Disclaimer: Ce manga fantastique n'a pas été dessiné par moi. Sérieusement j'ai deux mains gauches quand je dessine. Et plus que tout, je ne me nomme pas Yana Toboso! Donc non je ne suis pas l'auteur. Je ne fais qu'empruter les personnages pour jouer avec.
Genre: Supernatural (Hé, on bien on parle bien d'une histoire où il y a des démons et des shinigamis non?!). Romance(plusieurs types: shouen-ai, hétéro, yaoi -oui je tisse une différence pour des raisons qui seront expliquées plus tard). Angst et Drame (C'est Black Butler hein!). Violence (Pour de multiples raisons). Tragedy (bah quoi?) Family. Présence de quelques personnages originaux (les enfants de Diederich que j'ai déjà utilisé dans un OS)
Personnages de l'histoire: [Shinigamis] Undertacker, Grell, William, Ronald [Démon] Sébastien. [Humains] Ciel, Elizabeth, Edward, Diederich, plus beaucoup d'autres (Les OC ne sont pas comptés ici) C'est pour l'ensemble de l'histoire et pas juste ce prologue.
Parings: Romance entre Ciel et Lizzy (en même temps vous attendez pas à des merveilles, ils sont plus ou moins 14 ans hein), Couple yaoi surprise entre deux personnages canons x2 (Suspense, suspense...). Et un paring non-con Ocx? (inutile de chercher en comptant les ?, ça ne correspond pas aux lettres!) et aussi mais ce n'est pas de la romance: Bromance entre Ciel et Edward. Bromance entre Snake et Ciel.
Warning for: Violence, un peu de torture, mention de non-con, vente explicite d'humain...et mort de caractère également. (Kuroshitsuji est plus ou moins un Sheinen, à quoi vous attendiez vous? A de petits oiseaux qui chantent?).
Rating: Je mets M. Je pense que T suffirait mais je préfère ne pas prendre de risques inutiles! Je ne suis pas responsable de vous. Vous avez lu le genre, les avertissements et le rating, vous savez que ce ne sera pas la petite maison dans la prairie d'accord?
Chapitre 2: Bouleversements
Les deux garçons se fixaient intensément. Le grand blond aux yeux verts, toujours dans son uniforme de Weston, l'épée au côté. Et le petit comte à l'œil bleu violacé. Un regard attentif aurait pu noter des similarités au niveau de leurs traits, prouvant leur appartenance à la même famille, une preuve d'origines communes.
Finalement Tanaka toussota et les deux adolescents se reprirent. Faisant fi des traditions et de leur lignage ils engagèrent la conversation, devenant deux simples cousins au lieu d'un comte et d'un futur marquis.
Le plus vieux finit par desserrer les lèvres pour former un sourire aimable «Ciel.
- Edward.» répondit le plus jeune en faisant de même.
Les deux garçons se fixaient, le même air gravé sur le visage. Avec l'absence de Lizzy, ça en était profondément drôle. Sébastien monta les affaires du futur marquis dans la chambre qui lui avait été assigné. Tanaka guida les deux adolescents sur la serre pour un thé. Et se retira dans un coin, silencieux.
Pendant un moment, aucun des deux ne sembla trouver un sujet de conversation. Ciel finit par demander «Comment ça va à Weston?»
Le préfet de la Green House toussota «Tout va bien. Les quatre maisons parlent toujours du renvoi des anciens P4. Vu que tout est resté secret. Mais Cheslock, Clayton et moi nous gérons bien les choses.» Il posa sa tasse de thé et décocha un regard agacé sur son cousin, lançant sèchement «Tu pourrais écrire à MacMillan de temps en temps, il me demande souvent de tes nouvelles et si tu n'es pas malade. Tu n'avais pas besoin de te lier d'amitié avec lui si c'était pour couper tout contact après.» Il posa un peu durement sa tasse «C'est un peu cruel tu sais...»
Ciel eut le bon goût de paraître gêné. «C'est à dire...tu sais pourquoi j'ai fait ça. Et je n'étais pas entièrement un menteur avec lui...je le trouvais sympathique...mais un petit peu trop enfantin pour moi. Et je préfère ne pas me lier avec les...
