Un quart d'heure après, Harry a empaqueté toutes ses affaires et s'est habillé en sorcier. Après avoir dit à Edwige de se diriger vers Poudlard et posé sa cage dans sa valise, il la rétrécit d'un geste nonchalant et la glisse dans sa poche.

La magie sans baguette, apprise il y a peu, devenait de plus en plus aisée à manipuler. Harry avait pensé que c'était dû au livre de Fleury et Bott relatif à ce sujet. Avait-il raison ?

Pour l'heure, Harry, trop tourmenté par sa précédente lecture, ne s'en soucie pas. Il descend donc les escaliers et s'apprête à ouvrir la porte lorsqu'une voix l'interpelle. Bien qu'il n'ait aucune raison d'obéir, Harry fait demi-tour et se dirige une fois encore vers le salon. Les personnages sont toujours dans la même disposition qu'auparavant mais Vernon baisse la tête ; il paraît rouge de colère et pourtant ne dit mot. Pétunia, elle, jette un dernier regard à son mari et se tourne vers Harry. Chose étrange, elle lui sourit.

« Tu m'as appelé, tante Pétunia ? Je suis pressé... », commence Harry avec une voix calme bien qu'elle laisse présager de son impatience.

« Pourquoi ? »

« La raison me regarde. Vous n'avez jamais désiré vous interesser à ce que je fais et c'est au seul moment où je dois partir que tu me retiens ! », Harry termine sa phrase en fronçant les sourcils, le ton posé qu'il avait a disparu.

Sa tante n'a pas l'air d'apprécier la remarque mais paraît néanmoins déterminée à continuer. L'énervement d'Harry ne l'inquiète pas.

« Ecoute-moi Harry. Depuis plus de 15 ans, tu es ici et bien que nous n'ayons eu que peu de choix, nous avons accepté de te... protéger. »

La fin de la phrase est glissée entre les dents serrées de sa tante. Vernon grogne sans toutefois parler. La phrase de Pétunia a sur Harry l'effet d'une claque, il hurle :

« Me protéger ? En m'enfermant ? En mettant des barreaux aux fenêtres et en me privant de manger... Me protéger ? », il dit ça en tournant les talons. Arrivé sur le pas de la porte menant au couloir, une voix retentit.

« Reviens ici ! Tu es aussi têtu que ta mère et aussi effronté que ton père mais tu vas m'écouter ! »

Harry surpris par le ton de la voix stoppe net sa progression. Après avoir repris son calme et visiblement après réflexion, Pétunia ajoute :

« J'ai fait une promesse et je n'ai qu'une parole. Maintenant, suis-moi dans le jardin. J'ai à te parler. »

L'oncle d'Harry n'a pas l'air d'apprécier d'être mis à l'écart mais au regard que lui lance sa femme, il fait le dos rond et tourne la tête vers la télé. Cette conversation ne le regarde pas, ça l'énerve mais Pétunia n'a pas l'air commode. Dans ce cas...

La femme montre la direction du jardin à Harry et le succède dans cette voie. Arrivés dehors, la tante d'Harry s'assoit sur le banc et prie son neveu de se joindre à elle. Devant la négation du jeune homme, elle articule :

« Harry, ce que j'ai à te dire est long et tu dois m'écouter. Viens ici. »

L'adolescent est surpris par cette voix calme et douce qu'emploie sa tante. D'habitude, c'est à Dudley qu'elle parle de cette façon. Surpris et curieux, il acquiesce et s'assoit près d'elle en la fixant. Bien qu'il attende des réponses, il commence :

« Dumbledore, mon directeur, est mort. Ton serment n'a plus lieu d'être... Tu n'as plus aucun devoir envers moi si tu crains sa colère. »

« Non Harry, je ne le crains pas. Bien qu'il ait des goûts douteux en qualité vestimentaire, je ne pense pas que je me trompe en disant que cet homme est sage. Et ta mère l'a suffisamment dit. », Pétunia dit cela avec une once d'amertume. La rancoeur qu'elle avait gardé contre sa soeur pour lui avoir volé la vedette pendant son adolescence avait disparu mais le souvenir était là, indélébile.

