Merci tout le monde pour vos reviews. Je vous met la suite :) En espérant que cela vous plaise toujours autant.
« Je ne rentrerais pas tard, mais ne m'attendez pas pour autant. »
Il attrapa ses clés et sa veste s'apprêtant à quitter le loft, non pas sans faire un petit tour près d'elles pour les embrasser.
« Et on peut savoir où tu vas ? »
« Cela ne se fait pas, ma chérie ! Qui rejoins-tu ? »
Alexis rigola : c'était donc plus direct qu'il fallait être et pas l'inverse. Castle accompagna sa fille dans ce rire avant de rétorquer.
« Tu as tout compris, mère. J'ai croisé Ryan et Esposito quand je suis passé au commissariat. On s'est dit qu'une visite au Old Haunt ne serait pas de trop. »
« Et le détective Beckett ? »
« Hé bien quoi, Beckett ? »
« Ne fait pas l'innocent, fils ! Ça ne te va pas du tout. »
« Au commissariat ! Est-ce que tu l'as vue ? »
« Oui, je l'ai vue. Et elle va bien : complètement remise de ses blessures. Ils venaient juste d'être appelés pour une affaire quand je l'ai croisée. »
Il minimisait l'échange qu'il avait eut avec la jeune détective. Il n'avait pas envie de s'expliquer, à vrai dire il avait juste envie d'aller boire un verre avec ses amis.
Il n'y avait pas de chance qu'il la croise, ce soir. Il avait vécut longtemps à New-York et ne l'avait jamais croisée avant que ses livres ne servent de mode d'emploi à un tueur. Alors, il allait pouvoir finir sa vie sans la croiser, de nouveau. Et avec un peu de chance il finirait par l'oublier, peut-être même qu'il serait heureux seul. Ses livres. Il n'en avait pas fini avec Nikki Heat, et écrire ces romans ne pouvait pas l'amener à autre chose que de penser à elle. Il se perdait dans ses pensées, ses réflexions. En fin de compte, il faudrait beaucoup de chance pour qu'il réussisse à l'oublier.
« Papa ? »
« Oui, tu as raison. Je dois y aller. Je n'ai pas vraiment le temps de faire la causette avec elle, ces temps-ci. Mais n'hésites pas à passer la voir si tu veux plus de détails sur son état de santé. »
« Vraiment ? »
« Oui, non.. Je ne sais pas. Écoutes, si tu passes là-bas, essaies de ne pas trop la déranger. Il parait qu'elle a du travail. Bonne soirée et pas de bêtise. »
Il embrassa Alexis, puis Martha et fila aussitôt. Refusant d'être le centre de l'attention et la cible de toutes leurs questions. Elles le connaissaient trop bien : s'il évitait le sujet c'est qu'il y avait matière à parler. Alexis regarda sa grande mère, un sourire aux lèvres.
« On pense à la même chose ? »
« Crois-moi, ma chérie, ce n'est peut-être plus pour les livres mais une part de lui est en manque de meurtres ! »
Alexis rigola à la remarque de sa grand-mère et se mit à débarrasser la table. C'est sûr que peut-être qu'il en avait fini de ses recherches, mais son père adorait être présent aux côtés de Beckett sur ses enquêtes. Alexis comme Martha s'en étaient rendu compte il y a bien longtemps.
Depuis qu'elle s'était réveillée, il allait mieux. Il n'avait plus cet air fade collé sur son visage nuit et jour, il recommençait à sourire. Pourtant, quand il avait dû passer au commissariat, aujourd'hui, il s'était senti faible. Il avait pensé à elle durant son absence, mais de savoir qu'il y avait une chance qu'il la croise : c'était différent. Et la peine qui l'avait envahi quand il avait découvert son bureau vide, et le soulagement quand il l'avait aperçue dans la salle de repos. Il avait besoin d'elle pour vivre, même s'il ne cessait d'avoir en tête cette soirée où elle lui avait demandé de quitter sa vie. Ses mots résonnaient encore dans sa tête, et même si cette après-midi elle lui avait dit qu'elle ne pensait pas un seul de ses mots... il ne pouvait se les enlever de la tête.