- Rien ne dit que tu vas mourir! Arrête d'être aussi négatif.» Il leva les yeux, foudroyant le plus petit du regard «Ou je ne te permettrais pas d'épouser ma sœur.» Souriant sarcastiquement, il ajouta, railleur «Après tout si tu es si certain de mourir jeune...
- Je n'ai pas dit ça Ed...ward» Se rattrapant à temps pour ne pas laisser échapper le diminutif qu'il utilisait enfant, il s'empressa de continuer «...c'est juste qu'il...a une personnalité qui...ne..» Il repensa au petit roux, certainement d'origine irlandaise, gentil curieux, généreux...quelqu'un qu'il aurait sans doute beaucoup apprécié si le drame n'avait pas eu lieu... «...ce n'est pas le genre de personne qui doit fréquenter quelqu'un comme moi.»
L'autre lord ne répondit rien. Il ne s'était jamais posé la question.
Quand la tragédie avait eut lieu, presque quatre ans auparavant, sa famille avait été anéantie de chagrin. Sa mère pleurait la perte de son frère adoré, de son neveu adorable, de sa charmante belle-sœur. Son père était effondré également et Lizzie était inconsolable. Lui, le cœur gonflé de chagrin, avait pleuré seul. Il adorait son oncle, adorait voir l'approbation dans ses yeux ou riait quand sa main lui ébouriffait les cheveux. Même si ses parents étaient de vrais héros à ses yeux, cet homme était un modèle. Quand il avait été accepté à Weston à la Green House, son oncle Vincent lui avait posé la main sur l'épaule, un regard doux et fier dans les yeux. Cette approbation avait autant de valeur que celle de son père, un ancien de la Green House.
Sa tante Rachel avait toujours un geste ou un mot gentil à son égard. Elle arrivait à calmer ses crises de jalousie fraternelles sans difficulté.
Et il adorait Ciel. Qui le suivait partout. Qui avait boudé quand il était entré au collège parce qu'ils ne se verraient plus aussi souvent.
En une nuit, tout avait été détruit par le feu.
Il avait eut l'impression que son enfance se fracassait. Il avait consolé sa sœur de son mieux, incapable de demander à ce qu'on le console lui. Il avait 13 ans, il était grand. Il ne devait plus pleurer. Il devait être fort.
Devenir un chevalier, un véritable lord d'Angleterre.
Des jours, des semaines, avaient passés et, au palais royal, son père avait entendu des rumeurs comme quoi lui, Edward Midford, le fils aîné, descendant des Phantomhive par sa mère, descendant de l'avant-dernier chien de garde, son grand-père maternel, pouvait prendre la succession du comte Vincent Phantomhive et de tout ce qui allait avec. Dont le rôle maudit.
La reine voulait son chien de garde.
Edward avait à peine 13 ans, était à Weston depuis quelques mois seulement.
Il avait eut peur.
Peur de voir sa famille subir le même sort.
Il n'était qu'un enfant.
Sa mère avait dit que son oncle était devenu le chien de garde à 15 ans. Et qu'il exécutait ses missions durant les congés à Weston ou en s'absentant de manière exceptionnelle.
Edward, lui, ne se sentait pas prêt.
Et puis Ciel était revenu, éprouvé, transformé, borgne, et accompagné d'un étrange majordome. Il n'était plus le même. Devenu froid et dur, il était aussi distant. L'enfant qui boudait parce que son cousin partait au collège, qui était affectueux et rieur, était devenu un enfant glacial, indifférent. Il ne semblait s'adoucir qu'avec madame Red ou Lizzy et leur mère. Edward avait prit la décision d'accepter ce changement et se montrait dur avec lui.
Autant pour l'aider à être fort...
….que pour ne pas souffrir si la tragédie se répétait.
Il toussota et marmonna, tandis que Sébastien, revenu entre temps, posait une assiette devant lui, avec une part de gâteau pour accompagner le thé «Dans ce cas, le prince indien non plus n'a pas une personnalité qui correspond à ton rôle.
- J'ai au moins un contact indien.
- Bien entendu.» Il leva les yeux au ciel devant tant de mauvaise foi.
- Je ne considère pas Soma comme mon ami.
- Bien entendu.» approuva le jeune chevalier anglais, buvant une gorgée de thé.
Ciel lui jeta un regard noir «Tu ne me crois pas?»
Sourire railleur. «Bien entendu.»
