CHAPITRE TROIS : ASELLUS

Trois ! C'était le chiffre parfait pour une bande à Poudlard. Bon d'accord, dans l'histoire de l'école il y avait eu quatre fondateurs et pas trois, il y a avait eu les jumeaux et non les triplés Weasley, et le groupe des Maraudeurs avait compté quatre membres et non trois. Mais quand même, il y avait eu le trio d'or ! Aujourd'hui la relève était assurée, sauf qu'à la place d'une Miss-je-sais-tout il y avait Sabius le puits de science, à la place du type gauche et farceur il y avait Tidus le maladroit à l'humour cynique, et à la place du binoclard balafré il y avait lui, Asellus. C'est vrai que ce n'était pas aussi reluisant que le célèbre Harry Potter, mais il faisait de son mieux. Et des trois c'était lui qui avait la plus lourde place à reprendre alors si quelqu'un voulait se plaindre il n'avait qu'à essayer de faire mieux ! En attendant, c'était lui le mieux placé pour reprendre ce rôle dans leur trio, parce que Harry ressemblait beaucoup à Sirius, et qu'il était lui même le fils de Sirius.

Oui il ressemblait beaucoup à son père, au plus grand désarroi de sa mère. Pourquoi ? Parce que ses parents étaient séparés depuis plusieurs années maintenant, et qu'ils ne s'étaient pas quittés en très bon terme. Alors forcément, avoir un fils qui était le portrait craché de son ex compagnon, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus réjouissant pour sa mère. Même si elle aimait Asellus énormément, et qu'elle ne ratait aucune occasion de le lui dire ou de lui montrer. Mise à part les cheveux blonds qu'il tenait de sa mère, Asellus avait hérité de la beauté de Sirius (certes une beauté un peu fanée depuis ses années passées à Azkaban et la guerre, mais beauté tout de même), mais il n'y avait pas que ça. Il avait également hérité de du caractère de son père et c'était peut-être ce qui dérangeait le plus sa mère. Il ne savait pas vraiment pourquoi ses parents n'étaient plus ensemble, il était encore qu'un petit garçon quand ils s'était séparés, et aucun des deux n'avaient pris la peine de lui expliquer, pensant certainement qu'il était encore trop jeune. Mais le résultat était là, ils vivaient chacun de leur côté et ils se partageaient la garde d'Asellus de façon équitable.

Cette veille de rentrée, il l'avait passé chez sa mère. C'est elle qui avait particulièrement insisté pour le prendre ce jour là, pour être sûre que toutes ses affaires seraient correctement préparées, surtout après le désastre de la journée shopping sur le Chemin de Traverse. Ce jour là, Asellus avait prévu de retrouver ses deux amis pour acheter toutes ses fournitures scolaires. Il avait bien répété la date et à l'heure à son père et à plusieurs reprises. Seulement, comme pour suivre les règlements, Sirius n'était pas très doué pour suivre un planning et arriver à l'heure à ses rendez-vous.

La journée avait été un véritable fiasco. Sirius et Asellus étaient arrivés en retard, après que Sabius et Tidus (qui faisaient leurs achats avec leurs mères) soient déjà passé chez Fleury et Bott, à la Ménagerie Magique et chez l'apothicaire. Du coup, comme Asellus voulait quand même passer un moment avec eux, il les avait suivi pour ensuite revenir dans ces boutiques là à la fin de la journée. Sauf que le libraire n'avait plus tous les exemplaires des livres obligatoires de disponible, et l'apothicaire n'avait pas non plus la possibilité de lui vendre tous les ingrédients nécessaires pour sa rentrée.

La mère d'Asellus avait piqué une crise quand elle avait appris ça, et elle était retournée dans l'allée commerçante une semaine plus tard pour acheter ce qui manquait. C'était ce genre de petits détails qui la mettait hors d'elle, et qui faisait que ses parents ne pouvaient pas rester tous les deux dans la même pièce trop longtemps (trop longtemps c'était 5 minutes pas plus). Le 31 Aout donc, elle avait insisté pour prendre son fils chez elle, et maintenant que sa malle était prête, elle devait le ramener chez son père. Elle aurait voulu l'accompagner jusqu'à la gare le lendemain mais elle avait un entraînement important avec son équipe de Quidditch, un entraînement qu'elle ne pouvait pas manquer.

