Sortie du dernier film d'Harry Potter. Chapitre offert pour célébrer cet événement.
Oui, je vais changer pas mal de choses, y compris le passé de Tom. Comprenez-moi, j'ai toujours détesté la théorie selon laquelle on naissait forcément bon ou mauvais.
Ce chapitre sera plus court que le précédent, faute due à mon manque de temps.
Merci à tous ceux qui poste des reviews. :)
03 : Memories in Pieces (KH)
Le lendemain matin, Harry et Ron se réveillèrent de bonne heure et descendirent à la Grande Salle où Hermione prenait déjà son petit-déjeuner. Elle avait les yeux rouges, signe qu'elle avait longtemps pleuré. Cependant, les deux garçons firent mine de rien.
Juste après, ils se rendirent dans le bureau du professeur McGongall pour recevoir leur horaire. Cette année, les directeurs de maison devaient s'assurer que les élèves prennent les cours dans lesquels ils avaient obtenu les BUSE requises à la poursuite de leurs études. Harry fut très heureux d'apprendre qu'il pouvait poursuivre l'apprentissage des potions, matière obligatoire pour devenir Auror.
La semaine s'écoula sans catastrophes. Harry gagna un flacon de Felix Felicis grâce au Manuel du Prince de Sang-Mêlé, un vieux livre d'étude des potions que Slughorn lui avait prêté en attendant qu'un livre neuf arrive. En revanche, il rencontra quelques problèmes avec Rogue dés son premier cours. Il eut droit à une retenue. Qu'elle ne fut sa joie lorsqu'il reçut un mot de Dumbledore lui annonçant que sa première leçon avec lui aurait lieue samedi, jour de sa retenue avec Rogue.
Le samedi soir donc, Harry quitta ses deux amis pour se rendre dans le bureau de Dumbledore. La gargouille pivota pour le laisser passer à l'énonciation du mot de passe. Harry grimpa sur la première marche et l'escalier tourna sur lui-même, l'amenant jusqu'à la porte du bureau du directeur. Il frappa.
-Entrez.
Harry entra et referma la porte derrière lui. La pièce n'avait pas changé. Il y avait toujours des instruments en argent soufflant une étrange fumée, le bureau du directeur, son magnifique phénix, les portraits accrochés aux murs, l'épée de Gryffondor, sans compter les objets incongrus.
-Bonsoir, monsieur, dit Harry.
-Bonsoir Harry, dit joyeusement Dumbledore, assis derrière son grand bureau de chêne. Assieds-toi si tu veux bien. Tu veux du thé ? Du chocolat chaud ? De la Bièraubeurre ?
-Heu, non merci, répondit Harry en s'asseyant.
Il était bien trop nerveux à l'idée d'avoir sa première leçon avec Dumbledore pour avaler quoi que ce soit.
-Je suppose que tu te demandes ce que nous allons faire ce soir ? demanda Dumbledore en se versant une tasse de thé qu'il avait fait surgir de nulle part.
-Oui, monsieur.
-Et bien figure-toi que je pensais te révéler tout ce que j'ai appris concernant Voldemort, maintenant que tu connais la raison qui l'a poussé à essayer de te tuer il y a quinze ans.
-Est-ce que cela à un rapporte avec… la prophétie ?
-En effet, répondit Dumbledore en buvant une gorgée de thé.
Il observa Harry par-dessus sa tasse avant de sourire. Il fit disparaître théière et service en porcelaine avant de se lever d'un bon pour aller vers une armoire. Il revint avec une bassine en pierre, peu profonde et gravée de signes inconnus. Il posa la fameuse Pensine sur le bureau. Harry n'était pas vraiment rassuré. La dernière fois qu'il avait plongé dedans, il avait visité l'un des souvenirs de Rogue, une expérience qu'il ne souhaitait pas revivre.
-Ne t'inquiète pas, dit Dumbledore avec une note d'amusement. Ce soir, tu entreras dans la Pensine en ma compagnie. Avec ma permission pour changer.
-Quel souvenir allons-nous visiter, monsieur ? demanda Harry.
-Celui de Bob Ogden, répondit Dumbledore en prenant dans sa poche un flacon de cristal rempli d'un liquide argenté.