Le jeune comte prit un air boudeur agacé. Il détestait quand le blond faisait ça. Le traiter comme un gamin qui disait n'importe quoi. Il entendit pouffer derrière lui et maudit son majordome de toute ses forces.
Ils gardèrent le silence de nouveau quelques minutes. Puis Edward se décida à rompre la glace, gêné comme à chaque fois qu'il abordait le sujet «Père a dit que tu avais une mission délicate.» Il tapota des doigts contre la table «Enlèvements et trafics d'être humains.»
Ciel soupira. Inutile de nier. «Oui. Apparemment une personne que mon pè...prédécesseur avait affronté il y a quelques années. Un homme qui lui a échappé de peu quand il a mit la main sur son bordel clandestin.
- Hum. N'y va pas seul. Tu es de la chaire fraîche pour eux.
- Toi aussi.
- Je ne le nie pas.
- Sébastien me protégera.
- Ces personnes ne sont pas à prendre à la légère Ciel. S'il a réussi à échapper à Oncle Vincent, il doit être très dangereux. Et très rusé.
- Je sais.» Il ne le savait que trop bien. Pour en avoir été victime pendant un mois. Avant d'être sacrifié à un démon. Il n'avait survécu que par miracle. «Mais justement parce que c'est dangereux, je ne peux que refuser ton aide.» Et surtout il y avait énormément de blonds parmi les enlevés. Alors son cousin, un beau blond aux yeux verts, affilié à sa famille, un relatif du chien de garde, descendant même de l'un d'eux...serait une cible de choix pour cet homme certainement assoiffé de vengeance contre sa famille. «J'ai invité Diederich et a famille à venir quelques temps. Il a participé à la mission d'il y a quelques années avec mon pè... prédécesseur.» Il se maudit. Ces derniers temps il n'arrêtait pas de trébucher sur ce mot.
Edward soupira. C'était si triste de voir Ciel si obstiné à nier son affection pour ses parents. Ça faisait deux fois qu'il trébuchait sur le mot. Il ne devait pas aller bien ces temps-ci, il devait trop entendre parler de son père depuis peu vu que ce dernier avait affronté la même personne.
«Ne prends juste pas de risques inutiles.
- Bien sûr.
- Je veux dire, ne pense pas à servir d'appât ou quoique ce soit.» Il le foudroya du regard, dans un avertissement clair. «Ton majordome a beau être un grand combattant, ce genre de crapule est rusé, une vraie hyène se repaissant de la misère humaine. Donc ne fais rien de stupide!»
Ciel toussota. Son cousin le connaissait trop bien. «Je sais ce que je fais.
- Hum. Si tu le dis.» Inutile de lui proposer son aide, ça serait certainement refusé. «As-tu une idée de comment il échappe toujours à Scotland Yard? Un taupe peut-être? Un pourri qui avertirait en échange de services?»
Ciel grogna «Cette enquête sent la charogne jusqu'ici. Des adolescents sont enlevés depuis deux mois. Il y a des nobles dedans. J'ai des photographies et des explications pour chaque cas. Certains ont disparu lors d'un bal, d'autres dans la rue en revenant d'une fête...» Même s'il refusait l'aide d'Edward, ne voulant pas l'impliquer plus que nécessaire, il pouvait échanger des avis, le futur marquis était très au fait de la société et pouvait éventuellement le mettre en contact. Sans parler du fait qu'il était intelligent et pouvait trouver des hypothèses intéressantes.
Le blond eut une moue songeuse «Le trafic implique donc un noble. Une simple crapule ne pourrait pas approcher un fils de bonne famille lors d'une réception. Dans la rue, ce serait possible cependant.
- Hum...je pense également que certaines personnes de la haute société trempent là-dedans.
- Ca ne va pas te faciliter la tâche.
- Tu sais combien nous sommes en Angleterre? Ne serait-ce qu'à Londres?
- Entre les familles anciennes, et les parvenus...tu veux que je te donne un chiffre?»
Ciel grogna. «Pas la peine, j'en ai une vague idée.
- Tu as une idée donc.
- A part me présenter à une fête importante? Si ma cible est un ancien ennemi de mon père et veut détruire ma famille, il sauterait sur l'occasion.
- Tu...
