Si loin de toi…
Chapitre 3
Pour l'éternité
La pluie s'était enfin arrêtée. Le soleil commençait à transpercer les nuages et venait réchauffer le cœur de ceux qui se trouvaient en ce lieu. Mais pas pour elle, le soleil ne l'aidait plus, le chant des oiseaux non plus. Sa tristesse et le manque de sommeil ne l'aidaient pas non plus à voir les choses autrement. Elle se reprochait toujours de ne pas avoir été là pour lui… Et si elle avait pu le convaincre de la laisser l'aider ? Et si elle n'avait pas raccompagnée Alexis ? Elle serait restée auprès de Castle. Elle n'aurait pu eu cet accident, et il ne se serait pas sentit obligé d'échanger sa vie contre celle de sa fille. Et si…
Elle était là, seule, au milieu de toutes ces pierres tombales avec pour seule compagnie : son glock dans la main. Elle tenta en vain de sécher ses larmes, mais à peine essuyées, d'autres prenaient le relais. Elle n'arrivait plus à retrouver le repos. Sa tête commençait à lui faire mal, elle était épuisée, elle n'en pouvait plus. Même dans le sommeil elle n'arrivait pas à trouver un semblant de paix intérieur… Dès qu'elle fermait les yeux, elle le voyait l'implorant de l'aider à lui sauver la vie. Au moins en restant éveillée elle pouvait lutter contre ce genre de mauvais souvenirs. Elle voyait encore l'homme responsable de ça tenter de parlementer avec elle et ses collègues. Cet enfoiré voulait juste un peu plus de temps, le temps nécessaire pour que Castle périsse seul dans cet entrepôt en ayant la vague idée que son sacrifice n'ait servi à rien.
Est-ce qu'elle avait pratiquement vidé son chargeur sur cet homme, juste pour qu'il se taise ? Et qu'elle puisse rejoindre son ami ? Avait-elle vraiment abattu quelqu'un de sang froid pour Castle ? Elle qui était si droite avec le règlement ? Est-ce qu'elle l'avait vraiment fait ?
Elle était perdue, toujours son glock à la main, elle posa ses mains sur sa tête, comme pour tenter de rassembler ses souvenirs et calmer ce mal de tête. Elle se sentait si mal, si seule…
Elle finit par libérer sa tête, elle regarda son arme, esquissa un petit sourire en pensant au bien que ça pourrait lui faire de terminer ce qu'elle avait commencé avant d'être interrompue. Elle allait pouvoir trouver le repos éternel. Le vrai repos. A elle une longue et belle nuit sans être tourmentée par des cauchemars.
Elle prit une grande inspiration, éleva le glock jusqu'à sa tempe, regarda une dernière fois la stèle de son ami disparu, puis ferma les yeux. Elle entendait le vent caresser les feuilles de ce chêne à côté d'elle, elle sentait ses larmes parcourir ses joues… Elle entendait au loin la voix de son ami, l'implorant de le rejoindre… Son index se crispa… Elle avait enfin trouvé le repos…
- Beckett ?
Elle ne comprenait pas, elle venait de se tirer une balle dans la tête et elle entendait quelqu'un l'appeler. Une voix familière qui plus est. Elle tentait de retrouver le chemin du cimetière, comme pour presser une nouvelle fois la détente, mais elle n'y arrivait pas.
- Beckett ?
Encore cette voix…
Elle ouvrit les yeux, mais la lumière juste au dessus d'elle l'empêchait de les ouvrir complètement. Elle grimaçait…
- Attends, je vais l'éteindre…
Elle entendit un petit « clac », et enfin la lumière ne l'empêchait plus d'y voir. Elle regarda autour d'elle en grimaçant à cause de son mal de tête, sa vue était trouble. Avait-elle besoin de lunettes ? Certainement pas, mais pourquoi avait-elle ce brouillard devant les yeux ? Elle se les frotta pour essayer de dissiper ce brouillard. Elle s'aperçut qu'elle avait pleuré.
