Bonjour à tous !
Merci beaucoup pour les reviews, j'espère que ce chapitre vous plaira !


« - Commissaire, je vous en supplie, attendez-moi.

- Allons, Marlène, une petite balade et vous êtes déjà K.O ?

- Je suis en talons. »

Laurence avait déjà une petite vingtaine de mètres d'avance sur Marlène. Il avait oublié de lui préciser que suite à la panne de sa voiture, il préférait se rendre à pied sur la scène de crime.
Cela faisait une bonne demi heure, qu'ils marchaient tout les deux, et il commençait à entendre Marlène s'essouffler derrière lui.

Fort heureusement pour elle, ils finirent par arriver dans une petite ruelle de Lille, où les attendaient une poignée d'officiers de police, accompagnés par un jeune homme accroupi devant le cadavre.
Laurence salua d'abord les policiers, montrant sa carte de police et insistant pour qu'ils laissent passer Marlène avec lui, puis racla sa gorge pour attirer l'attention de l'inconnu.

« - Reculez, vous êtes sur un lieu de crime, monsieur. »

Ce dernier se releva et tendit sa main au commissaire.

« - Dr Glissant, médecin légiste. Mais vous pouvez m'appeler Tim. » Il fit signe à la secrétaire derrière lui. « Salut Marlène.

- Bonjour, Tim. »

Swan n'en revenait pas. Ce « Tim » n'avait absolument aucune allure. Affublé d'un pantalon jaune moutarde et d'une chemise à carreaux, il ne s'était même pas donné la peine de porter une cravate, et encore moins de porter des protections.

« - Vous examinez un cadavre sans porter de gants, vous ? » Fit-il remarquer, encore dubitatif.

« - Je vous attendais. » Répondit Glissant en enfilant une paire de gants et en en tendant une à Laurence. « Mais le constat est clair. C'est une mort par balle. »

Tim retourna le cadavre d'un homme d'une quarantaine d'année. Plusieurs impacts de balles étaient visibles sur son torse. Tim les pointa du doigt pour les notifier au commissaire, puis ajouta quelques détails comme l'heure probable de sa mort.
Il appela ensuite ses assistants pour qu'ils récoltent des traces d'ADN, et Laurence s'éloigna de quelques pas du cadavre, pour observer la scène de crime, Marlène le suivant toujours.

« - Alors, que pensez-vous de Tim ? C'est notre meilleure légiste.

- Grmpf. »

Laurence haussa les épaules et Marlène soupira, le laissant vaquer à ses occupations. Alors que le commissaire commença à questionner ceux qui avaient découvert le corps, sa secrétaire l'observa, admirant son élégance.

« - Hé ben, il a pas l'air commode. »

Marlène sursauta pour découvrir Tim juste derrière elle, une main posée sur son dos. Elle savait que Tim avait toujours été quelqu'un de tactile, mais le contact la surprenait toujours.

« - Tu parles du commissaire ? C'est vrai qu'il fait strict.

- J'te parie combien que c'est encore un de ces psychorigides ?

- Vu ma chance avec les hommes…

- T'auras dû demander à devenir la secrétaire de Tricard, Marlène. T'aurais été pépère dans son bureau, au chaud.

- Sous ses regards lubriques. » Marlène observa Tim une seconde. « Exactement comme tu es en train de me regarder, Tim. »

Le coupable leva les mains en l'air, souriant, plus qu'amusé que gêné.

« - Je n'y peux rien si t'es belle à regarder.

- Allez, zou.

- Tu sais je connais un bon rest…

- Bonne journée Docteur Glissant. »

Tim s'éloigna, laissant une Marlène rougissante dans la ruelle. Passant devant Swan, il posa une main sur son épaule en guise d'au revoir, ce qui ne lui valu qu'un regard noir.
Il allait bien s'amuser avec ces deux là, pensait le légiste en quittant la scène.

Marlène retourna ensuite aux côtés de son patron, notant les noms et coordonnés de chacun des témoins avec plus ou moins de justesse dans l'orthographe.

Quand le corps fut emmené, Laurence fit ramasser une poignée d'indices en plus dont quelques fibres textiles qui n'avaient pas échappé à son oeil de lynx.
Sa secrétaire se contenta alors de lui passer les pochettes servant à recueillir les dits indices. Même si elle sentait son utilité limitée, elle resta contente de pouvoir s'impliquer directement dans l'enquête.

Elle espérait très fort que son père aurait pu être fier d'elle.

Perdue dans ses pensées, elle ne revint à la surface que lorsqu'elle entendit une voix beaucoup trop familière s'écrier :

« - HE MAIS VOUS ÊTES LE MEC DU BAR. »

Alice, douce et calme Alice, arriva en trombe dans la ruelle, son appareil photo et calepin en main.

« - Mademoiselle. Le monde est bien petit. » Répondit Swan en regardant tour à tour Marlène et Alice avec insistance.

Cette dernière tendit sa main. Comme si tout le monde devait se présenter une deuxième fois. Swan se demanda si il finirait par retrouver toutes les personnes présente au bar la veille.

