- Chapitre 2 -
Ou un malheureux sort peut avoir des conséquences dramatiques...
Oui, bon. J'avoue que je me mettais souvent en colère. Voire très souvent. C'était la seule et l'unique raison pour laquelle on me craignait dans cette école. Pour mes colères qui faisaient l'effet d'une tornade. Et pas qu'au sens littéraire du terme.
Tout avait commencé le jour de la rentrée, à la répartition. Vous savez, le célèbre instant où l'on vous pose un chapeau vieux comme Merlin, rapiécé de partout et qui est passé par toutes les têtes de tous les élèves dans la salle. Ah, vous aussi vous vous dîtes que vous avez quatre-vingt dix-neuf pour-cent de chances d'attraper des poux. Bien, je me sens moins seule sur le coup.
Bref, j'attendais comme tous mes petits camarades hauts comme trois pommes, lançant un regard blasé sur la Grande Salle. Ouais, les bougies qui flottent toutes seules, le ciel au-dessus de nos têtes qui reflétait le bel orage - qu'on avait essuyé quelques minutes auparavant - sans qu'il ne tombe aucune goutte, les murs de pierre avec leurs grandes cheminées et tous ces yeux fixés sur nous... cela ne me faisait pas grand chose. Je n'étais pas une petite fille très impressionnable - cela l'était toujours, d'ailleurs. Je m'étais faîte assez rapidement à ce nouvel environnement pour le moins différent - quel doux euphémisme... - du mien.
La voix du professeur McGonagall - du moins, c'est le nom qu'elle nous avait donné lorsqu'elle s'était présentée - me sortit de la contemplation de tout ces visages d'adolescents boutonneux et affamés. Dire que dans quelques années ce serait mon tour... Oh God.
- Weasley, Charles !
Je vis un petit garçon aux cheveux roux lui descendant le long de la nuque s'avancer. Il s'assit sur le tabouret en bois prévu à cet effet, et la directrice adjointe posa un vieux chapeau sur sa tête. Celui-ci, à peine quelques secondes après avoir effleuré sa chevelure de flammes, sembla ouvrir une bouche usée - il s'agissait en réalité d'un effet d'optique produit par le tissu usagé.
- GRYFFONDOR ! s'écria la voix du chapeau.
Le petit garçon sauta sur ses pieds et, une lueur de joie intense brillant dans ses yeux bleus, rejoignit avec un sourire immense et une fierté apparente la table la plus à gauche, qui avait explosé en cris et en sifflements, tout comme lorsque ma nouvelle amie - on employait ce mot à tort et à travers à cet âge-là -, une certaine June Rivers, s'était assise sur leurs bancs un peu plus tôt.
Je le suivis un instant du regard, il s'assit aux côtés d'un garçon roux un peu plus âgé que lui et qui faisait vraisemblablement partie de sa famille vu l'air de ressemblance qui se dégageait d'eux. Il lui tapait avec force dans le dos, le félicitant avec un grand sourire. J'appris plus tard qu'il s'agissait de William - plus communément appelé Bill par tout Poudlard - Weasley, le préfet de Gryffondor, et son frère aîné.
Je n'eus pas le loisir d'admirer plus longtemps cette preuve de joie fraternelle, un autre nom retentissait déjà.
- Wild, Harper !
Je ne mis guère que quelques instants à comprendre qu'il s'agissait de moi. Le moment d'après, je m'avançais déjà, les jambes légèrement tremblotantes - j'avais beau dire que rien ne me faisait peur, avoir pas loin de huit cents paires d'yeux braqués sur soit, ça mettait un peu la pression.
Quand je m'assis enfin sur le tabouret inconfortable, McGonagall s'approcha de moi et, du bout des doigts, déposa le Choixpeau sur ma tête. Il tombait désagréablement sur mes yeux vert d'eau, me cachant la vue. Il faisait un noir complet, quand une voix tout aussi détestable que cette sensation retentit à mon oreille.
- Alors comme ça je suis détestable ?
Je sursautait violemment, manquant de tomber du tabouret. Première expérience d'un objet magique : affreusement surprenante. Et ce n'était pas un compliment.
... Comment un simple couvre-chef pouvait lire dans les pensées des gens ?
- Je ne suis pas un chapeau ordinaire, petite, fit le Choixpeau, nullement offusqué.
Ok, ok. C'était un chapeau magique, j'avais compris. Plus rien ne devait m'étonner pourtant, depuis qu'un certain mage barbu avait débarqué dans mon salon pour m'annoncer que j'étais une sorcière...