- On croyait t'avoir perdu…
Perdu ? Mais elle n'avait pas disparu… Elle finit enfin par apercevoir le visage de la personne qui lui parlait. Il s'agissait d'Esposito.
- Ou suis-je ?
- A l'hôpital.
Pourquoi se trouvait-elle à l'hôpital ? Est-ce qu'elle s'était vraiment tirée une balle dans la tête ?
- Qui m'a trouvé dans le cimetière ?
- De quoi tu parles ?
- Le cimetière, j'y étais et j'ai…
- Tu as quoi ?
- Pourquoi je suis là ?
- Tu ne te souviens pas de l'accident ?
- Quel accident ?
- De voiture. Alexis était dans la voiture…
Ce n'était qu'un rêve, ce qu'elle venait de vivre n'était qu'un rêve, elle n'était jamais allée au cimetière pour se recueillir, elle n'avait pas revu son ami là-bas, elle ne s'était pas blottie contre son cœur. Il ne lui avait pas parlé. Elle n'avait que rêvé…
- Mais…
- Shhht, Kate.
- Castle ?
Esposito posa sa main sur la tête de sa coéquipière, comme pour la rassurer et la calmer.
- Tu ne dois pas bouger. Tu n'as pas voulu aller à l'hôpital après l'accident. Tu nous as fait peur.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Quand on a trouvé Castle, il… Tu… Quand les ambulanciers sont arrivés j'ai dû t'éloigner, pour les laisser faire leur travail. Et c'est là que tu t'es sentie mal. Tu t'es évanouie.
Alors c'était vrai ? Son ami était bien mort… Elle n'avait pas réussi à le sauver…
- Depuis combien de temps, je suis ici ?
- Six jours.
- Quoi ?
- Ton traumatisme crânien s'est empiré, t'aurais dû aller à l'hôpital. On croyait t'avoir perdue pour de bon. Depuis que tu as été admise, on se relaie pour te tenir compagnie.
Elle tenta de sourire mais rien, elle n'y arrivait pas. Comment le pourrait-elle ?
- C'est super, je vais prévenir les autres.
Il lui sourit et sortit de la chambre.
Elle ne voulait pas le croire, pas croire que ce réconfort reçu dans le cimetière n'était que du vent, qu'il n'était pas venu l'enlacer, la rassurer, la consoler… Et si elle rêvait encore ?
Elle devait savoir la vérité. Elle n'en pouvait plus d'être dans le brouillard, alors elle retira la perfusion de son bras en faisant attention de ne pas tout arracher. En s'asseyant, elle eut comme un petit vertige. C'est ce qui arrive quand cela fait plus de six jours que vous êtes allongée. Y a pas de doute, vu la douleur qu'elle ressentait en ayant retiré sa perfusion et cet étourdissement, elle ne rêvait plus…
Elle posa ses pieds nus sur le sol gelé, elle n'avait pas le temps de chercher des chaussons. Elle se dirigea tant bien que mal vers la porte pour sortir de cette chambre, en s'appuyant contre ce qu'elle trouvait : une chaise, un mur, et enfin la poignée de la porte.
Elle l'ouvrit tout doucement et regarda furtivement dans le couloir. Il n'y avait pas grand monde, cela devait être la nuit. Les lumières étaient allumées. Elle s'engouffra dans le couloir, en trainant des pieds. Elle avait froid, elle était frigorifiée, mais elle voulait savoir.
En s'approchant d'une chambre, elle remarqua quelqu'un dormir sur le sofa posé contre un mur. Elle s'approcha encore. Elle connaissait cette personne, oui elle la connaissait. Elle s'avança encore mais son pied heurta le pied du sofa. Elle poussa un petit bruit de douleur, bruit qu'elle tenta d'étouffer en mettant l'une de ses mains devant sa bouche. Heureusement, elle ne l'avait pas réveillée.