-Asellus ! Ça va tu as toute tes affaires ?

-Oui 'man !

-Tu es sûr que tu n'as rien oublié ?

Il soupira longuement.

-Mais oui je suis sûr. Et même si j'oublis quelque chose, je ne serais pas le premier. Pas vrai ?

-Oui mais si tu pouvais éviter ça m'arrangerait. Je ne veux pas être obligée de me séparer de mon hibou plusieurs jours, juste pour t'envoyer un paquet parce que tu auras été tête en l'air.

-T'inquiète pas, tu n'auras rien besoin de m'envoyer.

D'un simple coup de baguette magique, elle fit descendre sa malle jusqu'au rez-de-chaussée. Sa mère avait beau être une joueuse de Quidditch mondialement connue, elle n'en restait pas moins une excellente sorcière, du moins en sortilèges et contre sorts. Au niveau de la tenue de son intérieur par contre, il y avait encore pas mal de choses à revoir. Enfin bien sûr quand elle venait juste d'utiliser sa baguette pour tout ranger et tout laver, la maison paraissait nickel mais au bout de quelques heures seulement, c'était déjà un foutoir. Sirius lui avait déjà dit plusieurs fois qu'il ne voyait aucun inconvénient à lui envoyer Kreattur de temps à autre pour l'obliger à s'occuper également de sa maison mais la mère d'Asellus le lui avait formellement interdit. Elle ne supportait pas l'esclavagisme infligé aux elfes de maison (d'ailleurs la présence de Kreattur Square Grimmaurd lui avait toujours posé problème, même du temps où elle s'entendait bien avec Sirius) et refusait catégoriquement d'en faire travailler un chez elle, même si elle n'en était pas la propriétaire.

-Comment on fait pour aller jusqu'à chez Papa ?

-On va prendre la voiture.

-La voiture ! Mais pourquoi !? Ce serait plus rapide par cheminée.

-Je te l'ai déjà dit plusieurs fois Asellus, ma cheminée n'est plus connectée à celle de ton père. Et elle ne le sera plus, sauf cas extrême.

-Mais c'est un cas extrême ! J'ai ma rentrée demain.

-Oui et je sais que tu vas passer une bonne partie de la soirée et de la nuit éveillé avec ton père à jouer à je ne sais quel jeu stupide. Donc tu n'as pas besoin de te rendre là-bas si rapidement.

-Ben si pour jouer justement !

-Tu apprendras rapidement que dans la vie il n'y a pas que les jeux.

-Tu passes ta vie à jouer toi pourtant. Au Quidditch. Et tu gagnes même de l'argent en le faisant.

-C'est ça que tu veux faire plus tard Asellus. Joueur de Quidditch professionnel ?

-Peut-être…

-Si c'est ton rêve ça me ferait vraiment plaisir que tu le réalises. Et c'est quelque chose qu'on aurait en commun.

-Mais ?

-Comment ça mais ?

-À chaque fois que tu commences tes phrases comme ça, ensuite il y a un mais. « Ta plaisanterie était vraiment très amusante, mais ne refait jamais ça. » « Ca me ferait plaisir de passer du temps avec toi, mais pas cet après-midi, j'ai un entraînement important. » « Je pourrais t'acheter un nouveau balais, mais quand l'ancien sera trop usé ».

Il avait ajouté tout cela en imitant sa voix un peu aiguë de sa mère et l'air réprobateur qu'elle prenait à chaque fois qu'elle parlait de cette façon. Sa mère soupira mais elle dû avouer qu'il avait raison.

-Mais même si tu veux devenir joueur professionnel, tu devras bien travailler, dans toutes les matières pour obtenir tous tes examens et être diplômé de Poudlard. Et après ça tu devras t'entraîner très dur pour être remarqué par l'entraîneur d'un club.

-Sauf si je deviens un champion pendant mes études à Poudlard. Ginny Weasley c'est ce qu'elle a fait elle ! Elle a joué dans l'équipe de Gryffondor, et ensuite elle a été recrutée par les Harpies de Holyhead à sa sortie de Poudlard.

-Ca n'arrive que très rarement ça.

-Mais ça arrive aux meilleurs !