Il entra dans son bar, conscient qu'il risquait de ne pas trouver les deux collègues : ils avaient eut une enquête pile au moment où tout se disait avec Beckett. A l'instant où il pensait que leurs cœurs parlaient enfin, et que la peur ne guidait plus leurs paroles à elle comme à lui. Lui aussi s'était restreint, enfuit à mainte reprise au lieu de lui dire ses pensées, ses sentiments. Il entra donc dans ce lieu, saluant de loin le barman et le sourire aux lèvres quand il vit à une table Ryan et Esposito.
« On espérait plus te voir ! »
Castle se hâta de les rejoindre, le bar n'était pas bondé de monde, mais il était assez plein pour causer quelques gênes à Castle dans sa quête pour retrouver ses amis. Une fois cela fait, il répondit calmement à Esposito.
« Je suis tout aussi surpris que vous : qu'est ce que vous faites là ? Vous n'aviez pas un corps ? »
« C'était une plaisanterie. Un malin s'est amusé à nous filer une fausse piste. »
« Je reste persuadée qu'il y a bien un corps ! Et le tueur veut juste qu'on mette plus de temps à le trouver. »
Cette voix. Il la connaissait trop bien, et l'odeur de cerise qui flottait dans l'air lui confirma l'identité de la personne. Il n'avait pas prit la peine de l'inviter à se joindre aux gars : elle refusait le plus clair du temps à venir boire une bière avec eux. En quoi ce soir aurait-il été différent ? Il se retourna, comme s'il ne pouvait pas y croire malgré les preuves qu'il avait.
« Beckett ? »
« Bonsoir Castle. »
« Que faites-vous ici ? »
« Bonsoir à vous aussi Castle ! »
Lanie n'était pas jalouse. C'était juste sa manière de montrer qu'elle avait remarqué que lorsque Beckett était dans la pièce, plus rien n'avait d'intérêt pour l'écrivain. Castle, pour se faire pardonner, s'avança vers Lanie et l'embrassa sur la joue. Beckett le regarda faire, les sourcils froncés : il ne s'était jamais permi un tel acte avec elle. À par à leur rencontre, jamais il n'avait eu ce geste avec elle. Ils se saluaient par les mots, en début comme en fin de journée. Etait-elle jalouse de sa meilleure amie ? Meilleure amie qui sembla vite pardonner à Castle de ne pas l'avoir remarquée. Puisqu'il lui glissa sensuellement, avec un sourire :
« Bonsoir, Lanie. »
« C'est mieux ! »
« N'en fais pas trop, quand même, bro ! »
Beckett sourit, espérant que personne ne le remarque : elle n'était donc pas la seule à ne pas apprécier que Castle embrasse Lanie. Et à entendre Esposito, il avait du y avoir un communiqué officiel sur la relation de Lanie et Esposito pendant son coma. Elle laissa cela de côté, et reprit un air festif, s'approchant de la table pour y déposer les bières des garçons, alors que Lanie avait dans ses mains leurs deux bières.
« Et ma bière, alors ? »
« J'ai bien essayé, mais le barman n'a pas voulu me croire quand je lui ai dit que vous vous joindriez vite à nous. Comme si lui aussi n'avait pas eu de nouvelle depuis un moment. »
Elle avait ce sourire, celui qui lançait un "et toc!" alors qu'il camouflait la peine qu'elle avait eu de ne pas avoir de nouvelles. Castle lui sourit en retour, et lâcha une réplique qu'il regretta aussitôt.
« Croyez-moi que si ! J'appelle toujours les personnes importantes ! »
En voyant la mine décomposée de Beckett, Ryan se chargea de répondre.
