Titre : L'expérience de la culpabilité

Disclam : Je ne possède pas Bleach, hélas

Résumé : Akon n'est pas aussi insensible qu'il ne le voudrait et éprouve de la culpabilité à étudier les Arrancar. Enfin, un Arrancar en particulier.

Note : ce passe après la guerre d'hiver.

Genre : Romance/Angst

Catégorie : Yaoï

Rating : T (pour l'instant)

ooOoo

Akon avait déjà fait des trucs pas net dans sa vie, mais aussi terrible que ces choses puissent être, jamais il n'en avait éprouvé le moindre remord. Jusqu'à ce jour.

La Guerre d'Hiver s'était achevé sur la victoire écrasante des Shinigami. Les Arrancar vaincu, quand ils n'étaient pas exécutés sciemment sous couvert de dangerosité, avaient été conduit dans les locaux de la Douzième pour y être étudié.

Dans l'absolu, Akon s'en réjouissait, étant curieux de tout connaitre de ces Hollow mutés. Et dans un premier temps, il avait suivi avec joie les recherches de son mentor, Mayuri Kurotsuchi.

Mais cela n'avait pas duré. Quelque chose, dans ses recherches le gênait. Ce n'était pas une question d'étique, il ne s'en était jamais formalisé, ou de morale. Non, pour la première fois, il sentait que ce qu'ils faisaient n'était pas "bien" et l'écrasante culpabilité issu de ce constat lui broyait le cœur.

Il avait bien sur cherché à nié ce désagréable sentiment. Il était un scientifique, ce qu'il faisait aujourd'hui était pour le bien de demain. Il avait déjà fait pire et ne devait donc éprouver aucun remord en taillant dans le muscle à vif d'un de ses cobaye pour une biopsie. Ou en faisant toute autre expérience tout aussi cruelle et douloureuse.

Mais rien à faire, la culpabilité qu'il repoussait le temps de l'expérience, concentré qu'il était sur cette dernière, revenait en force lorsqu'il reculait et voyait l'ensemble du traitement infligé, ainsi que l'état, bien souvent lamentable, du "patient".

Faute de pouvoir la repousser en l'ignorant simplement, Akon s'était dit que s'il trouvait la source de cette culpabilité, peut-être parviendrait-il à s'en guérir. Il avait donc médité, s'interrogeant sur quand il avait commencé à éprouver pareil sentiment.

Etrangement, la réponse avait été immédiate. Il s'était même trouvé stupide de ne pas y avoir pensé plus tôt. Lui qui se disait scientifique n'avait pas été capable de faire le lien. C'était pitoyable. Tout comme s'était pitoyable de ne pas réussir à se concentrer sur ses avancées scientifiques et d'aller au-delà de ses état d'âmes idiot.

Akon se fustigeait mentalement en parcourant le couloir serpentant entre les différentes cellules de verre où étaient parqués les Arrancar. Il ne réagissait pas en les voyant, soit frappant la vitre, dans le but de passé leur colère et d'essayer de la briser pour fuir, ou prostré dans un coin, oscillant entre panique et désespoir, attendant qu'on vienne les chercher pour une nouvelle torture. Il ne réagissait pas parce qu'après réflexion, de ceux-là, il s'en foutait complètement. Ce n'était pas pour eux qu'Akon culpabilisait.

Il s'arrêta dans la dernière cellule, située tout au bout du couloir et sentit une pointe douloureuse de culpabilité lui broyer le cœur lorsque son regard se posa sur le petit corps recroquevillé dans un coin obscure de la prison. Tesla. Il déglutit. S'était à cause de lui, admit-il mentalement, qu'il était prit d'état d'âme stupide.

Un instant, il sentit la colère remplacer sa culpabilité. Ce n'était pourtant qu'un Arrancar comme un autre, une simple fraccion ! Pourquoi devait-il s'arrêter sur son cas, être sensible à sa souffrance quand il était parfaitement capable d'indifférence pour tous les autres ? Il lui en voulait de provoquer chez lui des sentiments aussi idiots que le remord.

Mais sa colère s'effaça rapidement lorsque son regard croisa l'œil vide de Tesla. Le jeune Arrancar, après la mort de son maitre, Nnoitora, et s'étant vu privé de liberté, soumis à mille et une torture "au nom de la science", s'était enfermé dans un mutisme effrayant, ayant encore moins de réaction qu'Ulquiorra Schiffer. Une dépression, avait diagnostiqué Akon sans en faire part à ses collègues. Comme si Mayuri-sama s'inquiétait du mental de ses cobayes !

- Stupide, grogna Akon en détournant le regard, ne supportant pas de voir le jeune Arrancar ainsi.
S'il avait identifié la source de sa culpabilité, il n'arrivait toujours pas l'endiguer. Au contraire, maintenant qu'il s'avait pour qui il avait des remords, ces derniers semblaient s'être amplifié, l'empêchant de participé à toute expérience ayant pour sujet Tesla.

S'il avait put le cacher derrière des excuses foireuses -autre chose à faire, pas intéressé... - il s'avait que s'il continuait ainsi, cela allait devenir louche et Mayuri finirait par comprendre. Sans doute le renverrait-il de la Douzième division pour avoir osé éprouver ces sentiments, le jugeant indigne de la section de recherche.

C'était effrayant. Akon ne savait pas ce qu'il pouvait faire d'autre qu'appartenir à cette division. Il n'était pas un guerrier et surtout pas quelqu'un de bien. Il était un scientifique et il n'y avait qu'ici qu'il pouvait exprimer son savoir et sa curiosité.

Pourtant, il ne pouvait fermer les yeux sur ce qu'il éprouvait. La culpabilité, comme une chape de plomb, pesait sur ses épaules, lui minant le moral et broyant son cœur. Non, il ne pouvait pas faire comme si de rien n'était et se détourner de l'Arrancar.

C'était idiot, mais il voulait connaitre le son de la voix de Tesla, voir son regard s'illuminé d'une étincelle de vie et peut-être même le voir sourire. Vraiment stupide ! S'était comme s'il était... Non... ça ne pouvait pas être ça. Si ?

Non, non, ça n'était pas ça ! S'il pouvait éprouver de la culpabilité, il ne pouvait pas éprouver ça. N'exagérons pas ! S'était un sentiment qu'il se savait incapable d'avoir. Reprend-toi, Akon ! T'es un scientifique de la Douzième enfin !

Le jeune homme inspira pour calmer son cœur qui s'était emballé à l'idée que peut-être, il éprouvait... ça. Il avait besoin d'une cigarette et sa main se posa automatiquement sur la poche de sa blouse. Il constata qu'elle était vide, il avait oublié son paquet sur son bureau, et grogna, agacé.

Il tourna la tête pour observer encore Tesla. Avait-il conscience qu'il était là, de l'autre coté du verre, à le regarder ? L'Arrancar n'avait pas fait un geste, pas cligné une seule fois de l'œil. Il était toujours enfermé au fin fond de son esprit.

A cette pensée, Akon se répondit qu'il voulait le libérer, le faire reprendre gout à la vie. La seconde suivante, il se flagellait mentalement d'avoir put avoir une pensée si... sentimental, pour ne pas dire romantique ! Quelle horreur ! Peut-être... Peut-être que c'est quand même ça, qu'il ressentait à l'égard de l'ancienne fraccion. Non, non ! Ca n'était pas ça. Au pire, se consola-t-il, s'agissait-il d'une attirance physique et rien de plus.

En songeant à ça, Akon eut une idée. Si vraiment ça n'était que cela, peut-être qu'en assouvissant son désir, l'attirance allait s'estomper, de même que sa culpabilité. Ca avait du sens. S'était même bien plus plausible que l'idée qu'il soit... ça.

Sans réfléchir plus loin, le scientifique tira de sa poche la carte magnétique servant de clé aux cellules et la passa devant le cadran numérique, obtenant sans soucis l'ouverture de la porte de verre. Il fit quelques pas dans la prison, regardant autour de lui comme s'il découvrait les lieux, puis s'approcha de Tesla.

L'Arrancar était resté sans réaction. Et il ne réagis pas plus lorsqu'Akon vint s'accroupir près de lui. Le troisième siège de la Douzième division l'observa un instant avant de glisser une main dans ses cheveux, repoussant les quelques mèches blondes qui s'étaient mises devant l'unique œil à la couleur caramel.

Akon sentit son cœur se serrer d'avantage en constatant le manque total de mouvement de l'Arrancar : une poupée de chiffon aurait été plus réactive. Il grogna puis souleva le petit corps pour l'amener jusqu'à la paillasse qui servait de lit, dans le coin opposé, et l'y déposa.

Maintenant que Tesla était allongé devant lui, à sa merci, Akon s'interrogeait sur le bien-fondé de son idée. Cela allait-il le libérer de sa culpabilité ou finir de l'ensevelir dessous ? N'allait-il pas s'en vouloir d'avoir fait une telle chose sans l'accord ni la participation de Tesla ?

Il hésitait. Mais surtout, il n'éprouvait aucun désir charnel. Et se forcer à en éprouver n'allait pas l'aider, il en était certain. Non, sa culpabilité venait d'ailleurs et il faisait fausse route en pensant pouvoir s'en débarrasser ainsi.