-Et tu penses être le meilleur ?

-Bien sûr ! Pourquoi est ce que tu refuses de croire en moi ?

-Je ne refuse pas de croire en toi mon chéri ! Je suis sûre que si tu travailles très dur tu y arriveras. Mais la vie ne nous fait pas de cadeaux. Il faut se battre sans cesse pour obtenir ce que l'on veut.

-Mais…

-Si tu t'attends à ce que tout te tombe dessus comme cela, tu risques d'être déçu. C'est pour ça que je veux t'ouvrir les yeux dès maintenant. Pour que tu saches à quoi t'attendre. Mais je te soutiendrais, peu importe ce que tu décideras de faire plus tard.

-'Man, je vais faire ma première rentrée demain. On n'est peut-être pas obligé de parler de ce que je ferais plus tard comme travail maintenant.

-C'est vrai tu as raison. Il faut d'abord voir dans quelle matière tu vas avoir les meilleurs résultats.

-En Vol sur balais c'est déjà sûr.

-On peut s'y attendre effectivement. Mais il arrive que certaines capacités autant des générations tu sais.

-Ce sera vraiment la honte pour moi si je n'arrive pas à voler convenablement sur un balai dès le premier cours !

-Ne te mets pas trop la pression Asellus. Fais de ton mieux et ce sera très bien, dit-elle en déposant un baiser sur sa joue.

Elle alla ensuite déposer sa grande malle dans le coffre et après avoir demandé à Asellus une dernière fois s'il n'avait rien oublié, ils s'installèrent dans la voiture et prirent le chemin du Square Grimmaurd. Les parents d'Asellus n'habitait pas très loin l'un de l'autre, sa mère étant installée dans la banlieue Sud de Londres, à un petit quart d'heure du centre. Comme Sirius, elle aimait beaucoup les transports moldus et surtout sa voiture, qu'elle n'avait bien évidemment pas modifiée pour qu'elle soit capable de voler, comme Sirius avait pu le faire avec sa moto.

-Et sinon ça va, tu n'angoisses par trop pour la répartition ?

-Il faut juste s'asseoir sur un tabouret et enfiler un vieux chapeau. Il n'y a rien d'angoissant là-dedans.

-Non mais…peut-être que tu as des attentes particulières. Des choses que tu ne veux ou que tu ne veux pas.

-Je sais que je serai à Gryffondor, comme 'pa.

-Tu ne peux pas en être sûr tu sais.

-Il y a de forte chance que ça arrive.

-Tu pourrais aussi te retrouver dans mon ancienne maison.

-Je ne veux pas aller à Poufsouffle. Les Poufsouffles sont ennuyeux, et n'ont rien de spécial.

-Alors là tu te trompes. Je sais que beaucoup d'élèves ont des idées reçues comme cela sur cette maison. Mais il y a des personnes très intéressantes et très douées à Poufsouffle, comme dans chaque maison.

-Ce sont les Gryffondors les meilleurs.

-C'est ton père qui t'a dit ça ?

-Non ! Mais lui il y était, Harry Potter aussi, et Albus Dumbledore également.

-Il y a eu de très grands sorciers issues des autres maisons aussi.

-Ah oui comme qui ?

-Et bien, à Poufsouffle il y avait Hengist de Woodcroft, qui a bâti le Village de Pré-au-lard.

-Génial ! Un mec qui a créé un endroit pour que les élèves viennent boire de la Bièraubeurre et achètent des farces qu'ils utiliseront à Poudlard. C'est super impressionnant.

-Ne prend pas cet air sarcastique avec moi !

-Mais j'ai raison!

-Très bien mais à Serdaigle par exemple il y a eu de très grands sorciers, comme Ollivander par exemple, ou Igniatia Wildsmith, celle qui a inventé la Poudre de Cheminette.

-C'est vrai. Mais dans cette maison y a aussi eu cet imposteur de Lockhart, qui a embobiné des milliers de personnes ou ce type là, qui avait toujours une méduse sur la tête. Je ne me souviens plus de son nom.

-Ah oui, Ulric le Follingue.

-Pas vraiment de grandes fiertés pour cette maison. Et on ne parle pas de Serpentard…

-Chaque maison a eu ses sorciers ou sorcières excentriques ou mauvais tu sais.