« Tu ferais mieux d'aller te chercher une bière au lieu de dire n'importe quoi. Il ne m'a pas cru non plus lors de la première tournée. »
Castle n'eut pas de peine à croire que ce n'était pas leurs premières bières : il y avait déjà des bouteilles vides sur la table. Mais de là à ce qu'ils aient présenté leur soirée au barman, il n'y croyait pas. Beckett avait juste voulu se montrer plus forte qu'elle n'était, et lui n'avait pas su mesurer la force de ses paroles. Il ne répondit rien au jeune flic et se dirigea vers le bar. Revenant quelques minutes plus tard, avec une bouteille déjà entamée dans la main. Il décidé de s'asseoir à côté de Beckett : pur hasard.
« Alors, que s'est-il passé ? »
« On s'est foutu de nous, voilà ce qu'il s'est passé. Et si je trouve celui qui a prit ce plaisir, je te jure qu'il va savoir qui je suis ! »
« Tout était faux : le corps, le lieu, son nom, son numéro.. Tout. Il est pas bête. »
« Quoi ? C'est tout ? »
« Il n'y a pas toujours une histoire, Castle. »
« Si, au contraire. Vous l'avez dit vous-même : vous restez persuadée qu'il y a un corps. Il y a donc une histoire. Pourquoi le tueur a appelé la police pour les lancer sur une fausse piste ? Veut-il mener les recherches ? Veut-il être coincé ? Peut-être que le meurtre a bien eu lieu, votre gars c'était un témoin. Mais le meurtre venait de bien plus haut et important que vous : le témoin a été éliminé et ils se sont débarrassés des deux corps. J'ai trouvé votre histoire ! »
« CIA ? »
« FBI. NSA USMS. DCIS. NCIS. CIA. Vous avez l'embarras du choix. »
« Si vous écriviez l'histoire, Castle, ce serait quoi ? »
« CIA ! » « CIA ! »
Tous se retournèrent vers les deux amis : ils avaient tellement l'habitude des théories loufoques de Castle dans lesquelles revenait la CIA. Comme Beckett l'avait fait, ils avaient de suite mis la main sur le bon service. Mais Castle ne voulait pas se montrer aussi facile à deviner. Et alors que Beckett et les garçons rigolaient, Castle répondit à Lanie avant de prendre une gorgée de sa bière.
« NSA. Avec, pourquoi pas l'aide de la CIA. »
« Je vais vous dire mon histoire : un malade vient de tuer quelqu'un, ou va tuer quelqu'un. Il a inconsciemment envie de se faire attraper, et nous appelle en nous parlant d'un faux meurtre. Quand on trouvera le cadavre qu'il a laissé derrière lui, il se sentira en sécurité. Il se croit malin et pense qu'on ne le trouvera pas. Sauf que quand je trouverais ce corps, je le trouverais aussi : et il regrettera s'être moqué de nous ! »
« Je reconnais Nikki Heat : n'acceptant pas qu'on se paye sa tête ! »
« Je peux vous parier que je retrouverais ce type, Castle. »
Il n'avait rien rétorqué : elle lui avait déjà fait une promesse de ce genre et elle avait eu gain de cause. Il ne la lâcha pas du regard, un sourire en coin, alors qu'elle avait son sourire triomphant, prenant quelques gorgées de sa boisson. Ils restèrent un long moment à parler de boulot, Castle se sentait totalement exclu et ils le remarquaient tous. Beckett la première, faisant tout pour qu'il ait ce sentiment, elle n'arrêtait pas de rappeler toutes les fois où il avait fait une boulette. Prenant soin de manquer toutes les fois où il avait récolté un franc succès avec ses théories. Elle cherchait à le faire payer, c'était évident. Mais payer quoi ? Elle avait semblé si perdue à son réveil, alors que lui était si distant. Puis, au commissariat, elle avait joué et plaisanté avec lui comme avant, jusqu'à ce que le sérieux reprenne le dessus et qu'ils ne se querellent à propos de son absence et des excuses de Kate. Et quand il était entré : elle était là, et s'adressait à lui comme si de rien n'était. Il n'avait pas toujours eu le beau rôle, mais il devait reconnaître que parfois elle aussi pouvait le jouer à merveille. Alors que les trois autres lançaient des signaux flagrant à Beckett, signe que ça suffisait, Castle se leva.
