Souvenirs
Le soir, Harry se pointa devant le bureau de Rogue pour sa retenue. Il tremblait comme un Neville en cours de Potions. Il ne savait pas à quoi s'attendre. Peut-être que Rogue le battrait, peut-être lui annoncera-t-il son revoie, peut-être, viendra-t-il avec un Dumbledore déçu...? Harry voulait vraiment s'enfuir loin de là. Se cacher sous terre et ne plus jamais refaire surface. Changer carrément de planète. Il aurait voulu avoir sa cape d'invisibilité éternellement sur lui. Mais cela, il ne le pouvait pas: Rogue avait ouvert son bureau et lui faisait signe d'entrer. Harry s'exécuta timidement.
- Alors, Potter? fit Rogue d'une voix détestable.
- Oui...?
- J'attends ce que vous avez à me dire.
- Je... je n'ai rien à vous dire? Fit Harry qui se demanda si Rogue voulait qu'il se confesse ou qu'il lui dise autre chose.
- Vraiment?
- Oui.
Rogue fit briller ses yeux noirs d'une façon étrange. Il s'approcha de Harry et brandit sa baguette magique. Il murmura un sort qui fit clouer Harry contre le mur, ses membres attachés par des ficelles.
- Eh, que faites-vous! s'écria Harry, tout paniqué.
- Vengeance, Potter, fit Rogue.
- Je... Je n'ai rien fait! s'exclama Harry. Au secours!
- Inutile de crier, Potter, le bureau est protégé par un sort d'insonorisation. Et puis, inutile de mentir: je peux tester du Veritaserum sur vous.
Puis, Rogue se tourna vers son étagère où était disposé les potions et il se rendit compte qu'il lui manquait pas mal de chose puisqu'ils avaient été utilisé par Harry la veille. Rogue se crispa et Harry pâlit. Il n'avait plusaucune chance de s'en sortir. Et puis, il ne savait pas encore ce que Rogue lui réservait... Peut-être une séance de S.M.? Ou pire, encore... de la torture pure et simple. Comme le faisait les barbares aux temps les plus reculés. Harry avait lu quelque part que les Moldu du Moyen âge faisaient souffrir leur victimes d'une façon atroce... au début, les bourreaux leur enlevaient les ongles un à un. Ceux des mains puis ceux des pieds. Puis, découpaient les doigts dans le même ordre que les ongles. Ensuite, il fallait les démembrer en faisant bien attention de ne pas les laisser mourir par trop d'hémorragie. Puis, lorsque la victime ne pouvait plus bouger, car sans bras et sans jambes, ils allaient leur déchirer les oreilles pour ensuite leur crever les tympans avec des aiguilles chauffées à vif. Et enfin, enlever leur peau couche par couche, jusqu'à ce que l'on voit leur veines sortir de la peau, le tout sans jamais leur crever les yeux pour qu'ils puissent assister à leur propre supplice jusqu'au bout. Harry savait que la plupart mourraient durant de douleur mais pour les survivant, le bourreau donnait le privilège à quelqu'un prit au hasard dans la foule (car les tortures se déroulaient dans des lieux publics) de leur casser le vertèbre de ses propres mains.
En voyant de la peur dans les yeux de Harry, Rogue eut un rictus. Il posa sa main sur l'épaule de l'adolescent et se rapprocha dangereusement. Harry pâlit de plus en plus. Il avait tellement peur! Alors, il cria dans un effort considérable:
- AU SECOURS! QUELQU'UN! INCESTE! TRAHISON! A BAS L'ÉCOLE! LIBERTÉ AUX ELFES DE MAISON! SOS! AU VIOL!
Soudain, Rogue se mit à rire. Il semblait se foutre de la gueule de Potter.
- Viol? je ne vous ai encore rien fait Potter, fit-il. Et je dirai plutôt que c'est vous qui m'avez violé la veille. Je me trompe?
Harry se tut. Il savait que cela ne lui servait à rien de mentir alors, il avoua:
- Oui... mais c'est parce que...
- Suffit! s'écria Rogue. Je ne veux pas de vos excuses minables!
- Parce que l'Amour est une chose minable! éclata Harry.