C'était Alexis, elle l'avait reconnue. Mais qu'est-ce qu'elle faisait là ? Ça n'avait aucun sens. En fait, elle ne trouvait pas de raison à la présence de la fille de son ami.
Cette petite fugue de sa chambre était censée l'aider à savoir où elle en était, pas le contraire…
Elle regarda dans la main de la jeune fille, et remarqua un mouchoir. Elle pouvait voir qu'elle aussi, était fatiguée, abattue par la tristesse… Elle se redressa et tourna la tête en direction de la chambre. La porte était entre-ouverte. Elle la poussa, et dans un petit couinement elle s'ouvrit.
Elle entendit un petit « bip » continuel, sur le coup elle se demandait si elle n'avait pas oublié de se débrancher de l'électrocardiogramme… Elle sourit un court instant en pensant que si ça avait été le cas, elle l'aurait quand même remarqué.
En s'approchant du lit, elle tituba, elle commença à perdre l'équilibre… Heureusement ses fesses tombèrent sur un fauteuil. Ce n'est pas conseillé de se lever aussi vite après six jours à roupiller. Vous trouvez que tout tourne autour de vous…
Il lui fallut quelques secondes pour retrouver ses esprits. Quand elle rouvrit les yeux, elle eue l'impression de rêver… Son souffle se coupa et son corps se crispa. Elle se pencha en avant pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Il était là, en face d'elle, allongé sur ce lit, branché à un électrocardiogramme d'où le « bip » qu'elle avait entendu plus tôt. Des larmes emplies de joie et à la fois de tristesse émanèrent de ses yeux. Avait-elle rêvé ? Il était vraiment là, devant elle, sur ce lit. Pourtant elle n'avait pas réussi à le ramener à elle. Elle avait échoué, comment était-ce possible qu'il soit là ?
Elle n'en savait rien, mais le plus important : il était là. Elle le regarda un long moment pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Puis elle lui prit la main et la serra comme pour s'accrocher à lui.
- Je savais que tu serais là.
Elle sursauta.
- Esposito ?
- Quand j'ai vu que tu n'étais plus dans ta chambre, j'ai su que tu étais là.
- (inquiète) Comment … Je veux dire, comment s'est-il retrouvé là ?
- Pendant trois longues minutes tu as tenté de le réanimer, tu t'en rappelles ?
- Oui, comment je pourrais l'oublier.
- Ensuite, les ambulanciers sont arrivés, je t'ai éloigné de lui, pour les laisser faire leur travail…
- Et ?
- Ils l'ont choqué une dizaine de fois. Son cœur a fini par repartir. Mais toi tu t'es évanouie. Ensuite, les ambulanciers vous ont transportés à l'hôpital. Ryan et moi, on a pris la voiture pour que l'ambulance arrive le plus vite possible.
- Comment ça ?
- (il se mit à sourire) Et bien, on a un peu ameuté tous les flics de New-York pour qu'ils bloquent certaines rues. Afin qu'on puisse arriver à l'hôpital le plus rapidement possible. Et ça a marché. Mais je ne te raconte pas la galère pour expliquer la mobilisation d'autant d'hommes pour deux personnes…
- Ah oui ?
Elle retrouva progressivement le sourire.
- Et oui.
- Et comment ça a été justifié ?
- Tu sais, ça a vraiment du bon que Castle soit copain avec le maire, ça aide… Pour certains trucs en tout cas.
- Ah oui, je vois.
Kate était touchée par ce qu'avait fait ses amis et collègues pour elle, et pour Castle.
- Comment vont les autres ?
- Et bien, tu nous connais. Si on ne nous avait pas obligés à se relayer pour veiller sur vous, on serait encore là à camper dans vos chambres…
- Camper ?
- Ouais, limite on faisait un barbecue dans le service, mais le directeur de l'hôpital n'aurait peut-être pas apprécié. Déjà que ça a été limite qu'ils nous laissent veiller sur vous 24 heures sur 24… Ça fait du bien de te revoir.
Elle rougit.
- Comment va Martha ?