« Ma bière est vide. Quelqu'un veut quelque chose ? »
« Une dernière bière pour moi, s'il te plait. »
« J'en prendrais une aussi. »
« Ca ira pour moi, merci. »
« Je t'accompagne, Castle. »
A peine s'étaient-ils éloignés de la table qu'ils se retournaient.
« Aïe ! Mais ça va pas ? »
Il semblait que Beckett se soit prit un coup, les garçons pouvaient la voir se frotter la jambe. Ils ne cherchèrent pas à comprendre, mais attendirent plutôt leurs bières.
« Depuis quand tu as des accès de rage, comme ça ? »
« Tu peux me dire depuis quand tu es aussi stupide, toi, hein ? »
« Je ne vois pas de quoi tu parles ! »
« Elle parle des cinq dernières minutes où tu n'as pas cessé de descendre Castle. »
« Mêles toi de tes affaires, Ryan. »
Beckett s'était montré un peu froide, face à cette réplique. Ryan était peut-être celui qui c'était le moins mêlé de cette relation. Il avait préféré rester en arrière, observant et ne cessant d'espérer qu'ils ouvrent les yeux. Tout comme Esposito, il avait eut de la peine pour Beckett quand Castle était parti pour les Hamptons avec Gina, sauf qu'au retour de l'écrivain il ne s'était pas montré aussi protecteur.
« Kate ! Il a raison : tu dresses la listes des mauvaises idées que Castle a pu avoir pendant ses trois années avec vous. »
« C'est qu'elle est plus longue que celle de ses bonnes idées. »
« On parle toujours de vos enquêtes, là ? »
« C'est quoi qui te dérange le plus, au final ? Qu'il ait lui même dit au capitaine qu'il ne voulait plus te suivre, où qu'il n'ait pas donné de nouvelles depuis ton réveil ? »
« Ce qui me dérange c'est qu'il disparaisse et réapparaisse comme si de rien n'était. Comme si nous l'attendions pour continuer à vivre. »
« Parce qu'il est clair que tu n'as pas besoin de lui pour vivre ! »
« De qui n'avez-vous pas besoin pour vivre ? »
« Mais Beckett n'a besoin de personne, tu le sais bien. »
Un silence presque pesant régna. Castle distribua les bières commandées, et se réinstalla aux côtés de Beckett. Une chanson se fit entendre, dans le vacarme du bar.
*last dance, by camera can't lie*
« J'adore cette chanson ! »
Tous les regards se posèrent sur elle. Elle s'en aperçut rapidement, mais peu importait : elle essayait tant bien que mal de se concentrer pour ne pas perdre une seule note.
« Vous voulez danser ? »
« On entend à peine la musique ! »
Elle n'avait pas formulé de réponse positive, soit, mais elle n'avait pas non plus dit non. Il ne pouvait pas abandonner la partie, comme elle lui reprochait d'avoir déjà fait.
« Je peux arranger ça. »
« Personne ne danse, Castle. »
« Vous avez peur d'être une pionnière ? »
« On est dans un bar, il n'y a même pas de piste. »
« On est dans MON bar, Beckett ! »
Il se dirigea vers le comptoir, d'où on pouvait régler le volume. Il augmenta le son assez pour qu'ils puissent profiter de la musique en dansant, mais pas trop pour ne pas gêner ceux qui se fichaient de l'ambiance musicale du lieu. Ensuite, il s'excusa auprès de quelques clients : ils déplaçaient leurs tables mais leur offrait une tournée pour se faire pardonner. Puis il revint vers Beckett.
