Chapitre 2 : I can't do anything for her.

-Alors, comment ça se passe ? Dit Wilson l'air affligé, alors que House venait dans son bureau. Il avait de plus en plus de mal à trouver le sommeil depuis que lui et House avaient diagnostiqué la maladie de la patronne.
-Elle encaisse…
-C'est tout ?
-Je ne lui ai pas parlé.
-Quoi ? -Cria-t-il surpris- Tu lui as annoncé le diagnostic et…
-Et c'est tout… Que voulais-tu que je fasse d'autre ?
-Que tu te comportes en humain ! –Il avait élevé brutalement le ton.- Te rends-tu au moins compte que tu lui as apporté une horrible nouvelle et que tu n'es même pas resté à ses côtés, tu ne lui as même pas parlé ?
- Je n'avais rien à dire alors pourquoi rester alors qu'il n'y a rien à dire ?
-Mais enfin House, c'est ta patronne ! Vous vous connaissez depuis une plombe, tu ressens quelque chose pour elle et… -Il n'arriva pas à finir sa phrase, il était paniqué et sa voix tremblait.- Elle est mourante House, et toi et moi savons très bien que lui trouver un cœur avant que le sien ne lâche relève du miracle. Va la voir et parle lui.
-C'est pas parce que j'irai la voir que son cœur va guérir alors lâche moi les bask' et va la voir toi ! -Dit-il en élevant à son tour le ton -Lucas est là pour elle, moi je suis son médecin, elle est ma patiente. Je suis un con c'est vrai ! Mais je n'ai rien à lui dire, même sa fille qui parle à peine aurait plus de chose à lui dire pour la réconforter ! Maintenant tu m'excuses mais je dois annoncer à mon autre patiente qu'elle peut rentrer chez elle.
House sortit du bureau de Wilson et claqua violemment la porte. Il erra dans le couloir après avoir donné l'autorisation à sa patiente de rentrer chez elle retrouver ses enfants et son mari. Elle, elle l'avait cette chance, sa deuxième patiente qui n'était autre que sa patronne ne l'aurait pas, il ne pourrait pas lui dire qu'elle pourrait sortir. Elle a passé une bonne partie de sa vie dans ces couloirs, dans cet hôpital, elle y a consacré beaucoup de temps et elle allait y mourir alors qu'elle arrivait de plus en plus à s'en détacher, à passer plus de temps chez elle. Elle avait enfin tout ce dont elle rêvait et tout cela s'était effondré en moins de temps qu'il ne lui en avait fallu pour tout échafauder. La vie est dure, injuste. Il était en face de sa chambre et regardait à l'intérieur. Elle serrait sa fille allongée à ses côtés, elle lui donnait un nombre incalculable de baisers et elle pleurait. Elle avait d'énormes cernes, le teint blanc et semblait lutter contre la fatigue, contre le sommeil pour rester éveiller et profiter encore de la vision qu'elle avait. Elle caressait désormais la chevelure de sa fille, en la regardant avec attention. Il aurait voulu rentrer, la rassurer, la voir sourire mais pour lui c'était difficile. Pourquoi n'arrivait-il pas à montrer de la compassion ? La dernière fois, alors qu'elle avait perdu Joy ça avait fini bizarrement. Tout ce qu'il avait trouvé à dire c'est le contraire de ce qu'il avait dit bien avant. Et là ce serait encore la même chose, pire même. Il dirait « ça va aller » mais non, ça n'irait pas et il le savait, il le pensait cette fois. A quoi bon ? Pour qu'elle lui crie dessus… Non ce n'était vraiment pas la peine d'essayer. Il préférait la laisser tranquille de toute façon tout ce qu'il arrivait à faire c'était la rendre malheureuse, il n'était pas question qu'à la fin il la rende encore plus malheureuse. Quelque chose le poussa tout de même à entrer dans la chambre. Il poussa la porte et avança prudemment muni de sa canne. Elle n'avait pas levé le regard sur lui, de toute façon elle savait qui était entré.