-Non pas Gryffondor.

-Mais si.

-Ah bon comme qui ?

-Et bien là comme ça je ne trouve pas de nom, mais si on cherche un peu je suis sûre qu'on trouvera.

-Je ne pense pas.

-Mais tu sais, il y a quand même la possibilité que tu te retrouves à Serpentard. Ton père était peut-être à Gryffondor mais c'était le seul de sa famille.

-Arrêtes 'man ! Tu vas me porter la poisse !

-Très bien je ne dis plus rien. Sache juste que c'est une possibilité.

De toute façon ils n'eurent pas l'occasion de continuer cette conversation, ils venaient d'arriver devant la demeure de Sirius. Pour ne pas attirer l'attention, la mère d'Asellus n'utilisa bien évidemment pas la magie pour sortir la grosse malle du coffre de sa voiture. Une fois cela fait, ils passèrent tous les deux le portillon en fer forgé et traversèrent le petit jardin pour arriver sur les marches du perron. Avant d'avoir eu le temps de sonner, la porte s'ouvrit violemment, laissant sortir à toute hâte une jeune petite rouquine qui donnait l'air d'avoir à peine 20 ans.

-Mais attends ! Je ne sais pas du tout qui est cette Claudia !

C'était Sirius qui venait de parler, apparaissant dans l'encadrement de la porte vêtu d'un caleçon et d'une simple chemise. Il s'arrêta net en voyant son ex compagne et son fils, la jeune rouquine, elle, était déjà très loin.

-Ah tiens. Vous êtes là.

-Salut 'Pa ! lança Asellus en s'avançant vers lui.

-Hey champion ! s'exclama Sirius en l'embrassant. Comment ça va ? T'as passé un bon week-end ?

-Oui.

Sirius se releva ensuite pour parler à sa mère.

-Il est déjà 20h ?

-Non il est 19h, lança sèchement la mère d'Asellus. L'heure à laquelle il était convenu que je te ramène notre fils ce soir.

-Ah…Je pensais qu'on avait dit 20h. Si j'avais su je…

-Tu ne te serais pas présenté en caleçon, après avoir tenté de satisfaire tes envies avec une énième jeune sorcière à peine sortie de l'école.

-Qui te dit que c'est une sorcière ?

-Tu sais bien ce que je veux dire. Qu'est ce qui te prend Sirius ? Elle pourrait être ta fille. Elle est même plus jeune que les enfants de tes amis.

-Et alors ? Ce n'est pas interdit par la loi.

Le ton était déjà en train de monter entre les deux, Asellus s'ennuyait et commençait à en avoir vraiment marre de leurs disputes.

-Tu es vraiment pathétique.

-Ca va, épargne moi tes discours ! Je les connais par cœur depuis le temps.

-Tu devrais essayer de te poser un peu. Toutes ces aventures, ce n'est plus de ton âge.

-Je suis en très grande forme merci ! Et ce n'est pas facile de faire autrement quand on est autant désirable que moi. Tu sais bien que j'ai toujours eu énormément de succès avec les femmes. Ca te rendait déjà folle à l'époque où on était ensemble.

-Et j'ai eu raison de m'en inquiéter ! On voit bien ce que ça à donner.

-Pff.

-Et je te signale que non, tu n'as pas toujours eu ce succès. Tu étais une véritable épave quand on s'est rencontré, peu après la guerre.

-Excuse moi d'avoir été marqué par mes années d'enfermement, par les nombreuses tentatives d'assassinats à mon égard et par mes combats pour lutter contre Tu-sais-qui et ses partisans. On n'avait pas tous le luxe de pouvoir continuer à jouer tranquillement au Quidditch.

-C'est vraiment horrible de me lancer ça à la figure.

-Désolé mais tu l'as cherché.

Elle soupira longuement, elle aussi semblait ne plus en pouvoir de ses prises de tête et elle attrapa doucement les mains d'Asellus avant de se mettre à sa hauteur.

-Je te dis au revoir là mon chéri. Encore désolée de ne pas pouvoir t'accompagner jusqu'au Poudlard express demain.

-C'est pas grave 'man ! Tu as un match important à préparer.

Elle le prit dans ses bras et l'embrassa tendrement, les larmes aux yeux bien qu'elle essayait de le cacher, Asellus pouvait le voir.

