~ Voilà la suite ! Bonne lecture à vous ;)
Indifférent à tous ces individus qui le frôlèrent sur leur passage, Ryoma ne bougea pas d'un millimètre.
Ignorant les deux lycéennes en jupe courte qui le dépassèrent rapidement. De même que le vieillard qui lui fonça dessus et qui bifurqua à la dernière seconde. Il ne s'intéressa pas davantage à l'équipe grouillante qui passa à côté de lui. Ni aux enfants curieux qui le pointaient du doigt.
Même les braillements discontinus provenant de fan-girls déchaînées ne le sortirent de sa transe. Ses yeux continuèrent à fixer la paume ouverte de sa main.
Encore choqué par cette récente découverte.
Farfouillant dans les poches de son short, il plongea fébrilement dedans et racla soigneusement les fonds de tissu.
Rien. Nada.
Ryoma releva la tête et son regard désespéré balaya les alentours. A coté des fourrées, il le repéra presque automatiquement et un son plaintif fit vibrer sa pomme d'Adam. Son emplacement n'avait pas changé. Mais peut-être aurait-il mieux fallu qu'il disparaisse de sa vue pour ne pas souffrir davantage.
Ses poings se serrèrent. C'était insupportable alors qu'il était si près de lui, il était dans l'incapacité d'une avoir une en sa possession. Quel gâchis, alors qu'en face le morveux la tenait fermement dans sa poigne et en gaspillait la moitié !
Du coin de l'œil, il le lorgna une dernière fois. Ses poumons se gonflèrent d'air et un long soupir s'échappa hors de sa bouche. Il le nargua ce salaud, le tentant par son attrait satanique. Oui, il ne pouvait pas s'en offrir mais il pouvait toujours essayer de s'en procurer autrement. Sans sa protection, ce truc n'était rien. Cela ne devait pas être si solide.
N'y avait-il pas un de ces délinquants dans les parages qui tapait sur tout à leur passage juste pour se défouler et donc qui pourrait par la même occasion la fracasser ? Comme lui...le joueur de Yamabuki,... Aku-machin...comment s'appelait-il déjà ?... Aku...Akut...Akutsu, se rappela t-il. Il conviendrait bien pour ce job. Il lui cognait dessus, lui filait un coup de main sans le savoir et hop, le tour était joué !
Hum, mauvaise idée. Ryoma secoua négativement la tête. C'était un plan plutôt foireux.
Son visage se revêtit soudainement d'un air déterminé. Hors de question pour lui d'attendre la fin de l'après-midi, il devait trouver un moyen pour l'obtenir. Coûte que coûte.
Une vague particulièrement puissante de clameur s'éleva des courts. Un rictus apparut à ses lèvres.
Sa solution, il l'avait.
Ryoma se dirigea vers la source de l'infernal boucan. Les oreilles aussitôt agressés par le bruit détonnant d'une foule dopée à l'adrénaline, il se fraya un chemin, baissant la visière de sa casquette. Il évita habilement les supporters et les joueurs survoltés tout en scrutant les visages à la recherche de personnes familières. Son équipe de préférence.
Après plusieurs pas, entouré par différents joueurs qu'il voyait pour la première fois, il finit par longer les grillages, las dans sa recherche. Il tomba enfin nez-à-nez avec quelqu'un, ou plutôt une équipe qu'il connaissait.
Hyotei.
Le roi des singes et sa cour au complet. Il exhala un soupir de soulagement malgré lui, bien qu'il se força à ne pas tourner les talons. La démarche assurée, il traversa les derniers mètres, un petit sourire scotché aux lèvres. Pour une fois qu'il allait servir à quelque chose.
"Tiens, ne serait-ce pas Echizen par hasard ?" l'accueillit Atobe de sa voix traînante. Les autres têtes pivotèrent dans sa direction."Tu n'es pas avec Tezuka et les autres ? Te serais-tu perdu ?" rajouta t-il, narquois. "Pauvre bébé"
Bâtard.
Ryoma refréna l'envie de rétorquer mais ne put s'empêcher de montrer les dents. Faisant abstraction des regards amusés des autres membres debout à ses côtés, il planta ses orbes dorées dans ceux de la diva.
Atobe leva élégamment un sourcil. Le gamin se tenait devant lui avec un visage sérieux. Trop sérieux pour le coup. Et son attitude était étrange. Il aurait déjà dû l'insulter comme à son habitude.
Le dit gamin s'éclaircit la gorge et releva le menton "J'ai besoin de quelque chose", annonça t-il, provoquant un air interrogatif sur toutes les faces. "Ma santé est en jeu, roi des singes !"
Incompréhension totale de la part des joueurs et grosse déception pour Atobe après cette déclaration. Lui qui avait espéré que le gosse s'était déplacé juste pour le voir...
Alors que le reste de son équipe conserva une expression décontenancée en observant le plus jeune, Atobe perdit néanmoins son air arrogant et ses traits faciaux se contractèrent imperceptiblement. Sous les yeux de ses coéquipiers, il attrapa avec force les épaules d'Echizen. "Tu t'es fait mal quelque part ?" s'inquiéta t-il. "Tu es blessé ?"
Envolée l'attitude de diva, remarquèrent avec ironie les membres présents. Leur capitaine n'avait même pas utilisé "ore-sama" et s'agiter de cette manière ne lui ressemblait guère. Echizen était bien le seul à l'affecter de cette façon.
Ryoma fronça les sourcils et se dégagea d'un mouvement d'épaule "C'est quoi ton problème, roi des singes ?" fit-il agacé. " Je ne sais pas ce que tu t'es imaginé mais je veux juste 100 yen, prête-les moi !"
"HUH ?!"
Yeux écarquillés pour tous les joueurs de Hyotei. Et un Echizen qui s'impatientait. "File-moi 100 yen" ,répéta t-il.
Remis de leur surprise, l'annonce déclencha des ricanements, des regards désabusés et une mine déconfite pour l'aristocrate.
Le môme ne changerait jamais. Mais à quoi s'était-il attendu de sa part ? D'abord, il venait l'aborder seulement parce qu'il avait besoin d'un truc, donc par pur intérêt. Et là, il apprenait finalement que c'était pour de l'argent. Pour 100 yen. 100 misérables yen.
La colère grondant au fond de lui, Atobe préféra se laisser gagner par le soulagement. Tout compte fait, son gamin n'avait aucun ennui de santé, c'était le plus important et les yeux dorées scintillaient d'un tel espoir qu'il ne se sentit pas d'humeur à lui refuser sa demande incongrue. Si cela lui faisait plaisir...
Et puis le visage plein d'attente d'Echizen était si mignon. "Kabaji" appela t-il, entraînant le rire silencieux de son vice-capitaine. La faiblesse d'Atobe était bien le gosse constata-il en le voyant accéder à sa requête. Il fut frappé ensuite par l'absurdité de la scène passée après qu'Echizen ait détalé rapidement. Une question le turlupinait cependant.
" Et ils vont lui servir à quoi ces 100 yen ?"
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