- ….resteras bien en vue et près de Sébastien qui sera déguisé.»
Le majordome gloussa «La dernière fois, vous n'avez pas été prudent jeune maître.
- C'était la dernière fois.
- Pourtant le coupable était censé être dangereux et vous avez suivi le suspect sans méfiance.
- Je savais que tu surveillais les choses.»
Le démon roula des yeux. La mine fâché du cousin de son maître était très amusante cependant. Titiller ses instincts protecteurs se révélait extrêmement plaisant. Le jeune comte ne s'en rendait même pas compte.
Edward fit la moue. Il soupira, vaincu et marmonna. «Un de mes camarades de la Green House a un père noble qui organise une grande fête dans huit jours. Cet homme invite parfois des gens étranges.
- Étrange?
- En quelque sorte.» Il termina sa tasse et la reposa «C'est un homme discret, qui ne se montre pas beaucoup dans la haute-société, sauf si obligé et il est toujours irréprochable à ces moments-là. Il est lié à des activités commerciales avec l'Asie, même si ce n'est pas sa principale activité. On l'a déjà soupçonné d'être dans le trafic d'opium mais la police n'a rien pu prouver, d'après mon père. C'est un marginal. Il collectionne des choses étranges. C'est aussi un érudit. Il verse cependant de l'argent à des orphelinats. Et aux hôpitaux. Faisant de lui une personne impossible à comprendre.
- Hum. Il a un profil de suspect.» Ca lui rappelait désagréablement le Baron Kelvin, généreux donateurs aux hospices et orphelinats, mais qui était la pire répugnante vermine au monde en réalité. «...un peu trop suspect d'ailleurs.
- Cela dit, être étrange ou être possiblement un trafiquant d'opium ne fait pas de non un trafiquant d'être humains. Être louche ne rend pas coupable.
- Comment s'appelle cet homme?
- C'est le vicomte Russel. Il vit à Londres.
- Sébastien?
- Oui jeune maître?
-Va enquêter sur cette personne. Et sois discret. Je veux toute les allées et venues, les visiteurs. Et si des adolescents sont conduis chez lui. Et contacte moi Lau.
- Bien jeune maître.» Il s'éloigna rapidement. La porte fut à peine fermée que le jeune garçon enchaîna «S'il se révèle qu'il est suspect...pourrais-tu nous obtenir des invitations pour cette fête.
- Je pourrais demander à mon camarade oui. Si tu me promets de ne pas prendre de risques inutiles. Tu as à peine 14 ans Ciel...ne prends pas le risque de tomber sur ce genre d'individus pervers.»
Ciel eut un sourire triste.
C'est trop tard Edward, je suis déjà souillé.
La voiture s'immobilisa devant le manoir. Ciel se tint bien droit pour donner l'impression d'avoir grandit et de ne pas être un petit garçon. Après tout, le fils de Diederich avait plus ou moins son âge et était déjà plus grand. Il regarda ses chaussures rehaussés et grogna. Pourquoi ne pouvait-il pas être grand comme Edward qui, à son âge, mesurait plus que lui actuellement.
Quand l'allemand descendit du véhicule, l'adolescent aux mèches foncées s'avança vers lui, tandis que les enfants descendaient derrière leur père. «Ravi de vous revoir.
- Le plaisir est pour moi Ciel.» répondit l'homme brun en costume militaire. Il était grand, fort et dégageait une aura d'autorité normale pour un officier. Une aura qui avait toujours été soufflée en présence de son meilleur ami. Il semblait fier, sûr de lui, et fort. Un combattant qui savait se défendre et pouvait affronter de nombreuses situations.
Edward s'avança à son tour et tendit la main «Enchanté de vous revoir, cela fait des années monsieur.
- Tu es le fils du marquis de Midford, c'est ça ?» La dernière fois qu'il avait vu le petit blond était presque quatre ans plus tôt, quand l'enfant, fier, en uniforme de la Green House, était entré en coup de vent dans le bureau de Vincent pour annoncer fièrement à son oncle qu'il était reçu à Weston.
Le jeune homme sourit «Oui. Et le cousin de Ciel.» il salua respectueusement l'ami de la famille Phantomhive.
Le germanique se tourna vers la fratrie derrière lui. «Allons, présentez vous.
