Origine : Gundam Wings

Disclaimer : Les personnages principaux ne sont pas à moi, mais à leurs auteurs respectifs. Quand on voit la vie que je leur fait mener, c'est pas plus mal...

Genre : Angst, UA, et un poil de shonen ai pour le moment

Couples : 2+1, 13x6 en arrière-plan

Remarque : Ch'uis en vacances ! Mais bizarrement, j'ai encore moins de temps pour écrire ma fic que quand je bosse...

Remarque 2 : Les sauts de ligne, c'est pour indiquer un bond dans le temps, plus ou moins long suivant les cas.

Update : Chapitre corrigé ! Rien de transcendant, juste quelques fautes d'orthographes qui trainaient et un souci de mise en page...


Chapitre 3 : Tentative d'approche

Cette fois-ci, j'ai commandé du canard laqué. Heureusement que j'aime manger chinois, je peux allier l'utile à l'agréable.

J'ai passé toute la soirée d'hier et toute la matinée à écouter les enregistrements et à écrire mon rapport. Comme d'habitude, pour ce dernier, j'ai écrit directement sur la puce pour éviter de laisser des traces sur le disque dur de mon ordinateur. Pour les enregistrements, je n'ai laissé que le dernier, celui de la réunion. La première nuit m'a appris que Treize n'est pas du genre à faire des confidences sur l'oreiller et la deuxième, que Zechs ronfle quand il a trop bu.

Wufei vient me présenter l'addition et je lui donne ma carte. Il a été étonné de me voir revenir si vite. Habituellement, je ne passe au restaurant que tous les dix jours environ. Il l'est encore plus quand le terminal bipe. La quantité de données à envoyer est trop importante, je suppose que c'est à cause du fichier audio.

Je laisse alors la carte à Wufei, il fera les transferts au bureau. Je viendrais la reprendre demain, en disant un truc du genre, "excusez-moi, je crois que j'ai oublié ma carte lorsque je suis venu manger ici hier...". Je vais encore passer pour un imbécile, mais ce n'est pas très grave.

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J'ai rendez-vous assez tôt ce soir devant l'Epyon. Zechs tient à voir tous les combats cette fois. Quant à moi, je suis tiraillé entre deux envies : voir Heero et qu'il ne se batte pas ce soir. Or, il y a peu de chance que les deux soient compatibles.

Nous sommes accueillis par la même hôtesse que la semaine dernière qui nous confie au même groom. Une fois dans l'ascenseur, il tape cette fois le code 2130. Flûte, si le code change tous les jours, ça risque de poser quelques problèmes à mes collègues s'ils veulent perquisitionner ici. Je vais essayer de revenir jeudi pour vérifier ça.

Il y a moins de monde cette fois-ci dans la salle et surtout presque aucune femme, peut-être parce que Treize n'est pas là. J'en fait la remarque à Zechs. Il rigole doucement en secouant la tête, j'ai l'impression d'avoir dit une bêtise.

- C'est surtout parce que le maire organise ce soir un bal de bienfaisance au profit de l'orphelinat. Ne sont ici que ceux qui peuvent se passer d'y faire bonne figure. C'est pour ça aussi qu'il n'y aura que 5 combats au lieu de 7, car le public est réduit ce soir.

Je me souviens maintenant qu'il avait été question de ce bal durant le week-end, lors du repas de samedi. Jessica avait semblé très excitée, tout comme la comtesse et elles avaient bien passées une demi-heure à parler de leur robe respectives. Au moins, je suis sûr de ne pas revoir la rousse ce soir.

Nous nous approchons de l'arène et Zechs s'absorbe dans la contemplation des combattants. Il parie à chaque combat. Au troisième, il me demande mon avis sur le vainqueur. Les adversaires sont deux types musclés, un en vêtements de cuir, crête de punk, tatouages agressifs, et l'autre en simple pantalon de toile. C'est ce dernier qui a gagné le combat précédent.

Je les observe s'intimider avant le combat, de la même façon que j'analyserais un adversaire pour moi. Ils semblent aussi musclés l'un que l'autre, et ce n'est pas de la gonflette. Néanmoins, je pense que le punk a plus de chances, il me paraît plus habitué aux combats et plus calme, je suppose qu'il pratique un art martial type karaté ou kung-fu. Je donne mon pronostique à Zechs, en lui précisant que le combat sera certainement très long.

Il n'a pas l'air convaincu, mais parie quand même sur le punk.