« Plus la peine de chercher : vous êtes obligée d'accepter, maintenant. »
Elle sourit, gênée mais lui donna sa main et se leva pour aller danser. Au fur et à mesure de la danse, leurs deux corps se rapprochaient. Chacun avait pourtant bien prit la peine de ne pas se positionner trop prés de l'autre. Mais la musique les portaient. Ils furent vite rejoints par Esposito et Lanie. Ryan resta à table pour les regarder. S'il n'avait pas vu venir la relation de son co-équipier avec la médecin légiste, il l'avait vite deviner. Au contraire de Beckett et Castle, cette relation il s'attendait à la voir depuis le début, et pourtant.. A chaque fois qu'ils étaient à deux doigts d'y parvenir, l'un ou l'autre faisait un mauvais choix.
« J'espère que la danse vous plaît, parce que le bar ne fera pas beaucoup de bénéfice avec les verres que j'ai du offrir pour créer cette piste de danse. »
« Je ne vous avez rien demandé, Castle. Mais, c'est parfait, merci. »
« Toujours. »
Beckett finit par poser sa tête sur l'épaule de son écrivain, alors que lui caressait légèrement les cheveux ondulés de sa muse.
« Désolé de vous déranger, mais je vais rentrer. Merci pour la soirée, Castle. »
La chanson allait bientôt se terminer. Ryan avait longtemps hésité à les déranger, comme s'il risquait de tout gâcher. Mais il avait vu qu'Esposito et Lanie s'était échappé à peine au premier refrain. Tenir la chandelle ne lui disait pas, et sa fiancée l'attendait, elle lui manquait surtout. Alors il avait prit son courage à deux mains, et avec un léger sourire s'était excusé mais avait pris congé.
« Oh, très bien. Je t'en prie, quand tu veux ! Bonne soirée. »
« Bonne soirée Kévin. »
« Bonne soirée. »
Castle avait essayé de garder un semblant d'étreinte avec Beckett, espérant continuer à danser après le départ de Ryan. Mais c'était sans compter sur la détective. Celle-ci le regarda comme si elle venait de se réveiller d'un rêve. Un magnifique rêve. Elle avait un sourire qui trahissait le plaisir qu'elle avait eu à danser avec lui. Oui trahissait si toutefois elle voulait le nier. Elle avait toujours un bras autour de la nuque de l'écrivain, mais ne dansait plus. Ils étaient donc immobile, au milieu du bar, se regardant - amoureusement ? - tendrement, comme à leur habitude.
« Il a raison, il est tard. Il vaudrait mieux que je rentre aussi. »
« Mais la chanson n'est pas finie. »
Beckett fut surprise de l'entendre dire cela. Après tout, c'était SA chanson à elle, pas à lui. Elle lui sourit et se décolla totalement de lui alors que les dernières notes jouaient, et laissaient place à une nouvelle chanson.
« Hé bien, maintenant c'est le cas. »
Il savait que jamais elle n'accepterait de se faire bousculer, elle allait à son rythme. Peu importe la situation, elle n'aimait pas qu'on décide pour elle quand faire un pas en avant et quand en faire deux en arrière. Il retira alors ses mains du corps de la jeune femme, de sa taille, plus précisément, car c'était là où elles avaient atterries quand elle s'était éloignée de lui. Il ne dit pas un mot, la regardant, l'observant même. Peut-être que ce n'était pas fini. Elle changea son sourire en celui gêné qui prenait toujours place quand elle se savait contemplée par lui.
Parcourant le bar du regard, il réalisa que Ryan n'était pas parti à cause de l'heure tardive mais parce qu'il se retrouvait seul. Lanie et Esposito étaient introuvables : ils avaient dû avoir envie de plus qu'une danse. Ce qu'il pouvait les envier, parfois.
