Notes de l'auteur-qui-ne-mérite-pas-de-reviews :
Bonjour, Bonsoir, Hello! Je crois bien que ça fait plus de un an que ce chapitre est dans mon ordinateur sans être lu ou édité. Au départ, je l'avais écrit bien vite et quand je l'avais envoyé à ma correctrice, TchingTchong, elle me fit remarquer que je m'étais empiéter dans mon écriture et en relisant le tout je me rendis compte que moi-même, je ne lirais pas un tel chapitre.
Au départ j'ai tenté de faire mieux, mais sans succès. J'abandonnai donc la fic, mes chers révieweurs et ma très chère Tchingtchong, correctrice dévoue. En parlant d'elle, elle n'a aucunement corrigé ce chapitre. Je me sentais minable de lui envoyé (enfin!) cette écriture finale de ce chapitre maudit que je me suis retenue. Donc, pardonnez-moi pour les nombreuses fautes, je vous en serais gré.
Ce chapitre n'est pas digne d'un roman d'Amélie Nothomb, ni d'un seul vers de Shakespeare, mais c'est le mien. Je l'ai écrit parce que j'étais heureuse, parce que j'en avais envie. Je suis finalement à un pas plus près de mon rêve et je me sentais dans le devoir de donner le sien à cette Lily qui me ressemble beaucoup. Apprécier-le, dévorer-le, mais ne le critiquer pas trop, parce que c'est juste l'ébauche d'un cœur un peu timide.
Moi et ma grande gueule, ont en a fait du chemin!
Tchingtchong, pardonne-moi, celui-là, il est pour toi!
Cher journal, aujourd'hui j'ai claqué quelqu'un.
Je vois déjà vos regards accusateurs. Vos moues troublées, votre déception. Mais merde! Pour qui me prenez-vous? Vous croyez que j'étais un ange? Parfaite? Que je prenais toujours les bonnes décisions, que je savais toujours quoi faire et que jamais, ô grand jamais, je n'ai dit ou fait quelque chose de mal? Désolée d'éclater votre bulle, mais je ne suis pas une nonne. Je suis une fille bordélique, qui déteste le ménage, qui doit travailler d'arrache pied pour avoir de bonnes notes, qui s'engueulent avec ses meilleures amies, qui dit des tas de conneries et qui jure jusqu'à avoir la langue noir. Sérieusement, je suis loin d'une vraie catholique, je suis rousse et je vais en enfer.
Vous voulez en savoir plus je pari. C'est normal, l'instinct humain est fait comme ça. Vous pouvez désapprouver, être en colère et haineux, mais vous mourrez d'impatience de le savoir, n'est-ce pas. Et bien voilà.
Il y a des moments dans la vie où il se passe quelque chose que personne, et surtout pas soi-même, ne pourrait prévoir. Quand ces moments arrivent, chaque personne agit différemment. Moi, je suis restée figé sur place, a laisser tomber mes livres de classe sur le sol (dans une cacophonie que j'ai à peine remarqué), mon ouïe était étouffée, mon souffle court, mes yeux grand ouvert comme deux bols de soupe chinoises, ma bouche s'ouvrait et se fermait comme une carpe hors de l'eau. (Et dieu seul sait que je hais les carpes.) Bref, j'avais l'air plutôt stupide, près du stade mental d'un végétal. En fait, un céleri aurait eut l'air plus brillant que moi à ce moment là, même si le monde aurait trouvé étrange de voir un légume vert géant dans le couloir d'une école.
La raison de mon étonnement? Ingrid Blyth. Poufsouffle fière, blonde aux yeux bruns, souriante et salope nationale. Elle devait être reine de son propre pays, Salopia, entouré de Salopiennes (Salopiaises?) qui la vénéraient. (Vous me détestez encore plus maintenant, n'est-ce pas? Ça ne vous empêchera pas de continuer à lire!)