Akon se redressa et recula de quelques pas, le regard toujours fixé sur Tesla. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait put bêtement penser se débarrasser de ses ennuyeux sentiment par ce moyen. Maintenant qu'il était là, face à l'Arrancar, il se trouvait stupide d'avoir put faire de tel raccourci.

Le scientifique se détourna, agacé de ne toujours pas savoir et frustré d'avoir une fois de plus été arrêté par sa culpabilité puis quitta la cellule, pas plus avancé qu'a son arrivé. Il avait cependant une seconde idée en tête et devait aller trouver son supérieur pour la mettre en place.

Il s'agit juste d'une autre expérience, se dit-il pour se rassure. Juste ça. Une autre expérience. « Etude de la capacité d'adaptation d'un Hollow : observation (par lui) du développement mental et physique d'un Arrancar (Tesla) dans un environnement étranger mais sans danger (le Seireitei, et à moindre mesure, ses propres quartiers) ». Ca sonnait bien ! Fallait juste convaincre Mayuri-sama !

Même s'il ne savait pas d'où pouvait provenir sa culpabilité, il s'avait que le seul moyen de l'endiguer était de sortir Tesla de là. Il agissait donc par pur égoïsme et intérêt scientifique. Uniquement par égoïsme et intérêt scientifique ! conclu-t-il en toquant au bureau de son capitaine.
Vraiment ?

Contre toute attente, Mayuri avait accepté. À vrai dire, il n'avait même pas daigné lever les yeux de son écran. Il faut dire aussi qu'on venait de lui apporter du Hueco Mundo nul autre que Szayel Apollo Grantz et le capitaine observait avec fascination l'évolution de l'Arrancar, surpris qu'il soit encore en vie après avoir reçu la potion du surhomme et s'être fait transpercé par son Zanpakto empoisonné.

Quand Akon était venu lui soumettre son idée, il ne l'avait écouté que d'une oreille distraite et avait accepté rapidement, lui disant de faire ce qu'il voulait, accompagnant ses paroles d'un geste vague. Ça n'était après tout qu'une petite fraccion d'une platitude absolue.

Akon avait compris qu'il le gênait et, bien qu'il soit surprit de la réponse, n'avait pas cherché plus loin, craignant que Mayuri-sama ne change d'avis. Il avait donc rapidement tourné les talons et quitté le bureau pour retourner auprès de Tesla.

Lorsqu'il était sortit de la zone d'incarcération, amenant avec lui l'Arrancar, on lui avait jeté des regards interrogatif : aucun teste n'était prévu avec ce sujet. Mais on ne lui avait rien dit. Il était troisième siège après tout. Il en fut de même lorsqu'il quitta carrément les locaux de recherche et Akon put atteindre ses quartiers sans soucis.

Et c'est ainsi que, trois mois plus tard, le jeune scientifique se retrouvait avec un Arrancar amorphe sur les bras.

Tesla n'avait pas semblé être affecté par le changement d'environnement. En fait, il n'était affecté par rien. Il passait toute la journée assis sur une chaise, devant la fenêtre, regardant sans la voir la vie du Seireitei.

Il n'avait jamais fait mine de vouloir s'enfuir. Et même s'il avait voulu, Akon avait prit soin de lui faire porté un collier muni d'une puce GPS et scellant son reiatsu. De plus, le jeune homme faisait bien attention de garder l'Arrancar sous clé, qu'il soit ou non là.

Afin de pouvoir "suivre son expérience", le scientifique ne travaillait plus que le matin et passait ses après-midi à essayer de faire réagir Tesla. Mais rien à faire : l'Arrancar ne réagissait à rien. Akon devait le nourrir, le baigner, l'habiller... Comme si le jeune homme avait été lobotomisé.
C'était frustrant. Certes, sa culpabilité s'était apaisée, il se sentait de plus en plus impuissant face au comportement de l'Arrancar et de plus en plus stupide de s'obstiner ainsi. Qu'est-ce qu'il en avait à faire de lui de toute façon ?

En plus, Mayuri commençait à s'interroger. Maintenant que le scientifique fou avait finit de jouer avec Szayel, il cherchait d'autre victime et demandait régulièrement son subordonné des comptes, sous-entend qu'il lui faudrait peut-être stopper les frais et ramener l'Arrancar dans sa cellule. Mais Akon prétextait ne pas vouloir finir sur un échec et être à deux doigts d'une avancé quelconque. Le capitaine pinçait alors les lèvres, le fixant silencieusement pendant de longue seconde avant de se détourner, lui donnant un délai supplémentaire.

A chaque fois, il s'en tirait de peu et quittait son supérieur avec le cœur battant et les jambes flageolantes. Il s'en voulait de se mettre dans de pareils états pour un simple Arrancar. Un ennemi enfin ! Ca n'était pas digne d'un scientifique servant sous les ordres du sadique et sans pitié Mayuri Kurotsuchi.

Mais s'était plus fort que lui. Akon avait prit l'habitude de trouver en rentrant le jeune homme prostré devant sa fenêtre, de lui faire à manger, de le nourrir, de le laver… de lui parler surtout. Il ne savait pas si Tesla l'entendait et si s'était le cas, il était presque sur qu'il ne l'écoutait pas, mais cela avait quelque chose de réconfortant. Comme s'il pouvait être d'une aide quelconque à la reconstruction de l'Arrancar.

« A la reconstruction de l'Arrancar ». Il se faisait rire lui-même à avoir des idées aussi stupides ! Akon oscillaient entre profonde sollicitude pour l'ancien ennemi, poussé par son désir de le voir revivre, et colère rageuse contre lui, agacé d'être soumit à des sentiments indigne de lui, et honteux d'acte « gentil » tout aussi indigne.

Dans ces moments là, Akon préférait claquer la porte et aller se souler, parfois seul, parfois accompagné, que de rester chez lui et crier sur Tesla. L'absence totale de réaction n'aurait fait que l'énerver d'avantage et sans doute aurait-il fait une bêtise. Il se connaissait et savait que, lorsqu'il venait à perdre le contrôle, les choses pouvaient aller bien plus loin qu'il ne le voulait.

Et ce matin là, Akon avait une fois de plus réussi à avoir un délai supplémentaire, jurant qu'il allait avoir un résultat, une évolution, n'importe quoi, positif ou négatif ! Un truc à étudier ! Depuis trois mois qu'il s'acharnait essayé de le sortir de sa coquille, il ne pouvait pas renoncer maintenant ! Mayuri avait fait mine de le comprendre, une fois encore, ne supportant pas non plus les échecs et avait encore cédé.

Cependant, le scientifique fou avait conclu que s'était la dernière fois. Faute de résultat plus concluant, l'expérience s'arrêtait et Tesla regagnerait sa cellule qui l'attendait toujours. Akon avait déglutit et acquiescer. Que pouvait-il dire, de toute façon ? Qu'il voulait le garder près de lui, le protéger pour qu'il n'ait plus jamais à être leur cobaye ? C'était le chemin le plus court pour être renvoyé !

Il était dans une impasse. Accoudé à sa fenêtre, fumant lentement une cigarette, Akon méditait sa conversation avec son supérieur, cherchant la faille qui allait les sauver une nouvelle fois. Mais Mayuri avait été intransigeant et le troisième siège savait qu'il n'y aurait pas de nouveau délais. Soit il arrivait à faire quelque chose de Tesla, soit il le ramenait au centre de recherche.

A ce compte là, autant lui renfiler sa blouse médical et le ramener tout de suite !pensa-t-il rageusement en se tournant pour observer son protéger. Il sentit une bouffé de colère en le voyant assis sur sa chaise, face à une autre fenêtre de ses appartements, toujours aussi amorphe qu'à son habitude.

- Et toi, tu t'en fou, dit-il, d'un ton blasé, après avoir jeté son mégot de cigarette dehors.

Akon sentit sa colère monter d'un cran face à l'absence de réaction de l'Arrancar. L'envi puissante de lui coller une claque –il n'avait pas encore essayé cette méthode pour le réveiller- le prit mais il se retint, sachant pertinemment que ça n'allait que faire empirer les choses. Il tira de sa poche son paquet de cigarette, songeant que ça allait le calmer et se retourna pour regarder dehors tout en fumant encore.

- Franchement, dit-il en se parlant à lui-même, soudain très lasse. Je me demande pourquoi je m'obstine. Trois mois que je perds mon temps…

Il leva la tête vers le ciel, qui en cette après-midi était d'un bleu étincelant, pour cracher lentement un nuage de fumée toxique. Il avait raison, sa seconde cigarette le calmait : il sentait sa colère s'apaiser, laissant place à un profond et déprimant sentiment d'échec. Bientôt, il allait devoir ramener Tesla au centre de recherche et n'en éprouverait que plus de remord. L'en sortir avait été une idée vraiment stupide ! Il aurait du mieux réfléchir avant d'agir !

- Tu comprends ce que je te dis, quand je te parle de te ramener au centre de recherche ? Dans ta cellule ? A la merci du capitaine Kurotsuchi ? Insista-t-il en se retournant pour le regarder encore une fois.