- Mais Père, Ciel nous connaît...enfin pas le petit dernier mais...» L'adolescent qui semblait avoir tout juste 14 ans referma la bouche devant le froncement de sourcils de son père et s'avança, esquissant un salut aux deux garçons devant lui. «Enchanté de te revoir Ciel, et de vous rencontrer Lord Midford, je m'appelle William Von Wolf.» Le garçon avait un visage encore arrondie par l'enfance, des yeux verts et des longs cheveux noirs et légèrement bouclés. Il était grand, encore mince, et avait un air à la fois assuré et amical. Ses vêtements étaient dans des couleurs douces. Cependant il avait un éclat dans le regard, un éclat qui criait de ne pas le sous-estimer.
Un garçon d'environ 8 ans sortit de derrière son père, il avait de courts cheveux blonds comme les blés et les yeux noirs. Son visage était plutôt pâle. Il hésita, comme s'il cherchait les mots et finit par dire, timidement «En...Enchanté de vous rencontrer Lord Midford et de vous revoir Lord Phantomhive. Je m'appelle Gilbert.»
Ciel sourit «Tu peux me tutoyer et aussi m'appeler par mon prénom tu sais, nous sommes entre amis ici. Fais comme ton frère.»
L'enfant rougit et alla se réfugier derrière son aîné. Celui-ci ricana.
L'attention de Ciel se posa sur le petit dernier, caché derrière la jambe de son père. Un petit garçon qui ne devait pas avoir beaucoup plus de trois ans. Le jeune comte ne l'avait pas vu quand il était allé en Allemagne, car l'enfant était malade à ce moment-là. Il était habillé de bleu, la peau encore pâle, et la même coupe de cheveux que son père, en un peu plus long. Ses yeux étaient verts. Il lorgna les deux adolescents et se mordilla la lèvre. Agrippé au tissu, il chuchota d'une petite voix timide«Enchanté de...vous rencontrer, je m'appelle Vincent Von Wolf..»
Ciel sentit un léger pincement au cœur mais sourit gentiment «Bonjour. Ravi de te connaître.»
Lau bailla, s'asseyant sur le luxueux canapé entre deux personnages ventripotents. En face de lui, un autre, puant l'alcool à plein nez. Des vapeurs d'opium flottaient dans l'air. Le chinois grimaça, il détestait cette ambiance. Cette salle sombre, éclairées par quelques chandeliers. Ce lit qui semblait attendre l'horreur, le mélange d'alcool, de tabacs et de drogue qui agressait l'odorat. Pour venir ici, il avait marché dans un couloir sombre, ressentant toute la souffrance humaine en ces lieux.
Un individu masqué se tenait là, au côté d'un autre, balafré. «Bienvenu Lau.
- Je vous remercie de votre hospitalité.
- Et nous de vos cadeaux. Nos jouets sont tellement plus dociles après une dose d'opium.
- Mais nettement moins amusants.» grogna un autre, jouant avec une cravache.
Le chinois haussa les épaules «Haa ça il faut choisir.» Jouer le jeu, jouer les monstres, il était très fort pour ça à présent et ne craignait pas de tromper l'ennemi.
Le balafré gloussa, rajustant son col, et révélant un étrange tatouage au niveau de l'épaule. «Maître, je vous ai réservé un magnifique présent pour ce soir.
- Ho vraiment ?» répliqua l'individu au masque.
Les autres rirent. Chacun d'eux enfila un masque à leur tour. Lau refusa le sien quand on le lui tendit, prétextant que jouer avec le feu était son plus grand plaisir.
«Un prisonnier. Magnifique. Une beauté. Adulte. Bien formé.
- J'espère qu'il n'a pas été gâté par d'autres clients. Je ne veux pas d'une poupée usagée.
- Il est parfaitement en état. Il est impossible de soumettre cet individu. Il est à la disposition de ceux voulant une revanche.»
Lau fronça les sourcils. Il était soudainement intéressé. «Une revanche?
- Un maudit fouineur.
- Ho.
- D'habitude, je le prête à des gens pour qu'il lui tape dessus. Ils adorent le voir souffrir. Le voir impuissant.»
Là Lau était intéressé. Il n'avait jamais entendu parler de ça. C'était fortement intéressant. Vraiment. Il eut un sourcil qui ourla ses lèvres «Les fouineurs, nous en connaissons tous.