Rogue resta un moment interdit. Non, il avait du avoir mal entendu... Harry Potter, l'aimer? Impossible!
- Je vous aime... murmura de nouveau Harry.
- Non, c'est faux... bredouilla Rogue, non... non... vous dites cela parce que vous êtes piégé et que vous n'avez rien pour vous défendre.
- C'est la vérité.
Harry commençait à avoir les larmes aux yeux. Il aimait tant Rogue que cela lui faisait de la peine de le voir bafouillé dans son honneur à cause de... lui.
- Potter, vous ne m'aimez pas! s'écria pourtant Rogue: vous aimez Chang!
C'est vrai, il aimait Cho mais... moins que Rogue. Différemment de Rogue. Autrement que Rogue. Cho, c'était un amour éphémère et superficiel d'un adolescent. Rogue c'était l'amour de sa vie.
- J'aime bien Cho mais vous, je vous aime...
Quel tête de mule ce Potter! pensa le professeur et Rogue, lui lança un regard glacial afin de lui fit comprendre une fois pour toute:
- Je ne vous aime pas, Potter!
- Parce que je vous ai violé...?
- Non, parce que vous n'êtes pour moi qu'un élève! Un simple élève!
- Mais...
- Un professeur et un élève, cela ne se fait pas! Vous comprenez, Potter!
- Oui...
Rogue détacha Harry du mur. Celui-ci resta planté, adossé au mur, attendant quelques ordres de son professeur.
- Cela restera entre nous, Potter, souffla finalement Rogue.
- Merci.
- Et ne me refaites plus jamais ça.
- Bien.
- Je ne vous aime pas.
Harry avais compris, il était peut-être bête mais il n'était pas sourd! Le Survivant soupira donc bruyamment, pour lui faire comprendre qu'il était déjà blessé profondément comme ça et que Rogue n'avait pas besoin de le lui répéter. Mais en fait, Rogue avait dit cela pour s'efforcer à croire tout ce qu'il disait lui même. Oui, il voulait se convaincre qu'il n'aimait pas Potter... Alors, il ne répliqua rien à propos du soupir exaspéré de Harry. Il était trop occupé à penser à Potter. James... Il le haïssait tant. James Potter. Comment Lily avait-elle put le rejeter comme une vieille paire de chaussette pour ce Potter? Peut-être en était-il une, une paire de chassette puante? Non, c'est cette sang de bourbe de Lily qui n'avait rien compris... Et Rogue se rappelait...
Il était encore en quatrième année et c'était bientôt la fin des cours: les grandes vaacnces étaient pour dans une semaine. Severus et Lily se retrouvaient tout le temps après les cours dans une petite cabane en bois, dans la Foret interdite. C'était en fait une dépendance de la cabane de Hagrid. Le garde chasse ne la visitait quasiment jamais et là, on pouvait être sûr que personne ne viendrait vous déranger. Et donc, là, Rogue et Lily se retrouvaient chaque soir. Lily était belle, intelligente et douce. Et ce soir là, il faisait encore un peu jour malgré l'heure tardive.
Rogue embrassa Lily sur la bouche, comme d'habitude et lui caressa l'entrejambe. Lily répondit à son baiser, le plus tendrement possible. Lily, c'était son ami. Son amant. Lily l'avait aimé alors que Severus était le plus détesté des élèves. Alors qu'il était le minable, le sale, le dégoûtant garçon qui est à Serpentard avec des cheveux gras et un nez crochu. Alors qu'il était le pauvre Severus, toujours seul dans son coin, sans ami et sans rien... Mais Severus s'en fichait de tous ces élèves racontards, car lui, il savait qu'il avait Lily. Que cette jeune fille l'aimait et que lui, aimait Lily plus que tout au monde...
Dans cette cabane, ils se déshabillèrent ensemble et se mirent dans un tas de pailles. Puis, comme si c'était pour la première fois, tout ce passa merveilleusement bien. Rogue se laissait faire: Lily lui suçait le coup, lui léchait son corps puis son pénis. Il éjacula même dans la bouche de son amie qui avala le liquide en gloussant. Rogue se laissa caresser et il se sentit très heureux... Il voulait que cela dure éternellement. Et pourtant, lorsqu'ils durent se rhabiller, Lily lui sourit tristement et dit:
- Bonnes vacances, et adieu...