Dix minutes plus tard, il se rend compte que j'avais raison. Le punk a gagné, son adversaire est au tapis avec un genou brisé, quelques côtes cassées et certainement un poumon percé si j'en juge au sang qui lui coule des narines. C'est le premier vaincu de la soirée qui s'en sort en vie. Zechs me félicite et me demande comment j'ai fait.

- C'est simple, j'analyse les mouvements de l'adversaire comme si je devais l'affronter. Après, je n'ai plus qu'à les comparer. Mais dites-moi, je croyais que c'était des combats à mort, or le vaincu est toujours en vie.

- En fait, le but c'est l'immobilisation totale de l'adversaire. Ça se termine souvent par la mort, mais ce n'est pas obligé. Il n'y a que le dernier combat qui doit se terminer par la mort du vaincu.

Après évacuation du perdant, sur une civière cette fois, un autre homme entre dans l'arène. Il est plus musclé, mais je vois bien que ce n'est que de l'esbroufe. Il se déplace comme un boxeur, mais face au punk, il n'a pas la moindre chance.

Là encore, Zechs me demande mon avis et des explications. Je penche de nouveau pour le punk, son adversaire ne fera pas de vieux os. Je montre à mon boss les échauffements que le challenger pratique pour ses doigts et ses bras et qu'il oublie de faire pour le reste du corps. C'est une erreur courante de la part des boxeurs amateurs.

Zechs est plus facilement convaincu cette fois et parie un bon paquet sur le punk. De nouveau, j'avais raison. Le boxeur est à terre, encore en vie, mais plus pour longtemps. Le dernier coup du punk lui a fracassé le crâne, il est condamné.

Le dernier combat se prépare. Je suppose qu'il opposera Heero au punk. Heero ne devrait pas avoir de mal à le vaincre, il est moins fort que le catcheur de la semaine dernière.

Tiens, c'est un autre homme qui entre dans l'arène, un homme entre deux âges, tout sec, qui se déplace en regardant autour de lui comme s'il risquait de se faire attaquer à tout moment. Zechs me dit :

- Je suppose que le punk va encore gagner cette fois-ci.

- Non, il va perdre.

Zechs me regarde, étonné :

- Et comment le sais-tu ? Il est plus jeune que son adversaire, plus musclé.

- Il a surtout moins d'expérience. Ce vieux a réchappé à pas mal de combats, ça se voit dans son maintien. C'est un adversaire redoutable, il ne paye pas de mine, mais il ne fera pas de quartier.

Zechs semble dubitatif. Néanmoins, il me fait confiance et parie sur le vieux. Il est le seul de la salle à le faire. Si j'ai raison, il gagnera énormément d'argent.

Le combat commence. Le punk tente de toucher son adversaire, mais le vieux arrête ses coups avec une facilité déconcertante. Il est bien touché de temps à autres, mais toujours à des endroits peu fragiles, comme les jambes ou les flancs. En retour, il frappe toujours le punk au même endroit, sur les jambes.

Au bout d'une minute, le punk arrête de se protéger le haut du corps pour se concentrer sur le bas. C'est ce qu'attendait le vieux. Aussitôt, il frappe la clavicule gauche de son adversaire. Le coup a été porté avec une telle violence que l'on a nettement vu l'os se briser. Le punk commence à paniquer. Il tente de frapper à la tête avec son bras droit, mais le vieux bloque le coup sans difficultés et frappe du tranchant de la main sur le nez de son adversaire. Le punk s'écroule, mort.

Zechs est aux anges. Il m'offre un verre pour fêter ça. Nous nous installons au bar, et Zechs commande nos boissons. Il engage la conversation.

- Tu as eu l'air déçu au début du dernier combat. Tu attendais quelqu'un d'autre peut-être ?

Mince, je ne pensais pas que ma déception de ne pas voir Heero était si visible. Je réponds avec l'air le plus détaché possible :

- Je pensais voir le chien, comme jeudi dernier. Il ne vient pas à toutes les soirées ?

- Et pourquoi t'intéresse-t-il ?

- Il me fascine. Je n'ai jamais vu quelqu'un se battre ainsi, sans émotions apparentes.

- Pour répondre à ta première question, il ne vient que le jeudi. Il est trop bon, s'il venait tout le temps, il ferait fuir les autres combattants. Et sa façon de combattre est le résultat de son dressage.

- Son dressage ? Comment cela ?

- Le docteur J a récupéré ce Heero quand il avait 6 ans, il me semble. Il l'a dressé comme on dresse un chien de combat, d'où son surnom (1). D'après ce que j'ai compris, il a commencé par le dépouiller de son humanité pour lui apprendre à obéir aveuglément, jusqu'à son adolescence. En même temps, il lui a appris à se battre. Depuis, il lui sert à récupérer ce que les autres lui doivent.

