Non, je n'ai pas abandonné cette fanfic. Les chapitres sont écrits depuis belle lurette, mais je ne me décide simplement pas à les corriger. Je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont écrit des reviews. Je suis contente que mes fanfics vous aient plus. Ah! Et je n'ai pas les droits d'Inuyasha.
Les CINQ sens
L'Odorat
Selon Inuyasha, Naraku ne ratait jamais une occasion de leur empoisonner l'existence, à lui et à ses compagnons de voyages. Une fois de plus, Kagura était apparue de nul part, imprégnant l'air de la puanteur distincte de son maître. Elle avait apporté des démons et un compagnon avec elle, un nouveau serviteur pour Naraku, les empêchant ainsi de s'approprier un morceau de la pierre de Shikon. Mais, puisqu'il venait juste de se disputer une fois de plus avec Kagome, cette situation donnait à Inuyasha une excellente occasion de passer sa rage sur quelqu'un.
Les combats faisaient rage de toute part sur la plaine. Shippo utilisait ses illusions. Sango et Kirara détruisaient plusieurs démons à chacune de leurs attaques. Miroku tentait d'en aspirer le plus possible à l'aide de sa malédiction, sans attraper trop d'abeilles empoisonnées. Kagome lançait des flèches purificatrices autour d'elle et Inuyasha s'occupait du nouveau démon démon de Naraku. Ce dernier avait l'air d'un gros serpent fait d'os. Il était très rapide et difficile à blesser. Il dégageait une odeur de terre humide et ses yeux rouges brillaient malicieusement. Ses crocs renfermaient un poison odoriférant et malgré la rapidité et les nombreuses esquives d'Inuyasha, ce dernier se fit tout de même mordre l'épaule par le reptile squelettique.
« Inuyasha ! » cria Miroku, attirant ainsi l'attention de Sango, Shippo et Kagome.
Une douleur intense traversa soudainement le bras d'Inuyasha, puis tout son corps. Le poison, des plus nauséabonds, semblait paralyser son corps tout entier. Son esprit commença à s'embrouiller, comme s'il venait de respirer une des bombes puantes de Shippo.
« Inuyasha ! », cria Kagome.
« Pourtant, j'aurais juré qu'elle était juste derrière moi, il y a un instant, » se dit le demi-démon, lorsqu'il entendit la voix de Kagome au loin, très loin, trop loin. Il s'écroula soudainement sur l'herbe verte de la plaine. Deux traits de lumière et un immense boomerang passèrent rapidement devant ses yeux.
« Sans doute des flèches de Kagome. Et Hiraikotsu, l'arme de Sango... » pensa-t-il. Il entendit distinctement un cri d'agonie, celui du serpent d'os. L'odeur infecte de Naraku se dissipa graduellement. Puis tout devint noir, avant même qu'il n'ait pu se réjouir de cette nouvelle victoire.
Kagome, Miroku, Sango et Shippo étaient venus à bout des démons et Kaguya avait fuit, emportant avec elle l'éclat de la pierre de Shikon. Inuyasha avait perdu connaissance, empoisonné. Kagome s'élança rapidement vers lui, anxieuse, pour voir son état et sa blessure. Cette dernière n'était pas très profonde, mais un liquide jaunâtre à l'odeur fétide s'en écoulait. Inuyasha se réveilla, nauséeux, alors que Kagome et Sango tentaient de lui faire les premiers soins. Le poison avait atteint son cerveau et le demi-démon commença à délirer.
« Kikyô? Qu'est-ce que tu fais là? », demanda Inuyasha, le regard fiévreux.
« Tu es blessé et nous allons tout faire pour te soigner », répondit rapidement Kagome, froissée de se faire appeler Kikyô une fois de plus.
« Non! Tu es couverte de sang… Tu es morte et c'est de ma faute! Ils sont tous morts et c'est ma faute! Je sens leur sang frais, les relents de leur sueur et le sel de leurs larmes à cause de Naraku! Ne pleure pas, maman, je t'en pris, je ne voulais pas te faire de la peine, je n'ai jamais voulu être un demi-démon... Ça empeste... ça empeste le sang... leur sang... je n'ai rien pu faire, je suis désolé, pardonnez-moi, pardonne-moi... Kikyô... Kagome... C'est trop horrible, ce doit être un cauchemar... », délira Inuyasha.
Kagome regarda Sango avec inquiétude. Miroku se pencha et regarda la blessure, puis les yeux fiévreux de son ami. Il lança un regard vers Sango qui confirma d'un hochement de tête sa question silencieuse.
« Le poison le fait délirer. Il voit probablement la mort de Kikyô ainsi que la nôtre. Ce poison le rendra fou de façon permanente si on ne fait rien. Et ça finira par le tuer à petit feu dans d'atroces souffrances. Il existe un antidote, mais il me manque des ingrédients et nous trouverons la majorité d'entre eux auprès de Kaede », expliqua rapidement Sango.
« Alors allons-y. Ne perdons pas de temps. Kirara pourra nous transporter rapidement là-bas », dit Kagome.