-Bob Ogden ? répéta Harry.
-Un ancien employé du Département de la justice magique. Ancien, car il est mort il y a quelque temps. Nous allons le suivre dans l'exercice de ses fonctions.
Dumbledore eut un peu de mal à ouvrir le flacon à cause de sa main noircie. Finalement, il poussa un soupir et utilisa sa baguette.
-Voilà qui est plus intelligent, dit-il en adressant un clin d'œil à Harry.
Harry aurait souhaité lui demander ce qu'il était arrivé à sa main. Il n'en n'eut pas le temps. Dumbledore versait déjà le contenu du flacon dans la Pensine. La substance scintillante se mit à tournoyer au fond du récipient. Dumbledore désigna la bassine et Harry plongea sa tête dans les volutes argentées. S'en suivit une chute qu'il croyait sans fin, jusqu'à ce que ses pieds retrouvent le sol. Il était dehors, sous un soleil resplendissant qui l'éblouit. Le temps de cligner des yeux et le directeur était à ses côtés. Devant eux, il y avait un petit homme replet portant des lunettes. C'était Bob Odgen.
Dumbledore emboîta le pas de l'étrange personnage et Harry s'empressa de le suivre. Harry remarqua qu'ils se dirigeaient en direction d'un hameau baptisé « Little Hangleton ». Ils marchèrent jusqu'à une pente raide où le village s'étalait entre des montagnes, au creux de la vallée. Puis le sorcier tourna à droite, dans un tas de haie touffue, et Dumbledore continua de le suivre en compagnie d'Harry. Ils avancèrent dans le bois, les arbres devenant de plus en plus présents, la végétation de plus en plus massive. Finalement, il devint difficile de voir dans l'ombre des grands sapins. Bob Odgen s'était arrêté.
Harry vit que le sorcier se tenait devant une petite bâtisse, ou du moins, ce qu'il en restait. A en juger par son état déplorable, elle était à l'abandon. Les vitres étaient sales, couvertes de poussière et de la mousse recouvrait la palissade de bois. Il manquait de nombreuses tuiles, si bien qu'il devait pleuvoir à l'intérieur par temps d'orage. Harry était convaincu que personne ne pouvait vivre là-dedans. Odgen ne semblait pas du même avis il avait sortit sa baguette magique et il observait les alentours avec nervosité en s'avançant encore. Arrivé face à la porte, il frappa trois coups.
Il y eut un bruit de ferraille à l'intérieur, puis plus rien. L'employé du ministère attendit patiemment avant de frapper à nouveau. Dumbledore avait les mains dans les poches. Odgen frappa pour la troisième fois.
-Je viens de la part du ministère de la Magie, dit-il d'une voix forte. Je suis là pour avoir un entretient avec Monsieur Morfin Gaunt. Ouvrez, je sais que vous êtes là !
La personne se trouvant à l'intérieur n'émit pas un son. Odgen commençait à s'impatienter. Il lançait des regards nerveux autour de lui, son pied frappant la terre.
-Ecoutez, on m'a envoyé pour une grave infraction des lois de la sorcellerie ! Vous feriez bien de m'ouvrir si vous ne voulez pas que je revienne avec des Aurors ou des Détraqueurs !
La menace sembla porter ses fruits. La porte de la demeure s'entrouvrit. Harry ne voyait pas bien. Odgen par contre, fit un pas en arrière.
-Heu, bonjour, dit-il précipitamment. Je m'appelle Bob Odgen et je travaille au département de la justice magique. Je suis ici parce que le ministère a détecté une infraction au code de la sorcellerie. Est-ce qu'un certain Morfin Gaunt habite ici ?
Harry songea que le simple fait que quelqu'un habite là était déjà un phénomène.
-Il… Il n'est pas ici…
Cette voix était douce tout en étant froide. Elle évoquait quelque chose aux oreilles d'Harry. Il s'approcha encore un peu pour essayer de mieux voir.
-Où puis-je le trouver ? demanda Bob Odgen.
-Plus tard… Revenez plus tard ! dit-elle précipitamment.