Bien sur, il n'eut aucune réponse. Tesla restait immobile et silencieux, le regard posé sur l'extérieur. Akon soupira, fatigué, avant de jeter sa cigarette fumée jusqu'au filtre et d'avancer jusqu'à l'Arrancar. Il observa silencieusement son visage, notant toujours l'œil terne qu'il arborait, avant de se tourner vers l'armoire pour en tiré la blouse que l'ancien ennemi portait lorsqu'il l'avait amené ici.

- De ça, dit-il en la secouant sous son nez, tu t'en souviens ou pas ? De la biopsie ? Du teste de résistance à la douleur ? Aux températures extrêmes ? Et de tous les autres ? S'enflamma-t-il en posant les mains sur ses épaules pour le secouer. Tu t'en souviens ou pas ?

Rien à faire, Tesla restait amorphe. Dépité, Akon jeta la blouse sur le lit, situé dans un coin de la pièce, face à l'armoire, et prit le chemin de la sortie, ressentant le besoin d'aller se vider l'esprit en vidant des bouteilles d'alcool fort. Ca ne changerait rien à la situation, mais au moins serait-il apaiser l'espace de quelques heures.

Il se saisit de ces clés, gardant l'habitude d'enfermé Tesla dans le cas improbable où il se réveillerait et voudrais s'enfuir, puis ouvrit la porte. Sur le seuil de la porte, il se retourna, posant une dernière fois son regard sur l'Arrancar, l'espoir idiot de le voir bougé brulant encore dans sa poitrine. Mais une fois encore, il fut déçu et il baissa les yeux, dépité.

Il fermait la porte lorsqu'il crut entendre quelque chose, comme un gémissement provenant de la chambre. Il se figea, la main sur la poignée, s'interrogeant sur la source du bruit. La pensait que s'était Tesla lui effleura l'esprit mais il n'osa y croire. Ca serait trop beau. Immobile sur le pas de la chambre, il tendit l'oreille.

Il patienta ainsi une seconde, puis dix, puis une minute. Rien. Pas un bruit. Il se trouvait même stupide de resté là, à attendre quoi ? Que Tesla se réveil miraculeusement ? Ca n'avait pas de sens ! Il ferait mieux d'abandonner et de le ramener tout de suite au centre de recherche ! Ca serait plus simple et moins douloureux pour lui. Il soupira et se détourna, lâchant la poignée mais s'immobilisa encore lorsqu'il entendit très clairement un cri provenir de la chambre. Immédiatement, il s'y précipita pour voir de quoi il en découlait.

Lorsqu'il ouvrit la porte, il eut la surprise de voir Tesla, penché sur sa chaise, les deux mains sur la vitre de la fenêtre, le regard fixé sur quelque chose dehors. Que regardait-il ? Akon n'osait approchée, de peur de rompre le charme et de voir à nouveau l'Arrancar sombrer dans son effrayante indifférence.

Il n'arrivait pas à le croire : Tesla avait eut une réaction ! Tesla avait réagit ! Une joie immense l'envahis ! Il avait envi de crier sur tout les toits qu'il avait enfin réussi ! Que l'Arrancar n'était pas « brisé » comme tout le monde le pensait ! Il avait surtout envi de le prendre dans ses bras. La seconde suivante, il eut envi de le prendre dans ses bras mais il n'en fit rien, de peur d'essuyer un rejet de la part du jeune homme ou, pire, de l'effrayer et de le rendre amorphe une nouvelle fois.

Cependant, sa curiosité scientifique était piquée et il se demandait ce que Tesla pouvait bien regarder avec tant d'envi. Doucement, il s'approcha sans faire de bruit et se pencha discrètement sur la vitre pour regarder dans la même direction que l'Arrancar.

Dans un premier temps, il ne vit rien. La fenêtre donnait sur une petite cours herbeuse, en contrebas, au milieu de laquelle s'étendait un arbre centenaire. Rien de bien palpitant. Puis, au milieu des feuilles, sur une branche non loin de la vitre, il vit enfin et, lorsqu'il comprit, il se trouva vraiment idiot de ne pas y avoir songé plus tôt !

Sur la branche, tourné vers eux comme si elle les regardait, une immense mante religieuse, sans doute une femelle au vu de sa taille, nettoyait minutieusement ses grandes pattes avant. Sa couleur vif, d'un vert éclatant, tranchait avec le bois sombre de l'arbre mais se fondait à merveille dans les feuilles de ce dernier et s'était avec chance, qu'il l'avait remarqué, le camouflage de ces insectes étant généralement parfait.

Il y eut un courent d'air, les feuilles de l'arbre s'animèrent, masquant la mante religieuse puis, lorsqu'enfin tout s'immobilisa, Akon eut la surprise de ne voir qu'une branche sans insecte : la mante avait disparue. Près de lui, Tesla fit le même constat et gémit, clairement effrayé, alors qu'il cherchait du regard la bête, tout en tapant sur le verre, comme pour le briser.

- Chut, calme-toi, fit Akon en posant ses mains sur l'épaule de l'Arrancar pour le tiré loin de la fenêtre.

Il eut la joie de le voir se débattre, cherchant à le repousser pour rester près de la fenêtre et peut-être voir encore la mante religieuse. Akon savourais avec plaisir cette énergie nouvelle, il ne pouvait cependant pas le laisser faire, risqué de briser la vitre et de tombé. Son reiatsu scellé, la chute ne lui serait peut-être pas fatale mais au moins très douloureuse.

- Allé, calme-toi ! Tu vas te faire mal ! Arrête ! Ordonna-t-il en se plaçant entre lui et la fenêtre.

Mais Tesla ne l'écoutait pas et se débattait avec force. Une force surprenante lorsqu'on sait qu'il n'avait plus fait un seul mouvement depuis des mois et que son énergie spirituelle était bloqué au plus bas. Pour réussir à l'éloigner ne serais-ce qu'un peu de la vitre, Akon se vit obligé de le ceinturer, serrant contre le lui le petit corps de l'Arrancar en espérant que le contacte, au lieu de l'effrayer, allait l'apaiser.

Finalement, les mois d'inactivité couplé au collier qu'il portait en permanence avait eut raison de sa force et finalement, Tesla cessa de se débattre, les bras replié contre la poitrine large d'Akon, le visage contre son épaule, étouffant ses cris de frustration dans les vêtements du scientifique, le regard toujours poser sur la branche à présent vide de l'arbre.

Akon du se tordre le cou pour parvenir à voir son visage et son cœur manqua un battement lorsqu'il vit tant de fureur dans l'unique œil de l'Arrancar. Une telle énergie, après tout ce temps passé sans avoir aucune réaction, c'en était déroutant mais le troisième siège sentait la joie l'envahir en constatant que tout n'était pas perdu.

Ils restèrent ainsi de longues minutes. Sans s'en rendre compte, Akon caressait doucement le dos de l'Arrancar pour le calmer et Tesla, au file du temps, s'apaisa pour aller jusqu'à s'endormir. Le scientifique sentit son corps s'appuyer de plus en plus sur lui sans que cela ne le surprenne : le jeune homme avait dépensé plus d'énergie en quelques instants que pendant ces trois derniers mois.

Lorsqu'il fut certain qu'il dormait, Akon le souleva pour aller l'allonger dans le lit. Il l'y déposa avec délicatesse, ne souhaitant pas le réveiller. Lorsque se fut fait, il se recula et l'observa. Pour la première, il semblait serein. Depuis qu'il l' « étudiait », le scientifique avait put constater que les périodes de sommeil de l'Arrancar s'apparentaient plus à un coma cauchemardesque qu'à un endormissement reposant.

Mais son observation ne dura pas. Maintenant que Tesla s'était réveillé, Akon sentait au fond de lui la même excitation qu'il ressentait lorsqu'il étudiait quelque chose de passionnant. Mais, même si le sentiment était similaire, cette excitation était plus due à la joie d'avoir un résultat que d'avoir un cobaye.

Soudainement stressé, il se releva et tourna les talons pour partir. En sortant, il faillit oublier de fermer à clé mais ce n'était pas le moment. Si vraiment Tesla était « réveillé », il était préférable qu'il ne puisse quitter la chambre : comme réagirait-il en se retrouvant au milieu du Seireitei, entouré de Shinigami et privé de ses pouvoirs ? La réponse était simple : mal.

Arrivé aux laboratoires, il reçu quelques regard surprit mais aucun commentaire. Sans adresser la parole à personne, il s'installa à son bureau et alluma son ordinateur, dans l'idée de chercher plusieurs informations. Mais avant même que la machine ne soit allumée, son lieutenant, Nemu Kurotsuchi apparue devant lui.

- Akon-san, le salua-t-elle de sa monotone voix.

- Lieutenant. Répondit-il avec un geste vague, tapant du doigt sur le bureau, énerver de devoir attendre.

- Je suis surprise de vous voir ici, Akon-san, repris la jeune femme.