- Surtout ce maudit chien de garde.
- Allons, vous avez peur d'un petit enfant.
- Il n'est pas si innocent Lau...et vous le savez. C'est un petit démon.» Le balafré se pencha vers le chinois, un sourire immonde au visage. «Vous êtes proches de lui n'est-ce pas?
- C'est ce qu'il pense, j'ai bien joué pour lui faire croire que j'étais son allié et oserais-je dire ami.» Il leva son verre d'alcool et but une gorgée, avant de conclure «Les enfants sont si naïfs. Il est méfiant mais dès qu'il a prit confiance en quelqu'un...» Nouveau ricanement. «Il vous cherche en ce moment mon cher Gavin.
- Et le moment venu, vous pourrez nous le vendre, quand il seras mûre pour la cueillette. Il vous fait confiance non?»
Tous gloussèrent tandis que l'asiatique buvait son verre, un sourire aimable aux lèvres «Tout dépendra de votre offre mon ami.
- Certainement.
- Maintenant, je serais curieux de voir ce trophée que vous pensiez offrir à votre supérieur. Il a l'air d'avoir le droit à un régime de...faveur.»
Gavin éclata de rire «C'est vrai que vous devez avoir un compte à régler.»
Haussement de sourcil de son interlocuteur «Vous m'intriguez.»
Le balafré se leva et alla cogner deux fois à une porte dérobée derrière un rideau. Deux hommes amenèrent un prisonnier. Et le jetèrent aux pieds du maître. Lau vit des cheveux presque alternant entre gris foncés et noir, une peau pâle et marquée d'ecchymoses. Des habits déchirés et souillés de sang. Les mains du captif étaient solidement attachés dans son dos. Gavin attrapa une poignée de cheveux et le força sur les genoux, de façon à montrer son visage à tous.
Lau écarquilla les yeux. Glacé.
Il ne s'attendait pas du tout à ça !
Non.
Pas possible.
Il reconnaissait ces yeux bleus. Cette lueur. Et ce...
«C'est vraiment lui ?
- En doutez-vous Lau ? Rapprochez vous.»
Le chinois s'approcha et attrapa le visage du prisonnier pour mieux le regarder à la lueur des chandelles.
Les yeux clairs qui lui faisaient face s'écarquillèrent un instant avant de redevenir normal. Le trafiquant d'opium se releva. «Effectivement. Il est resté magnifique malgré sa captivité.»
Le maître tendit la main pour toucher la victime qui se jeta violemment en arrière, sa tête heurtant le menton du balafré qui jura, retombant en arrière. Un autre homme se prit un violent coup de pied dans le ventre. Lau ricana silencieusement, ravi du spectacle. Et sourit plus largement en entendant ce que criait le captif, qui se débattait comme un démon contre ses tortionnaires.
Il n'est pas brisé.
Tant mieux.
Rapidement les deux acolytes se saisirent de leur victime et le plaquèrent sur le lit, aidés des deux masqués, le clouant sur le ventre. Une main enfonça le visage du captif dans les draps rêches, et l'autre lui serra la nuque, pour le forcer à rester calme. Bientôt incapable de faire le moindre mouvement, l'homme cessa la lutte, haletant, ses yeux se remplissant petit à petit de résignation. Il savait qu'il ne pouvait rien faire pour se libérer et qu'il allait encore souffrir. Il ferma étroitement les paupières quand ses vêtements furent en partie arrachés. Et serra les dents, tremblant, sachant parfaitement ce qui allait lui arriver.
«Il est tout à vous maître. Il ne peut plus se débattre...mais il peut crier.»
Les rires reprirent, Lau resta silencieux. L'homme mystérieux, qui devait être aisé vu ses propos et sa démarche s'avança.
Le chinois chercha un échappatoire. Il ne pouvait protéger cet homme maintenant mais il pouvait s'arranger pour qu'il soir sauvé rapidement. Il sortit sa montre et regarda l'heure. «Hum...je dois y aller messieurs. J'ai un client important qui va arriver chez moi d'ici une demi-heure. Juste le temps de rentrer.
- Quel dommage Lau. Je vous aurais offert un tour gratuit plus tard.» gloussa Gavin en passant la main dans les cheveux emmêlés du prisonnier qui tenta de reculer sous ce geste.
