Bonjour bonsoir !
Nous nous retrouvons sur ce recueil pour un petit défi très sympas de Sun. Pour ceux qui ne saurai pas, sur twitter, Sun à décider de faire des pairing en tirant au sort les deux personnages et celui qui avait demandé ce tirage devait faire une fic dessus (ou un dessin). Il y a eu quelques monstruosités qui sont sorties du lot mais moi j'ai eu de la chance en tombant sur Enoch et Arcana. Je vous laisse juger du résultat même si personnellement je sui plutôt contente de mon texte.
Alors bonne lecture !
Ps : Merci à Yuma Kurotsuki pour sa review en guest !
Succube
Des larmes. Elles coulent le long de ses joues. Jamais elle n'avait pleuré auparavant. Jamais on ne montrait une telle faiblesse dans l'Église des Ténèbres. Mais la mort l'emportait. Littéralement. L'immense météore aurait raison de sa force physique. La mission qu'elle s'était donné, embrocher celui qu'elle aimait pour détruire la Mort, aurait raison de sa force mentale. Ce combat serait le dernier. Et il lui ferait tout perdre. Alors elle ne retenait plus rien, ni ses larmes, ni la force de son coup.
Sa lance s'enfonça dans le corps à la peau si blême que la possession de la mort elle-même ne l'avait pas rendue plus pale. Alors que le demi-diable déchaînait sa voix de dément, Arcana accompagna la chute de ce qui n'était plus qu'une enveloppe vide, la serrant contre elle en souvenir de l'âme chérie qui l'habitait. La comète réchauffait sensiblement l'air autour d'eux, mais elle se sentait glacée, dénuée de la chaleur propre à la vie. Elle respirait encore, mais elle n'était déjà plus, fondue dans les ténèbres de l'oubli.
« Pauvre, pauvre enfant. »
Cette voix … elle semblait la reconnaître. Mais elle ne voulait pas s'y attarder. Elle n'aspirait qu'à rester plongée dans l'ombre d'une douce amnésie.
« Tant de talent gâché, c'est si dommage. »
Mais quelle enquiquineuse cette voix. Ne pouvait-elle pas la laisser en paix se fondre dans le néant ? Elle ne voulait plus penser, plus ressentir, ne plus être.
« Et une beauté pareille, c'est un véritable sacrilège. »
Exaspérée, elle ouvrit les yeux pour tomber dans d'autres. Morts, mais terriblement reconnaissables. Si beau lorsqu'ils étaient plein de vie, brillants d'intelligence et de vivacité, même au plus proche de la fin. Et maintenant si vides, atrocement vide. Tout comme elle.
Elle se tourna sur le dos dans un effort surhumain. Elle vit campé au dessus d'elle un homme vaguement familier.
-Bonjour belle guerrière ! Ravis de vous voir encore un peu vivante !
-Qui … Éructa-t-elle étouffée d'avoir respiré des cendres et brisée par le chagrin.
-Qui suis-je ? Allons ! C'est une question bien trop banale pour une créature aussi exceptionnelle que toi.
Elle fronça des sourcils un instant, sûre d'avoir déjà vu la forme de ce visage. Elle détourna le regard lorsqu'il s'accroupit près de sa tête, retournant ce qui lui restait d'attention vers les orbites morts.
-Vous êtes le père de Balthazar, murmura-t-elle.
Un rire s'éleva au dessus-elle.
-Bien, tu en vaux certainement la peine.
Elle se senti attrapée avec délicatesse et fermeté par des bras aussi chaud qu'un feu de cheminé. Elle se senti soulevée du sol et éloignée du champ de batail dévasté. S'il lui était resté de l'énergie elle aurait protesté, crié, hurlé pour qu'on ne l'emmène pas. S'il lui était resté de l'énergie elle se serait débattue et battue avec rage pour rester là où était tombé son aimé.
Impuissante elle ne pu que fermer les yeux et sombrer dans son chagrin, priant pour que la mort – la vraie – la trouve et ait pitié d'elle.
Brulure.
Elle était plongé dans du feu liquide. Il était sur sa peau. Il s'insinuait en elle, dans son ventre, ses poumons, ses yeux. Elle souffrait. Mais cela n'était rien comparé à la douleur de son cœur. Une égratignure, une écharde dans la main. Rien. Le feu, n'était rien.
Ou si, plutôt, il était quelque chose. Elle le senti fondre dans ses veines, lui redonner de la vigueur. Il fit fondre ses muscles, comme un forgeron faisait fondre le métal pour le transformer en lame redoutable. Il lui redonnait son souffle, lui rendait la vie. Une énergie formidable la parcourait.
Elle ouvrit les yeux dans un monde de flammes.
-Heureux de voir que le rituel aie marché.
Elle tourna la tête et vit le père du mage debout à quelques pas d'elle. Une sensation étrange à l'arrière de sa tête lui fit lever la main. Elle remarqua brièvement que sa peau paraissait plus foncée. Lorsqu'elle tata son crâne elle senti d'étranges formations qui en sortaient. Elle lança un regard interrogateur.
-Qu'est-ce que vous m'avez fait ?
Il lui fit signe de s'approcher de lui. Elle se redressa et quitta le foyer ardent qui formait sa couche, quittant la fournaise. Elle posa les pieds sur le tapis qui semblait doux et soyeux sous ses pieds nu. En quittant le brasier elle put enfin détailler la pièce dans laquelle elle était. On aurait dit une chambre d'un riche seigneur. Il y avait quelques meubles finement manufacturés, un lustre luxueux, et aux murs des tableaux. Le seul détail dissonant était son lit de feu. Lorsqu'elle fut parvenue à la hauteur du diable, celui-ci la prit par les épaules et la tourna vers un miroir sur pied.