-Je ne peux pas ! s'indigna Odgen. Je vais attendre ici. Pourriez-vous me laisser entrer ?
Il y eut un sifflement effrayé. Il semblait que la personne n'était pas d'accord.
-Il habite bien ici, non ? s'impatienta Odgen.
-Oui, oui. Mais vous ne comprenez pas… Si jamais ils vous voient…
-Qui ça « ils » ?
La personne ne répondit pas. Harry ne parvenait toujours pas à voir. L'intérieur de la maison était encore plus sombre que l'extérieur.
-Je vous en prie…
-Ecoutez, je vais rester ici, que ça vous plaise ou non, conclut l'employé du ministère. Maintenant, me laisser patienter à l'intérieur serait plus poli, mais si vous ne voulez pas…
Au bout d'un instant, la porte s'ouvrit pour laisser entrer Odgen. Dumbledore et Harry entrèrent eux aussi. La bâtisse devait être composée de trois pièces, tout au plus. La pièce principale servait de living-room et de cuisine à la fois. Il y faisait froid et humide. Il y avait un fauteuil miteux près d'une cheminée éteinte, une table de bois sale, des étagères où s'entassaient des casseroles rongées par la rouille, des tabourets bancales, et des insectes qui fuyaient la venue des visiteurs. Une jeune femme se tenait face à Odgen.
Harry se retint de pousser un juron. A première vue, la femme ressemblait fortement à Thaddée. Puis, il vit que sous la crasse et la saleté, la jeune femme n'avait rien à voir avec la mage noire. Elle avait des cheveux raides, ternes, et un visage banal qui ne pouvait certainement pas rivaliser avec la beauté de Thaddée. Elle portait une robe grise aussi répugnante que le reste de la maison. Par-dessus tout, la jeune femme avait peur.
Odgen regardait la maison avec effarement. Harry se demandait s'il avait fait les mêmes grimaces que l'employé du ministère. Dumbledore tapota l'épaule d'Harry et lui désigna la fenêtre. On pouvait apercevoir un léger mouvement à l'extérieur.
-Dans combien de temps pensez-vous que Monsieur Gaunt reviendra ? demanda Odgen qui commençait à regretter d'avoir tant insister pour entrer.
La jeune femme se tordait les mains, terrorisée.
-Je ne sais pas…
-Bon, en attendant, pourquoi ne boirions-nous pas un peu de thé ? Il fait froid ici. Cela vous dérange si… ? demanda Odgen en pointant sa baguette vers la cheminée.
La jeune femme hocha la tête et Odgen alluma le feu, éclairant ainsi un peu mieux la pièce délabrée. La jeune femme s'en retourna à ses casseroles, trouva une marmite en fonte et la remplit d'eau qu'elle mit à bouillir au-dessus du feu. Elle touilla lentement dedans, Odgen l'observant patiemment. Harry commençait sérieusement à se demander ce qu'il faisait là lorsque la voix de la jeune femme s'éleva :
-Vous savez… Vous ne devriez pas rester là… Mon père va rentrer et il sera fou de rage….
-Votre père ? s'enquit Odgen. Morfin Gaunt est votre père ?
-Non. C'est mon frère.
Elle se tourna vers le sorcier en frottant ses mains pleines de graisse sur sa robe. Elle semblait un peu moins effrayée.
-Et bien votre frère va avoir des ennuis, dit Odgen en s'asseyant pesamment sur l'un des tabouret tout en chassant une araignée. Je suis navré de vous l'apprendre, Mademoiselle… ?
-Merope, dit-elle lentement. Merope Gaunt.
-Un bien joli nom, dit-il.
La jeune femme rougit et se retourna vivement pour touiller dans la petite marmite. L'eau bouillait. Elle s'empressa de trouver deux tasses suspectes dans lesquelles elle versa de l'eau. Puis elle les posa sur la table, l'air soumise.
-C'est de l'eau, fit remarquer Odgen en se penchant sur sa tasse fendue.
-De l'eau chaude, répliqua Merope. Nous n'avons pas de thé.
Odgen se retenait de faire la moindre remarque. Il place ses mains autour de la tasse, probablement pour se réchauffer. Merope s'assit timidement près de lui.