Le scientifique lui jeta un regard perplexe : « Nemu » et « surpris » n'allaient pas ensemble, surtout dis sur un ton aussi plat. Elle ne le remarqua cependant pas et il finit par soupirer, abandonnant l'idée de lui faire comprendre le non-sens de ses paroles. Devant lui, l'écran d'accueil s'était enfin affiché et c'est avec soulagement, qu'il ouvrit une page de recherche.

Il n'y avait, bien entendu, pas « internet » à la Soul Society. Le centre de recherche et la Douzième division étaient les seuls bâtiments à disposer de l'électricité alors, un tel réseau… s'était impensable. Cependant, les ordinateurs du laboratoire étaient tous relié à l'immense calculateur de Mayuri et ce dernier leur laissé un accès, certes restreint, à l'incalculable somme de savoir qui y était stoqué.

Ne faisant plus attention à son lieutenant qui était venu se placé dans son dos, afin de mieux voir son sujet de travail, Akon lança une recherche sur les mantes religieuse. Commençons large, se dit-il, nous ciblerons plus tard, lorsque nous aurons plus d'information.

- Akon-san, fit Nemu après quelques secondes. Quel est le but de vos investigations ?

Il grogna, mais lui répondit, racontant en quelques mots ce qui s'était passé juste avant. Il ne détailla cependant pas la réaction de Tesla, se contentant de dire qu'il avait remué. Etrangement, il jugea que ce ne la regardait pas, sans s'arrêter sur cette pensée. Quand il eut finit son récit, somme toute, fort cours, elle se tu un instant avant de reprendre, toujours de sa voix sans émotion :

- Je suis contente que vos expérience avance. Mais, Akon-san, il n'y a pas de mante religieuse dans le Seireitei. L'informa-t-elle.

- Pardon ?

- Elles ont été anéantit il y a longtemps car elles dévoraient les papillons des Enfer. Il n'y en a plus.

Avant qu'il ne puisse la contredire, les résultats de ses recherches s'affichèrent, confirmant les dire de son lieutenant. S'était impossible. Akon se concentra sur son écran, oubliant la jeune femme dans son dos, pour lire le détail des articles affichés. En vérité, il n'y en avait pas beaucoup : un décrivant l'insecte, un autre expliquant son mode de vie, et un troisième, rapport de l'opération de destruction de ce dernier, concluant sur un « mission accomplie » désespérant.

Impossible. Akon était sur de ce qu'il avait vu et s'était bien une mante religieuse. Adulte qui plus est. Il devait y avoir une erreur, la race ne pouvait avoir été anéantit totalement. Quelques spécimens, ou au moins des œufs, avaient du survivre quelque part et se redévelopper lentement, reconquérant peu à peu les territoires perdu jusqu'à ce que l'une d'entre elle ne se retrouve sur cette arbre, devant sa fenêtre. C'était obligé ! Il n'y avait pas d'autre explication possible.

Mais le rapport était formel. Afin d'éradiquer l'espèce, ils avaient mit dans l'eau un poison ne touchant qu'elle et, en moins d'un an, tout les cours d'eau, nappe phréatique ou lac, avaient été contaminé, que se soit au cœur du Seireitei ou au fin fond du Rukongai. Il n'avait fallu guère plus de temps pour que les mantes, empoisonnées, ne disparaissent, laissant la population de papillon, alors très nettement réduite, frôlant l'extinction même, enfin tranquille.

Akon passa l'après-midi complète sur son ordinateur, fouillant la base de recherche à l'affut du moindre indice qui pouvait contredire tout ce qu'il avait lu jusqu'à présent. Mais seule des confirmations des premiers articles lui apparaissaient. S'en était désespérant.

Il n'était pas fou pourtant et savait reconnaitre une mante religieuse, même s'il ne les avait jamais étudiés ! Il savait que ce qu'il avait vu n'était pas une illusion et qu'il s'agissait de cet insecte. S'il n'avait pas encore la réponse à « comment était-il arrivé là », il s'avait déjà comment le faire revenir.

Il était tard lorsqu'Akon se redressa. Le laboratoire était vide et seul son écran l'éclairait. Cela ne le surprit qu'à moitié. Ce n'était pas la première fois qu'il restait concentré sur ses recherches, oubliant tout ce qui se passait autour de lui. Le jeune homme s'étira, retenant un bayement, puis éteignit sa machine. Plongé dans le noir, il sursauta lorsque la voix de son Capitaine, à l'autre bout de la pièce, ce fit entendre :

- Quel surprise de te voir ici, Akon. Fit ce dernier en approchant sans heurter le moindre bureau.

Pas besoin de lumière pour lui, le troisième siège s'avait qu'en scientifique fou qu'il était, Mayuri s'était doté d'une vue très perçante, même dans l'obscurité. Ce n'était cependant pas son cas aussi sa main tâtonna-t-elle sur le bureau, à la recherche de l'interrupteur de sa lampe. Lorsqu'enfin il le trouva et alluma, il ne put retenir un mouvement de recul en constatant que son capitaine était penché sur lui, si près que seul quelques centimètres ne les séparaient.

- Heu… Mayuri-sama ?

- J'ai eut une idée, cette après-midi, fit ce dernier en se reculant, lui tournant le dos en faisant de grand geste. J'ai besoin d'un nouveau cobaye pour l'expérimenter !

Akon fronça les sourcils, pas sur de vouloir comprendre ce qu'il voulait dire. Mais avant qu'il ne puisse parler pour lui répondre, son supérieur reprit la parole en se tournant vers lui :

- Ils sont tous cassé, gémit-il d'une voix moqueuse.

- Heu… Mayuri-sama, vous avez bu ?

Il fallait être au moins troisième siège de la Douzième division et vice président du centre de recherche pour savoir que, malgré toutes ses recherches, tout son savoir et toutes ses améliorations physiques, Mayuri Kurotsuchi ne tenait absolument pas du tout l'alcool. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir cherché une solution. Mais il n'y avait rien à faire : quoi qu'il face, quelques gorgées suffisaient à l'enivrer.

- Pff ! fit-il, balayant d'un geste la question. J'ai besoin d'un nouveau cobaye ! Répéta-t-il.

Dans ces moments là, lorsque le capitaine Kurotsuchi n'était plus vraiment maitre de lui-même, il était préférable de ne pas le contrarier. Bon, c'est vrai, en temps normal non plus. Mais la patiente, quasi-inexistante qu'avait le scientifique fou en temps normal, s'évaporait totalement lorsqu'il buvait aussi valait-il mieux aller dans son sens, même si ça ne menait nulle part.

- Je peux regarder dans la liste des sujets entreposé au centre…

- Non, non ! s'énerva Mayuri en recula. Ils sont tous cassé ! J'en veux un neuf !

- Un neuf ? Répéta Akon, surprit. Je peux organiser une expédition au Hueco Mundo, si vous voulez.

- Non ! insista Mayuri en se rapprochant à nouveau, posant ses sur ses épaules et le regardant dans les yeux, pour mieux lui faire comprendre : ca prendrait trop de temps ! Il faut en parler au vieux, avoir son accord puis y aller et chercher un Arrancar et on sait même pas si y'en a encore et je vais jamais pouvoir tester mon idée !

Voir son capitaine agir comme un gamin capricieux avait quelque chose de déroutant mais Akon avait déjà assisté à la scène et, avec calme et tempérance, il saisit les mains de l'homme, les retirant de ses épaule puis recula d'un pas avant de reprendre :

- Si vous ne voulez pas des sujets déjà acquis, il n'y a pas d'autre solution que d'aller au Hueco Mundo, expliqua-t-il lentement, articulant avec plus d'ardeur pour être sur d'être compris.

- Non ! C'est pas beau de mentir, Akon ! Fit Mayuri agitant son doigt devant lui, en un geste accusateur. Il y a un cobaye intact !

- Un… Un cobaye intact ? Répéta le jeune homme, surprit.

- Oui, oui. Tu sais de qui je parle, n'est-ce pas ?

Le cœur d'Akon rata un battement lorsqu'il réalisa ce que voulait son capitaine. Une seconde, la panique l'envahis et il ne sut quoi répondre. Cela sembla faire plaisir à son capitaine car ce dernier sourit, révélant l'intégralité de sa dentition. Face à la mien effrayant de son supérieur, le jeune scientifique déglutit puis se força au calme. Sur un ton blasé qu'il espérait assez juste, il dit :

- J'ai pas finis avec lui.

- Ho. Mayuri perdit son sourire et croisa les bras sur sa poitrine, une mimique boudeuse sur son visage, avant de poursuivre : Qu'est-ce que tu fais avec lui ?

- J'observe. Répondit-il du tac au tac.

- Ho. T'observe.

Le capitaine se tu quelques secondes, pendant les quelles Akon fouillait son cerveau à la recherche d'un argument suffisament puissant pour lui faire oublier l'idée. Mais hélas, Mayuri Kurotsuchi était quelqu'un de très, très têtu et, même s'il le voulait plus que tout, il doutait de réussir à le convaincre d'aller chercher un nouveau cobaye dans le Hueco Mundo plutôt que de se servir de Tesla.