- Une sorcière étonnante par ailleurs, répondit la voix qui flottait dans ma tête, m'interrompant.
Comment ça ? Oui, je préférais penser que parler à un chapeau. Il y avait une certaine limite à ne pas dépasser, tout de même.
- Tu as le sang chaud, et un grand sens de la répartie, petite, ainsi qu'une fierté que je jugerais, si j'ose le dire, mal placée. Gryffondor pourrait te convenir.
Je ne suis pas petite ! Et ma fierté vous emmerde !
- Ne t'énerve donc pas ! C'est, d'une certaine manière, un compliment. Enfin... Je vois également que Serpentard t'accueillerait avec un grand plaisir, un esprit aussi mordant que le tien pourrait apporter du sang neuf aux verts et argent...
Bon, vous allez vous décider, oui ou non ! De toute manière, peut importe l'endroit où j'irais, ce sera pareil pour moi.
- Hm... Il y a cependant quelque-chose qui me chiffonne, continua le Choixpeau sans prêter attention à mon agacement progressif.
- MAIS TU VAS TE GROUILLER OUI !
... Je crois que je viens de péter mon premier câble dans cette école. Les nerfs qui lâchent, sans doute.
Alors que des murmures - s'ils croyaient que je ne les entendais pas, ils se fourraient le doigt là où je pensais - couraient entre les tables depuis plusieurs minutes, le temps de mon échange plus ou moins cordial avec ce maudit de chapeau en fait, toute la salle s'était tue au moment où je m'étais levée, et avais hurlé contre le Choixpeau.
Je crois qu'un ou deux verres s'étaient cassés, et mes cheveux couleur paille s'étaient dressés sur mon crâne, faisant glisser quelque peu mon bien étrange couvre-chef.
Celui-ci me sembla sourire - ce qui était impossible puisque c'était un chapeau, un putain de chapeau... -et siffla tout près de mon oreille gauche :
- Je le savais. Même si tu as du répondant et une tendance à perdre ton calme facilement, il y a au fond de toi une petite flamme que tu essayes de cacher à cause de ta fierté. De grandes capacités intellectuelles combinées avec cette étincelle de curiosité que je devine, seraient profitables aussi bien à toi-même qu'à la maison de...
- SERDAIGLE !
Et voilà comme j'avais rejoint les bleus et bronze, sous les regards effarés de tous les élèves présents, harassée par ma lutte mentale, et énervée que ce foutu bout de tissu rapiécé ait su lire aussi facilement en moi. Oui, je portais un regard détaché sur le monde qui m'entourait, mais j'étais aussi fascinée par tout et incroyablement ravie de vivre un tel conte de fées.
Enfin, c'est comme cela que Poudlard m'apparaissait à ce moment-là. J'avais vite déchanté les jours suivants, en assistant aux premiers cours. J'en étais presque venue à regretter mes bons vieux exercices de mathématiques, que je résolvais avec une étonnante facilité. Et je doutais que le Choixpeau évoquait cela en parlant de "grandes capacités intellectuelles"...
Je me retrouvais donc à Serdaigle, sans savoir vraiment comment ni pourquoi, et en plus on me regardait bizarrement. Sans oublier que j'avais légèrement piqué une jolie crise de colère devant toute la population poudlardienne. Ça commençait bien.
Les années suivantes suivirent le même fil, la seule différence notable étant que mes crises prirent une ampleur plus conséquente. En effet, étant de nature rancunière, il n'était pas rare de me voir me battre dans les couloirs de l'école contre un autre élève qui m'aurait insulté. Et rien ne valait un sortilège bien placé pour être tranquille le reste de sa scolarité.
Cela rendait June un peu perplexe. Elle m'avait dit un jour, un sourcil levé, quelque-chose du genre "Je croyais que tu aimais le calme et la tranquillité ? Alors pourquoi tu vas toujours leur chercher des noises ?". Il était vrai que je n'appréciais rien autant qu'un environnement paisible et silencieux. Seulement, j'étais également impulsive et je partais au quart de tour lorsqu'on me provoquait. Un côté gamin qui était resté, rajouté à une certaine estime de moi-même, cela faisait des étincelles... Mais le reste du temps, j'étais posée et réfléchie.
Je n'étais pas une grande fanatique du travail comme ces dérangés de Poufsouffle, mais j'adorais apprendre. J'étais très curieuse et passais ma vie dans les livres, ce qui me réussissait assez bien question études puisque j'étais l'une des meilleures élèves de ma maison, sûrement la raison pour laquelle ce stupide Choixpeau m'avait placée ici.
