La jeune femme tenta tant bien que mal de se rassurer en se disant que c'était juste l'histoire d'un quart d'heure et qu'ensuite, elle serait tranquille. Il la battrait, et ensuite elle irait préparer le dîner, comme s'il ne s'était rien passé.

Ca se passait toujours de la même façon. Elle faisait des efforts. Il n'était jamais content. Il la frappait. Elle se remettait à ses tâches ménagères. Elle le servait le soir. Puis, quand la nuit était tombée et qu'elle était sûre qu'il dormait, elle pleurait jusqu'à épuisement.

Elle avança vers lui, tétanisée de frayeur, et il la toisa d'un air menaçant. Un mètre à peine les séparait et Isabella pouvait découvrir aisément qu'il ne la laisserait pas repartir s'occuper de sa fille.

"Isabella, où est le dîner ?" demanda-t-il d'une voix faussement calme.
"Je... Ecoute Jacob..." bredouilla la jeune femme prise de panique "Je sais que je devais préparer le repas, mais Lilou était malade et... J'ai dû m'occuper d'elle..."

Il la regarda, et un rictus se dessina sur ses lèvres qu'elle trouvait autrefois si douces.

"Et alors ?" continua-t-il avec ce même sourire diabolique sur les lèvres.
"Alors, j'ai pas eu le temps" argumenta la jeune fille d'une voix mal assurée.

Soudain, il devint rouge et la plaqua contre le mur, la tirant par les cheveux. La jeune femme se mordit la langue pour éviter de répliquer, elle savait qu'il ne fallait pas avec lui. Pourtant, c'était plus fort qu'elle.

"Tu me fais mal Jacob" dit-elle tandis qu'il l'étouffait de son bras musclé.

Une larme roula sur sa joue tant la douleur était insupportable. Il ne défit pourtant pas sa prise, et toisa de nouveau sa femme d'un regard haineux. Il l'avait pourtant bien prévenue qu'elle devait se plier à tous ses désirs, non ? Elle le méritait donc.

Il la claqua donc de nouveau contre le mur, ce qui arracha un cri de douleur à la jeune femme. On aurait dit que son mari prenait du plaisir à la voir torturée, à la torturer devant ses yeux de pervers.

Il enroula ses cheveux autour de son poignet et tira de toutes ses forces, si bien qu'elle commençait à pleurer sans s'en rendre compte. Un sourire plus grand se dessina sur les lèvres de Jacob, et il l'envoya valser à l'autre bout de la pièce.

Isabella se retrouva projetée contre la mur, tête la première. Elle se cogna violemment le nez contre celui-ci, et hurla de douleur. Elle priait le ciel pour qu'il s'arrête, sachant pourtant qu'il n'en était qu'au commencement.

Il s'approcha d'elle à pas de loup et avec tout l'élan qu'il put, il lui envoya un grand coup de pied dans les côtes, puis un second, encore et encore jusqu'à ce qu'elle le supplie d'arrêter. Parce que c'est ce que ce cinglé voulait. Qu'elle le supplie de l'excuser d'être indigne de lui.

Il prit un paquet de cigarettes dans sa poche, que sa femme ne connaissait que trop bien. Elle se mit à hurler de désespoir, et il lui lança un regard incendiaire. Elle n'arriva pourtant pas à s'empêcher de s'époumoner, refusant qu'il le fasse une nouvelle fois.

Mais Jacob ne l'entendait pas de cette oreille, et il la gifla avec force avant d'allumer la cigarette qu'il venait de sortir. Il en tira une bouffée et un nouveau sourire naquit sur ses lèvres horriblement sadiques.

Il s'empara de la cigarette et déchira le tee shirt de sa femme avec rage. Il posa délicatement la fraise de la cigarette contre le téton de la jeune femme qui hurla de douleur. Dieu qu'elle détestait cet homme et cette torture.

C'était l'une des pires qu'il lui infligeait. Elle préférait encore mille fois mieux les coups, les bénissant presque lorsqu'elle pensait à la douleur que lui procurait les cigarettes. Il l'enleva, laissant une marque bien visible sur le sein d'Isabella.

"Tu aimes ça hein Isabella, avoue-le" chuchota-t-il tout contre son oreille.

La jeune femme hocha la tête en signe de négation et il réitéra son geste sur l'autre téton. Elle hurla de nouveau, ne pouvant parler convenablement. Il lui était impossible de réfléchir durant ces moments d'intense souffrance.

Il s'approcha d'elle et lui balança un violet coup de poing dans la mâchoire, énervé. Il était incontrôlable ce soir. Il avait passé la soirée avec les copains, et ils l'avaient encore fait chier. Ils n'arrêtaient pas de le charrier sur où pouvait se trouver Isabella.

Il voyait rouge à chaque fois que l'on mentionnait sa femme. Elle était à lui et à personne d'autre, et personne ne devait la toucher, la regarder, ni parler d'elle. Déjà qu'il la surveillait constamment à la faculté, si en plus ses potes s'y mettaient, c'était le pompon.

Il avait surtout voulu cogner ce connard de Tony, qui en plus lui devait beaucoup d'argent. Mais après tout, il ne voulait pas avoir d'emmerdes avec eux, il avait besoin de compagnie pour passer ses soirées au bar.

Il avait sa femme comme défouloir, ça lui suffisait amplement. En plus, cette salope aimait ça. Alors pourquoi ne pas en profiter ? Il sourit de plus belle, cognant violemment la tête de sa femme contre le mur. Elle pissait le sang, et il décida d'arrêter là, parce qu'il en avait marre.

"Qu'est-ce qu'on mange ce soir ?" demanda-t-il calmement, comme si tout ce qui venait de se passer n'avait jamais eu lieu.

Isabella fut incapable de parler. Il haussa les épaules et alla s'avachir dans le canapé après être allé chercher sa bière. Tant bien que mal, la jeune femme tenta de se traîner jusqu'à la cuisine pour préparer le repas.

C'était de ça que se composaient les soirées d'Isabella Black depuis plusieurs années déjà.