Bien sur, il pouvait lui parler de la réaction qu'avait eut l'Arrancar cet après-midi, en voyant la mante religieuse. Mais si ça l'avait gêné de le raconter partiellement à Nemu, il ne pouvait pas en toucher le moindre mot à son capitaine. Il avait le sentiment qu'une pareille avancé ne le concernait pas. S'était en quelque sorte priver. Oui, le mot allait bien. Il ne pouvait en parler à Mayuri parce qu'il voulait le garder pour lui. S'était sa victoire personnelle.

- Et, repris le capitaine après un silence, en observant sa manucure bleue, tu observe quoi, exactement ?

Akon déglutit encore. Mayuri venait de regagner son sérieux effrayant, comme s'il n'avait jamais été ivre. C'était étrange de se dire qu'il lui faisait peur. Pourtant, le jeune homme n'avait jamais craint son capitaine, même lors de ses plus terribles colères. Une fois de plus, s'était de la faute de Tesla, et de ces étranges sentiments que l'Arrancar faisait naitre chez lui. La voix serré par cette peur nouvelle, il ne parvint pas à répondre et Mayuri soupira avant de reprendre la parole :

- J'en conclu que tu n'observe rien. Akon voulu protester mais il ne le laissa pas faire. Pas de découverte fabuleuse, ni d'avancé scientifique majeure ? Mayuri tourna la tête vers lui, un petit sourire victorieux flottant sur ses lèvres : c'est un échec, n'est-ce pas ?

Porté par la joie, et sans doute par l'alcool aussi, le scientifique fou s'approcha, posant une main amicale sur son épaule, dans un geste qui se voulait peut-être réconfortant, il poursuivit, sur un ton faussement triste :

- Je sais que c'est frustrant, un échec. Mais il faut dire stop. Akon, mon ami, ose me contredire quand je te dis que ton expérience a échouée.

Une fois de plus, le jeune homme ne trouva pas les mots pour lui répondre et Mayuri, grandement amusé, conclu, lui tournant autour comme un fauve autour de sa proie :

- Je veux que l'Arrancar Tesla regagne sa cellule, ici, au centre de recherche, demain soir, avant dix-huit heures. Il s'immobilisa face à son subordonné et demanda, moqueur : t'oppose-tu à ma décision, Akon ?

Non, bien sur que non, il ne s'opposait pas. Ni quand il répéta son ordre de voir revenir Tesla ici, ni quand il lui expliqua les tenants et aboutissant de son expérience si pressé. Il frissonna, effrayé pour l'Arrancar car le projet était risqué, douloureux et potentiellement mortel. Et il s'en voulu de le trouver intéressant.

Il était un scientifique après tout, se répétait-il pour se consoler. Au service du plus grand génie jamais connu, passablement fou et dépourvu de toute conscience. Forcément, ces « qualités » avaient déteint sur lui et d'ailleurs, il ferait mieux de prendre exemple sur son capitaine et cesser de se préoccuper d'état d'âme aussi stupide que la culpabilité.

De quoi était coupable, de toute façon ? Il ne faisait que son travail après tout ! Il était un scientifique ! S'était normal de faire des expériences et la Science ne pouvait se voir retenue par des choses aussi stupide qu'inutile comme les remords ! Voilà trois mois qu'il s'était laissé mené par ces idioties, il était temps de reprendre sa vie normale.

Sur le pas de sa porte, la clé à la main, il baissa la tête, n'osant entrer dans la chambre. S'était idiot. Il était tard, il était fatigué, Mayuri l'avait inondé de parole, parce que l'alcool le rendait bavard, mais aussi parce qu'il était si pressé de pouvoir faire son expérience qu'il n'arrivait pas à se contenir si bien qu'Akon n'avait put quitter le bureau que très tard.

Mais il n'osait entrer. Il repensait à Tesla, à son indifférence effrayante, à tout ce temps passé à s'occuper de lui et à sa réaction, cet après-midi, face à la mante religieuse. S'était trop con ! Maintenant qu'il avait enfin trouvé la clé de son esprit, il n'allait pas pouvoir le libérer de sa prison mentale ! S'était vraiment… ridicule !

Sur le pas de sa porte, Akon restait figé alors que de ses yeux, qui pourtant n'avaient jamais pleuré de sa vie, ni de sa mort, s'échappaient des larmes de frustration ! Pourquoi fallait-il que Mayuri, après s'être moqué totalement du devenir de l'Arrancar pendant tout ce temps, le veuille maintenant ? Pourquoi ne pouvait-il pas attendre, aller chercher une autre victime ?

Ho, bien sur, en scientifique qu'il était, il comprenait très bien pourquoi. Il connaissant l'excitation puissante que la curiosité devant une question laissé sans réponse pouvait faire naitre, l'ébullition presque douloureuse du cerveau en attente de résultat concluant et la joie, parfois malsaine, de mettre en place une expérience qui allait enfin calmer la faim vorace de savoir qui les torturait.

Finalement, près de longues seconde à essayer de se convaincre qu'il n'était pas en tort, il essuya rageusement ses yeux, se fustigeant de se mettre dans un tel état pour un simple Arrancar, puis se décida à entrer dans la chambre. De la trouver dans le noir ne le surprit pas. Il supposait qu'à l'heure qu'il était, et après avoir bruler tant d'énergie, Tesla devait dormir, sans doute sans même s'être réveillé depuis qu'il l'avait couché sur le lit.

Pourtant, après avoir allumé la lumière, il fut surpris de trouver le lit vide. Son regard se porta immédiatement sur la chaise qu'occupait en temps normal Tesla. Un sourire triste étira ces lèvres alors qu'une pointe de douleur lui perça le cœur en le voyant endormir, appuyé contre la fenêtre. Peut-être, surement même, avait-il guetté la mante des son réveil et s'était-il assoupis, encore épuisé de sa réaction, plus tôt.

Avec tendresse, il le saisit doucement dans ses bras pour le soulever. Il lui sembla que L'Arrancar avait gémis, peut-être même murmurer quelque chose mais il était trop tard et sa fatigue trop grande pour qu'il s'arrête là-dessus. Il le porta jusqu'au lit pour l'y allonger après avoir écarter la couverture.

En temps normal, Akon dormait sur un futon, qu'il gardait rangé dans un placard en journée. Il ne se sentit pourtant pas la force de le chercher et, après une seconde d'hésitation, s'allongea sur le lit, prenant tout de même soin de ne pas toucher Tesla. A peine sa tête fut-elle poser sur l'oreiller qu'il s'endormit, épuisé par les émotions.

Lorsqu'il se réveilla, bien plus tard, la lumière naturelle avait inondé la pièce. Mais même si s'était le cas, Akon savait qu'il était encore très tôt. Quoi qu'il se passait, quelque soit son état de fatigue, il se réveillait toujours aux aurores. La seule raison était qu'il voulait perdre le moins de temps possible, comme s'il était pressé, pour retourner au plus vite au centre recherche et poursuivre son travail.

Mais pourtant, l'envie habituelle de se rendre là-bas ne le tiraillait pas. Au contraire, l'idée d'y retourné faisait naître en lui une crainte ridicule, comme celle d'un enfant n'ayant pas fait ses devoirs au matin de la rentré.

Akon savais que la raison de cela était le corps serré contre lui. Cela avait même tout à voir avec lui. S'il était surpris par le fait que Tesla se soit rapproché pendant son sommeil, allant jusqu'à se glisser dans ses bras et poser sa tête sur son torse, il n'avait fait aucun geste pour se dégager. D'abord par crainte de le réveillé mais aussi par que la sensation n'était pas désagréable.

Akon passa un bras sous sa tête pour se redresser et tendit l'autre pour saisir son paquet de cigarette : il y avait des choses qui ne pouvaient pas attendre. Après avoir avalé une première bouffée de fumée, il baissa les yeux sur Tesla, savourant de voir son visage si calme.

De sa main libre, il dégagea les quelques cheveux qui s'étaient mis devant ses yeux, frôlant au passage le bandeau qu'il portait pour masquer son œil manquant. Akon avait cherché à savoir d'où pouvait provenir la blessure mais comme pour le reste, Tesla n'avait rien dit.

Ha… si seulement ils pouvaient rester comma ça pour toujours. Ils étaient bien, là. Tesla dormait tranquillement, son corps irradiant de chaleur fondu contre le sien. S'était agréable. Il n'y avait rien de sexuel. Même si la position pouvait porter à confusion, en vérité, il ne ressentait pas plus de désir charnel que cette foi-là, trois mois plus tôt, lorsqu'il était entré dans sa cellule.

Dire qu'il devait le ramener au centre de recherche, dans cette cellule sans vie, pour y subir une nouvelle torture. Comment allait-il faire ? La pensée de le conduire à Mayuri lui faisait froid dans le dos. Rien que d'imaginer Tesla à la merci de son fou de patron le faisait frémir d'horreur.

Il devait se raisonner, se dire qu'il n'était qu'un Arrancar, que s'était pour le bien de la science et, si toute ces raisons ne suffisaient pas, qu'il s'agissait d'un ordre de son supérieur. Aller Akon, se dit-il en écrasant sa cigarette dans le cendrier, sur la table de nuit, tu peux le faire. N'oublie pas que tu es une scientifique, troisième siège de la Douzième, vice-président du centre de recherche. C'est pour la science.

