Pov Hermione

On savait pourquoi on se battait. Contre qui. Notre guerre était juste, Voldemort devait être détruit. Mais tous ces gens...tous ces morts. Des gens qui n'avaient rien demandé, qui ne savaient même pas pourquoi ils mouraient. Des moldus ignorants tout de la guerre, des enfants victimes de la malchance. Alors, face à ça, même en sachant qui nous combattons et pourquoi, ça n'a plus de sens. Quand on voit tant de vies détruites, nos proches mourir tués par la folie d'un seul homme, si c'est encore un homme. Alors ça n'a plus de sens. Peu de choses garde le même sens qu'avant la guerre.

Le repos du guerrier...pff c'est ridicule, les guerriers ne connaissent le repos que dans la mort. Ils ne peuvent dormir sans être sur leur garde, prêt à bondir au moindre bruit, et puis quel genre de rêve peut bien avoir un guerrier ? Après la bataille finale, je ne dormais plus. Pendant plus d'un an j'ai du prendre la potion de sommeil sans rêve, et pendant plusieurs mois j'avais des hallucinations. Je prenais tranquillement mon petit déjeuner et soudain je voyais Ron à côté de moi être frappé par un Impardonnable. Ou, en marchant dans la rue, devant moi les corps torturés de moldus apparaissaient. Alors je peux imaginer ce que ça doit être pour Harry. Mais il me fait peur, il vit dans un monde à part. Il ne se rend pas compte des conséquences, mais il fait du mal à ses enfants. Et quand je le vois faire où dire ces choses, il me fait peur.

Ne vous méprenez pas. J'aime Harry, c'est mon meilleur ami. Et peu importe son comportement, ses épisodes psychotiques et tout ce qu'il pourrait faire, ça ne changera pas. C'est quelque chose d'inconditionnelle. Il est comme mon frère. Non pour moi, Harry est mon frère et ce sera toujours ainsi. Aucun de nous n'avait de frères et sœurs, mes parents étaient toujours absents alors j'ai grandi avec les livres. Quant à Harry...eh bien, tout le monde connaît déjà l'histoire. Du coup ça s'est fait naturellement nous avons combler ce vide l'un pour l'autre.

En combattant à ses côtés, on a choisit de mourir pour lui. Comment peut on accepter que le héros au quel on a confié sa vie soit fou ? Alors on ne l'accepte pas, on le cache au reste du monde pour protéger sa réputation

Je ne peux pas le confronter de force à la réalité. Elle est trop dur pour lui. Je ne suis pas capable de briser le monde idyllique dans lequel il se réfugie. Alors je vais continuer à aider ses enfants. Il ne fallait pas que je m'arrête à Lily, James et Albus avait également besoin d'aide.

Et puis je ne pouvais pas le nier, la part sombre de la famille Potter me fascinais. Je voulais comprendre. Et ma séance avec Lily Luna n'avait fait qu'attiser ma curiosité. Hermione Granger voulait découvrir ce que la petite rousse cachait. Ce qui lui faisait peur.


Peut-être que ses frères seraient plus bavards. Ils lui apprendraient peut-être à quel point Harry était abimé. Théoriquement, des enfants seraient plus enclins à parler, non ?

Mais il n'en était rien. Aucun ne parlait. Ou alors ils se contentaient de lui raconter les choses les plus insignifiantes possible. Ils devaient avoir fait une sorte de pacte, de loi du silence.

Elle arrivait quand même à apprendre des choses. Oh bien sur ce n'était pas très probant pour le moment, mais elle voyait bien derrière l'arrogance et la nonchalance affiché par James que c'était un gamin intelligent, sur la défensive et qui paraissait rempli d'amertume de haine et d'agressivité. Elle venait d'apprendre dans Sorcière Hebdo qu'il avait "agressé" un des enseignants de son école privé d'éveil à la magie. Cette fois il avait craqué.

Hermione lança violemment le magazine people à son patient.

- C'est quoi ça James ?

- Un immonde torchon pour bonnes femmes ? Rhoo me dites pas que vous lisez ça, sérieux...

- Justement James, ce serait bien que tu deviennes un peu sérieux sinon tout ça ne sert à rien. Et oui je lis ce genre de magazine quand ça peut m'apprendre quoi que ce soit sur des patients qui refuse de me parler !

- Mais je vous parle toutes les semaines , je m'ouvre à vous dit-il avec un sourire en coin

- Oui, tu t'ouvre tellement que la dernière fois tu m'as parlé pendant une heure de ton aversion pour cette série moldu...