L'asiatique s'inclina «N'hésitez pas à me transmettre votre commande pour l'opium dès que vous le désirez. Et méfiez vous, un petit renard me surveille de près, donc prenez garde.»
Tandis qu'il quittait le bâtiment, sachant qu'il n'y aurait plus personne d'ici deux heures et qu'il était inutile d'avertir son allié, il tenta d'ignorer les cris de tous les prisonniers, se réjouissant de ne pouvoir en reconnaître une parmi celles qui résonnaient entre ces murs.
«Comme vous me l'avez demandé, j'ai pris d'énormes risques pour vous, afin de vous apporter des informations. Vous êtes cruel d'indifférence quand à ma santé comte.» se plaignit faussement Lau, se laissant tomber dans le fauteuil en face du bureau.
L'enfant haussa un sourcil «Je vous remercie bien assez comme ça. L'immunité pour votre trafic, vos magouilles et un bon accueil chaque fois que vous vous incrustez chez moi. Et je ferme les yeux sur beaucoup de choses aussi. Rappelez moi combien de fois je vous ai couverts déjà?
- Mais je risque ma vie moi. A la moindre erreur, ils m'égorgeraient.
- Allons donc...comme si vous ne saviez pas vous défendre. Sans comptez que vous êtes un manipulateur de première qui sait toujours se tirer d'affaires avec de plaisants mensonges.» Ciel ne leva même pas les yeux de la lettre qu'il avait reçut, buvant sa tasse de thé de l'autre main. Edward fronça les sourcils, peinant à suivre la démarche de son cousin tandis que Diederich mordait nonchalamment dans un nouveau sandwich. Le jeune comte releva enfin les yeux «Vous ne risquiez absolument rien dans ce trou de misère humaine que je vais devoir éradiquer.»
Lau eut un petit rire «Dans un trou à rats enragés, mes talents sont bien peu. Mais je remarque beaucoup de choses qui vous seront assez utiles» Il fit craquer ses doigts «De plus comte, je vous signale que tout le monde là-bas croit que je suis de leurs côtés et que je vous espionne pour vous livrer à eux un jour quand vous serez...mûre pour la cueillette.» Il eut envie de ricaner devant l'air perdu du comte mais préféra continuer son explication face aux regards noirs des deux autres qui avaient parfaitement comprit l'allusion «Les chiens de garde n'ont pas la côte là-bas...» Il eut un rictus moqueur «Quels grands naïf vous ne croyez pas?
- Comme si vous étiez du genre à soutenir ces personnes» grogna le lord, reposant sa tasse. «Vous les tuez dès que c'est possible...vous les avez en horreur, même si vous trempez dedans.» Il fit signe à Tanaka de le resservir. Sébastien n'était pas encore revenu de son investigation. Il avait promis qu'il serait de retour en fin de journée.
Le chinois gloussa, prenant la sienne, remuant le liquide de sa cuillère «C'est vrai et vu la dose d'opium que je leur donne, ça aide.» Il se laissa aller dans son fauteuil et but une gorgée de thé «Mais comte, il s'est passé quelque chose...d'intéressant...de perturbant je dirais...lors de la dernière fois que je les ai vu.
- Avez-vous vu les adolescents enlevés par ce trafic? A chaque fois que Scotland Yard est sur le point des les avoir, ils trouvent des bâtiments vides.» Il posa une liasse de papiers devant son collaborateur «Lesquels?
- C'était un... prix de choix...selon leurs mots. Et ce n'était pas un adolescent mais un adulte.» Il se pencha, son visage dans l'ombre. L'adolescent eut un mouvement de recul instinctif. Edward crispa ses doigts sur son épée. Il n'aimait pas le ton de l'asiatique. Il ne sentait pas une menace mais quelque chose d'horrible. Quelque chose que le chinois avait du mal à dire lui-même.
L'allemand intervint, détournant l'attention de Lau du plus jeune dans la pièce «Vraiment?
- Oui...votre âge. Mais il faisait quand même jeune.
- Alors comment pouvez-vous estimer son âge?» marmonna Edward, moqueur.
Lau rit «Ils s'en vantaient comme dans une foire à bestiaux. Écœurant.» Il fit une pause. «Je déteste ce genre de moment...»
