Chapitre 2.

Stiles papillonna des yeux avant de froncer des sourcils. Il n'était pas dans sa chambre. Jamais il n'aurait peint ses murs en blanc, encore moins pour les laisser nus. Et cette odeur de désinfectant lui rappelait l'hôpital. Mais pourquoi serait-il à l'hôpital ? Il n'avait pas été blessé. Enfin, il n'arrivait pas à se souvenir, tout était flou. Sa mémoire était un vrai bordel d'images photos montées et de sons qui se mélangeaient, lui donnant la nausée.

Il tenta de bouger mais la brume qui enveloppait son esprit fut balayée par une douleur sourde qui noya tout son corps. Sa poitrine lui faisait vire un vrai calvaire, comme si on avait écarté ses côtes pour lui arracher le cœur. Mais quand il tâta son torse, il ne sentit aucune anomalie physique. Seul un vide infini semblait habiter son thorax.

Il lui fallut un temps interminable pour que son cerveau relègue sa peine lancinante dans un coin de sa tête avant de pouvoir se relever. Il réussit à s'assoir, tant bien que mal, en s'aidant du mur.

Reprenant sa respiration, il contempla son environnement. Il était entouré de trois murs blancs accompagnés de draps blancs, ainsi que d'un sol blanc et d'un plafond blanc. La seule touche de couleur, si on pouvait appeler ça comme ça, était le quatrième mur, ou plutôt son absence. En face de lui s'étendait une grande paroi en verre dans laquelle une porte, un passe-plat et des trous d'aération avaient été percés.

En face, il y avait une alcôve identique à la sienne sauf pour les livres et ses deux occupants. Il pouvait distinguer les mêmes espaces s'étendre de chaque côtés du couloir sans pouvoir en distinguer la fin.

Son souffle se bloqua, il venait de comprendre où il était.

Ce n'était pas possible. Il ne pouvait pas être ici. Pas encore ! Il devait forcément rêver. Oui, ça devait être ça, il devait simplement compter ses doigts et tout irait bien quand il se réveillerait.

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf et dix. Il y avait dix doigts. Il n'avait que dix doigts ! Non, non, non… Il avait forcément fait une erreur quelque part. Il devait recompter. Dix. Encore. Il devait recommencer. Dix. Non, ce n'était pas possible. Ça ne pouvait pas être possible ! Il devait juste être trop embrouillé pour compter correctement. Il essaya encore une fois mais il ne voyait plus clairement ses doigts, ses larmes brouillaient sa vue.

Il ne pouvait plus respirer. Il ne pouvait plus penser. Tout était si confus.

Le manque d'air fit sombrer son cerveau dans l'obscurité rassurante de l'oubli.

O.o.O

- Si fort, si intelligent…

- Capable de vaincre même la mort….

- Remettre en place les morceaux de ton esprit…

- Régner dans la folie et la souffrance.

- Seul…

- Toujours seul.

Stiles essaya de concentrer sur la voix mais sa tête lui faisait encore mal. Et qu'est-ce qui lui disait qu'il n'était pas encore en train de rêver ? Il ouvrit lentement les yeux. Les murs blancs étaient encore là. Il rapprocha doucement ses mains de son visage. Dix doigts. Il ne rêvait pas. Il était vraiment à Eichen House.

Il referma les yeux le plus fort possible. Il ne voulait pas que ça soit réel. Ça ne pouvait pas l'être. Pas encore.

- Je crois que je t'admire, Peter.

Stiles sursauta. Sa tête tournait moins et il prenait lentement conscience de son environnement. Sans faire de mouvements brusques, il se déplaça dans son lit pour voir ce qui se passait dans la cellule face à lui. Parce que cette pièce, c'était bien ça. Une prison. Une geôle où il avait été enfermé contre son gré. Eichen House n'était pas un asile où on essayait de guérir les patients. On les enfermait jusqu'à ce qu'ils meurent. Qu'ils soient fous ou non.

Reportant son attention sur ce qu'il se passait en face, il vit un homme tranquillement installé sur un lit, le livre qu'il était en train de lire posé sur son torse, alors qu'il regardait le plafond un bras sous la tête et un sourire tordu sur les lèvres. Aussi rapide qu'un rapace qui plonge sur sa proie, il se tourna en direction de son colocataire, couché dans le coin le plus éloigné de lui. Les mains pressées contre ses yeux.

- Je ne mens pas tu sais, je t'admire vraiment. Dommage que personne d'autre n'ait remarqué ce que tu es capable d'accomplir. Enfin, si, ils l'ont remarqué, mais seulement le négatif. Personne n'a jamais fait l'éloge de tes vertus. Bon, c'est vrai qu'il n'y en a plus beaucoup mais après le feu qui peut te blâmer ? Tu n'avais aucune raison de jouer au bon samaritain alors que tout ce que tu voulais faire, c'était déchirer les gorges de ses alphas stupides –ton neveu et ce morveux- qui te mettaient en danger.

Stiles vit l'homme sourire encore plus cruellement. Il ne pensait pas que c'était possible de ressembler autant à un méchant de film d'horreur.

- Comme ta sœur l'a fait.

Un grognement s'échappa de l'homme à qui était adressé ses mots. Il était assis dans un coin, les genoux repliés contre le torse, la tête cachée derrière eux. Il envoya un regard haineux vers le cliché de série d'épouvante qui lui servait de coloc avant de refermer précipitamment les yeux. Mais Stiles l'avait reconnu.