« - Alice Avril, reporter à la Voix du Nord. Il est déjà parti le mort ? Tant mieux, je déteste les cadavres. Alors Marlène, ton nouveau patron t'emmènes déjà sur les scènes de crime ? Il est où ? J'aurais des questions à lui poser. Et le poulet, il travaille ici aussi ? Quelle coïncidence. Vous pourriez me dire votre nom ? P'tête que vous aussi vous avez des infos à me donner ? Y'a des témoins ? Ca fait longtemps qu'on a pas eu de meurtres en plus. Tu te souviens des derniers Marlène ? »

- Alice tais-toi.

- Pardon. Alors le patron ? Ce fameux Laurence ? »

Laurence restait planté tel un piquet devant la journaliste bien trop bavarde, le visage sérieux.

« - Alice. » Commença Marlène, en montrant de la main le commissaire. « Je te présente le commissaire Laurence. Il est arrivé ce matin. Commissaire, Alice Avril, ma meilleure amie, mais je crois que vous avez déjà fait connaissance hier. »

Alice resta bouche bée. Laurence était le gars du bar avec qui elle avait parlé la veille. Le nouveau patron de Marlène était un mec qu'elle avait repoussé la veille. Pour une surprise !

« - Okay bah… Enchantée alors. »

Swan ne répondit pas.

« - Je sens qu'on va se marrer. » Alice se tourna une nouvelle fois vers sa meilleure amie. « Tim est déjà parti ? »

Marlène acquiesça, et Alice soupira.

« - Bon bah je suppose que j'aurais plus d'infos si je vais le voir directement. »

Les deux filles jetèrent un coup d'oeil au commissaire, les bras croisés, et l'air toujours aussi méfiant. La secrétaire haussa les épaules, l'air désolé

« - C'est fort probable. »

Alice rangea son appareil photo et son calepin dépitée. Elle qui voulait en profiter d'avoir sa meilleure amie comme secrétaire du nouveau commissaire. Vu la tronche que tirait Laurence en ce moment, leur cohabitation dans l'investigation était mal partie.

« - Bon… Je t'appelles plus tard, Marlène ? »

Cette dernière acquiesça, prête à répondre mais fut interrompue par Laurence.

« - En dehors des heures de bureau Mademoiselle Avril. J'aimerais vous rappeler que Marlène est avant tout ma secrétaire. »

Alice lui lança un regard narquois pour toute réponse, et tourna les talons, grommelant quelques insultes dans un patois qu'elle espérait que Swan ne comprenne pas.

« - Rassurez-moi Marlène. Vous ne connaissez pas tout le monde dans cette ville ? » Demanda ce dernier une fois la journaliste partie.

Marlène secoua la tête, un peu gênée par cette rencontre inattendue.

Elle ne pouvait s'empêcher de repenser à leur première rencontre et de regretter son ton froid.

« - Commissaire…

- Oui ?

- J'aimerais m'excuser pour hier. Je n'étais pas vraiment d'humeur, et vous vouliez juste parler. Désolée. »

Laurence sembla surpris par ces paroles. Il se demandait pourquoi Marlène s'excusait à ce moment précis.
Certes il avait été décontenancé de savoir que la jolie jeune femme qu'il avait remarqué la veille était sa nouvelle secrétaire, mais il ne pensait pas que la froideur dont avait fait preuve la jeune femme était matière à s'excuser.

Après tout, Swan n'en avait que faire si une jolie fille ne s'intéressait pas à lui. Il savait pertinemment qu'il avait toutes les autres femmes à ces pieds. Il avait déjà semé la zizanie dans quelques ménages à Paris, alors si une seule femme ne l'aimait pas, il n'en ferait pas tout un drame.

Même si cette femme ressemblait à un ange.

Même si cette femme était littéralement en train de s'excuser.

« - Pas de problème, Marlène. Je ne vous intéresse pas, vous ne m'intéressez pas, c'est tout. »

Un silence malaisant s'installa et chacun chercha à fuir le regard de l'autre. Marlène ne put s'empêcher de sentir son coeur se serrer, et Swan regretta immédiatement ses mots.
Commençant à sentir l'eau tourner au vinaigre, il jeta un coup d'oeil à sa montre et changea de conversation.

« - Oh il est presque midi. »

Il croisa enfin le regard de Marlène et fit son possible pour ne pas remarquer que ces yeux étaient brillants. Il continua :

« - Je vous emmène manger ? »

Marlène haussa les sourcils, interloquée.

« - Mais…je… Heu… J'ai déjà mon repas préparé dans le bureau.

- Et vous voulez retourner à pied au bureau, là maintenant, tout de suite ? »

A ces mots, Marlène fit une grimace.

« - Alors venez » Ajouta t'il, « Je crois qu'un des restaurants que ma conseillé votre amie n'est pas loin. »

Marlène baissa les yeux et entoura la main que lui tendait Laurence avec la sienne.

Tout deux quittèrent la scène de crime, l'appétit intact mais le coeur indécis.