- Docteur J ? Et il fait quoi dans la vie ?

- Il a été psychologue fût un temps. Maintenant, il est préteur sur gages. Ses taux d'intérêts sont élevés, mais il est honnête. Il ne prends jamais plus que ce qu'on lui doit. Il a aussi la particularité de faire du prêt sur la chair.

- Qu'est-ce que c'est ?

- C'est du proxénétisme, si tu préfères. Il prête de l'argent à des personnes qui vendent leurs corps ensuite pour le rembourser. Il a une maison close à deux pas du casino pour ça. Ça s'appelle le Wing.

Je connaît de réputation. C'est une boîte de strip-tease, une belle vitrine pour la "marchandise". Je n'en reviens pas que ça puisse exister et surtout que personne n'ait encore porté plainte. À ce moment de mes réflexions, le souvenir du type sur la croupe du cheval de Zechs me revient en mémoire. Je suppose que ceux qui ont eu le malheur de s'insurger ont subit un sort semblable.

- Et comment il en est venu à faire ces combats ?

- M. Kushrenada a assisté à la punition d'un mauvais payeur. Il a été épaté par le chien, et a proposé au maître de le faire combattre dans l'arène. Au départ, il gagnait 25 % de ce que ça rapportait à M. Kushrenada. Mais comme le chien finissait les combats trop vite, les clients n'étaient pas contents. L'accord a été revu à la hausse, en échange d'un peu plus de spectacle.

Je dois vraiment avoir des difficultés à cacher mes émotions, parce qu'il ajoute :

- Si tu veux le regarder combattre de nouveau, je peux te charger d'un message pour M. Kushrenada jeudi. Je ne pourrais pas venir moi-même, mais je n'aurai pas besoin de toi. Qu'en dis-tu ?

Le choix est difficile. Ma mission doit passer avant tout, je dois donc essayer de suivre Zechs partout où il va. Mais d'un autre côté, revenir jeudi me permettra de savoir si le code de l'ascenseur est journalier ou hebdomadaire et je pourrais voir Heero.

Je n'ai pas le temps de peser le pour et le contre que je m'entends déjà répondre par l'affirmative. Ceci dit, la conversation s'oriente sur le programme des jours à venir. Surveillance d'un gros deal de drogue demain après-midi et signature d'un contrat de vente d'armes jeudi.

Le boss me donnera la lettre pour Treize juste après cela et il me laissera mon vendredi. En effet, il y a une soirée samedi où le gratin de la société a été invité. Je devrais donc y suivre Zechs, il ne pourra pas y échapper cette fois, contrairement à ce soir.

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Cette fois-ci, c'est une autre hôtesse qui m'accueille au carré VIP de l'Epyon. Je lui montre l'invitation que Zechs m'a donné plus tôt et elle me demande où je souhaite aller. Quand je réponds le Tallgeese, elle aussi se raidit légèrement avant d'appeler le groom roux. Une fois dans l'ascenseur, je regarde discrètement le code. 2130. Bien, ça veut dire qu'il n'est changé qu'une fois par semaine.

Une fois dans la salle, je regarde alentour pour apercevoir Treize. Il est à la même table que la semaine dernière. Je m'approche de lui et lui tend la lettre de son second. Il la prend en me faisant un signe de tête pour me remercier. Je lui répète ensuite les consignes de Zechs, à savoir qu'il doit la lire maintenant et qu'elle ne nécessite pas de réponse écrite.

Treize lève un sourcil amusé, décachette l'enveloppe et lit la lettre. Un sourire en coin apparaît sur ses lèvres et il se lève en rangeant la missive dans la poche intérieure de sa veste. Il me salue et s'en va vers l'ascenseur.

Bien, j'avais espéré cette réaction. Comment je pouvais prévoir ? Simple, j'ai lu la lettre. Décacheter et recacheter une enveloppe est l'enfance de l'art pour un espion. C'est une invitation de Zechs pour un rendez-vous galant. La prose en est assez crue pour ne pas porter à confusion. Zechs attend Treize dans une des chambres du casino pour une soirée, torride certes, mais qui se finira suffisamment tôt pour qu'ils puissent voir le combat du chien.

Ça m'arrange, maintenant j'ai le champ libre pour ce que je projète de faire. Je vérifie que le docteur J est au milieu des autres parieurs, puis prends le chemin de la cage de Heero. J'ai décidé de libérer cet homme. La première étape, c'est de l'apprivoiser. Ensuite, lorsqu'il me fera confiance, je pourrai le faire sortir de sa condition de chien pour le rendre au genre humain. Enfin, je pourrai le conserver comme ami, ou plus si possible.