-Vous vivez donc ici avec votre frère ? demanda soudain Odgen.
-Oui, avec mon père aussi. Nous vivons ici.
Harry remarqua que Merope ne semblait pas plus enchantée que l'employé du ministère de se trouver dans ce baraquement.
-Savez-vous pourquoi votre frère a attaqué un moldu ?
-Parce que notre famille déteste les moldus, dit Merope d'une voix blanche.
-Vous n'avez pas l'air de les détester, fit remarquer Odgen avec un sourire.
Contrairement à l'effet attendu, Merope sembla terrifiée. Elle secoua lourdement la tête pour démentir ces paroles.
-Non, non ! Jamais je ne… ! Nous sommes les descendants de Serpentard ! dit-elle comme si cela expliquait tout.
-Vraiment ? Je pensais qu'ils avaient disparu des lignées.
Merope sortit un médaillon en or caché sous sa robe. Elle le montra de ses mains tremblantes à l'agent du ministère.
-C'était celui de Salazar Serpentard, dit-elle d'une voix douce. C'est un cadeau de ma grand-mère. Elle est morte il y a deux ans.
Odgen paraissait tenté de s'éloigner du médaillon. Impossible de savoir si c'était à cause de l'odeur infect ou de la berlue qu'il lui venait en observant le bijou à moins de deux centimètres de son nez.
Il y eut soudain un grand fracas. La porte s'ouvrit brutalement, faisant sursauter Merope et Odgen. Dans l'encadrement de la porte, il y avait un homme, les cheveux couvert de crasse, les yeux injectés de sang, sombres, lançant des éclairs. Il avait l'air effrayant. Merope se précipita à l'autre bout de la maison tandis qu'il sortait sa baguette des mains.
-Qu'est-ce que tu fabriques ? cria l'inconnu. Traitressssse !
Harry se recula. Odgen venait de se lever à son tour, sa baguette dans la main. Merope était apeurée, recroquevillée dans un coin de la pièce.
-Etes-vous Morfin Gaunt ? demanda Odgen d'un ton impérieux.
-Que fais-tu dans ma maison, sale fouineur ?
-Je… Je regrette mais je ne comprends pas ce que vous dites.
Harry se demandait pourquoi Odgen avait du mal à comprendre. Ce que disait l'inconnu était parfaitement clair. A sa place, il aurait déjà filé. Dumbledore souriait.
-Toi tu devrais comprendre ce qu'il dit, Harry.
L'inconnu lança un sort à Odgen qui le dévia. L'employé paraissait sur le point de s'étouffer entre la colère et la surprise.
-Comment osez-vous ? dit-il. Je suis envoyé par le ministère de la Magie, et je…
-MORFIN !
Un autre homme venait d'arriver dans la petite pièce devenant très exigu d'un seul coup. Il était petit, trapu, les cheveux courts et drus. Son visage était ridé, sévère. Il avait lui aussi sortit sa baguette.
-Qu'est-ce qui se passe ici ? rugit le nouvel arrivant. Qui êtes-vous ?
-Je suis Bob Odgen, du ministère de la magie ! s'écria le sorcier. J'ai été envoyé ici pour transmettre une convocation à un dénommé Morfin Gaunt et…
-Une convocation ? Une convocation ? vociféra l'homme. Pour qui nous prends-tu ?
-Et vous, Monsieur, qui êtes-vous ? cria Odgen en bombant le torse.
L'homme paraissait fou furieux. Il se rua sur Odgen et Harry songea qu'il allait le frapper lorsqu'il brandit son poing sous le visage de l'employé. Harry vit une bague sertie d'une pierre noire à son doigt.
-Qui je suis ? Je suis l'un des derniers descendants de Salazar Serpentard ! Cette bague en est la preuve ! J'ai sûrement un sang plus pur que tu ne l'auras jamais, vermine ! Et tu oses entrer chez moi en demandant qui je suis ?
Odgen écarquilla les yeux en reculant.
-Ce n'est pas une excuse, bredouilla-t-il. Je…
-PAS UNE EXCUSE ? Tu dois être un Sang-de-Bourbe pour oser dire des conneries pareilles !
-Oh oui, Merope aime bien les moldus.