- J'y peut rien si au fond de moi je suis affreusement superficiel, me coupa-t il ironiquement.

Il avait beau être âgée d'à peine onze ans, il la défiait avec une prestance qui la mettait souvent mal à l'aise. Mais pas cette fois, il fallait qu'elle brise cette barrière défensive qu'il créait entre eux. Elle était là pour l'aidait, bordel ! Pourquoi fallait-il toujours qu'il la traite comme un ennemi ?

- James arrête ce numéro, tu es très loin d'être superficiel. Je pense même que tu es plus intelligent que la plupart des enfants de ton age. Seulement c'est une manière de te protéger de me parler seulement de futilités, tu essaye de mettre de la distance entre nous. Mais tu n'as pas à te défendre de moi, je veux t'aider.

- C'est marrant je croyais que je vous parlais de Prison Break parce que ma répulsion pour un phénomène de mode pouvait être le signe d'un comportement anti-social, vous savez un trouble de la personnalité souvent caractérisé par une tendance générale à l'indifférence vis-à-vis des normes sociales et aux codes culturels ainsi qu'aux émotions, aux droits des autres, et par un comportement impulsif. C'est très grave, je suis très sérieux.

- C'est très bien, tu m'as montré que tu as lu deux ou trois trucs sur la psychologie. Je le sais déjà James. Je ne cherche pas à te berner alors c'est inutile. Et puis on sait très bien tout les deux que ton soi-disant comportement anti-social n'est qu'un de tes différents mécanisme de défense. Alors on arrête là. Arrête d'essayer de te protéger à tout prix de moi. Fais moi confiance.

Il détourna les yeux. Les dernières barrières étaient franchies.

- Pourquoi tu as frappé ce professeur ?

- Il l'a cherché, maugréa-t-il évitant toujours de la regarder.

- Je sais, tu n'aurais pas fait ça sans raison. Qu'est-ce qu'il a fait ? Qu'est ce qu'il a dit ? Regarde moi James.

- Depuis des mois je suis le meilleur de ma classe mais cet abruti me traite comme de la merde, commença-t-il en la regardant enfin droit dans les yeux, la transperçant du regard. L'autre jour il nous a rendu un test auquel j'ai eu 20/20. Il a félicité celui qui est arrivé deuxième alors que moi il m'a limite jeté le truc à la gueule avant de dire devant toute la classe que c'était normal puisque je suis le fils de Mr Harry Potter.

- Il n'aurait jamais dû agir comme ça. Cette attitude est totalement intolérable de la part d'un enseignant, tu ne devrais pas avoir à la supporter James. Malgré tout ça n'est pas une raison, tu ne dois pas frapper qui que ce soit. Il faut en parler. Pas forcément à moi, tu peux en parler à un autre adulte si tu préfère mais tu ne dois pas régler ça tout seul et surtout pas par la violence.

- Je sais, ok ? Je sais que c'est mal, pas bien, machin et tout. Je suis pas débile ni un psychopathe, j'ai juste craqué. Ça fait des mois qu'il me provoque. C'est lui qui ai taré, qui a un complexe ou je sais pas quoi.

- Calme toi James, je comprend que ce soit dur pour toi qu'il passe son temps à te dénigrer et...

- Non vous ne comprenez rien. C'est pas juste qu'il me dénigre. Avant que je me mette à travailler sérieusement il arrêtait pas de me chercher en me disant que je devais pas me croire dispenser d'apprendre parce que je suis le fils de Harry Potter. Tout le monde me considérait seulement comme "le fils du Survivant", et maintenant que je fait tout pour me démarquer et sortir de son ombre c'est normal que je sois doué puisque je suis son fils.

Il éclata d'un rire sardonique. Hermione frémit en l'entendant.

- James, j'imagine bien la frustration que tu peux ressentir face à ça, mais il ne faut pas te laisser abattre par l'opinion des autres. Ce qui compte c'est toi. Avec le temps les gens arriveront à le comprendre, à te connaître et t'aimer pour ce que tu es. Mais en attendant il faut que tu te contrôle, tu rencontreras beaucoup de gens étroit d'esprit dans ta vie.

- Non. J'ai compris que tous les gens auront toujours des préjugés sur moi et mon père, bon ou mauvais. Je n'en veux pas. Tous ils me jugeront par rapport à lui. Toujours. Et je ne crois plus avoir envie de faire le moindre effort pour changer ça. C'est inutile.

Après ça il s'est tu le reste de la séance. La suivante il s'est remis à déblatérer joyeusement sur des futilités.

