ses mains, les hurlements raisonnèrent dans la pièce. Maryline ne put le supporter, elle s'écria:
- Arrêtez tout est de ma faute! C'est moi qui les aie retardées, je n'ai pas fait ma part!
Bellatrix la regarda en souriant et laissa Béatrice se tordre par terre encore quelques instants. Puis elle leva le sortilège et se dirigea vers Maryline.
Celle-ci vit du coin de l'œil Annie se pencher vers la jeune femme qui se relevait avec difficulté, le souffle court.
La sorcière lui saisit brusquement le menton:
- Tu en est sure Mary, c'est bien toi la cause de cette… Désobéissance?
- Je m'appelle Maryline, et oui, c'est moi.
Bellatrix lui assena une gifle, encore une, son visage allait être défiguré pensa-t-elle
- Sur un autre ton.
Maryline se contenta de la fixer, la sorcière sourit.
- Tu as raison, c'est toi que je vais commencer par punir, j'ai justement une occasion inespérée de te remettre à ta place, jeune moldue. Quant à vous ajouta-t-elle à l'adresse de Béatrice et Annie, votre tour viendra bientôt, n'allez pas croire que je vous oublie!
Elle se tourna de nouveau vers Maryline qui frémit
- Pas tout de suite, tiens toi à vingt deux heure dans le même cachot que hier, tache de ne pas nous faire attendre. Maintenant disparaissez!
Les trois se dépêchèrent de sortir des caves et coururent presque jusqu'à leur cellule, elle était encore vide lorsqu'elles y entrèrent, à l'exception de Maureen et d'une fillette aux cheveux auburn de dix ou onze ans, inconsciente.
- Nous sommes dix-huit à présent, anticipa Annie
- Pas pour longtemps murmura Maureen d'une voix étranglée par la peine, Irina a peu de chances de passer la nuit. Elle a été passée à tabac par les frères Lestrange.
Maryline faillit hurler en voyant le visage tuméfié de la fillette, Annie devint toute blanche et Béatrice serra les poings avec une expression de dégout et d'horreur.
- On ne peut pas laisser faire cela, cria-t-elle presque, ils peuvent la soigner rien qu'en claquant les doigts! Je vais dire deux mots à ces gens!
Et sans plus attendre, elle tourna les talons et se dirigea d'un pas rapide vers les étages, apparemment décidée. Maryline nota alors les expressions stupéfaites d'Annie et Maureen.
- Soit elle ment, murmura la première, soit tu l'as vraiment éblouie Maryline. Cette fille est la lâcheté même en temps normal.
- Que s'est il passé? Demanda Maureen
- Maryline a peur des araignées, cela l'a ralentie et nous n'avons pas finit nos taches expliqua Annie, la sorcière l'a vu, elle a commencé à torturer Béatrice. Alors Maryline s'est dénoncée. La sorcière lui a dit qu'elle s'occuperait d'elle ce soir à dix heure.
Annie s'interrompit une seconde avant d'ajouter à l'adresse de Maryline:
- Peu de monde ici aurait agit comme toi, parce que cette fille n'a eu que ce qu'elle méritait!
La jeune fille fut choquée par ces paroles:
- Pourquoi? C'est de ma faute si le travail n'a pas été fait, Néonazie ou non, Béatrice n'a pas à payer le prix! Répliqua-t-elle.
- Sauf qu'en ce qui la concerne, elle est plutôt du genre à faire punir les autres à sa place, tu as vu comme elle t'a de suite dénoncée dans la cave?
- Je n'ai rien fait de la journée Annie, c'est normal qu'elle ne veuille pas payer les pots cassés pour moi.
- Ines l'a fait pour elle, intervint Maureen, cela ne l'empêche pas de l'insulter ou pire, d'y faire une série de coups bas! Si tu savait le nombre de coups qu'Ines a reçu à cause de Béatrice, tu n'aurais pas le moindre scrupule envers elle!
Cette révélation laissa Maryline sans voix, toutefois elle ne parvenait pas à regretter son choix. Elle ne connaissait certainement pas assez Béatrice pour prendre position.
La discussion fut interrompue par l'arrivée d'un groupe de filles, parmi elles, Kate et sa cousine Armande, ainsi qu'une fille de quatorze ans, Laura. Les trois se figèrent à la vue d'Irina, Armande s'accrocha à Kate.
- Elle est…
- Pas encore morte répondit Annie en prenant le pouls de la fillette, mais je doute qu'elle se réveille.
A cet instant, des hurlements retentirent
- Ludivine… Gémit Laura
- Non dit Annie, elle est au cuisines, c'est Béatrice, à première vue elle a fait preuve de courage pour la première fois de sa vie.
- Tu n'en sais rien! S'agaça Maryline, elle vaut peut-être mieux que ce que tu crois!
- Ferme ta gueule Himmler! Rétorqua la jeune fille avec dédain
L'insulte atteignit Maryline de plein fouet, elle se leva brusquement et sortit de la pièce. Les hurlements ne cessaient pas, elle lança à la cantonade:
- Si Béatrice est si lâche, pourquoi est-ce que ce n'est pas vous qui êtes en train de hurler à sa place? Bande de poules mouillées arrogantes!
Et elle s'élança dans les étages, bien décidée à rejoindre, non pas son amie, il ne fallait pas aller non plus trop loin, mais la seule personne qui à sa connaissance, résistait à Bellatrix Lestrange. « C'est curieux » pensa-t-elle « je n'aurais jamais cru qu'un jour j'irais épauler une nazie, je suis peut-être un peu naïve… Ho et puis zut! Je ne pense pas avoir grand-chose à perdre! Et puis entre elle et ces gonzesses ridicules, il n'y a pas une différence énorme! Il faut bien faire un choix».