Je me demandais pourquoi ne n'étais pas en train de la torturer et d'éteindre chaque parcelles de vie en elle, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien d'autre qu'un corps qui mérite d'être jeter au calmar géant du lac? Suis-je trop gentille, ou trop sous le choc pour faire quoique ce soit? Dans le fond, je n'ai juste pas envie de me retrouver à Azkaban pour meurtre. C'est tout ce qui me retient de ne pas lui arracher sa petite tête vide du reste de son corps!... Ce qui est plutôt une bonne raison, admettons-le.
La petite sotte venait tout juste de vanter ses derniers exploits à ses meilleures amies, de voix ferme et bien haute. Elle agissait comme une fanfare nationale à elle seule et l'école entière semblait en faire abstraction. Tous sauf moi. Malheureusement, j'étais là pour bien entendre. J'étais attirait par les sons irréguliers de sa voix stridente. (Un peu comme un porc qu'on égorgeait, vous voyez?)
« Il était battant les bras, essayant de ce protégé de ces nains de cornavilles -- »
« Lutins de Cornouillards. »
« Peu importe! Il avait l'air complètement stupide. Le pauvre n'a même pas utilisé sa baguette pour faire à croire qu'on lui avait pris avant de l'enfermer là! »
« C'est horrible, qui peu bien l'avoir enfermer là avec de tels vilaines bestioles? »
« Potter, à ce qu'on dit! »
«Oh! Je n'y crois pas! C'est vrai? »
«Les professeurs l'ont puni dans tous les cas. »
«Ce n'était même pas lui, les filles! »
Il eut un silence où les deux amies de Blyth la regardaient curieuses et légèrement troublées par le rire méchant de leur amie. Mon cœur, lui, avait arrêté de battre. Il était devenu mort et inertes. Je me sentais glacé comme un Mister Freeze longtemps oublier dans le fond d'un réfrigérateur.
«Snape c'est enfermer là tout seul, comme un grand! Le con! »
«Pourquoi? »
Oui, merde. Pourquoi? Agir en conard était-il réellement réserver au Serpentard. Tous ces petits bonhommes verts devaient passer par la connerie et c'était le tour de Severus? Pourquoi avoir mit tout sur le dos de James? Pourquoi Blyth, qui vénère Potter jusqu'à la moelle, a mentit? Pourquoi je ne l'ai juste pas cru!!?
«C'est Snape qui a tout pensé. J'ai toujours voulu James pour moi, mais il ne voit que Miss-je-suis-si-parfaite-Evans, ça me rend malade. Alors il est venu me voir en me disant qu'il avait une idée pour que Lily arrête de parler à James et tout ce que j'aurais à faire c'est de ramasser les morceaux brisé de son pauvre petit cœur! Ce n'est pas brillant?! »
C'était stupide.
«C'est stupide. »
«Mais tu y as pensé cinq secondes, Ingrid? Si Lily Evans apprend ça, Snape et toi, vous n'êtes pas mieux que morts! »
«Et oublie ton bel amour pour toujours, James va t'envoyer dans le fond du lac, boulet aux chevilles. »
J'aimais bien ses deux amies. Sensées, voilà ce qu'elles étaient, mais pourquoi être amie avec une telle peste? Cela me dépassait.
Blyth roula ses grands yeux globuleux dans leurs orbites, soupirant comme une princesse incomprise.
«Comment voulez-vous que Evans l'apprennent? »
«Peut-être que si tu parles plus fort, James t'entendrait du terrain de Quidditch, Blyth. »
Avais-je calculé mon entrée en scène? Pas du tout. Est-ce que le visage de Blyth en valait la peine? Vous n'aviez pas idée.
C'était réellement comme regarder une carpe. J'ai toujours détesté les carpes pour leurs yeux qui fixaient le vide dans vie ou expressions. Elles avaient ces énormes bouches qui bougeaient de manière déchaîné pour aucune raison particulière qui me venait à l'esprit. Elles étaient toutes laides et dégoutantes à faire peur. Comme Blyth.