Le voyage pour retourner au village fut de courte durée et l'air frais du soir commençait déjà à répandre ses arômes distincts. La troupe perçut la fumée des maisonnettes qui se mêlaient aux effluves des différents repas en cours. Déjà, Inuyasha avait commencé à trembler. Il semblait beaucoup souffrir, à sa façon de serrer les dents. Son corps entier dégageait une grande chaleur, comme s'il brûlait sur un bûcher de sa sueur émanait une odeur similaire au poison.
Son délire devint un cauchemar interminable. Naraku faisaient subir les pires tortures à ses amis et il ne pouvait rien faire. Il était prisonnier à nouveau de son arbre. La vue des corps et l'odeur de mort que dégageaient les cadavres le firent hurler de rage et d'impuissance. Il se sentit soudainement tomber, ce qui accentua son angoisse. C'était une douleur sans nom, qui le perçait jusque dans son âme. Il se voyait mourir dans un endroit plus sombre, plus froid et plus minuscule que le cœur de son ennemi juré, Naraku.
Mais, il n'était sûrement pas mort, car il sentait ses dents s'entrechoquer. Il flairait sa propre sueur et dans un moment de lucidité, il entrevit des visages inquiets penchés sur lui. Ces gens semblaient discuter d'un certain remède. Il ferma à nouveau les yeux et inhala profondément. Il sentit l'encens sur les vêtements de Kaede, l'haleine de renard de Shippo, la robe fraîchement lavée de Miroku et le sang des démons sur la peau de Sango.
« Où est Kagome ? » murmura alors Inuyasha.
Il ne percevait nullement le parfum distinctif de fleurs et de fruits du shampoing de la jeune fille. Il ne percevait pas cette fragrance particulière qu'elle seule avait. Cette fraicheur que dégageait sa peau, ce bouquet qui embaumait l'air lorsqu'elle était présente. Et malgré ses cris, elle ne répondait pas.
« Elle n'est pas là, elle est partie, » dit Inuyasha, abattu.
« Ne t'inquiète pas, elle sera bientôt de retour, » répondit Miroku, de sa voix lointaine.
« Menteur! Elle ne m'abandonnerait pas à moins qu'elle ne soit elle-même en danger ou que nous nous soyons encore querellé. » Inuyasha ouvrit les yeux et chercha Kagome du regard, malgré le brouillard devant ses yeux. Ils s'étaient effectivement querellé, lui semblait-il. Mais quand et à quel sujet, il ne s'en souvenait plus. Il tenta de se relever, mais son corps refusa de bouger.
« Non, ne bouge pas! » crièrent avec inquiétude Sango et Miroku.
Mais, il était trop tard. Ce simple mouvement avait légèrement accéléré son rythme cardiaque, permettant au poison fétide de prendre encore plus de place dans son organisme. La fièvre repris le dessus et il sombra dans des vagues d'inconscience entrecoupées de délires de plus en plus intenses. Et dans ses divagations, il ne cessa d'appeler Kagome.
« Elle est partie chez elle et elle ne reviendra jamais. Le puis est détruit, calciné. Je la vois. Elle souffre et pleure de l'autre côté, à son époque, où règne une odeur de gaz carbonique mêlé à celui des fleurs de cerisiers au printemps. Elle se vide de son sang, courbée au pied du grand arbre, dont les feuilles oranges se décomposent! Je dois aller la chercher! Je ne peux pas la laisser comme ça. Elle va mourir, » s'écria Inuyasha, fou de désespoir.
Et dans cet espace sans fond qu'est l'esprit, il entendit sa propre voix dire des vérités refoulées.
« Je la veux près de moi. Là, ici et maintenant, parce qu'elle me rassure. Elle m'accepte comme je suis, elle…elle… Je… j'ai besoin d'elle! Moi qui agissait comme une bête sauvage et trahie, ne voulant plus me laisser approcher, elle m'a apprivoisé. Sans elle, j'ai l'impression d'étouffer, de me noyer, de manquer d'air. Sa simple présence m'est indispensable, bien plus que Kikyô ne l'a jamais été. Cette dernière y serait sans doute parvenue, mais elle est morte par ma faute et depuis sa résurrection, elle ne souhaite plus que m'emmener avec elle en enfer. Ce lien qui nous unissait est brisé à tout jamais, mais je veux tout de même l'aider. »
Les visions d'horreur revinrent le hanter, telle l'odeur pestilentielle de Naraku dans sa vie de tous les jours. Ils moururent tous encore et encore devant ses yeux. Il était incapable de les sauver. Kikyô, sa mère, Miroku, Sango et Shippo, tous disparaissaient devant ses yeux. Kagome, plus que tous les autres, restait hors de sa portée, dégoulinante de sang puant, le regard vide et pourtant accusateur..
« KAGOME! » De tout son être, il appela la jeune fille.
Ses compagnons échangèrent un regard, où on pouvait lire la surprise et la compassion, en passant par une profonde inquiétude et une soudaine compréhension. Ils venaient d'entendre Inuyasha confier l'essence même du plus profond de ses secrets: ses sentiments réels pour Kagome et Kikyô.