-Surtout tiens toi correctement, ne fais pas de bêtise. Tu sais bien qu'au moindre écart, tu te feras sévèrement punir.

-Oui oui je sais. T'inquiète pas.

Bien évidemment il avait déjà qu'il allait enfreindre de nombreuses règles de l'école dès cette année, et la première dès son arrivée au château car il emportait dans sa malle bon nombre de produits estampillés Weasley. Mais ça, ses parents n'avaient pas besoin de le savoir. Même si son père trouverait ça certainement drôle, il ne voulait pas qu'Asellus fasse de bêtises dès le premier jour car il était attendu au tournant. Alors il ne lui avait rien dit non plus, seuls Tidus et Sabius étaient au courant. Il n'avait pas hésité une seule seconde à en parler au deuxième, car c'était aussi son ami, et il savait qu'il n'allait pas le trahir.

-Je t'aime fort !

-Moi aussi je t'aime, murmura Asellus faiblement.

C'est vrai il l'aimait, en revanche il était toujours très gêné de devoir le dire à haute voix. Tout comme il était gêné quand ses parents commençaient à le prendre dans leurs bras et à l'embrasser en public. Ce soir là ça allait il n'y avait personne dans les rues, mais le lendemain, il savait très bien que son père allait lui faire honte en l'embrassant sur le quai. Sans un dernier regard vers Sirius, sa mère fit demi tour et remonta dans sa voiture. Pendant ce temps là, Sirius récupéra la grosse malle et la posa dans le vestibule. Il n'y avait pas besoin de l'ouvrir, Asellus avait tout ce qu'il fallait pour se changer et se préparer le lendemain pour la rentrée.

Cette dernière soirée avec son père se passa de façon exceptionnelle, comme si Sirius voulait que tout soit absolument parfait et inoubliable. Peut-être voulait-il vraiment qu'Asellus oubli l'histoire avec la rouquine et le fait d'avoir trouvé son père en caleçon. Mais même si c'était le cas, ça ne le dérangeait pas. Ils avaient joué au Quidditch (oui oui à l'intérieur, dans la maison), ou bien à « Qui attrape Kreattur le premier ? » (ce dernier cherchant constamment à se cacher dans un coin presque introuvable de la maison). Asellus ne gagnait jamais à ce jeu depuis qu'ils l'avaient inventé, et même s'il n'avait pas de preuve, il soupçonnait fortement son père de se transformer en chien pour pouvoir trouver l'elfe plus facilement grâce à son flair.

Comme la mère d'Asellus s'y attendait, ils se couchèrent à une nuit avancée cette nuit-là, au petit matin on pouvait dire même. Et donc bien évidemment, aucun des deux n'entendit la sonnerie pourtant stridente du réveil et les minutes passèrent, passèrent, jusqu'à ce que Sirius émerge enfin de son rêve emplit de nymphes et autres créatures à l'aspect attrayant. Il cligna plusieurs fois des yeux, un goût particulièrement ignoble dans la bouche et la gorge sèche après la quantité de Whisky qu'il avait ingurgité avant de se coucher. Et là il fit un bon monumental hors du lit, il était déjà 10h passé !

-Asellus ! Débout dépêche toi !

-Hein quoi ?

Contrairement à ses deux amis, lui avait particulièrement bien dormit cette veille de rentrée et il ne comprenait pas pourquoi son père s'activait à ce point. C'est vrai Sirius arrivait toujours en retard à ses rendez-vous. À l'heure où il devait rencontrer les gens, il était systématiquement encore chez lui à finaliser sa tenue et même dans de pareilles situation, il ne se pressait pas autant.

-Prépare toi, habille toi, ton train pour Poudlard part dans moins d'une heure.

Cette fois, Asellus aussi était bien réveillé. Comment avait-il pu oublier le jour de sa rentrée ? Il fallait vraiment qu'ils arrêtent de se coucher aussi tard. Le seul avantage à être en retard et à devoir se préparer aussi rapidement, c'est qu'il n'avait pas encore eu le temps de penser au moment qu'il allait vivre en fin de journée, qui l'angoissait particulièrement depuis plusieurs mois et qu'il redoutait plus que tout.