Cette fois, Harry entendit distinctement le sifflement caractéristique du Fourchelangue. Il se tourna vers Dumbledore qui lui souriait de toutes ses dents, les mains dans le dos. Puis il entendit du bruit et vit que l'homme le plus âgé avait empoigné Merope à la gorge.
-Qu'est-ce que j'entends ? dit-il d'une voix lourde. Tu fricotes avec les moldus, ma propre fille ?
-Elle aime surtout celui qui passe souvent en calèche, ajouta le plus jeune en riant. Elle attend des heures de le voir passer. C'est pour ça que je me suis amusé à lui jeter un sort. Il était beaucoup moins beau, la figure couverte de pustule.
Le garçon rit d'un rire cruel. Ce devait être Morfin Gaunt, celui que Bob Odgen venait appréhender. L'autre homme – Harry songea que ce devait être le père de Merope et Morfin – poussa un hurlement de rage. Il pressa ses mains autour du cou de la jeune fille. Odgen poussa un cri et lança un sort en direction des deux hommes. Le père lâcha prise, tombé à terre, et Morfin se retrouva à l'autre bout de la petite pièce. Merope toussait, crachait, terrifiée. Bob Odgen se saisit de son bras et s'enfuit avec elle, les hurlements de Morfin dans le dos.
-C'est tout, dit Dumbledore en attrapant le bras d'Harry.
Ils quittèrent la Pensine dans un tourbillon de couleur. Lorsque Harry rouvrit les yeux, ils étaient à nouveau dans le bureau de Dumbledore où le crépuscule tombait. Dumbledore alluma quelques lampes avant de se rasseoir à son bureau, désignant un siège à son élève.
-Alors Harry, dit-il en s'adossant confortablement à son siège. Qu'as-tu pensé de ce que nous venons de voir ?
-A vrai dire, monsieur, je ne sais pas. Qu'est-il arrivé à Morfin après ça ?
-Excellente question, dit Dumbledore. Bob Odgen est revenu quinze minutes plus tard avec des renforts. Morfin et son père ont tenté de résister, mais ils ont fini par être arrêtés. Morfin a été condamné par le Magenmagot à passer trois ans à Azkaban. Quant à son père, Marvolo Gaunt, il a été condamné à passer six mois de prison.
-Marvolo ? répéta Harry car ce nom lui évoquait quelque chose.
-En effet, tu es sur la bonne piste.
-Vous voulez dire que cet homme… A un rapport avec Voldemort ? se risqua Harry.
-Oh oui, répondit Dumbledore avec malice. Il s'agit du grand-père de Voldemort. La famille des Gaunt était très ancienne, et comme l'a dit Marvolo Gaunt, ils étaient les derniers descendants de Salazar Serpentard. Malheureusement, les mariages à répétition entre cousins ont donné une certaine… et bien disons, malformation génétique pour être poli.
-Attendez, intervint brusquement Harry. Est-ce que… Professeur, Merope est la mère de Voldemort ?
-Exactement. Je remarque que ta perspicacité ne cessera de m'étonner.
Harry ne répondit rien. Il imaginait difficilement cette jeune femme devenir mère.
-Qu'est-ce qui est arrivé à Merope ? demanda Harry.
-Oh, elle a été prise en charge par le ministère de la magie, répondit Dumbledore. Tu as peut-être remarqué que Bob Odgen la jugeait sympathique ? Et bien il l'a nourrie, logée, et il a même songé à l'adopter durant un temps. Puis Merope s'est enfuie.
-Pour retrouver Tom Riddle, dit Harry, songeur. Voldemort m'a dit il y a deux ans que c'était le nom de son père.
-Je me doutais bien qu'il t'avait un peu parlé de lui. Tom Riddle Senior n'était autre que le moldu que Morfin a attaqué, celui dont Merope était secrètement amoureuse. La jeune femme, une fois libérée du joug de son père, choyée par Bob Odgen, s'est enfin résolue à retourner vers l'homme qu'elle avait toujours aimé. Comme tu t'en doutes, Tom Riddle s'est moqué d'elle.