Elle continue sous le regard inquiet du garçon : « Ton directeur ne m'a jamais menacé. Il m'a juste fait remarqué la promesse que j'avais faite il y a des années... à ta mère. »

Harry recule sous l'électrochoc qu'il venait de subir. Néanmoins, il articula : « A ma mère ? Mais je croyais que... »

Pétunia baisse la tête en acquiescant et poursuit : « Ce que je te dis n'est pas facile pour moi à dire mais laisse-moi parler et s'il-te-plaît, ne m'interromps pas. »

Devant le silence de l'enfant, qui de ses yeux verts pailletés d'or la scrute, elle entame son histoire :

« J'ai mis des années à ne plus en vouloir à Lily. Pendant toute mon adolescence, j'ai détesté ma soeur, le monstre qu'elle représentait...etc. Il m'a fallu du temps pour comprendre que ce n'était pas la magie ou les sorciers qui me dégoûtaient. C'est juste que je ne suis pas très jolie et qu'à l'époque, ce n'était pas mieux. Aucun garçon ne s'intéressait à moi tandis que Lily faisait tourner la tête de tous. Elle a toujours été mon contraire : intelligente, belle, gentille, généreuse et pour finir, voilà qu'à onze ans, on découvrait que c'était une sorcière. J'avais toujours entretenu de bons rapports avec ma soeur et ma rancoeur restait enfouie mais là avec cette nouvelle qualité, le fait que mes parents disent qu'elle allait leur manquer beaucoup et surtout qu'elle, ma seule confidente, parte loin de moi, je me suis sentie perdue. Si bien que pour survivre, la seule solution que j'ai trouvée a été de la haïr et de vomir nos anciens bons moments, joies et secrets partagés. »

La femme qui reprend son souffle a les yeux humides et elle sent que les larmes ne tarderont pas à tomber mais elle persévère :

« J'ai donc délibérément coupé les ponts avec Lily et n'ai jamais répondu à aucune de ses lettres durant ses 7 années à Poudlard. Je déchirais son courrier et nos parents ont tout tenté mais rien n'y a fait. Les années ont passé et je suis devenue majeure. Ma colère avait légèrement diminué, bien que je persistais à l'ignorer, quand j'ai rencontré Vernon.

C'était le premier homme qui me regardait sans grimacer et alors je l'ai aimé puis nous nous sommes mariés. Il a tout su de ce que j'avais sur le coeur et ne comprenant rien à la magie, il a tout simplement détesté les sorciers. Au début, je l'ai suivi sans me poser de questions puis malgré le mari que j'avais et l'enfant que je portais depuis 4 mois, j'ai trouvé qu'il me manquait quelque chose, mais quoi ? Après quelques mois encore et un accouchement douloureux, cette question a été élucidée. »

Pétunia sourit sur ces derniers mots avant de continuer : « Cette question donc, c'est ta mère, Harry, qui y a répondu. Elle m'a envoyé une lettre en me félicitant pour mon accouchement, après 3 ans d'absence de nouvelles. Elle y a joint un joli cadeau, des chaussons en laine, blancs... »

D'un coup, la tante d'Harry pleure ou plutôt éclate en sanglots et lui qui n'avait pas bougé jusque là, sursaute. Après quelques hésitations, il pose sa main sur celles, tenant un mouchoir, de sa tante. A sa grande surprise, sa tante ne retire pas ses mains et bien au contraire le prend dans ses bras.

L'étreinte fut douce mais rapide ; Pétunia ne veut pas avoir des histoires avec sa famille. Harry ne remarque pas cela, trop interloqué par la première marque d'affection de sa tante envers lui.

Après quelques minutes de silence, elle reprend : « Ces chaussons, nous en parlions étant petites. Elle était peu doué au tricot mais m'avait néanmoins promis de faire des chaussons à mon futur enfant. Je l'avais oublié et ce souvenir est revenu de façon fulgurante tout comme la réponse à ma question. C'est ma soeur qu'il me manquait. Je me suis donc mise à pleurer et heureusement, Vernon n'était pas là, il n'aurait pas compris. J'ai ensuite répondu à la lettre. Il s'en est suivi un échange discret et je l'ai finalement revue après presque cinq ans, dans un parc, un jour où Vernon travaillait. C'est là que je t'ai vu. Tout comme Dudley, tu venais d'avoir un an. Tu avais les yeux de Lily mais ressemblais déjà beaucoup à ton père. C'est ce jour-là que j'ai refait la promesse à ta mère de te protéger, tout comme elle l'a juré pour Dudley. Ce jour-là nous avons résigné le pacte que nous avions passé étant petites. Une seule lettre a suivi, tes parents ayant de gros problèmes avec ce Coldeporc à ce moment-là. Puis ils sont morts et tu connais la suite... »

Sa tante avait fini son récit et Harry dit juste avec un sourire : « Voldemort, c'est Voldemort l'assassin de mes parents. » Pétunia hocha la tête ne comprenant pas le manque de réaction d'Harry. En fait, il avait juste essayé de gagner du temps pour analyser ce qu'il venait d'entendre. Après encore quelques minutes, alors que sa tante allait partir, Harry s'exprime : « Mais pourquoi ce comportement envers moi durant toutes ces années ? Pourquoi avoir traité mes parents de monstres ? Pourquoi... ? »