-C'est bon t'es prêt ? demanda Sirius après l'avoir laissé se préparer pendant un moment qu'il avait jugé suffisamment long, du moins s'il ne voulait pas qu'Asellus loupe son train.

-Et mon petit déjeuner ?

-Tiens prend ça !

Il lui donna un sandwich toasté au fromage et au jambon qu'il venait visiblement de préparer à la va vite, le pain était encore brûlant.

-Tu le mangeras sur la route ! D'accord ? ajouta-t-il en l'enveloppant dans une serviette.

-Sur la moto ?

-Heu…non ben…tu le mangeras dans le train alors.

-Oui ce sera mon déjeuner donc, et pas mon petit-déjeuner.

-Commence pas avec ton sarcasme Asellus ! On est beaucoup trop en retard pour ça !

Il ensorcela la grosse malle pour la mettre dans sa poche, et ils sortirent enfin de la maison. La moto de Sirius était garée juste devant, seulement ce matin là le sort semblait s'acharner, elle ne voulait pas démarrer.

-C'est pas vrai ! Tu vas démarrer oui ! Allez démarre maudite machine !

Mais il n'y avait rien à faire, la moto ne voulait rien entendre.

-Comment on va faire alors ? demanda Asellus.

-Tant pis, on va prendre le métro.

-Le métro ? Mais tu ne sais même pas quelle ligne on doit prendre ! Ni où se trouve l'entrée la plus proche d'ici.

-Ca doit pas être bien compliqué. Les moldus y arrivent bien eux !

Trois demandes de chemin et un changement de train après erreur de direction plus tard, ils arrivèrent enfin dans le hall de King's Cross.

-Allez cours ! Dépêche toi !

-Je vois pas pourquoi tu me fais courir comme ça. J'ai pas besoin de faire du sport je suis pas gros !

-C'est pas pour que tu perdes du poids Asellus. C'est pour pas que tu loupes le train et pour pas je reçoive déjà un avertissement de la part de ce cher Servilus ! Si ça arrive, ta mère va m'étriper.

-Servilus ? C'est qui ?

-T'occupe ! Et continue d'avancer !

Ils arrivèrent sur le quai à peine deux minutes avant le départ.

-Ouf ! On y est arrivé ! Tes copains doivent déjà être à l'intérieur.

-Je vais réussir à les trouver t'inquiète pas.

-Je m'occupe de mettre ta malle avec les autres.

-Ok 'Pa.

-Viens par là !

Comme Asellus s'y attendait, il voulait le prendre dans ses bras et l'embrasser. Mais le jeune garçon n'était pas d'accord. Tous les enfants étaient peut-être déjà à bord, pour la majorité ils étaient aux fenêtres pour saluer une dernière fois leurs parents, et ils pouvaient très bien les voir lui et son père de là où ils étaient.

-'Pa ! On n'a pas le temps pour ça.

-D'accord d'accord ! Excuse moi.

-Fais attention en rentrant à la maison, ne te perds pas dans le métro.

-Je vais essayer. Au revoir Champion ! N'oublis pas de m'écrire.

-C'est promis !

-Je t'aime.

-'Pa !

-Excuse moi.

Le sifflement qui annonçait le départ retentit dans la gare, et Asellus monta de justesse dans le train, encore essoufflé par sa course dans le hall. Finalement il avait peut-être besoin de faire un peu plus de sport oui. Il salua son père une dernière fois, avant qu'il ne disparaisse dans la fumée de la locomotive. Après plusieurs minutes de recherches, il trouva enfin le compartiment où l'attendaient ses deux amis. Ils semblèrent d'ailleurs particulièrement surpris en le voyant ouvrir la porte, sauf qu' l'un des deux avait un grand sourire un air triomphant, et que l'autre soupirait l'air légèrement abattu.

-Par ici la monnaie ! s'exclama Sabius.

Sans rien dire, Tidus sortit une petite bourse de sa poche et en sortit des pièces argentées qu'il donna à son ami.

-Vous avez parié sur quoi ?

-Laisse tombé ! s'exclama Tidus un peu déçu mais malgré tout heureux de voir son ami.

Asellus, lui, souriait, n'ayant pas encore compris que c'était lui et ses retards légendaires qui avaient fait l'objet de ce pari.