Le poison continuait ses ravages. Malgré leur travail acharné pour le ralentir le temps que l'antidote soit prêt, ils se sentaient de plus en plus anxieux. Inuyasha hurlait le nom de Kagome, désespéré. Plus il s'emportait, plus son état empirait. On pouvait entendre sa voix résonner dans toute la vallée. Puis, il commença s'épuiser et ses appels devinrent de plus en plus faibles. Ses yeux brûlaient. Son cœur voulait exploser. Son corps semblait se refroidir. Il sentait ses forces le quitter peu à peu.
« Non, je ne dois pas mourir. Je dois lutter. Kagome, où es-tu? Kagome! Reste, je t'en pris, Kagome. Ne me quitte pas… » sanglota Inuyasha.
Au loin, on entendit un son métallique, celui d'un mécanisme de bicyclette. Le son s'amplifia de minutes en minutes. Inuyasha, avec le peu d'énergie qui lui restait, s'y accrocha et appela de plus belle la jeune fille.
« KAGOME! KAGOME! »
Soudainement, une odeur suave remplit la maisonnette, une odeur douce, féminine, salvatrice.
« Kagome? » dit une fois de plus Inuyasha, d'une voix faible et pleine d'espoir.
Cette fois, il eut enfin une réponse. Une voix, à bout de souffle et tremblante, résonna dans la pièce. Elle dit les quelques mots qu'il voulait tellement entendre.
« Inuyasha, je suis là. Tout va bien, maintenant, je suis là. »
Il huma son odeur, plus forte que jamais. Bien que tout était noir, même lorsqu'il ouvrait les yeux, il flairait sa présence. De chaudes mains touchèrent son visage. Il frissonna, comme si elles étaient glacées. Il cessa de hurler et de se débattre. Même si la fièvre ne le quittait pas, il se sentit soudainement beaucoup mieux, totalement rassuré.
Kagome, quant à elle, était très inquiète. Elle l'avait entendu hurler son prénom, ce qui l'avait motivé à pédaler avec plus de vigueur. Elle était retournée dans son monde, car il manquait un ingrédient rare et elle savait que son grand-père en possédait. Elle avait fait le plus vite possible et pourtant, elle craignait qu'elle ait pris trop de temps. Inuyasha avait le teint très pâle, voire cireux. Il était épuisé. Ses yeux, bien qu'ouvert, ne semblaient rien voir. Ils étaient rouges et encore humides. Sa respiration était courte et rapide.
Un mélange d'herbes et de racines embauma rapidement la pièce. Inuyasha, l'esprit vide et le corps rempli de douleurs, sentit un liquide brûlant couler dans sa bouche.
« Avale Inuyasha. Ça te fera du bien, tu verras, » lui dit une voix à la fois tendre et troublée.
Peinant, il utilisa ses dernières forces pour avaler le liquide chaud et parfumé.
L'ombre de Kagome disparu quelques seconde et tout de suite, Inuyasha commença à s'agiter. Il sentit sa tête être déposé sur quelque chose de confortable. Une main se posa sur sa poitrine, apaisante, délicate et forte à la fois, la main de Kagome. Il l'agrippa vivement, comme si c'était une bouée de sauvetage.
« Cette fois, je ne te laisserai pas repartir, » murmura Inuyasha, toujours fiévreux.
« Je n'ai pas l'intention d'aller où que ce soit sans toi, » répondit Kagome.
Elle avait placé la tête du demi-démon sur ses genoux, pour rester près de lui et le réconforter. Elle gratta l'arrière de ses oreilles blanches et le sentit se détendre graduellement. Sa respiration devenait plus constante, plus profonde. Il ressentait, à présent, une tendresse qui lui avait toujours manqué depuis la mort de sa mère. Il était rassuré de savoir que Kagome était là, près de lui, juste pour lui, juste à lui…. Et cette odeur si douce, si unique, si familière qu'elle avait…
La fièvre tomba graduellement. Un sommeil calme et réparateur le gagna enfin. Inuyasha ne vit jamais les caresses qui étudièrent son visage ni les regards amoureux poser sur lui. Il ne sentit pas les effleurements d'un nez qui respira le parfum de ses cheveux ni les lèvres qui profitèrent de son profond sommeil. Consciemment, il ne les vit pas, mais il les sentis jusque dans ses rêves. Il ne voulait pas se réveiller, de peur que ce doux songe, dans lequel son cœur et celui de Kagome s'emballaient, ne s'arrête.
«Et si, demain, je lui volais un baiser, comme elle l'a fait dans mon rêve? », se dit Inuyasha, au milieu de la nuit. « À bien y penser, ça l'a mettrait peut-être en colère. En attendant, je vais continuer de savourer ce rêve, en savourant sa douce odeur et en laissant résonner dans mon esprit la dernière phrase qu'elle m'a dite avant de s'endormir, » pensa Inuyasha, serrant un peu plus la main de Kagome.