« Lilounette! Je… ne faisais que rigoler. Une blague, tu vois? »
Lilounette? C'est encore plus horrible que les petits surnoms débiles que me donnait ma tante Gertrude quand elle venait nous rendre visite. Je n'ai jamais compris cette manie qu'ont les filles à donner des petits noms aux autres filles. Je crois que si elle m'appelait 'mon cœur', j'allais lui arracher la langue.
Ses deux 'amies' s'étaient habilement éclipser du corridor pour s'enfuir loin de la tempête qui se faisait sentir. Étrangement j'avais envie de faire de même.
« Pourquoi? »
C'est tout ce que je réussis à articuler. Maintenant devant elle, j'avais perdu ma motricité, ma voix. J'ignorais totalement comme géré la situation. J'aurais dû partir silencieuse, sans m'empiéter dans de telles mésaventures. Moi et ma grande gueule.
L'attitude de Blyth changea de tout pour tout. Son sourire devint malicieux, sa posture fière, elle ressemblait à une vraie Serpentard, malgré qu'elle soit Poufsouffle et moi je devais ressembler à une brebis égarée au lieu d'une lionne.
« Il aurait fini par te blesser pour de vrai, Evans. James Potter, c'est le gratin. Tôt ou tard, il aurait réalisé que toi, très cher, tu fais partit de ces petits déchets qui traînent partout. »
Mais pourquoi ne bougeais-je pas? Pourquoi ne parlais-je pas? Qu'est-ce que je faisais, debout là, à la regarder sans rien dire? Pourquoi je ne disais rien pendant qu'elle m'insultait ouvertement. J'ai voulu dire quelque chose, mais pas un son ne sortit. Je me sentais comme une muette dans un opéra, une handicapée sur un terrain de football. Un fantôme dans un château, j'étais inutile.
« En tant que couple, James aurait subis les pires épreuves. Il devrait toujours prendre les insultes que les gens feraient parce qu'il est avec une fille de parents moldu. Toujours devoir te défendre contre la société de sorciers au sang-pur qui te détestent. Il s'épuiserait à te rendre heureuse pendant qu'il serait éperdument malheureux. Tu serais un boulet, une ancre attachée à lui. Tu es la pire chose qui peu bien lui arriver, Evans. »
Cher journal, c'est à ce moment que je l'ai claqué.
Je la voyais me regarder, les yeux grands ouverts, les cheveux dans la figure, une main posée sur sa joue rouge. J'ai ressenti une certaine satisfaction et cela me soulageait. Je retrouvais enfin ma mobilité et je savais que j'avais passé l'étape du choc. Je me sentais mieux, libérée et, étonnement, elle était toujours vivante. Tout ce qu'elle voulait, c'était James et je réalisais finalement que j'avais perdu bien du temps à tout renier. Il était, maintenant, un homme désirable et si je ne l'accrochais pas maintenant, quelqu'un d'autre le fera.
Devais-je rentrer dans ce groupe de femmes ? Celles qui font toutes les pires choses pour n'avoir qu'un seul sourire du garçon désiré ? Je ne crois pas, non merci. Je n'étais pas ce genre de fille et aucun garçon n'en valait la peine, aussi beau son sourire soit-il. Cependant, c'est quand le sourire de James apparut sur ma rétine et je me suis rendu compte que je me mentais un peu. Peut-être que Potter en valait un peu la peine.
La Poufsouffle semblait encore être surprise par ma gifle et c'était tant mieux. C'est en la regardant, elle et ses faux ongles, ses cheveux teints d'un blond jaunâtre et son maquillage de scène que quelque chose restaient irrésolus. Peut-être que je ne devais pas le savoir, mais vous me connaissez, croyez vous sérieusement que je ne vais pas poser la question? Moi et ma grande gueule, vous vous rappelez?