- Elle est rentrée se reposer aussi. Elle a dit qu'elle ferait un peu de rangement pour être prête quand… Tu sais, Castle se réveillera.
- Il va se réveiller ?
- Bien sûr. J'en doute pas une seconde. Tu le connais, et puis, faut y croire.
- Je ne sais plus vraiment ce que je dois croire en ce moment. Et Alexis ?
- Et bien, elle était aussi rentrée mais une heure plus tard, elle revenait pour ne plus partir de l'hôpital...
- Sacrée gamine…
- Ouais… Et ça, c'était il y a six jours. Ce sofa dans le couloir, est devenu son lit. D'ailleurs, ça fait du bien de la voir dormir. Au moins, elle oublie ce qui s'est passé.
- Comment elle le vit ?
- Ça va. Elle réagit un peu comme nous tous. Mais elle est forte.
- Il a eu ce qu'il voulait l'autre psychopathe ?
- Non. Enfin, il a eu droit à deux lignes dans le New-York Times, mais en deuxième page. La journaliste n'a même pas cité son nom. Il est mort dans l'anonymat.
- Il a eu ce qu'il méritait.
- Ouais.
Esposito regarda le bras de son amie :
- Tu saignes ?
- Ouais, j'ai enlevé ma perfusion.
- Mais-
- C'est bon… Et franchement avoir mal ça me fait sentir vivante. J'en ai besoin en ce moment.
- Tu devrais retourner dans ta chambre. S'il y a du changement, on te préviendra.
- Non, j'ai envie de rester auprès de lui.
- D'accord, comme tu veux. Je vais aller me chercher un truc à grignoter au distributeur. Tu veux quelque chose ?
- Ouais, je veux bien, merci.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Peu importe. Choisis pour moi.
Avant de quitter la chambre, Esposito plaça sa veste sur sa coéquipière. Kate, qui n'avait toujours pas lâché la main de l'écrivain, s'installa un peu mieux et posa sa tête sur le matelas.
En revenant du distributeur, Javier vit Beckett dormir à côté de l'écrivain, alors, ne voulant pas la réveiller il alla s'installer à côté d'Alexis et s'endormit aussi.
...
Il entendait un « bip » qui revenait sans cesse, est-ce qu'il s'agissait du bruit d'un micro-onde ? Il tendit l'oreille…
« Non, le « bip » d'un micro-onde n'est pas aussi régulier, de plus il finit toujours par s'arrêter. »
Il ouvra doucement les yeux. Si seulement le bruit pouvait s'arrêter, ça commençait à l'énerver… Il leva légèrement la tête pour pouvoir regarder sur sa gauche et il remarqua un électrocardiogramme :
« Finalement, je l'aime bien ce bruit… Ouais, il ne me dérange pas du tout… »
Il reposa sa tête dans l'oreiller confortable. Puis son regard bifurqua sur la droite et il sourit presque instantanément.
- Kate ?
Elle ne bougea pas. En même temps, ce n'était pas avec sa voix enrouée qu'il allait pouvoir alerter qui que ce soit.
- Je rêve ou c'est ta main qui est dans la mienne, là ?
Toujours aucune réponse.
- Je devrais te pincer l'oreille comme tu le fais pour te réveiller…
Il gigota un peu plus dans le lit, mais la douleur se rappela rapidement à lui.
- Il me faudrait un bon shot de morphine là. Je pourrais planer jusqu'à la Jamaïque…
Il se mit à rigoler.
- Oh, en fait, je crois que je plane déjà… Kate ? Allo ? Y a quelqu'un ? Youhouuu ?
Aucun retour.
- Bon ben, bonne nuit, Beckett…
Alors qu'il allait se rendormir, il sentit la main de Kate serrer un peu plus fort la sienne. Elle leva la tête, et elle le vit, il souriait.
- Hey, te voilà enfin réveillé.
- T'as une mine affreuse (lui lança l'inspectrice de New-York).