-Vous devriez dormir… Vous en avez besoin. Souffla-t-il.
-Je ne suis pas fatiguée.
Un silence prit place, il s'assit sur le fauteuil, il ne comptait pas partir tout de suite mais ne parla pas non plus. A la parole il préférait le silence. Elle caressait toujours les cheveux de sa fille et lui levait sa canne et la laissait retomber dans un bruit sourd frénétiquement.
-Je ne sais pas quoi lui dire.
-Alors ne lui dites rien.
-Trop tard.
-Vous lui avez dit quoi au juste ?
Elle inspira puis souffla lourdement.
-Je lui ai promis l'impossible.
-C'est bien comme ça.
-Comment pouvez-vous dire ça ? -Dit-elle doucement- Une promesse, c'est une promesse. Quand on promet l'impossible par définition on ment.
-Elle ne se rend pas compte à son âge. Et peut-être que vous ne lui avez pas menti.
-House, je ne suis pas naïve, je sais ce qui m'attend, il y a énormément de personnes qui attendent un cœur, il me reste peu de temps. Quelques semaines de plus et tout cela n'aurait pas été que mensonge.
-Ne la faites pas regretter le mensonge alors…
-Je suis coincée ici de toute façon. Je lui ai dit qu'on irait manger une glace quand je sortirai…
Encore une fois un silence prit place, jusqu'à ce qu'un visiteur n'arrive.
-Lisa…
House se leva, il préférait les laisser seuls, il dit quelque chose à l'oreille de Lucas qui hocha la tête d'un signe affirmatif. Il partit pour reprendre ses affaires dans son bureau, passa brièvement à celui de Wilson.
-Je ne peux plus la voir comme ça, je ne peux rien faire pour elle, je rentre chez moi.
Il sortit aussi vite avant que Wilson n'ait pu prononcer un mot. Abattu, il posa sa tête au creux de ses mains, empêchant les larmes de couler, le cauchemar recommençait après Amber c'était au tour de Lisa, son amie et collègue.
La douleur déchirante d'une séparation proche s'était installée.
Lisa voulait s'assurer que sa fille serait heureuse malgré son mensonge, il fallait qu'elle le sache, ça lui enlèverait un poids énorme. Lucas était là, assit à ses côtés silencieux, il lui tenait la main avec douceur, il avait mal mais se sentait horriblement impuissant, la douleur déchirante venait de là. Regarder se produire, impuissant, le pire devant ses yeux.
-J'ai menti à Rachel.
-Non tu l'as rassurée, c'était ton devoir.
-Elle a confiance en moi, mon devoir est de la protéger.
-Et tu l'as fait, tu l'as protégée de l'horreur de la vie. Ce n'est qu'une enfant Lisa, tu as fait ce qu'il fallait.
-Elle a peur d'être seule. Dis-moi que ce ne sera pas le cas, promets-le moi.
-Je voudrais te le promettre mais sans toi ce ne sera pas pareil.
-Je t'en supplie promets-moi que tu ne la laisseras pas tomber, que tu seras là pour elle.
Elle pleurait, l'implorait de ne pas laisser sa fille
-Je te le promets.
-Tu lui diras à quel point je l'aime et –elle sanglota, l'empêchant de finir sa phrase, serrant toujours plus Rachel.
Lucas se leva et l'enlaça, il avait peur mais il s'occuperait de Rachel pour combler le vide le plus possible.
-Promets-moi que tu l'emmèneras manger un glace au parc.
-Pourquoi ?
-J'ai besoin que tu le fasses pour moi.
-Très bien.
Wilson arriva, il devait lui aussi être à ses côtés le plus souvent possible pour qu'elle ne se sente pas seule. La pièce était silencieuse, parfois le silence est d'or et la parole est d'argent.