- Quoi? pou... pourquoi Adieu? s'était précipité Severus. On se voit pas pendant les gandes vacances? Et l'année prochaine, tu seras à Poudlard aussi, non?
- Mais Severus, à la prochaine rentrée, on sera en cinquième année et on sera "adulte". Ce jeux de gamin est fini.
- Mais...
- Tu as été un très bon partenaire pour moi. Tu seras un très bon souvenir.
- Mais, tu m'aimes!
- Oui, si tu veux on reste ami...
- Et tous ces baisers que tu m'as donné! Tous ces "je t'aime"!
- Que des gestes, que des mots...
- Alors, rien était vrai?
- Seul le souvenir compte... Et tu sais bien que j'aime beaucoup James, il est grand beau, charmant et il me fait cour tout le temps... En plus, il est riche et il n'est pas un admirateur de la magie noire, comme toi. Au début, je le trouvait chiant mais sa persévérance m'a beaucoup touchée.
- Non, mais c'est moi que tu aimes, tu me l'avais dit!
- Ma bouche te l'a dit, pas mon coeur, désolé Severus. Mais si tu persistes, je dirai à tout le monde que tu es en vérité un sang-mêlé.
- Je te hais! Tu t'es joué de moi!
- Non, Severus, on a joué ensemble.
Ah, comme il l'avait hait... Et c'était même pour détruire le couple de James en tuant Lily que Rogue était devenu Mangemort. Mais, jamais, jamais, il n'aurait pu faire de mal à Lily... car quoi qu'il puisse dire avec sa bouche, avec sa voix froide, son coeur, lui, dirait toujours le contraire: il l'aimait... Et pourtant, jamais il ne pourrait pardonner ce que Lily lui avait fait. Alors, comment pouvait-il aimer Harry, lui qui avait les mêmes yeux qu'elle!
Rogue revint dans le moment présent lorsque Harry lui demanda quelque chose:
- ... ien?
- Pardon?
- Vous allez bien? répéta Harry. Vous êtes tout pâle.
Harry... Comme il ressemblait à Lily! Rogue sentit bien qu'il assimilait le jeune Potter à la jeune fille qu'il avait aimé. Mais il savait bien que Harry n'était pas Lily et lui, il aimait Lily.
- Je n'ai rein, vous pouvez partir, Potter, répondit sèchement Rogue.
Harry hésita un moment et partit finalement. Mais avant de refermer la porte derrière lui, le Survivant avait murmuré:
- Si jamais vous avez besoin de moi, je serai toujours là pour vous...
Harry et Lily. Ils se ressemblaient comme deux gouttes d'eau comme s'ils étaient des clones. Mais Harry n'était pas Lily et pour preuve, le Survivant était de sexe masculin... Mais pourquoi avait-il les yeux de Lily? Rogue s'assit à son bureau et donna un coup de poing sur la table. Il se cogna la tête sur la table plusieurs fois et commença à replonger dans ses souvenirs. Lily...
Comme elle embrassait bien. Comme elle caressait bien... Inconsciemment, la main de Rogue caressait son entrejambe et frottait énergiquement ses cuisses. Il souleva sa robe de sorcier et l'autre main alla sur le pénis. Il se caressa durant quelques instant en pensant à Lily... mais soudain, dans son imagination, Lily devient un homme. Rogue, choqué, arrêta sa masturbation. Il ne pensait pas à Lily mais à Harry! Le fils de James Potter! ... Non, il n'aimait pas Harry. Et pourtant...
- Potter... Harry, soupira Rogue.
Cela lui fit bizarre de prononcer le prénom d'un élève. C'était bien pour la première fois...
Harry ne savait plus quoi faire. Il avait vraiment mal au coeur. Il aimait Rogue mais celui-ci ne l'aimait pas. Alors, que lui restait-il à faire? Aller voir Cho? Non, ce serait un insulte pour cette fille! Ce serait comme s'il la considérait comme pièce de rechange! Et cela, Harry, ne le voulait pas: il respectait trop la Serdaigle.
- Harry, ça va? Pas trop fatigué de la retenue? demanda une voix amical.