Harry songea qu'en effet, il imaginait mal un homme vivant dans un prestigieux manoir tombé sous le charme d'une femme qu'il avait déjà vue en haillon et qui devait lui sembler à moitié folle.
-Mais alors, comment… ? demanda Harry, interloqué.
-Tu sembles oublier que Merope était une sorcière. Je suppose qu'elle a trouvé une façon ou une autre pour que le beau jeune homme lui tombe dans les bras. Quoi qu'il en soit, il y a eu un article de presse dans le quotidien de « Little Hangleton » mentionnant le terrible scandale du fils de la respectable famille Riddle souhaitant épouser une fille des bas-fonds. Les moldus ne savaient pas qu'ils mentionnaient ainsi une descendante de Salazar Serpentard. Ironie du sort ou non, Merope attendait un enfant. Est-ce à cause des difficultés de la grossesse ou parce qu'elle aimait sincèrement son époux, Merope n'utilisa plus aucun moyen magique sur Tom Riddle qui rentra chez lui, déshonoré, prétendant avoir été dupé.
Dumbledore fit apparaître deux tasses et un récipient. Il se servit ce qui semblait être du chocolat chaud. Il regarda Harry à travers ses lunettes, lui proposant une tasse que le garçon refusa poliment.
-Et, heu… après que Tom Riddle ait rejeté Merope, que s'est-il passé, monsieur ?
-Je crains que ce ne soit le sujet de notre prochain rendez-vous, répondit Dumbledore en feignant de bailler. L'heure devient tardive pour toi. Il ne faudrait pas que tu écopes d'une retenue supplémentaire.
Le directeur souriait. Harry se demandait comment Dumbledore faisait pour toujours tout savoir. Cet homme était vraiment quelqu'un, une personne qui s'élève du commun des mortels d'une façon ou d'une autre. Il ressemblait assez à Voldemort en ces termes, ce qui expliquait peut-être pourquoi le mage noir détestait tant son ancien professeur. L'un s'était rangé du côté de la lumière, l'autre du côté des ténèbres.
Harry s'apprêtait à partir, la main sur la poignée de la porte lorsqu'il s'arrêta. Il venait de penser à quelque chose.
-Monsieur, la bague que Monsieur Gaunt avait, celle qu'il a montré à Odgen, vous en portiez une semblable la nuit où vous êtes venu me chercher.
Dumbledore sourit avec enchantement.
-Toujours aussi perspicace. C'était bien la bague de Monsieur Gaunt que je portais.
-Mais vous ne l'avez plus ?
-Non.
Harry aurait bien aimé en savoir plus. Il ruminait ses pensées, toujours au pas de la porte.
-Est-ce que savoir toutes ces choses m'aidera à combattre Voldemort ?
-Sans aucun doute, répondit le directeur en hochant la tête.
-A propos de la bague…
-Une autre fois, Harry, l'interrompit Dumbledore. Un peu de patience ne fera qu'aiguiser ta curiosité, j'en suis sûr. Je te souhaite une bonne nuit.
-Bonne nuit, monsieur.
Il allait vraiment descendre lorsqu'un terrible doute le traversa.
-Je peux raconter tout cela à Ron et Hermione ?
Dumbledore réfléchit quelques instants. Il s'était levé de son bureau pour ranger la Pensine.
-Je pense qu'il vaut mieux. Si je te disais non, tu serais certainement tenté de le faire par amitié. Ne fais pas cette tête mon garçon, ajouta-t-il avec amusement. Je sais très bien que tu m'obéirais cependant, tes deux amis tiennent une place aussi importante que moi, alors autant t'éviter tout conflit d'intérêt. Bien entendu, ne répète cette histoire qu'à tes deux amis. Ce serait fâcheux que Voldemort sache à quel point je le connais.
-Oui, bien sûr.
-Dans ce cas, Harry, je te souhaite une bonne nuit de seconde édition.
-Heu, oui. Bonne nuit, professeur.
Harry referma la porte. Il voyait nettement l'expression de Dumbledore : c'était de la sympathie pure.