- Ça se voit que tu ne t'es pas regardé.
- Et t'as une voix affreuse…
- C'est ça, moque toi… (Il la regarda longuement) Tu fais un défilé pour la collection automne/hiver de l'hôpital ou quoi ?
- Quelque chose comme ça…
Ils avaient retrouvé le sourire. Castle remarqua quelques gouttes de sang sur son lit.
- Qu'est-ce que-
- C'est de ma faute…
- Ouais je vois ça, t'as salopé mon drap. Comment tu- ?
- J'ai retiré ma perfusion.
- Ah bah bravo… ça mériterait une fessée déculottée ça…
- Castle…
- Ben quoi ?
Ils restèrent un moment, sans rien se dire. Ils se contentaient de se regarder comme pour s'assurer qu'ils ne rêvaient pas. Ils ne voulaient pas fermer les yeux de peur de voir l'autre disparaitre…
- Tu sais… (elle n'osait pas le dire) J'ai fait un rêve étrange… Enfin je le qualifierais plus de cauchemar que de rêve…
- Toi aussi ?
- (surprise) Comment ça ?
- Bah, je me suis retrouvé dans un couloir blanc et une pièce blanche à parler avec moi-même et à me prendre pour George Clooney…
- Ah oui quand même…
Elle se mit à rigoler, rejoint rapidement par l'écrivain…
- Et toi, tu as rêvé de quoi ?
- J'étais dans un cimetière, je me recueillais sur… Ta tombe-
- Tu me fais fondre par tant de romantisme…
- Tu veux bien me laisser finir, oui ?
- Ok, désolé, je t'écoute.
- J'étais sur… Enfin tu sais quoi… Ta tombe. J'avais le glock dans la main, et ce qui est drôle, c'est que tu es venu me voir, comme pour m'empêcher de…
- « Les gens changent quand ils frôlent la mort… »
- De quoi, Castle ?
- Non rien, continue…
- En fait, j'avais l'impression que tu m'étais apparu pour m'empêcher de me servir de mon glock…
- T'allais flinguer ma pierre tombale ? Bravo…
- Non-
- Ça va, je te fais marcher…
Ce récit était familier à l'écrivain.
- Et avant que je me réveille… Tu vas trouver ça débile mais… Tu m'as dit « Nous sommes liés… »
- « Pour l'éternité… »
Ils venaient de prononcer ces mots en même temps. Qu'est-ce que ça signifiait ? Qu'est-ce qu'ils avaient vécu, entre le moment où son cœur avait arrêté de battre et le moment où Kate s'était évanouie…
L'inspectrice de New-York laissa rapidement son sourire disparaitre pour laisser la place à quelques larmes. Elle laissait enfin tomber sa carapace…
- Hey, Kate… Qu'est-ce qu'il y a ?
Il mit sa main sur la joue de sa coéquipière pour effacer ces quelques larmes. Il la regarda mais elle tentait de fuir son regard, il posa ses deux mains sur son visage en le dirigeant vers le sien. Quand leurs regards se croisèrent, elle eut un petit sourire en coin, sourire de soulagement…
- J'ai cru que t'étais… Ce rêve… C'était si réel, que…
Pour la rassurer, il posa son front sur le sien…
- Hey, ça va aller, je suis là maintenant… Tu n'as plus à t'en faire.
Il n'osait pas aller plus loin, et encore moins l'embrasser, cette femme n'était pas pour lui, il le savait et il le regrettait… Il se contentait juste de savourer le moment présent.
C'est alors qu'elle passa l'une de ses mains dans le cuir chevelu de l'écrivain, tout en se rapprochant de plus en plus de lui. Il bloqua sa respiration, étonné de la voir agir ainsi. Quand les lèvres de la jeune femme touchèrent les siennes, il lui rendit le baiser.
Ils se sourirent sans dire un mot...