- Ron...
- Oulà, ça a pas l'air d'aller, toi.
- Dis moi franchement, que ferais-tu, toi, si la personne que tu aimais ne t'aimais pas?
- Quoi?
- Réponds moi s'il te plaît, supplia Harry.
- Cho t'as foutu un vent, c'est ça? demanda Ron, compatissant.
- Oui, mentit Harry.
- Moi aussi, j'aime une personne qui ne m'aime pas, avoua alors Ron.
- Et là, tu as envie de te suicider, c'est ça?
- Non, moi, j'ai envie de vivre pour elle, fit Ron. J'ai envie de vivre pour elle, même si elle ne m'aime pas, je resterai près d'elle, je serai son ami le plus fidèle et si jamais elle a besoin de quoi que ce soit, je serai toujours là pour elle. Et si jamais, elle n'aura plus besoin de moi, alors cela voudra dire que c'est ma fin...
- Tu veux dire, si jamais elle se trouve quelqu'un?
- Non, je veux dire, si elle meurt. Parce que tant qu'on est en vie, on a toujours besoin de quelqu'un.
Harry soupira. Rester en vie pour protéger Rogue... Mais comment protéger une personne qui est censé être plus forte que soi! Rogue, c'est lui qui protégeait toujours Harry! Et puis, Rogue n'avait besoin de personne... Alors, Harry n'avait-il donc qu'à se suicider. Car il ne servait à personne, il n'était rien. Et puis, pour Vldemort, quelqu'un s'en chargera bien... Harry se sentait vraiment inutile quand soudain, il vit Rogue courir vers le bureau de Dumbledore. Le professeur de Potions avait l'air vraiment inquiet.
- Je crois qu'il y a du nouveau chez les Mangemorts, remarqua Ron.
- On devrait aller voir Dumbledore, nous aussi, fit Harry. Va chercher Hermione.
- Non, on lui dira plus tard. J'ai pas envie de la voir maintenant... Elle m'a brisé mon coeur.
Sans trop prendre la peine de répondre, Harry se dirigea vers le bureau de Dumbledore et attendit que Rogue sorte pour demander plus d'explication. Mais Rogue ne sortit jamais. Dumbledore quitta son bureau tout seul et le directeur fut surpris de voir les deux élèves devant son bureau:
- Que voulez-vous, les enfants? demanda-t-il.
- Où est le professeur Rogue? demanda Harry.
- En mission.
- Et quand reviendra-t-il? continua Harry.
- Dans deux heures, m'a-t-il dit, répondit Dumbledore, visiblement aussi surpris que Ron.
- Merci, fit Harry qui, sans se soucier de Ron qui lui courrait après, alla directement attendre devant le bureau de Rogue.
- Mais qu'est ce que tu fais, Harry! s'exclama Ron qui le rattrapa avec peine. Pourquoi tu veux attendre Rogue: on s'en fiche de lui!
- Je dois lui rendre un devoir, mentit Harry de nouveau.
- Quoi mais... depuis quand tu es devenu sérieux toi? s'étonna Ron.
- Depuis que j'ai décidé de... Harry réfléchit un instant, puis, dans un souffle, il mentit de nouveau: passer le concours d'entrée des écoles pour devenir Auror.
Il ne pouvait pas dire à Ron, son meilleur ami, qu'il se souciait de Rogue. Il en avait pas honte mais il ne voulait pas perdre son ami qui ne portait pas Rogue dans son coeur... alors, il lui avait mentit. Ron, qui ne se doutait de rien, cru à ce mensonge et laissa Harry devant le bureau de Rogue.
Harry attendit durant deux heures l'arrivé de son professeur mais Rogue ne revint pas. Au bout de trois heures, Harry était toujours seul. A minuit, Harry décida d'aller voir Dumbledore mais en chemin, il rencontra le professeur de Potions qui lui sourit.
- Potter, venez avec moi, dit-il.
- Où ça? demanda Harry.
- Ne posez pas de question, suivez-moi.
Harry ne répondit rien. Il savait que la personne qui se tenait devant lui n'était pas Rogue mais peut-être qu'en le suivant, il saura où est son vrai professeur...