« Severus Snape c'est vraiment enfermer lui même dans cette classe avec les lutins? »
Le ton de ma voix était sec et dur, et je me surprenais du contrôle que j'exerçais sur ma colère. Peut-être que je savais déjà la réponse à cette question, mais j'avais peur d'avoir raison. Je voulais qu'ils soient tous les deux innocents. Je savais que c'était trop demandé, mais merde de grosse merde, je voulais une vie simple. Le plus merdique dans tout ça, c'est qu'elle me sourit narquoisement, comme si j'étais stupide et que j'avais déjà tout perdu et même si je saurais la vérité, jamais James ne reviendrait.
« Oui, il s'est enfermé là, lui-même. C'était un accord entre lui et moi. Je faisais passer le tout sur le dos de James, tu le plaquais, je gagnais le prix et Snape avait la satisfaction que tu sois loin de son pire ennemi. Tu sais à quel point il le hait. À ce qu'il paraît, il était prêt à faire un meurtre a chaque fois qu'il te voyait avec lui. »
J'avais encore le goût de vomir comme la semaine précédente, quand j'ai passé près d'une demi heure dans les toilettes, pleurant et m'étouffant dans ma propre tristesse. (Je crois même quand j'ai remonté le moral de Mimi Geignarde. Elle ne devait plus se croire si triste et pathétique en me voyant en miettes, étendue sur la tuile sale des toilettes.) Je n'arrivais pas réellement à croire ce que j'entendais. Comment Severus avait-il pu tomber aussi bas? Je l'ignorais et pour la première fois de ma vie, je m'en foutais royalement. Il avait brisé mon bonheur pour sa propre satisfaction. Je réalisais à quel point j'avais bien fait de couper court à mon amitié avec lui l'année précédente. Le moment où il m'a appelé « Sang-de-bourbe », il avait déjà perdu toute fierté, toute gentillesse. Pour la première fois de ma vie, je détestais Severus Snape.
Ce déchet de Serpentard avait ruiné tout ce que j'avais avec James, et avait empêché ce qui aurait pu se passer. Pas que j'admets qu'il aurait pu se passer quelque chose, mais j'ai toujours été une fille qui aime denier la réalité quand il en arrivait à James. Severus a toujours dit que je comptais pour lui et que notre amitié était sa priorité. Cependant, la seconde où je trouve un peu de bonheur avec quelqu'un d'autre que lui, il me le fait payer. Il m'a manipulé et a joué avec moi comme on joue avec une poupée de chiffons, il n'avait plus de respect pour moi ou pour ce qui nous avions vécus.
Je regardai la Poufsouffle qui semblait se remettre de ma gifle et je pensai à lui en donner une autre juste parce que je pouvais le faire, mais je décidai qu'elle n'en valait pas la peine. Comment devrais-je agir avec elle, maintenant? Je ne m'étais jamais retrouvé dans ce genre de situation auparavant. Devrais-je protéger mon territoire? Est-ce que James était mon territoire? La Gourde m'aida à prendre cette décision.
« De toute manière, tu as rejeté James et il ne te pardonnera jamais de ne pas l'avoir cru. J'ai plus de chance de finir avec lui à mon bras d'ici la fin de l'année que toi, d'ici la fin de ta vie. »
Des fois, je me demande si ces personnes réfléchissent actuellement à ce qu'elles vont dire avant de le sortir tout haut, parce que, sérieusement, c'est grave leur problème. Elle s'est foutue de moi et elle continue à me chercher des poux. Elle est soit masochiste ou soit vraiment stupide. Je me rappelai soudainement que j'étais une personne plutôt violente, alors je l'agrippai par les épaules et la poussai fortement contre un mur. Si des élèves ne regardaient pas encore depuis la gifle, maintenant j'avais l'attention de tout le monde et c'était temps mieux. Ce message est un message public mesdames et messieurs.