J'avais également le sens des responsabilités et savais me faire respecter. C'était sans doute pour cela que le corps professoral avait décidé d'un commun accord de me nommer préfète en cinquième année, poste que j'occupais encore actuellement. Malgré le fait que je devais quitter mon fauteuil bien moelleux situé tout près du feu pour aller faire des rondes la nuit, ce n'était pas très désagréable. Il y avait quelques avantages à être préfet. Notamment un à ne pas négliger, c'est-à-dire pouvoir retirer des points à une certaine personne répondant au nom de... Charlie Weasley.
Je ne me souviens pas exactement la raison pour laquelle on avait commencé à se détester mutuellement, mais, en tout cas, cette situation durait depuis notre deuxième année, si ma mémoire était exacte.
Il me semble que c'était après un malheureux cours de Défense Contre les Forces du Mal, le premier de l'année avec encore une fois un nouveau professeur, mêlant Serdaigle et Gryffondor. Toute contente de me retrouver avec June - je n'avais bien sûr rien montré de cette émotion que j'avais jugé stupide -, j'étais tombée des nues lorsque le prof avait décidé de nous placer par ordre alphabétique pour pouvoir retenir nos noms avec plus de facilité.
M'asseyant à côté d'une tête rousse qui m'était légèrement familière - les Serdaigle s'était également retrouvés avec les Gryffondor l'année précédente, en Métamorphose -, j'avais grommelé vaguement en réponse au sourire et au "Salut !" bruyant de mon voisin de table. J'étais toujours déçue de ne pas être assise avec June, qui était quelques tables devant, et je n'avais pas l'intention de faire ami-ami avec ce garçon.
Me drapant dans ma fierté, j'avais tourné la tête en reniflant, et m'étais concentrée sur le cours, en bonne Serdaigle que j'étais. Le roux avait haussé les épaules, avec toujours ce sourire accueillant sur le visage - sourire que j'exécrais passablement, encore plus aujourd'hui.
Les minutes passaient, et vint le dernier quart-d'heure du cours, où tout avait basculé. Le nouveau professeur, voulant sûrement s'attirer notre sympathie, avait décidé que nous jetterions quelques sorts basiques, pour appliquer le cours à peine entamé.
Il avait suffit d'une distraction quelconque dont je ne me rappelle pas la nature, et ma concentration ainsi que ma baguette avaient dévié de leur objet initial. Le sort, inoffensif, s'était répercuté sur une armoire en bois et avait touché mon voisin de table. Ses cheveux avaient pris une amusante couleur verte, et toute la classe s'était empressée de se moquer de lui, tandis que moi-même je retenais un rire.
S'en apercevant, ses joues s'étaient colorées d'un rouge pivoine bien voyant qui jurait abominablement avec sa nouvelle couleur de cheveux, et ses yeux clairs m'avaient lancé un regard meurtrier.
"Je te le ferais payer.", disaient-ils.
Le sourire éclatant avait disparu ce jour-là et n'était plus jamais apparu à mon adresse.
Oui, bon... Je sais que j'ai mis du temps à sortir ce fichu chapitre mais il est enfin là ! Vous n'avez pas encore la suite du prologue - j'aime vous faire attendre - mais on apprend la raison pour laquelle il règne une certaine animosité entre Charlie et le personnage principal.
Je dois avouer que le chapitre est un peu court, et j'en suis désolée. Je pense que les prochains seront à peu près pareil, mais j'essayerais de m'améliorer. (Je ne peux pas faire des chapitres de 20 pages Word, comme pour Les aventures de Miss La Poisse à Poudlard, c'est trop épuisant...)
Sinon, je voulais juste signaler quelques petits détails. J'ai retouché le chapitre 1, je trouvais qu'il y avait quelques incohérences (June avait les yeux verts, alors que dans les prologue elle les a marrons... WTF ?), et le caractère de mon personnage ne me convenait pas trop.
D'ailleurs, à ce propos... On apprend enfin son nom ! Et oui, elle s'appelle bien Harper Wild (non, je ne suis pas du tout adepte des jeux de mots à la con .). Je tiens à préciser qu'elle a un caractère assez... contradictoire. Enfin, vous verrez ça dans le prochain chapitre ! (Que je promets de sortir rapidement, juré !)
Merci pour vos reviews ! J'espère continuer à en avoir, héhé :D
See you ~