Les trois autres eurent l'air agacés par tous ces mystères «Venons-en au fait Lau. En quoi cet adulte a-t-il une telle importance? Vous avez l'air de penser que ça en a pour moi.
- Parce que ce n'est pas un inconnu pour nous peut-être?» La voix du chinois était devenue soudainement songeuse, et son regard fixait la fenêtre.
Ciel fronça les sourcils et se pencha, brusquement intéressé. «Qui? Personne dans mes connaissances n'est porté disparu. Même depuis plusieurs mois...
- C'est un très bel homme. Terriblement séduisant. Même après des mois d'emprisonnement entre les mains de ces types. Surtout celui-là. Il paraît qu'il peut briser n'importe qui en peu de temps. Même les esprits rebelles cèdent souvent au bout d'un an. Mais lui non. Il s'est débattu comme un beau diable,s'est moqué de son tortionnaire, et ils ont du s'y mettre à quatre pour l'immobiliser.» Il aurait aimé chassé de son esprit ce souvenir sombre où il avait vu cette scène sordide. «J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi fort mentalement...»
Ciel eut la respiration soudain rapide, des souvenirs atroces de son mois de cauchemars lui revenant en mémoire. Il reposa brutalement la tasse de thé qu'il buvait. Diederich avait reposé ce qu'il mangeait et écoutait, soudainement attentif.
Edward, voyant l'air égaré de son cousin intervint «Il ne devait pas être prisonnier depuis longtemps alors...c'est donc une bonne chose pour nous si nous désirons le sauver non?
- Il avait la peau terriblement pâle. Ça devait déjà être naturel à la base mais après un long temps emprisonné ça ne s'est pas arrangé. Et il était couvert de zébrures rouges.» Lau ne fit pas attention à l'interruption, cherchant à reculer le moment où il devrait annoncer cette nouvelle bouleversante. Qui choquerait au moins trois personnes dans la pièce. Il ferma les yeux, visualisant parfaitement la scène de la veille.
L'allemand se massa les tempes, agacé par ces mystères «Donnez nous son nom, ça simplifiera les choses.
- Des yeux bleus. Le même bleu violacé que vous Comte.
- Lau...» menaça le plus petit. «Arrêtez ça tout de suite. Un nom!
- Les mêmes cheveux que vous. Un peu plus longs et plus foncés. Oui comte c'était presque totalement vous version adulte...sans le cache-oeil.»
Un bruit de vaisselle brisée le fit rouvrir les yeux pour voir Ciel fou de rage, qui venait de se relever en claquant les mains contre son bureau. Edward avait lâché son épée. Et l'allemand s'était levé. Ils étaient tout trois pâles comme un linge et avait le même air horrifiés.
«VOUS MENTEZ LAU! VOUS AVEZ MAL VU!» La voix du jeune lord était montée dans les aiguës, et ses doigts étaient crispés sur le bois. Il lutait contre la vague d'émotions et de souvenirs qui ne demandaient qu'à monter en lui.
L'asiatique secoua tristement la tête «Non.
- Ciel, c'est peut-être un sosie. Ils ont percé à jour le double-jeu de Lau et ont monté ça pour que tu tombes dans un piège. Que tu crois que ton père est prisonnier et que tu te jette dans la gueule du loup pour le 'sauver'.» Edward s'était levé et avait posé la main sur l'épaule du jeune adolescent, grimaçant en le sentant trembler. «C'est forcement un sosie...
- Un sosie monsieur Midford?» intervint le chinois d'une voix onctueuse. «Vous connaissez beaucoup de sosie dont la ressemblance va jusqu'au moindre détail?» Il se leva à nouveau et posa la main sur celle, crispée, du garçon, se penchant jusqu'à être tout prêt de son visage. Il le fixa dans les yeux «Beaucoup de sosie dont la ressemblance va jusqu'à avoir un grain de beauté au même endroit?» Levant un doigt de son autre main il le posa à un point précis de son visage.
L'enfant eut un frisson «N...Non.
- Si mon petit lord...» Lau retourna s'asseoir, posant un regard pour une fois réellement compatissant sur le jeune garçon qu'il appréciait malgré tout. «Votre père est vivant...»
A suivre
Un petit avis, une critique, une opinion?
Je suis toujours ravie de répondre aux reviews ^^