« Tu n'es qu'une sale vipère et tu mérites de finir seule pour le restant de tes jours, alors si tu t'approches de James Potter ne serait-ce qu'à un mètre, je m'arrangerais personnellement pour que tu te trouves un coin sombre et creuse ton propre trou pour t'y cacher jusqu'à la fin des temps. »
Ça y était. Je venais de déclarer publiquement que James Potter était hors de portée de qui que ce soit. Maintenant je n'avais plus le choix que d'aller le supplier de me pardonner et de bien vouloir sortir avec moi et sérieusement, j'avais les chocottes.
Je lâchai Blyth, ramassai mes livres sur le sol, et partit, le menton haut, les yeux fiers et mon courage qui prenait la fuite.
0ooOoo0
Quand je trouvai finalement James, il était assit dans la salle commune, entourer de sa petite troupe de Maraudeurs. J'avalais le nœud qui obstruait ma gorge et étrangement, j'eus l'impression de m'étouffer d'avantage. Mon courage qui avait déjà fui comme un lâche devait être bien loin, mais je sentais l'humiliation préparer sa grande entrée. J'ignorais totalement comment m'y prendre. Jamais je n'ai dû révéler quelques sentiments que ce soit à personne et surtout pas à lui.
Je pris la décision de me cacher dans une alcôve près de la porte et de l'observer un moment. Peut-être avais-je regardé trop de documentaire animalier dans ma jeunesse, mais c'est ce que les animaux faisaient tout le temps face à une situation nouvelle. Ils se cachent et observent. (Et oui, je suis très consciente que je viens de me comparer à un animal sauvage.)
Ma première constatation fût celle-ci : Bon Dieu de merde, qu'il était beau!
M'enfin, je ne vous l'apprends pas du tout, mais je prenais mon travail d'observation très au sérieux. La deuxième constatation fût moins agréable à remarquer.
Il était triste.
Il était pâle et une moue mélancolique était dessiner sur son visage parfait et soudainement j'eus le goût de vomir encore une fois. Je m'en voulais horriblement de lui faire subir ce genre de chose, de ne pas l'avoir cru, d'avoir laissé une vieille amitié qui n'existait même plus gâcher ce que nous avions, peu importe ce que c'était. Je me sentais comme en cinquième année, quand je m'étais fâché avec Severus et James m'avait consolé pour la toute première fois. Je me sentais exactement comme ça. Comme de la merde.
Je supposais le mériter. Après tout, James n'avait été rien d'autre que gentil et sincère avec moi depuis ce jour là et jamais il n'a fait ou dit quelque chose qui m'aurait fait penser le contraire. Pourquoi est-ce que je m'acharne sur lui ainsi depuis tant d'année? Est-ce que c'était écrit à quelque part? Lily doit détester James. Jamais au grand jamais ils ne seront ensemble! Cette foutu de réalisation me coupait le souffle, comme si j'avais reçu un coup poing dans le ventre. C'était ma propre conscience qui m'attaquait et je le méritais bien.
C'était drôle l'idée de ne jamais être avec James me rendait si mal, si…vide. Oui, décidément, il y avait un vide. Je m'étais habitué à ses plaisanteries et à son rire. Sa présence était devenue quelque chose de beau et d'agréable. Même sans qu'il soit là, je le voyais partout et quand il essayait d'arriver derrière moi pour me surprendre, je savais toujours qu'il était là, reconnaissant son odeur épicée et masculine. Je m'ennuyais de le regarder de près. De profil on remarque que sa mâchoire est légèrement carré, ses cils n'ont pas de fin et la courbe de son cou… bref, je m'ennuie juste de le regarder, lui et ses magnifique yeux marrons, son sourire d'enfant.
Je n'ai pas oublié non plus ce que c'était exactement quand il prenait ma main dans la sienne. La mienne est minuscule avec de très longs doigts. La sienne est deux fois plus grosse ce qui fait que sa main enveloppe la mienne complètement, et je me sentais en sécurité et prête à tout affronter. C'est avec ce souvenir imprégner dans mon sang glacé de terreur que je me dirigeai vers les Maraudeurs.