Elle mit un moment à comprendre que la créature aux cotés du démon dans le reflet était elle. Sa peau était devenue plus foncée, un peu grise. Au dessus pendait ce qui restait de son armure de paladine, les lambeaux de tissus dépassant. Mais le changement le plus perturbant était plus haut. Ses yeux étaient devenus rouges, et sur sa tête de grandes cornes tordues dépassaient en larges volutes de derrière son crâne. Elle resta ébahie quelques secondes.
-Qu'est-ce que vous m'avez fait ? Répéta-t-elle dans un souffle en se dégageant de la poigne du diable pour s'approcher de la surface réfléchissante.
-Je t'ai arrachée à la mort et fait de toi une succube, dit-il en se plaçant derrière elle. Tu as désormais plus de pouvoir grâce à moi.
-Et quel en est le prix ?
Il rit à nouveau, visiblement satisfait.
-J'était sûr que tu étais une femme intelligente. Le prix à payer est que tu es désormais à moi. Tu m'appartiens.
-Et si je préférais mourir ? Dit-elle en lançant un regard noir au démon.
Tout à coup, la main de celui-ci se plaça sur sa gorge. Elle n'avait même pas capté le mouvement, bien qu'elle senti que ses capacités de perceptions aient été démultipliés. Malgré tout, son cœur n'avait pas raté un battement, ne s'était pas accéléré. Elle n'avait pas peur. Elle se fichait de ce qui pouvait lui arriver.
-Alors dans ce cas là je peux t'éliminer immédiatement. Mais pense à tout ce que t'offre cette nouvelle chance. Tout ce dont tu rêve à ta portée.
Elle réfléchit un certain temps. Ses paroles n'étaient pas dénuées de sens. Mais quitte à retarder ses retrouvailles avec son aimé, autant venger celui-ci.
-Je reste, répondit-elle, mais seulement si vous me faites une promesse.
-Une promesse ? Répondit le diable en resserrant ses doigts sur sa gorge. N'oublie pas que face à moi tu n'es qu'un petit poussin. Alors ne pousse pas ton destin.
-Je veux juste que vous me laissiez tuer Balthazar.
-Qu'est-ce qui te permet de penser que ton existence vaut plus que celle de mon fils.
-Je ne crois pas que vous soyez très attaché à lui et vous avez besoin de moi sinon vous n'auriez pas dépensé du temps et de l'énergie pour me ramener. C'est effectivement un coup de poker, mais peu m'importe que vous vous débarrassiez de moi. Je ne reste pas si je ne peux lui ôter la vie
La prise sur son cou se comprima un peu plus, mais elle ne broncha pas, se contenta de fixer, à travers le miroir, les yeux rouge de l'être à l'apparence faussement humaine qui la tenait. Leur petit jeu d'opposition dura un certain temps, suffisamment pour que le manque d'oxygène fasse danser des points noir dans la vision de l'ancienne paladine. Brusquement elle se retrouvera plaquée au sol, sur le tapis, bloqué par le corps du démon.
-Fort bien poussin, lui souffla-t-il dans l'oreille avec une certaine volupté, tu auras la vie de Balthazar mais en attendant, je compte bien profiter pleinement de ce qui est à moi. Or, je te l'ai dis, m'appartiens.
Alors qu'il finissait sa phrase, Arcana senti de longs crocs frôler sa gorge avant de plonger dans sa chaire. Étrangement cela ne fut pas désagréable, son nouveau corps de succube répondant à l'appel de la luxure déferlant dans ses veines, tel le feu de l'enfer. Elle comprit alors ce qu'il souhaitait vraiment d'elle.
Bien plus tard, alors que le diable satisfait l'avait abandonnée, elle s'était recroquevillée sur son lit de flammes, celles-ci la réchauffant agréablement telle une chaude couverture de laine. Elle était prostrée, seule face à ses émotions, ravageant un peu plus son âme à chaque seconde. Il y avait le deuil, bien sûr, le chagrin de la pire perte de sa vie. Mais la colère aussi était également là. Elle enrageait. Sa haine envers les aventuriers grandissait à chaque seconde qui passait. Certes, ils avaient sauvé son aimé, mais s'ils ne l'avaient pas fait, s'ils ne s'étaient pas mêlés à toute cette histoire, jamais son chemin n'aurait croisé celui de l'Intendant. Jamais elle n'en serait tombée amoureuse et le malheur qui l'accablait désormais n'existerait simplement pas.
Elle savait que sa rage était déraisonné, qu'il était injuste de diriger son ire vers eux. Mais voilà, elle les voulait morts, réduits en charpie, à l'état de poussière, dont ils n'auraient jamais dû s'extraire. Et plus que tout elle voulait en être responsable, bien qu'elle soit probablement incapable de s'occuper des quatre. C'est pourquoi elle s'estimait satisfaite d'avoir obtenu du démon de pouvoir tuer sa progéniture le moment venu. Avec un peu de chance le paladin de la lumière qui l'accompagnait comme un fidèle clébard s'interposerait et elle pourrait l'anéantirai lui aussi. Cela détruirait le cœur du premier à partir. Oh oui ! Qu'ils soufrent un peu comme elle souffrait. Et sans ses deux chefs, les deux derniers s'effondreraient.
-Mon poussin ? Es-tu là ?
Elle se redressa, nue, n'ayant pas prit la peine de se rhabiller. En attendant de pouvoir exécuter ses plans, elle pouvait s'alanguir dans la sensualité du diable qui l'empêchait de trop penser. Mais elle n'oubliait pas. Un millénaire pouvait passer qu'elle n'oublierait pas.
Et voilà ! J'espère que ça vous aura plu !
On se retrouve bientôt (j'espère) pour de l'exploitation avec deux Manninddha !