- Oh, mon loup, ne cache pas de si jolis yeux, caqueta joyeusement l'autre psychopathe que Stiles venait de renommer VDM.

Pour toute réponse, il n'eut le droit qu'à un nouveau grognement.

- Tu sais, tu peux tout me dire. Comment ta sœur t'a poussé peu à peu à la marge de la meute après la mort de vos parents. Comment elle ignorait tes conseils avisés. Comment elle faisait tout pour que tu partes. Elle non plus ne t'aimait pas. Pauvre, pauvre Peter. Tes parents t'ont laissé seul avec une sœur - alpha qui ne te voyait pas, ne prenait pas soin de toi. Tu n'avais déjà plus personne pour te protéger. Mon pauvre petit loup, ça dû être si dur.

Stiles avait envie de vomir. Le ton de ce type était juste répugnant. Il prenait une voix mielleuse et pleine de pitié alors qu'il arborait un sourire ravi. S'il pouvait sortir de cette cage, il le frapperait jusqu'à faire disparaitre cet air enjoué et surtout pour qu'il n'appelle plus jamais Peter mon loup. Il n'était la propriété de personne et certainement pas la sienne.

Mais ce qui le révulsait le plus, c'est que le lycan ne fasse rien pour l'arrêter, comme si l'autre pouvait encore lui faire plus de mal s'il l'approchait. Et ça, c'était terrifiant parce que Peter ne reculait pas devant ses ennemis. Il pouvait faire semblant de s'enfuir ou de ramper la queue entre les jambes. Mais c'était toujours dans l'optique de vaincre. Là, il était juste prostré, comme s'il avait déjà perdu et qu'il essayait juste de survivre.

- Aujourd'hui quelles illusions te restent-il ? Aucunes.

- Pour qui te battras-tu ? Personne.

- Qui se bâtera pour toi ? Personne.

- Qui t'aimera ? Personne, bien sûr. Qui aime les monstres ?

- Personne, personne, personne. C'est la résolution de l'équation qu'est ta vie, Peter. Tu es terriblement seul et tu le seras pour toujours. Mais ne t'en fait pas je t'accompagnerai dans ton séjour en enfer. Ça serait tellement dommage d'abandonner un jouet si amusant. Tu ne trouves pas qu'on s'amuse bien ?

- Non.

La réponse ne vint pas de Peter mais de Stiles qui s'était relevé dans son lit, encore un peu étourdit, mais prêt à balancer le premier truc venu sur ce type. S'il l'ouvrait encore, il allait faire un meurtre. Tant pis si ça le condamnait à rester définitivement ici, il aviserait après.

- On dirait bien que notre nouveau voisin est réveillé.

- Ouais, bah j'aurais bien aimé dormir. Mais il semblerait qu'un certain sosie de VDM ne peut pas se la fermer.

Le sosie en question le regarda avec étonnement alors que Peter se tournait dans sa direction avant de le fixer intensément. Un peu trop intensément pour Stiles qui commença à se tortiller, mal à l'aise.

D'ailleurs il allait sortir le premier truc qui lui passait par la tête pour sortir de cette ambiance chelou mais des pas retentirent dans le couloir. Les trois patients tournèrent leur tête dans un même ensemble vers la source du bruit : des infirmiers en blouse blanche. Ils s'approchèrent avec un chariot remplit de plateaux repas. Stiles eu presque envie de rire tellement c'était cliché mais le fait que ça allait devenir sa vie pour un bout de temps l'en empêcha.

Ils firent glisser les plateaux dans une ouverture prévue à cette effet sous les portes et continuèrent leur route comme si de rien était.

Stiles vit Peter faire glisser un plateau vers VDM avant de s'emparer du sien avec une grimace de dégoût. Il comprit pourquoi en regardant le contenu de son propre plateau. Une sorte de bouillit orange débordait sur les autres compartiments d'aliments. Pas bien glorieux. Un morceau de pain, un bout de fromage (et là, il était heureux de ne pas avoir l'odorat d'un loup-garou) et quelques quartiers de pomme déjà oxydés. De quoi ouvrir l'appétit.

Il hésita un peu à balancer le truc et à réclamer un bon steak mais son précédent séjour lui avait appris à ne pas se plaindre. Et énerver les gardes était le dernier de ses désirs.

Soupirant de défaite face à la bouillie orange, il se força à manger en imaginant qu'il dégustait une pizza quatre saisons avec supplément formage et olive. Autant dire que ça ne fut pas très efficace mais au moins il ne vomit pas partout, contrairement au type qui vivait dans la cellule de droite.

Repoussant son plateau dans le couloir, comme les autres détenus, il hésita à interroger Peter sur sa présence dans ce palace quatre étoiles quand la lumière s'éteignit et qu'une voix dénuée d'expression annonça le couvre-feu.

Pas très enthousiaste à l'idée de dormir ici, il se glissa néanmoins dans son lit, son corps étant toujours douloureux et son cerveau brumeux.

Avant que le sommeil ne l'emporte, il eut tout juste le temps de penser à Lydia et à la fête qu'ils avaient prévu d'organiser avec Dany pour célébrer le prix nationale de mathématique qu'avait gagné la banshee.


Bref, j'ai pas le courage de noter quoique ce soit ici. Mais si vous avez envie de laisser des reviews ou de faire des remarques n'hésitaient pas, c'est toujours le bienvenu.