Ils ne me remarquèrent même pas, jusqu'à je sois assez stupide pour ouvrir la bouche au lieu de m'échapper en douce. Vous savez? Moi et ma grande gueule…
« Hum… Hey! »
Si j'avais essayé d'être Miss Bonne humeur, on pouvait dire que ma tentative avait échoué lamentablement. Puis, je me rendis compte de l'idiotie que je venais de faire. J'essayais de parler à un James triste, entourer de ses amis protecteurs à la vie à la mort. Je venais tout juste de me jeter dans la cage aux lions et je me dis que j'aurais dû rester dans mon coin et observer au lieu de passer à l'attaque. Sirius essayait de me tuer de son regard acier, probablement en train d'imaginer toutes sortes de tortures inimaginables à me faire subir. Peter m'ignorait complètement. J'ignorais si cette tactique était plus blessante que celle de Sirius, mais le regard de Remus me fit sentir encore plus mal que de la merde. J'étais un déchet de l'Univers et je devrais retourner me perdre dans une autre galaxie. Il me lança un regard de déception. Parfaite et très claire déception. En un mot : Ouch. C'était un coup direct à mon orgueil et bien qu'il n'en reste déjà plus grande chose, je l'avais quand même senti.
Je décidai de passer pardessus les mondanités, après tout, demander s'ils allaient bien aurait était la plus grosse connerie du siècle et sincèrement, j'avais déjà un bon record dans la matière, je n'avais pas besoin d'en mettre. Bref, j'allai droit au but, risquant de me faire trucidée.
« Je pourrais glisser un mot à James? »
Pour le moment, ce n'était pas si horrible que ça. M'enfin…
« Tu rigoles j'espère?! »
Continue d'espérer Black, on va être deux.
« Tu en as assez dit! »
Tu m'as déjà vu me la fermer, Remus?
« Si vous laissiez James prendre la décision? »
C'était la première chose sensée que je n'ai jamais étendue venant de Peter Pettigrew. Et voyant les tronches des autres Maraudeurs, je me rendis compte que c'était du nouveau pour eux aussi. Le choc plutôt comique perdit vite de sa bonne humeur quand James se raclait la gorger, nous rappelant tous dans quel situation nous étions. À quel point je pouvais être une merde... je vous préviens, si ça vous arrive un jour, ce n'est pas l'extase.
James me surprit en ce levant du canapé et se plaça devant moi. Je me sentis minable tellement il était grand (maudite testostérone).
« D'accord, mais ce soir, à la bibliothèque. »
Pfft! Comme si j'étais capable d'attendre! Je suis d'une impatience inégalée! Je suis tellement impatience que je suis née prématurément, n'étant pas capable d'attendre jusqu'à ma propre naissance.
« Maintenant. »
Il me regarda surpris et j'admets que j'étais surprise de mon initiative, vu mon état de merde, ma grande gueule trop grande et tout le tralala.
« Mais on peut aller à la bibliothèque. 50/50. »
Il soupira longuement, comme à toute les fois où il réalisait qu'il ne gagnerait pas.
« D'accord… »
0ooOoo0
Je dois vous mettre dans la confidence, embrasser James Potter, c'est vachement le pied.
Je m'avais imaginé toutes sortes de scénarios différents sur comment cette conversation allait se produire. La pire était celui où je m'étalais devant lui dans toute mon innocence émotionnelle, telle une enfant sans inhibitions, pour ensuite qu'il décide de ne jamais me pardonner et de m'adresser la parole. Le meilleur, c'était qu'après mon étalage de sentiments gratuits, il me pardonnait, mais me disait qu'il voulait qu'on reste de bons amis. J'avoue, j'ignore lequel aurait fait le plus mal.
Néanmoins, rien ne s'était passé comme les nombreux scénarios qui jouaient sur répétition dans ma tête.