Donc, ce soir, j'entame la première étape. Je me faufile dans le couloir des cages. Comme la semaine dernière, elles sont toutes vides, sauf la numéro 01. L'éclairage est toujours aussi chiche, et vu que je suis habillé en noir, je passerai inaperçu depuis le couloir principal.

Je m'approche de la grille. Heero est assis en tailleur sur le lit et regarde le sol. Il ne m'a peut-être pas entendu.

- Salut. Tu te souviens de moi ? Je suis venu la semaine dernière.

Il n'a pas tressaillit ni bougé au son de ma voix et fixe toujours le sol. Il m'a donc délibérément ignoré. Qu'à cela ne tienne, je m'obstine.

- Je m'appelle Duo. Je te l'avais déjà dit avant que ton patron n'arrive. Là, il est en train de regarder les autres combats, on va avoir le champ libre pour bavarder un peu.

- …

- D'après J, tu peux pas parler. Je suis sûr du contraire. Mais si tu ne veux pas me répondre, c'est pas grave. Je suis suffisamment bavard pour deux (2).

Je m'installe sur le sol, adossé au mur du bout du couloir, le plus près possible de la cage. Heero n'a pas bougé mais il a rapidement regardé dans ma direction lorsque je me suis déplacé. Je prends ça pour une marque d'attention. Oui, je suis un optimiste incurable.

- Tu sais, il y a encore quelques années, je n'aurai jamais pensé que ce type de combat puisse exister. Je sais que tu as vécu dans ce rôle de chien depuis que t'es tout petit, mais tu es une exception. Moi, j'ai grandi aux États-Unis, à Seiling, une petite ville pas loin de la Canadian River, dans l'Oklahoma. C'est très différent du sud de la France. Il y a d'immenses plaines traversées par de nombreux ruisseaux et une belle forêt pas très loin de la ville. Mes grands-parents sont des fermiers, ils ont un grand ranch où ils élèvent des chevaux. Tu sais, des mustangs, comme dans les westerns…

J'ai continué ainsi pendant une petite heure. Je lui ai parlé de mon enfance et aussi de mon grand frère, Solo. Lui aussi a fait Harvard, mais à la sortie, il a ouvert un garage de rénovation de voitures de collection avec ma meilleure amie Hilde. Quand on était petits, c'était toujours lui qui réparait nos jouets, enfin, surtout les miens, vu que j'étais un vrai brise-tout. Ils se sont mariés l'an dernier.

Je lui ai parlé de mes parents, David et Helen. Mon père est pasteur. J'en ai profité pour lui expliquer ce qu'était la religion protestante, et ce que j'en pensais. Je lui ai demandé ce qu'il pensait de la religion et s'il en avait une. Il ne m'a pas répondu, mais je ne m'en suis pas formalisé. Ce n'était pas la première question que je lui posais. À chaque fois, je lui laissais quelques secondes avant de reprendre la conversation.

Ensuite, je lui ai raconté quelques anecdotes datant de mes études. La fierté de mes parents lors de mon entrée à l'université la plus prisée du monde, avec 3 ans d'avance.

Mon incrédulité lorsque mon père a rigolé après que je lui ai dit préférer les garçons. J'avais tourné autour du pot pendant plus de vingt minutes pour arriver à le lui dire sans le brusquer, et là il me sort qu'il l'avait remarqué depuis le primaire.

La fête étudiante où j'ai rencontré Hilde pour la première fois. Le coup de foudre qu'elle a eu pour mon frère lorsqu'elle a vu sa photo dans ma chambre et comment elle l'a séduit sans que je le sache. À l'époque, elle pensait que je lui en voudrais de me préférer mon frère.

J'allai lui raconter la vie avec mon colocataire lorsque j'entends Treize annoncer la pause avant le dernier combat. Je me relève et m'approche le plus possible de Heero.

- Je dois y aller. Le docteur J risque de ne pas apprécier de me voir là. Mais avant de partir, j'ai un cadeau pour toi. J'ai vu le dessin que tu avais fait jeudi dernier. Mais le béton du sol de la cellule n'est pas facilement transportable. Alors voilà un carnet et un crayon. Comme ça, tu pourras garder tes œuvres.

En disant cela, je lui tend un carnet à dessin à spirales de format A5. Je me suis dit que ce serait plus simple pour lui d'en cacher l'existence à son maître. Comme il ne fait pas mine de le prendre, je le pose sur la paillasse et je m'en vais sans me retourner.