« Tout d'abord et c'est la raison la plus importante, Harry. Je ne pouvais pas me permettre de te montrer de l'affection devant Vernon, à qui j'avais caché ma correspondance avec Lily. Il n'aurait pas compris et je m'en voulais déjà assez de ce mensonge. Pour cette même raison, je ne pouvais prendre ta défense quand tu te battais contre Dudley et utilisais la magie. Ensuite, et ça a dû aussi beaucoup jouer, tu ressemblais de plus en plus à ton père, que je détestais. »

« Pourquoi ? Tu ne l'as jamais vu ! »

« Eh bien si. Il a accompagné ma soeur à notre mariage à Vernon et moi. Je ne voulais pas qu'ils viennent mais mes parents ont insisté. Pour Vernon et moi, il a gâché cette journée en s'affichant avec Lily. J'ai trouvé qu'il nous avait volé la vedette et je ne l'ai jamais digéré. Et puis, excuse-moi mais il était d'un prétentieux... Enfin, tu lui ressemblais de plus en plus par ton physique et ton comportement, si bien que je n'ai pu t'aimer. J'ai simplement accomplit mon devoir de soeur et de tante. »

« Je comprends, tante Pétunia. Je te remercie pour tes explications. », dit simplement Harry une larme à l'oeil.

« Tu... Tu me comprends ? Comment peux-tu après la vie que l'on t'a fait subir ? Je te devais des explications pour t'interdire de partir inutilement mais je n'ai jamais espéré que tu comprennes. »

« Et bien, disons que j'ai mûrit pendant toutes ces années. Ensuite, bien qu'à regret, vous m'avez toujours accueilli étés après étés. Et puis, j'ai pu moi aussi voir James dans le passé. Je passerai sur les détails du pourquoi du comment, mais j'ai eu cette même impression donc je comprends. Je comprends que je n'ai pas toujours été facile. Merci. »

« Oh, Harry. Ces paroles me touchent beaucoup et je vois à présent, comme j'ai pu déjà m'en rendre compte, tu n'as pas la même attitude que ton père, tu es plus… mâture. »

« Tante Pétunia. Tout à l'heure, j'ai découvert dans le journal que des gens que je connais ont été tués et je dois partir. Il faut que j'en sache plus. C'est la raison de tout ça », explique le garçon aux yeux verts en montrant du bras la maison et donc la scène qui avait eu lieu.

« Pourquoi donc ? Tu n'es qu'un enfant. En quoi peux-tu bien aider ? »

Harry ne s'offusque pas de ces paroles. Il les avait déjà bien souvent entendu et n'y prenait plus garde. Il continue donc : « Que t'as dit précisément Dumbledore à mon sujet la dernière fois ? »

« Ah, nous y voilà. Il m'a écrit que je devais tenir ma promesse envers Lily. Comment il l'a appris, je l'ignore mais c'est ce que je fais. Et si tu veux me parler de cette histoire d'élu... »

« C'est précisément ce que je veux dire. J'ai survécu à Voldemort et je suis le seul à pouvoir désormais le contrer. Je dois aller à Poudlard pour savoir de quoi il en retourne. C'est mon devoir. »

« Ton devoir, Harry est de rester vivant en ne commettant pas d'erreurs qui risque de te coûter la vie et celle de nombreux gens sorciers ou non, pour reprendre ton défunt directeur dans sa lettre. Tu dois être prudent. Je ne peux te retenir par la force mais cette maison est d'après ce que j'ai compris ta « protection » pour toujours et... »

« En réalité, elle ne l'est que jusqu'à mes 17 ans. Merci de me permettre de rester mais il faut que je parte. A Poudlard, je suis aussi en sécurité. »

« Bien ! Sache néanmoins que tu peux revenir ici jusqu'à ta majorité sorcière. Tu as ce droit. »

« Merci tante Pétunia. Je te promets de revenir vite même si ce n'est pas pour très longtemps. A bientôt ! »

« Merci à toi Harry de me permettre de tenir la promesse faite à ma défunte soeur. Et puis entre nous... », ajoute la femme dans un souffle, comme une confidence : « Je ne t'ai jamais remercié pour la fois où tu as gonflé Marge. Ce qu'elle m'énerve. Toujours à donner des ordres... Même si je ne l'ai pas montré, j'ai bien ri. Au revoir, Harry. »

Le jeune sorcier fait un clin d'oeil à sa tante et sourit. Puis dans un léger « pop », surprenant sa tante, il disparaît en direction d'autres réponses à ses questions.

J'espère que ça vous plaît toujours. Je suis en train d'écrire la suite. J'attends vos reviews…