Akon soupira, se frottant le visage des deux mains dans l'espoir de se donner de l'énergie, puis fit mine de se relever. Mais avant qu'il ne face un geste, il fit l'erreur de baisser les yeux sur Tesla et croisa son regard caramel. Il se figea, surprit, alors que l'Arrancar le regardait, sans bouger, la tête toujours posée sur son torse.

- Heu... Je t'ai réveillé ? Demanda Akon une fois la surprise passé.

Il s'attendait à n'avoir aucune réponse, comme toujours mais fut surpris une fois de plus lorsque le jeune homme fit signe que oui d'un hésitant et léger signe de tête. Akon écarquilla les yeux, choqué d'avoir eut une réponse puis se força au calme. Il était un scientifique enfin ! Il devait rester maître de lui-même quoi qu'il arrive !

Mais Akon attendait d'avoir enfin une réaction de la part de l'Arrancar depuis si longtemps que maintenant que s'était le cas, il ne savait plus quoi dire. Une voix dans sa tête souligna toute l'ironie de la situation : il avançait enfin mais ça n'allait servir à rien puisque le Hollow allait devoir rejoindre le centre de recherche se soir mais il la dit taire, préférant savourer sa réussite.

- Tu... Tu sais où tu es ? Demanda-t-il après un silence.

Cependant, Tesla ne réagit pas, se contentant de le regarder silencieusement. Akon se demanda un instant s'il n'avait pas rêvé le signe de tête précédant. Mais l'Arrancar le détrompa en acquiesçant une seconde fois avant de se redresser lentement. Une fois assis, il s'étira, prenant le temps de regarder la chambre dans son intégralité, comme s'il la découvrait pour la première, ne se souciant pas du regard scrutateur du scientifique, puis quitta le lit pour aller s'installer devant sa fenêtre.

Akon le laissa faire, curieux, avant de se relever à son tour pour gagner la cuisine et se préparer un café. Une fois sa tasse à la main, il revint dans la chambre et reporta son attention sur Tesla : allait-il resté à nouveau toute la journée là, à regarder dehors sans réagir à aucun stimuli ? Avait-il rêvé des moments d'interaction ?

- Tesla ? appela-t-il plus pour se rassurer que pour vraiment l'interpeler.

Il du attendre quelques secondes mais, après un instant de silence, l'Arrancar tourna la tête vers lui, l'interrogeant du regard. Akon déglutit, soudainement mal à l'aise. Il avait pourtant tellement souhaité avoir une réaction, maintenant que s'était le cas, il ne savait pas quoi faire. Il se racla la gorge, pour se donner une contenance puis reprit :

- Tu veux quelque chose ?

Son reiatsu étant sceller et ayant moins d'activité qu'un mollusque septuagénaire, il n'avait sans doute pas éprouvé la faim depuis longtemps et n'avait jamais fait mine de vouloir manger quoi que ce soit. Ca avait ses avantages, Akon étant un piètre cuisinier, mais il s'avait qu'un individu du niveau d'un Arrancar devait pourtant avoir ce genre de besoin.

Tesla le regarda fixement pendant un long moment puis détourna la tête pour reprendre son activité. Akon prit cela pour un « non ». Sa question était sans doute trop idiote pour qu'il puisse avoir une réponse. Ou alors, il ne souhaitait plus lui répondre du tout. Une nouvelle fois, la peur serra le cœur du scientifique qui traversa la chambre en quelques pas pour poser une main sur l'épaule du jeune homme :

- Tesla ? Appela-t-il encore. Tu ne veux rien ?

L'Arrancar leva les yeux vers lui et fronça les sourcils, visiblement agacé d'être encore interrompu dans son attente de la mante religieuse mais acquiesça avant de retourner à sa contemplation de l'arbre toujours vide de tout insecte géant de merde qui devrais pas exister bon sang ! Akon le laissa faire, reculant d'un pas tout en avalant une gorgé de café.

Il faillit s'étouffer lorsqu'il songea que maintenant qu'il réagissait, qu'il l'écoutait, il devait lui dire ce qui allait se passer. Mais comment lui annoncer qu'il allait devoir quitter cette chambre paisible pour retourner dans une cellule froide, à la merci du plus terrible des bourreaux ? S'était d'autant plus terrible que maintenant qu'il avait fait un pas vers la guérison, sa chute face aux tortures ne sera que plus dure.

Akon déglutit et posa sa tasse de café sur la table de nuit, ne se sentant plus la force d'avaler quoi que se soit. Il savait qu'il devait le lui dire mais il n'en avait pas la force. Les mots se bloquaient dans sa gorge. Comment pouvait-il lui dire ? « Hey, Tesla, maintenant que tu commence à reprendre goût à l'existence, on va te ramener dans ta cellule pour servir de cobaye numéro à une expérience aussi sadique qu'intéressante. T'es content ? ». Non, non. Il ne pouvait pas lui dire. Pas comme ça. Ni autrement d'ailleurs.

Il s'assit sur le lit, coude sur les genoux, et observa ses mains, fouillant son esprit à la recherche d'une solution. Mais son cerveau en ébullition ne lui en offrait aucune de convenable : négocier un nouveau délai ? Il ne voudra pas ! Raisonner son capitaine ? N'importe quoi ! Essayer de lui faire avoir pitié de l'Arrancar ? Mais t'es con ou quoi ?! Se fustigea-t-il mentalement. Bon sang, Akon ! Réfléchis ! Trouve quelque chose !

Il ne savait pas combien de temps il resta ainsi, à réfléchir en fixant ses mains mais lorsque plusieurs coups frappèrent à sa porte, il sursauta, réalisant que pendant qu'il était là à chercher une issue, le monde continuait de tourner. Un regard à son réveil lui apprit qu'il était bientôt l'heure du déjeuner. On devait sans doute s'inquiéter de ne pas le voir arrivé au centre de recherche.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il en s'approchant de la porte, n'osant pourtant pas l'ouvrir.

- Akon-san, fit une voix féminine qu'il reconnaissait comme étant celle de Nemu. Nous avons besoin de vous à la Douzième division immédiatement.

- Maintenant ? demanda-t-il en se tournant pour regarder Tesla.

L'Arrancar s'était lui-même tourné sur sa chaise, son unique œil fixé sur Akon en une question muette. Le scientifique déglutit, sentant la main glacée de la peur lui nouer l'estomac : Mayuri était-il donc si pressé de commencer son expérience ? Il lui avait pourtant laissé jusqu'à dix-huit heure ! Il se racla la gorge et reprit, espérant être assez convainquant :

- Heu… je me sens pas très bien… Je vais pas pouvoir venir de suite…

Il y eut un moment de silence, pendant lequel Akon s'incendiait d'avoir dit une pareil ânerie, persuadé que son lieutenant ne s'y prendrait pas mais pourtant, après d'angoissante seconde d'attente, la voix monotone de Nemu se fit entendre de l'autre coté du pan de bois :

- Je vais en informer Mayuri-sama. Je repasserais plus tard. Bonne journée Akon-san.

Akon fixa la porte, surprit. Comment son mensonge avait-il put passer si facilement ? Enfin, il s'agissait de son lieutenant, même si elle ne connaissait rien aux émotions humaines, elle devait pourtant avoir compris que s'était la panique qui lui avait serré la voix et non un mal quelconque ! IL avait du mal à y croire mais pourtant s'était le cas.

Il soupira de soulagement en s'adossant à la porte et ferma les yeux, savourant d'avoir put gagner un peu de temps. Mais il éclata d'un rire désabuser en songeant qu'il ne pouvait pas non plus rester enfermer ici indéfiniment. Viendra bien le jour où il allait devoir retourner travailler. Et Mayuri n'aurait sans doute pas la patiente d'attendre son bon vouloir pour aller chercher Tesla. Pour preuve, il avait envoyé sa fille pour ça.

Quoi que, maintenant qu'il y réfléchissait, elle n'avait pas parlé de l'Arrancar. Elle ne l'avait même pas informé sur la raison qui devait le faire venir à la Douzième division. S'était étrange d'ailleurs car bien qu'étant troisième siège, il n'y passait que très peu de temps, étant toujours occupé par une expérience au centre de recherche.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, son regard se posa sur Tesla, qui continuait de le fixer, une mimique interrogative sur le visage. Même s'il ne suivait ce qui se passait que depuis peu, il devait avoir compris que quelque chose n'allait pas. Une fois de plus, Akon se dit qu'il devait lui dire, lui annoncer la terrible nouvelle mais sa gorge se serra rien qu'à l'idée.

Il prit cependant son courage à deux mains et se redressa avant de marché jusqu'à l'Arrancar. Tesla continuait de le regarder, se tordant le coup pour que leurs regards restent fixés l'un a l'autre. Akon sourit tristement, dégageant doucement les mèches de cheveux qui se plaçaient devant l'unique œil valide de l'ancien guerrier, avant de prendre la parole, la voix pas très assurée :

- Tesla… Tu sais qui je suis ? Face au signe positif que lui fit l'Arrancar, Akon déglutit encore et demanda : tu sais qui est mon capitaine ?