Je croise J dans l'escalier mais il ne semble pas me remarquer. Je profite que les invités soient tous au bar, donc entre moi et mes patrons, pour me fondre dans la masse. Je me rapproche d'un petit groupe qui parle des combats et leur demande qui a gagné, en prétextant que je viens juste d'arriver. Apparemment, l'adversaire d'Heero est arrivé au deuxième combat. Il a donc vaincu 5 personnes. Le combat qui vient juste de se finir a duré longtemps, plus d'un quart d'heure, car le challenger avait à peu près la même force.

Une fois que je sais le principal, je remercie mes informateurs et je rejoint mes boss. À la question de Zechs sur ce que je pense de l'adversaire d'Heero, je réponds qu'il est bon mais pas suffisamment pour inquiéter le chien.

Le retour du combattant dans l'arène me dispense de développer. C'est un homme trapu, fortement musclé. Il est torse nu, mais a entouré ses avant-bras et ses mains avec des bandages. Il marche légèrement courbé en avant, preuve qu'il a plus musclé ses abdos que son dos. Et comme en plus il a les jambes arquées et la mâchoire inférieure qui avance, il ressemble à un bouledogue.

En face, Heero se tient de nouveau avec la tête basse. J est à côté et semble lui donner quelques conseils. Je suppose que c'est pour cela qu'il regarde les combats précédents. Il doit analyser le style des adversaires potentiels de Heero.

Treize donne le signal du début du combat lorsque J le rejoint. De nouveau, Heero attends l'ordre de son maître pour attaquer. Le bouledogue semble pataud à côté de lui. Ils s'échangent des coups de pied et de poing sans effet, pendant une ou deux minutes.

Puis, le bouledogue change de stratégie. Il se rue en avant et percute les bras croisés de son adversaire. Heero est projeté en arrière sous le choc et il heurte le mur derrière lui, avant de tomber à quatre pattes, sonné. Une partie de son tee-shirt reste accroché au barbelé, dévoilant son dos sanguinolent.

Le bouledogue s'approche d'Heero, qui semble avoir du mal à reprendre ses esprits. Pourtant, lorsqu'il n'est plus qu'à un mètre, Heero bondit de manière à lui faucher les jambes. Il se retrouve alors assis sur le ventre du bouledogue et frappe de manière répétée sur la mâchoire.

D'un coup de rein, le bouledogue reprend le dessus, mais Heero parvient à continuer le mouvement pour l'envoyer sur le côté. Les deux adversaires sont de nouveau face à face.

Le docteur J donne l'ordre de tuer. Heero me fait face, je vois son visage devenir dur et ses yeux se glacer immédiatement. Il s'approche de son opposant et commence à le frapper plus violemment. Le bouledogue tente un crochet du droit, mais Heero le bloque en levant le bras, puis le frappe en plein sur le poitrail. Le choc est tel que le poing s'enfonce de quelques centimètres. Le bouledogue semble étonné, puis il bascule en arrière, comme au ralenti. Je pense qu'Heero lui a cassé une côte qui a ensuite percé le cœur.

Comme la semaine dernière, c'est la consternation qui l'emporte dans l'assemblée. Zechs se penche vers moi pendant que J réclame son dû à Treize.

- Alors, es-tu toujours aussi fasciné par le chien ?

- Oui. Et ce combat m'a montré qu'en plus d'être très fort, il est loin d'être bête.

- Et bien, je vais te laisser tous tes jeudis soirs. Ainsi, tu pourras venir le voir à chacun de ses combats. Par contre, dans deux semaines, j'aurai besoin de toi ici. La transaction se fera pendant les combats, pour que l'on ne soit pas dérangés.

- Bien M. Merquise. Je vous remercie.

- De rien. À demain, Duo.

Et Zechs reprend la direction de l'ascenseur. Je décide de retourner voir Heero. Mais une fois devant la cage, je m'aperçois que celle-ci est vide. Le docteur J a dû venir le chercher pendant que je parlais avec mon boss. Je regarde sur la paillasse. Le carnet et le crayon ont disparu. Cela me rassure et c'est avec un grand sourire aux lèvres que je rentre chez moi.

To Be Continued


(1) Et le titre de la fic.

(2) Malheureusement, ce n'est pas mon cas, alors je vais abréger le monologue.

Notes de l'auteur :

Pour la première fois depuis que j'ai commencé cette fic, j'ai eu l'angoisse de la page blanche, il m'a fallu deux jours pour réussir à écrire la première phrase. J'espère m'en être sortie honorablement.