Le samedi suivant, Harry devait assister aux essais afin de sélectionner les nouveaux joueurs de l'équipe de Gryffondor. Au petit-déjeuner, il était assez stressé, surtout qu'il allait avoir sa retenue avec Rogue le soir même. Ron était dans un état fébrile, entre la nervosité et le désespoir. De plus, ils apprirent que Stan Rocade, le conducteur du Magicobus, avait été arrêté par le ministère. L'humeur du trio était donc bien basse.
-Potter, Granger, venez avec moi, dit soudain une voix autoritaire. Vous aussi.
Le professeur McGonagall venait d'apparaître dans leurs dos. Elle désignait Ron ainsi que Ginny, occupée à manger aux côtés de Dean. Intrigués, les élèves se levèrent de table, échangeant des regards. Harry se demandait si elle savait qu'il trichait en cours de potion via le manuel du Prince. Non, sinon elle n'aurait pas demandé à Ginny de les accompagner.
McGonagall les emmena donc à travers les couloirs de Poudlard, encore silencieux ce samedi matin brumeux. Harry constata soudain qu'ils allaient chez Dumbledore. Etais-ce à cause de ses leçons ? Dans ce cas, pourquoi Ginny devait-elle être présente ? Il regarda la sœur de Ron. Elle paraissait tout aussi intriguée que les autres.
McGonagall s'approcha de la gargouille de pierre.
-Suçacides ! dit-elle.
La gargouille pivota pour dévoiler le passage menant aux escaliers. Tout ce beau petite monde grimpa jusqu'en haut. McGonagall frappa à la porte. Derrière, on entendait des voix discuter ferme. Puis, la voix de Dumbledore lança :
-Entrez !
McGongall ouvrit la porte et fit passer les élèves devant elle. Dans la pièce, Dumbledore était assis à son bureau. En face, il y avait Tonks, debout, ses cheveux couleur souris devenus encore plus ternes. Il y avait aussi quelqu'un assis dans un fauteuil, face au directeur, ainsi que deux autres professeur. Le professeur Rogue paraissait agacé tandis que le professeur Flitwick était toujours aussi joyeux. Enfin, lorsque les élèves entrèrent, la personne qui referma la porte dans leur dos n'était autre que Kingsley. Tout le monde se dévisageait.
-Ah, parfait ! s'exclama Dumbledore. Voilà vos camarades ! Miss Granger, je suis désolé de vous avoir causé de la peine lors du banquet de début d'année, mais je me devais de vous mentir à tous.
Hermione ne comprenait pas. Ron, paralysé, lui tira sur la manche en désignant la personne assisse dans le fauteuil qui se levait vivement. C'était un jeune garçon de leur âge, les cheveux blancs, les yeux dorés, la mine inquiète. Il était aussi grand que Ron, fin, et terriblement beau. Il y avait quelque chose d'inquiétant chez ce nouvel individu.
-Bonjour, dit-il précipitamment.
-Heu, salut, fit Ron.
-Professeur, pourquoi sommes-nous ici ? demanda Harry.
-Si vous laissiez le directeur parler, Potter, dit lentement Rogue d'une voix suave.
Dumbledore observait les ondes de haine qui s'échangeaient entre Rogue et Harry. Il soupira de façon imperceptible. Il ne pensait pas trouver un jour le moyen de mettre un terme aux querelles incessantes qu'ils se vouaient, aussi intelligent soit-il.
-Professeur, je dois recruter des nouveaux joueurs pour l'équipe de quiddich, dit Harry. Je ne voudrais pas vous presser mais, heu…
-Oui, oui, ne t'inquiète pas, répondit Dumbledore. Je vais en venir au fait. Je suppose que vous savez tous que Miss Jedusor a passé l'été chez les Weasley, n'est-ce pas ? A en juger par ton visage Harry, je me doute que oui. Je sais aussi que Voldemort a envoyé ses Mangemorts à la recherche de deux personnes, Harry Potter et Thaddée Jedusor. D'une manière ou d'une autre, ils se sont rendus au Terrier où ils ont trouvé Thaddée. Elle s'en est tirée de belle façon, cependant, elle avait subi de graves blessures. Le plus dur a été d'annuler un sort de magie noire, très noire. Peut-être que Miss Granger le connaît, il s'agit du sort de Retournement.