***

Mais ce n'était pas la seule victoire d'Hermione sur le silence des enfants Potter. Elle avait réussi à faire s'ouvrir Lily, au bout de trois ans de suivis très irrégulier. Lors d'une de leur séance peu avant son neuvième anniversaire, la fillette avait explosé, laissant entrevoir une rage qui effraya la jeune psychomage.

- Comment tu te sens aujourd'hui Lily ? demanda gaiment la jeune femme.

Face au regard éloquent de la petite rousse son sourire s'évanouit.

- Ok tu ne veux toujours pas me parler. C'est pas grave tu sais, je suis une acharnée et là tu ne fais que m'intriguer encore plus. Plus c'est difficile plus je suis motivée et sache que je ne lâche jamais l'affaire.

Toujours aucune réaction sur le visage de Lily. La psychomage soupira.

- Écoute Lily, je fais ça pour t'aider. Je sais que ce que tu vis est très difficile, tous ces cauchemars qui durent en sont la preuves. Tu peux me parler, je suis de ton côté, je veux comprendre dit-elle naïvement, et...

- Vraiment ? répondit Lily la voix tremblante et les yeux brillants. Vous croyez vraiment que vous pouvez comprendre quoi que ce soit ?

- Oui Lily, je... c'est mon métier, bredouilla-t-elle impressionné par l'aura de fureur qui se dégageait de l'enfant.

-Est-ce que vous avez déjà ressenti ça ? continua la fillette dans un murmure. Que tout au fond de vous, il y avait quelque chose de mauvais ? D'irrémediablement mauvais, quelque chose qui vous ronge, comme si vous étiez pourri de l'intérieur. Je sais que j'ai ça dans mes entrailles. Je suis pourrie. Je ne dis pas que je suis mauvaise, mais je sais, je sens qu'une part de moi l'est.

Elle s'arrêta et contempla ses mains avec une étrange fascination avant de reprendre.

- Si seulement je pouvais détruire chaque partie de mon corps, les faire toutes souffrir. Un jour on sera heureux. loin de tous ces gens qui cherchent à nous manipuler, nous faire souffrir, nous formater.

- Qui nous ?

- James et moi. Tout le monde essaye de nous transformer. Même vous, vous essayer d'entrer dans ma tête, me comprendre pour mieux me former à vôtre image.

- C'est faux Lily, j'essaye de t'aider et pour ça j'ai besoin de te comprendre oui. Par exemple, pourquoi tu l'aime tant ?

- James ? demanda-t-elle avec un sourire

- Oui, ton frère.

- Comment pourrais-je ne pas l'aimer ? Il a toujours été là pour moi. On a toujours été que tout les deux. Notre père est taré, Albus nous hait à cause de lui, Ginny nous évite pour ne pas se sentir coupable et le reste du monde ne nous voit que comme le fils et la fille de Harry Potter le génialissime héro. Le Survivant pff. Sans James je n'ose même pas imaginé ce que je serais devenue. Mais il a toujours été à mes côté.

- Euh, tu es consciente que ton père vous considère bizarrement tous les deux ? Qu'il peut lui arriver de vous pousser dans certaine direction et, enfin Lily ne le laisse pas t'influencer. Je sais que tu es une fille intelligente seulement un père peut avoir beaucoup d'influence même sans que tu t'en rende compte. Mh ne le laisse pas instaurer une relation malsaine entre toi et James.

Lily ricana face à l"embarras de la brune.C'était la première fois qu'elle la voyais s'esclaffer. En même temps c'était la première fois qu'elle osait parler de James.

- Je sais très bien ce que vous pensez. Mon père divague, j'en suis consciente. James est la personne la plus importante pour moi et je ne veux pas que ça change, mais ce n'est pas pour céder à la folie de votre cher Survivant. Non au contraire, on se protège mutuellement de ça et de tout. On veille l'un sur l'autre. Mais vous, vous devez avoir un esprit aussi tordu que lui pour penser ça. Non, sérieusement c'est vraiment dégueulasse, j'ai huit ans vous vous souvenez ?

******

Après cet épisode la fillette avait, tout comme son frère, fait comme si rien n'était arrivé et avait repris son comportement obstinément silencieux de Sphinge.


J'espère que ça vous a plu, une petite review ? C'est pas trop bizarrement structuré ? qu'est-ce que vous pensez de l'histoire ? Dites moi par pitié ! ^^

Dans le prochain chapitre vous aurez les séances d'Albus et un passage au POV Lily.