Cette fois-ci, le signe de tête fut moins sur, comme si Tesla craignait l'homme dont il était question. S'était sans doute le cas. Akon n'avait pas encore eut le temps de l'interroger réellement et ne savait pas dans quelles mesures il se souvenait de ce qui s'était passé durant sa captivité au centre de recherche.

- Il… Il m'a donné l'ordre de te ramener au centre. Tu te souviens du centre ?

Akon avait l'impression de parler à un enfant de quatre ans et il se trouva un instant idiot d'agir ainsi, mais il ne voulait surtout pas le brusquer. Surtout sur un sujet aussi délicat que le retour à la captivité, aux mains de Mayuri Kurotsuchi, fou parmi les fous.

Il voulu poursuivre, expliquer plus en détail la raison d'un tel acte, mais sa voix mourut lorsqu'il vit la peur naitre dans le regard de l'Arrancar. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu'il était question de retourner dans un pareil endroit aux mains d'un pareil homme ? Akon lui fit un sourire, qu'il espérait rassurant, avant de poser les mains sur ses épaules et lui dire, d'une voix toujours douce :

- T'en fais pas. Ca va aller, je te le promets.

Tesla le fixa encore quelques secondes, comme s'il cherchait la moindre trace de mensonge sur le visage du scientifique puis se détourna pour retourner à son observation de l'arbre. Akon le laissa faire, satisfait de ne pas en dire plus puis retourna s'installer sur le lit pour avaler le reste de son café à présent froid.

Une fois sa tasse vide, Akon la reposa sur la table de nuit puis s'allongea. Il mit les mains derrière sa tête et fixa le plafond, à la recherche d'une solution. Mais il eut beau chercher, rien ne venait et l'heure sur son réveil avançait. S'en était désespérant ! Il devait pourtant bien y avoir un moyen !

Au fil du temps qui passait, l'idée de se résigner à obéir à son supérieur s'imposait petit à petit comme seule issue possible. Le scientifique se disait même qu'il était idiot de se mettre dans un pareil état pour un simple Arrancar, que ce n'était pas comme s'il n'allait plus pouvoir le voir et que la Science devait s'affranchir de tout remord.

Mais s'était plus fort que lui : rien que d'imaginer Tesla seul dans cette cellule sombre d'ont il l'avait sortit, ou ligoté à une table d'osculation, près à subir un nouveau test aussi barbare que douloureux lui donnait des frissons dans le dos. Indigne d'un chercheur ! Comment avait-il put se laisser aller ainsi ? S'il n'avait pas cédé à sa culpabilité, s'il l'avait laissé dans sa prison, il n'en serait pas là.

T'es qu'un crétin Akon, se dit-il en fermant les yeux. S'il s'était détourné, trois mois plus tôt, au lieu de chercher à le ramener chez lui, l'idée de voir Tesla dans le rôle du cobaye ne le remplirait pas d'effroi comme s'était le cas pour l'instant, comme celle de ne plus avoir sa présence silencieuse près de lui. T'es qu'un crétin…

Akon du s'endormir sur cette joyeuse pensée car il sursauta lorsqu'il sentit quelqu'un le secoué. Il se redressa d'un coup, perdu, mais se calma lorsque son regard se posa sur Tesla. L'Arrancar s'était assis sur le bord du lit pour le réveiller et avait eut un geste de recule face à la réaction excessive du scientifique.

- C'est rien, grogna ce dernier en se frottant le visage pour se réveiller.

Il voulu se rallonger, sentant encore la fatigue peser sur ses épaules mais ce n'était pas du goût de Tesla. Le jeune Arrancar lui saisit le poigné pour tiré dessus, l'intimant à se lever. Akon fut surprit mais se laissa faire curieux de voir ce qu'il lui voulait. Un regard rapide à son réveille lui apprit qu'ils étaient dans le milieu de l'après-midi. Oui, il s'était endormit.

Tesla le conduisit jusqu'à la fenêtre devant laquelle s'épanouissait l'arbre et pointa du doigt quelque chose, dehors, avant de tourner la tête vers lui, dans une invitation évidente à regarder dehors, ce qu'Akon, après un bayement, fit.

Il ne vit d'abord rien d'autre que l'arbre. Il baissa les yeux sur Tesla, lui en faisant la remarque, mais le jeune homme fronça les sourcils, mécontent, avant de pointer encore du doigt vers l'extérieur, posant une main dans le dos d'Akon pour le forcer à se tourner vers la fenêtre. Le scientifique grogna, mais se laissa encore faire, reportant son attention sur l'extérieur.

Il allait encore abandonner, signalant au passage qu'il était désolé mais qu'il ne voyait rien, lorsqu'un éclair vert attira son attention. La mante religieuse était revenue. Elle s'était placé en embuscade, au milieu de plusieurs feuille de la même couleur qu'elle, ce qui expliquait qu'Akon ne l'ai pas tout de suite vu. Le piège avait fonctionné puisque l'insecte était occupé à dévoré un papillon des Enfer qui avait eut la malchance de passer tout près.

- Oui, Tesla, je la vois.

Il ne put s'empêcher d'ébouriffer les cheveux blonds de l'Arrancar, et fut heureux d'avoir en retour un sourire avant que le Hollow ne se détourne pour regarder encor la bête. Akon en fit de même mais son regard fut attiré par un autre insecte, bien plus loin. Une chenille. Géante.

Konjigi Ashizogi Jizô.

Merde. Pourquoi son capitaine avait-il libérer son Bankai ? Il ne le faisait jamais, même lorsqu'il s'entrainait au combat ! Aucune alarme n'avait retentit, rien ne s'était fait entendre, il n'y avait donc aucune invasion, aucun combat, rien qui puisse expliquer la présence de la chenille géante.

Akon n'eut pas à se concentré beaucoup pour remarquer le niveau d'énergie de son capitaine : il se battait s'était sur et à en croire les reiatsu environnant, s'était avec d'autre capitaine. Au moins Hitsugaya et Komamura. Ils étaient tellement brûlant, comment avait-il fait pour ne pas les remarquer plus tôt ?

Un sentiment d'urgence saisit le scientifique qui se détourna, ordonnant rapidement à Tesla de rester sagement là. Il n'eut aucune réponse, l'Arrancar étant trop occupé à observer la mante. Avait-il seulement vu le Bankai, plus loin ? Sans s'attardé plus sur la question, il quitta la chambre, enfermant rapidement Tesla comme à son habitude, avant de courir, sautant de toit en toit pour rejoindre le lieu du combat.

Il arrivait à proximité du nuage toxique relâché par Konjigi Ashizogi Jizô lorsque Kokujo Tegen Myô, apparaissait pour attaquer la chenille au corps à corps. Un instant déstabilisé par la violence du choc, Akon ne sut trop quoi faire. Il ne savait pas quel était la raison du combat, ni ce qu'il pouvait faire pour l'arrêter. Il se trouva même stupide d'avoir bêtement accourut sans même chercher à en savoir plus.

Avait-ce à voir avec la venue de Nemu, plus tôt ce matin ? Pensa-t-il soudainement. Il allait faire demi-tour pour gagner la Douzième division et en avoir le cœur nette lorsque la jeune femme en question se matérialisé près de lui, suite à un Shunpo. Elle arborait plusieurs blessure, sans doute s'était-elle interposer durant le combat pour protégé son père, et ne tenait plus debout.

Akon la rattrapa avant qu'elle ne s'effondre et l'interrogea sur son état. Nemu le rassura, s'excusant de sa faiblesse, ce qui fit grogner le scientifique, puis l'interrogea sur sa présence : n'était-il pas sensé être malade ? Le jeune homme grogna encore, gêné par la question, et l'éluda en demandant la raison de ce combat de titan.

- Mayuri-sama n'est pas d'accord avec les ordres du Capitaine-Comandant, répondit la jeune femme en essayant de se tenir debout toute seule.

Mais s'était trop en demander à son Gigai abimé et sans Akon, elle aurait chuté. Le troisième siège la rattrapa et l'aida à s'asseoir sur le toit avant de demander, curieux, quels étaient les ordres en question et pourquoi avaient-ils mit leur capitaine dans cet état ?

- C'était la raison de ma venue chez vous, Akon-san. La division et le centre sont en ébullition depuis ce matin.

- Que se passe-t-il ?

- Le Capitaine-Comandant a ordonné la fin des recherches sur les Arrancar et que chaque spécimen soit livré à la Quatrième division.

- Pardon ? fit Akon, surprit.

Nemu répéta ce qu'elle venait de dire, expliquant qu'un jeune chercheur sans siège avait crut bon, en voyant l'état pitoyable de l'Arrancar Szayel Apollo Grants, qui, suite à une expérience, avait frôlé la mort, d'aller prévenir le capitaine Unohana pour qu'elle le maintienne en vie. Il n'avait pas fallu longtemps à la doctoresse pour aller prévenir son supérieur, maintenant qu'elle était au courent de ce qui se passait dans le centre de recherche.