Hermione se statufia. Harry comprit aussitôt que son amie savait de quoi voulait parler le directeur. Par contre, Ginny, Ron et lui-même n'avait jamais entendu ce nom. Hermione posa une main à sa bouche et étouffa un sanglot. McGonagall lui prit une chaise et Hermione se laissa tomber dedans.
-Est-ce que… Est-ce qu'elle… ?
-Oh, elle est vivante, la rassura Dumbledore. Ste Mangouste fait des miracles. Bien entendu, certains membres de l'Ordre sont intervenus, moi y compris. Mais je pense qu'il faudrait expliquer de quoi il en retourne aux autres. Severus ?
Rogue réprima une grimace. Il ne lui plaisait guère de jouer les professeurs.
-Le maléfice du Retournement est, comme son nom l'indique, un sort qui retourne. Tout ce que l'être était avant, il en devient l'inverse. Le sort à une efficacité certaine, lente, doucereuse, mais destructrice.
-Ce qui veux dire ? demanda Ron.
-Ce qui veut dire, Weasley, que vous devriez vous laver les oreilles, répliqua sèchement Rogue.
-Voyons, Severus, intervint aimablement Kingsley. Il est normal que des enfants ne comprennent pas toute l'ampleur de ce maléfice. Je suis déjà étonné que cette demoiselle connaisse le sort de Retournement.
Rogue lança des éclairs en direction de Kingsley. L'auror se contentait de sourire. Il était impossible de dire si ces deux-là se détestaint cordialement ou si c'était naturel. En tout cas, Harry sentit qu'il en appréciait d'avantage Kingsley.
-Ce que le professeur Rogue tente de vous expliquer, débuta Kingsley. C'est que si nous prenons par exemple, votre sœur, ses cheveux ne seraient plus longs, mais courts. Ses yeux deviendraient foncés. Son teint serait de plus en plus halé. Elle deviendrait grande. Ainsi de suite. Ceci, est la première phase du sortilège de Retournement.
Ron regardait sa sœur avec amusement. Elle lui adressa un coup de coude discret, chassant tout sourire. McGonagall tendait un verre de jus d'orange à Hermione, toujours sous le choc.
-La seconde phase est plus effrayante, poursuivit le professeur Flitwick de sa voix fluttée. Si la personne était intelligente, elle devient stupide. Si elle était de sexe féminin, elle devient un homme. Si son talent était littéraire, il sera mathématique. Le caractère prend un sacré coup lui aussi. Une personne gentille, délicate, bienveillante, ayant subit le maléfice de Retournement trop longtemps deviendra hargneuse, colérique, malveillante. Les personnes de son entourage ne seraient plus en mesure de la reconnaître.
-Et il y a la troisième phase, reprit Kinsgley en hochant la tête. A partir de là, on peut considérer que la personne est perdue.
-Pourquoi ? demanda innocemment Ginny.
-Parce que ses organes s'inversent, répondit Kingsley avec une moue écoeurée. L'estomac ne digère plus, il ingère. Les poumons ne servent plus à respirer, ils se bloquent. Le cerveau fonctionne à l'envers. Au final, la peau se retourne, laissant juste une carcasse sanguinolente.
Harry frissonna. Il comprenait mieux pourquoi Hermione avait réagit de cette façon. Il ne souhaitait pas une mort pareil à son pire ennemi. Sauf, peut-être, Voldemort.
-Donc, Thaddée a reçu ce sortilège de Retournement, dit lentement Ginny. Vous l'avez sauvée. Puis, elle a disparu.
-Oh non, répondit joyeusement Dumbledore. C'est là que j'ai menti. Miss Jedusor ne s'est pas enfuie. Elle est ici.
Les élèves ouvrirent de grands yeux. Hermione se releva brusquement, les lèvres tremblantes. Enfin, Harry vit le jeune garçon qu'il avait remarqué en entrant. Il comprit soudain pourquoi Dumbledore avait menti. Jamais personne n'aurait reconnu Thaddée Jedusor. Elle avait complètement changé. Ce n'était plus la mage noire.
-Ravie de vous revoir, dit le garçon aux cheveux blancs qui n'était autre que Thaddée.
To be continued in « He the empty »…