Le chemin jusqu'à la bibliothèque a été long, très, très, très long. Un silence pire que le cours d'histoire de Binns s'était obstinément installé, j'entrecroisais tellement mes doigts de façon nerveuse qu'ils étaient prêt à devenir de la compote. Il marchait le dos droit, regardant fixement en avant de lui, ne m'accordant même pas un seul petit regard du coin de l'œil. Bref, c'était pénible et je voulais mourir. Et devinez quoi? Pour une fois qu'elle serait utile, ma grande gueule était bouche bée. Et merde.
Sérieusement, les 7 minutes qui nous séparaient de la bibliothèque étaient interminablement tortueuses. J'ai été longuement habitué à son attention complète, et le voir m'ignorer d'une telle manière me donnait une bonne idée de quel enfer j'allais subir s'il n'acceptait aucunes de mes excuses.
À la bibliothèque, il choisit un endroit tranquille. Une banquette pour deux, sous une fenêtre ouverte sur l'air frais du mois de novembre. L'endroit même où nous sommes devenus amis et la simple réalisation de me trouver à cette endroit avec lui me rendit essoufflée, tel une amourachée qui n'obtenait pas ce qu'elle voulait. Je me retenais de ne pas tendre la main vers lui, de le toucher, saisir son bras, sa main, son épaule et c'était de la torture. En même temps, des souvenirs heureux me revinrent en tête. Son sourire, sa compassion, son écoute, lui. Juste lui. Il n'avait pas besoin d'être un super héro, simplement d'être James. Et James était bel et bien là, devant moi, assis sur la banquette.
Moi qui croyais que le plus dure serait de l'approcher, je m'étais largement trompée. Maintenant qu'il était là, passé à l'attaque me semblait impossible. (Et j'arrête immédiatement de comparer ma vie à un documentaire animalier.)
Il était si proche, tellement que j'étouffais sous le poids de sa présence. Il s'assit sur la banquette et me fixa de avec ses yeux marrons. Il m'avait l'air indomptable et incorruptible. Une force de la nature qui ne fléchit jamais, un esprit fort, un courage proche de la folie, James était le synonyme même de Gryffondor. Je me sentais bien quand il était là, stable peu importe le sol sous mes pieds. Il a appris par lui-même que tu ne laisses pas les mauvaises choses se produire. Tu dis 'non'. Tu tiens tête. Tu choisis de rester et de te battre pendant que les autres prennent la fuite.
Il était un modèle pour ceux qui voulait ce battre contre Vous-Save-Qui. Il me remplissait d'espoir et de lumière. J'ignore comment j'ai pu passer de la haine à l'admiration pour lui et j'étais déboussoler pour la compréhension de mes nouveaux sentiments pour lui. Bien qu'il a été un gosse prétentieux et suffisant, il avait grandit en un homme dont n'importe qui en serait fier. Il m'avait tellement collé comme une sangsue au fils des années, que je m'y suis attachée à la longue. J'ai presque l'impression que lui et moi, avaient été décidé à l'avance. Je n'avais jamais pourtant cru en la destinée, mais James m'a souvent dit que les coïncidences n'existent pas, tout est fatalité (plus tard, j'appris que ce fut sa défunte mère qui lui avait communiqué ses sages paroles. Je restais quand même impressionner qu'il les ait retenus.).
Peut-être que nous sommes destinées ou peut-être que tout va s'écraser. Cependant, je vais quand même essayer.
« Que voulais-tu me dire me dire qui pressait autant? »
« Je voulais… » M'étaler à tes pieds, poussant de plates excuses et te prier de me pardonner. « Je voulais m'excuser de mon comportement. »
Je l'avais surpris m'éclatant le corps fébrile et choquant ma conscience déjà bien ébranlée. Il avait sursauté légèrement, me lança un regard surpris, devant mon élan soudain de gentillesse. Mais je gardais ces mots depuis si longtemps qu'ils me dévoraient de l'intérieur et je voulais juste exploser.