Après quelques secondes à savourer cet instant, Castle pu s'asseoir sur le lit, Kate s'installa à ses côtés. Il passa son bras autour de l'inspectrice qui se réfugie contre lui. De l'autre main, l'écrivain maintenait son bandage en place en serrant les dents pour masquer la douleur. Kate positionna son bras gauche dans le dos de son ami.
Malgré les fils qui étaient reliés à lui, il était plutôt bien installé. En ayant pour rythme, le bruit de l'électrocardiogramme.
- Si j'avais su que je devais me faire tirer dessus pour avoir le droit à un calin digne de ce nom, je me serais moi-même flingué.
La réaction de Beckett ne se fit pas attendre...
- Aie ! Pourquoi tu m'as pincé !
- Tu n'as qu'à arrêter de dire des conneries…
- Très bien. Mais si ma blessure se met à saigner, ce sera de ta faute.
- (Elle sourit) Tais-toi, idiot.
- C'est sérieux… Je n'ai pas envie qu'une infirmière se pointe et m'engueule, à part si elle est jolie, là je ne dis pas non…
- Tu vas arrêter, oui ?
- (Un petit sourire coquin apparu) Bien madame.
Kate se blottit encore un peu plus près de l'écrivain. Elle posa son oreille sur son torse pour entendre son cœur battre, faisant corps à corps avec le « bip » de l'électrocardiogramme. Castle ne put s'empêcher d'afficher un petit sourire en pensant à ce qu'il venait de se passer. Il posa sa tête sur celle de Kate et il ferma les yeux.
Alors que Kate allait s'endormir, Castle eu la bonne idée de se libérer de l'emprise de l'électrocardiogramme.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je me débranche, j'ai envie de marcher…
Castle arriva à se mettre debout, toujours en serrant les dents et en maintenant son bandage en place.
- Bordel, pourquoi est-ce que je n'ai pas le droit à de la morphine, moi ?
- Peut-être parce que tu n'es pas censé te lever ?
- Ah parce que toi tu étais censée venir dans ma chambre, peut-être ?
- (Elle rougit) Ce n'est pas pareil…
- Non, bien sûr que non… Tu m'aides ou tu vas me regarder me vautrer de tout mon long sur ce magnifique sol blanc ?
Beckett aida l'écrivain à faire quelques pas dans la chambre en baladant par la même occasion sa perfusion. Puis ils allèrent dans le couloir où ils virent Esposito roupiller d'un côté du sofa et de l'autre, Alexis.
Castle s'approcha d'eux ce qui réveilla Javier, il lui tapota l'épaule.
- Hey, content de te voir debout, Bro.
Il le prit dans ses bras.
- Content de te voir aussi, mon pote.
- (Castle montrant le sofa) tu permets ?
- Ah oui, bien sûr.
Esposito laissa sa place à l'écrivain, qui put s'installer près de sa fille.
- Hey, ma puce…
Elle commença à se réveiller quand elle vit son père à côté d'elle, des larmes de joies l'envahissaient.
- Papa ! J'ai eu si peur !
- Shhhhht, je suis là maintenant.
Elle enlaça son père, sans vouloir le lâcher une seule seconde, sous le regard charmé et amoureuse de Beckett.
Quelques bonnes minutes plus tard, Castle retourna dans sa chambre, accompagné de sa fille, d'Esposito et de Beckett.
Alexis s'installa au pied du lit, Esposito sur le fauteuil. Castle n'osait pas faire un signe à Beckett pour qu'elle vienne s'asseoir à côté de lui. Il ne savait pas vraiment si le baiser de tout à l'heure était sérieux…
De toute façon, il n'avait pas besoin de faire un signe. Elle s'installa d'elle-même à côté pour venir se blottir contre lui.
Esposito et Alexis venaient de comprendre…
Kate et Rick étaient ensemble…
ENFIN !
Voilà, cette petite fin alternative est terminée xD
J'espère que ça vous a plu et que vous avez plus envie de m'étrangler lol ^^
Après vous pouvez choisir cette fin à l'Écrit du Diable ou garder celle qui se termine en Drame ^^'