« Cela ne vous dérangerez pas de me raccompagner ? »
« Impossible, Castle. »
Il eut un pincement au cœur : Josh devait l'attendre, ou pire passer la prendre. Il mit ses mains dans ses poches et chercha une solution. Un taxi ? Encore une fois, Alexis saurait qu'il avait trop bu pour prendre le volant. Ce genre de choses ne le gênait guère avant d'avoir sa fille. Depuis, il ne prenait la voiture sous emprise d'alcool qu'en cas d'extrême urgence. Et maintenant qu'il connaissait Beckett, il ne voulait pas qu'elle voit son dossier augmenter en charges pour des amandes stupides à cause de conduite en état d'ivresse. Il avait voulu être meilleur homme pour Alexis, il voulait être un homme parfait pour Beckett.
C'est à cela qu'il pensait : que les femmes le faisaient changer continuellement, mais pas n'importe quelles femmes, quand Beckett le sortit de ses pensées.
« C'est Lanie qui est passée me prendre, je n'ai pas ma voiture. »
« Elle a conduit ? »
« C'était sa voiture ! »
Sur ces mots elle se dirigea vers la table continuer sa bière, se demandant quand il allait proposer d'appeler un taxi. Castle, lui, serra l'un de ses poings et fit mine de se le mordre. Elle refusait toujours qu'ils conduise quand ils étaient ensembles en voiture. Presque toujours. Mais les fois où elle acceptait se comptaient sur les doigts de la main, alors que le contraire était infaisable. Il la rejoint, quelques secondes plus tard.
« Vous pouvez vous servir du téléphone du bar. Pour appeler Josh. »
Avait-il ajouter alors qu'elle avait posé sur lui un regard d'incompréhension.
« Non ! Merci, ça ira. Vous n'avez pas votre voiture ? »
« Si, mais je préfère m'abstenir de prendre le volant. Mais suis-je bête, vous désirez conduire, peut-être ? »
« Non, j'ai trop bu aussi. »
« Je vais vous appeler un taxi. »
« On va le partager : vous n'allez pas en appeler deux, ni rentrer à pied. C'est ridicule. »
Castle acquiesça de la tête, alors qu'elle le suivait vers le bar, pour téléphoner. Ce qu'il fit rapidement, et avant de sortir il précisa au barman que toutes les consommations de sa table était pour lui et qu'il y avait aussi quelques boissons à offrir à certains clients. Puis il tendit son bras à Beckett pour sortir.
Il faisait légèrement froid dehors, mais l'attente ne serait pas longue. Castle avait une sorte de contrat avec une compagnie de taxi : Il leur fournissait des courses avec ses clients, et les chauffeurs faisaient un prix et proposaient un temps d'attente mineur.
Une nouvelle fois un silence prit place entre eux. Castle décréta qu'il ne serait pas celui qui le briserait. Parfois, le silence était tout aussi bien. Ces derniers temps, tous leurs échanges - ou la majorité - se transformaient en dispute. Il ne voulait plus de cela, même si rien n'était réglé entre eux.
Beckett se faisait violence pour ne pas regarder Castle. Depuis leur danse elle avait ce sourire collé aux lèvres, et d'un autre côté elle ne savait pas quoi faire. Encore une fois, alors qu'ils étaient tous les deux, presque à flirter dans ce cas, il ramenait Josh dans la conversation. Elle se demandait si elle avait eut le même comportement, après son retour des Hamptons. C'est alors qu'elle sut qu'il fallait mettre les choses au clair. Ses agissements la faisait souffrir, et s'il insistait autant avec Josh, c'est que lui aussi devait avoir mal.
« J'ai rompu avec Josh. »
Lança-t-elle alors que le taxi se garait juste devant eux. Le chauffeur était un habitué de Castle et le salua, le coupant dans son élan de réponse.