Je profitai de sa surprise pour m'asseoir à ses côtés et agripper ses mains fermement dans les miennes, cherchant son regard.
« Désolée d'être une sale petite conne, parce que sérieusement je mérite la couronne. »
Un sourire fantôme passa sur son visage, il s'enfuit aussitôt, mais ses mains, elles restaient dans les miennes, même si j'avais de la difficulté à le tenir bien fort, étant donné que j'étais vraiment petite.
« Tu m'as prouvé encore et encore que je pouvais te faire parfaitement confiance et j'ai trouvé un moyen de ne pas le faire. Avoue que je mérite une médaille. »
« Un trophée. »
Je souriais un peu. Moi et ma grande gueule, on allait quelque part semblait-il!
« Avec mon nom et mon titre de petite merde en gros caractère. »
Il souriait un peu.
« Ça serait pas mal. »
Il ne me regardait toujours pas, évitant mon regard comme si j'étais un basilic. Je me décidai à être plus suppliante, pilant sur mon orgueil qui, de ces jours, avait pris énormément de coups.
« Pardonne-moi, James. Je suis sincèrement désolée si je t'ai blessé – »
« Oui. »
Je fus surpris qu'il parle. « Pardon? »
Il soupirait, passant une main dans ses cheveux rebelles, fixant le sol.
« Oui, tu m'as blessé. On est amis, tu aurais dû me croire. »
« Je sais! Je me suis jeté inconsciemment sur l'occasion pour… »
Je m'interrompu, effrayée.
« Lily? »
Il semblait curieux comme le Maraudeur qu'il était. Étais-je réellement amoureuse de lui? Je me mis à réfléchir à cent milles à l'heure. Je me souvenais de la première que James Potter avait faire arrêter mon cœur de battre pendant une seconde. C'était en sixième année, après le premier match de Quidditch contre Serdaigle. Après une écrasante victoire avec des tirs au but spectaculaires de notre capitaine Potter, un jeune homme de première année était allé le voir en s'exclamant qu'il le vénérait. James avait éclaté de rire et lui avait dit avec un sourire : « Ne me vénère pas, je ferais un très mauvais dieu. » Je crois bien que je l'ai aimé à ce moment précis. Je soupirai, autant me jeter à l'eau maintenant, je ne serais jamais prête pour un refus de tout manière.
« Pour ne pas tomber amoureuse de toi… »
Et le silence ce fût.
J'ignorais où regarder, mais l'important c'était de ne pas le regarder lui. Parce que je n'étais pas prête à son refus. Mais j'en méritais bien un, après toutes ses années. Je n'aurais pas dû me confesser d'une telle manière. Moi et ma grande gueule…
Soudainement, quelqu'un relevait pas tête et posait fermement ses lèvres sur les miennes. C'était dur, sec, on me punissait. Cela devint vite éperdu et affamé, on me voulait. C'était simplement James Potter qui prenait enfin ce dont il s'était battu pendant 5 ans.
Tout ça ce passait réellement et seulement, parce que j'avais enfin ouvert la bouche. Moi et ma grande gueule, ont en a fait du chemin, non? Et puis ce n'était qu'un baiser. Je ne m'imaginais pas l'embrasser bonne chance avant chaque match de Quidditch, lui tenir la main dans les corridors, faire une sieste sous un arbre dans le parc en plein dimanche ensoleillé, étendue contre lui. Et encore moi gradué ensemble, aller habiter dans le même appartement et surtout, surtout! Je ne m'imaginais pas porter la belle robe blanche de Vera Wang que j'ai vu dans le magasine pour futur mariées cachés sous lit d'Alice, dans les bras de James Potter, partageant notre premier baiser en tant que mari et femme. Pas du tout! Je suis sensée, moi!
……
Comme je disais! Embrasser James Potter, c'est vachement le pied! Vous pouvez me croire.
The end.