Akon mit du temps à comprendre les explications de son lieutenant. S'était difficile à croire : le Gotei 13 ne se mêlant que très rarement des études menées par le capitaine Kurotsuchi, étant toujours satisfait des résultats qu'il obtenait. Il comprenait parfaitement la colère de son capitaine, étant lui-même un scientifique, mais ne savait pas si elle justifiait la libération d'un Bankai.

Soudain, le sentiment d'urgence qui s'était apaisé en discutant avec Nemu le prit à la gorge et il se redressa pour partir, criant rapidement une excuse sous le regard surprit de la jeune femme qui ne fit pourtant rien pour l'arrêter. Usant du Shunpo, se maudissant d'être tout de même lent –il devait reprendre son entrainement- il atteignit rapidement ses quartiers.

C'est sans surprise qu'il trouva la porte de chez lui fracturée et sa chambre vide. Il aurait du y penser immédiatement en apprenant l'ordre du Capitaine-Comandant. Rapidement, il se détourna pour prendre le chemin de la Quatrième Division. Lorsqu'il l'eut atteinte, la chenille, qui avait eut raison du samouraï, se faisait transpercer par mille et un pétale de fleur de cerisier, mettant un terme au combat.

Mais Akon ne s'en préoccupa pas. La panique qui l'avait saisit lorsqu'il avait compris l'ampleur de l'ordre du Capitaine-Comandant, et qui s'était accrue en constatant le vide de sa chambre, continuait de lui serrer le cœur et c'est sans réfléchir qu'il passa les portes de la division de soin, faisant claquer les deux pans de bois avec force et sursauter les soigneurs qui tournèrent tous un regard surpris vers lui.

Il allait apostropher le premier médecin qui passait près de lui lorsque le capitaine Unohana en personne quitta une chambre. Sans se soucier de la politesse due à un supérieur, il alla se placer devant elle, l'empêchant de poursuivre son chemin et demanda, de la colère dans la voix :

- C'est une habitude pour la Quatrième de pénétrer chez les gens pour les kidnapper ?

Retsu lui fit un sourire, celui qui effrayait tout le monde mais Akon ne fut pas impressionné. Rappelons qu'il travail avec Mayuri Kurotsuchi, ce qui donnait une certaine résistance à la menace. Face à se constat, la doctoresse prit la parole et dit, d'une voix douce mais froide :

- Autant que pour la Douzième de commettre de pareil acte de barbarie.

Elle voulu le contourner, jugeant sans doute que la conversation était close mais Akon fit un pas sur le coté de sorte à lui bloqué le passage et l'interrogea encore, maitrisant sa colère de moins en moins bien :

- Où est-il ?

- Si vous parlez de votre capitaine, je n'ai nul doute qu'il a regagné son laboratoire suite à sa défaite face aux capitaines Hitsugaya, Komamura et Kuchiki.

- Je parle de l'Arrancar Tesla. Celui qui était chez moi et que vous avez enlevé ! Corrigea Akon, se moquant d'attirer l'attention et de manquer de respect à un supérieur.

A ces mots, le sourire de Retsu s'effaça, signe qu'elle allait bientôt perdre son calme –fait extrêmement rare. Elle garda le silence quelques instants, sans doute pour ne pas perdre son calme puis répondit, toute douceur dans la voix effacé par son début de colère :

- Je ne sais pas pour quelle raison vous gardiez ce jeune homme enfermé chez vous, sans possibilité de sortir ni aucun pouvoir pour se défendre, mais sachez qu'il est à présent en sécurité, si cela vous importe.

Elle fit encore mine de le contourné mais Akon, franchement énervé par le sous-entendu de la capitaine, lui saisit le bras pour la forcer à le regarder dans les yeux et lui répondit, sur un ton mordant qui ne voulait aucune discussion :

- Il était déjà en sécurité chez moi ! Je veux le voir ! Tout de suite !

Les deux Shinigami se défièrent du regard. Autour d'eux, les médecins s'étaient figés, observant la scène avec curiosité et effarement : comment un simple troisième siège osait-il ainsi s'adresser à leur bien-aimé capitaine ? Avait-il perdu l'esprit ? Elle l'allait l'atomiser, s'était certain. Unohana était certes, connue pour sa gentillesse, mais tout le monde savait que sous ce sourire amical se cachait un monstre d'intimidation.

- Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une bonne idée, Akon-san. Finit-elle par dire en essayant encore de le contourner.

- Et moi, je suis persuadé du contraire. Laissez-moi le voir…. S'il vous plait, rajouta-t-il après une seconde d'hésitation.

Ils continuèrent de se défier silencieusement du regard, ne remarquant pas qu'ils perdaient le contrôle de leur reiatsu, fait encore plus rare que de s'énerver pour Retsu, ce qui vida le couloir dans lequel avait lieu l'altercation. Après un long moment de silence, la doctoresse finit par acquiescer avant de tourner les talons pour l'inviter à la suivre. Ils montèrent d'un étage, gagnant les chambres réservé au long séjour et s'arrêtèrent devant la porte marqué d'un cinq.

- Une minute, dit-elle en ouvrant la porte.

Akon fit un distrait signe de tête, n'écoutant pas ce qu'elle lui disait, seulement guidé par l'inquiétude qu'il éprouvait pour Tesla. A peine eut-il mit un pied dans la chambre qu'il fut percuté par un corps et chuta par terre. Il réalisa qu'il s'agissait de l'Arrancar, qui lui avait sauté dessus et se serrait contre lui, visiblement effrayé. Akon répondit à son étreinte avec plaisir, murmurant que tout allait bien à l'oreille du jeune homme.

Mais Tesla se contenta de le serrer encore plus fort, enfouissant sa tête dans sa poitrine. S'était à prévoir : des inconnus venaient le chercher, défonçant la porte d'entré, pour le conduire dans un endroit tout aussi inconnu. Akon sentit même une pointe de joie naitre en lui en constatant que sa présence était réconfortante pour l'Arrancar, il n'en montra cependant rien, concentrer à le rassurer qu'il était.

Dans son dos, sans qu'il n'y prenne garde, Retsu observait la scène, profondément surprise. Lorsqu'elle avait examiné l'Arrancar, plus tôt, elle ne lui avait vu aucune blessure physique mais avait noté avec effroi une absence de réaction face à n'importe quels stimuli qui lui avait fait douter de l'état de son cerveau. Un examen approfondis avait montré que les capacités cérébrales du jeune étaient intactes. La doctoresse avait conclu qu'il s'agissait d'un traumatisme, sans doute lié à tous ce temps passé aux mains de Mayuri, après avoir vu son maitre mourir.

Mais si Akon ne faisait pas attention à Retsu, ce ne fut pas le cas de Tesla qui, après quelques instants, se redressa, quittant la douce étreinte. Sans laisser le temps au scientifique de réagir, le jeune Arrancar gagna l'entré, ou il fusilla du regard la doctoresse, avant de saisir la porte et de la lui claquer au nez. Deux secondes plus tard, Retsu entendit très nettement la serrure se verrouiller.

Dans la chambre, le scientifique réalisait à peine ce qui venait de se passer, ne comprenant pas pourquoi Tesla avait fait ça mais avant qu'il ne puisse lui poser la moindre question, l'Arrancar revint vers lui et se pencha pour attraper son poigné, tirant dessus pour l'inciter à se relever, ce qu'il fit. Le blond le tira jusqu'au lit, lui demandant silencieusement de s'allonger et Akon, intrigué, obtempéra. La seconde suivante, l'ancien guerrier le rejoignait, s'installant contre lui, dans la même position qu'ils avaient eut à leurs réveilles.

Akon, surprit, ne sut d'abord pas trop quoi faire. Pourquoi Tesla faisait-il cela ? Il baissa les yeux sur le visage de ce dernier, et nota avec fascination que ce dernier souriait. Une fois de plus, il glissa une main dans sa chevelure pour écarter les mèches qui tombait sur son œil.

- Tu sais qu'on ne pourra pas rester comme ça éternellement, n'est-ce pas ?

Il y eut un petit moment de flottement, pendant lequel Akon se demandait s'il l'avait vraiment entendu mais finalement, après une longue attente, Tesla perdit son sourire une seconde, le temps d'acquiescer d'un signe de tête, puis ferma les yeux, savourant d'être avec lui. Le scientifique ne rajouta rien de plus, plaçant une main derrière sa tête, l'autre resté dans la douce chevelure blonde qu'il caressait sans y penser, le regard poser sur le plafond.

Oui, il ne pouvait pas rester comme ça éternellement. Il allait bien devoir partir à un moment donné, la capitaine Unohana ne le laisserait pas rester. Il était même choqué qu'elle n'ai pas déjà fait sauté la porte. Puis il allait devoir retourner travailler, s'expliquer avec Mayuri, qui allait très certainement lui demander des comptes. Encore plein d'ennuis en perspective.

Mais Akon les effaça de ses pensées, les mettant de coté pour se concentrer sur la source de chaleur, près de lui. Oui, il ne pouvait pas rester comme ça éternellement. Mais pour l'instant, il s'en moquait.

Fin !