De rien Guest 1 ^^

Je pense que tout le monde espérait juste beaucoup trop que ce soit Sirius le père Guest 2 ! Le couple Dante/Crys n'est pas encore arrivé au bout de ses peines... N'est pas vraiment arrivé encore, tout court en fait. Comme les réponses à tes questions se trouvent dans ce chapitre, je ne vais rien dire ici ^^

En fait, elle écrit moins surtout parce qu'elle n'a plus le temps ! Avec deux gamins en bas âge sur les bras, un colocataire et dans sa maison et dans sa tête (n'oublions pas que le loup est toujours là et ne se tient pas plus tranquille avec le temps) et son travail de Maître des Potions elle est un tout petit peu débordé. Et sa vie devient un tantinet plus répétitive que lorsqu'elle était en guerre : elle a moins de choses à raconter...

Quant à Marlène : oui Marlène McKinnon est morte dans le tome précédent. Mais je parlais de Marlène Nail qui travaille à l'orphelinat depuis le chapitre 15 du tome 2 ! J'avais même pas capté que les deux avaient le même nom et que ça pouvait porter à confusion avant de voir ta review -.-"

Que de compliments Guest 3 ! Merci ! En général, je décide de points fixes dans mon histoire et je construis autours pour essayer de tendre vers celui – ci. Quand j'insère un détail dans l'histoire, je sais déjà ce que je vais en faire par la suite, mais il m'arrive aussi qu'un détail que j'ai mis au hasard finisse par prendre plus d'importance que prévu.

De rien Guest 4 ! Alors pour l'image je suis un jour tombée sur un blog qui les regroupe par catégorie (c'est bien pratique), mais il n'y a rien qui indique l'auteur ni la provenance de l'image par le ou la blogueur(se). Je ne peux donc malheureusement pas répondre à ta question. La seule chose qui est sûre c'est qu'elle ne m'appartient absolument pas :)

Salut Maia 30 ! Et oui, on s'habitue facilement à Dante ! Connaissant Crystall, c'était pas gagné d'avance XD Je voulais au départ effectuer un saut dans le temps entre la fin du tome 2 et celui – ci mais j'y renoncé à l'idée. Donc, non, il n'y aura aucun saut dans le temps dans ce tome. Ou en tout cas, il n'y en a pas de prévu pour le moment.

Sirius ne va pas revenir tout de suite sur le devant de la scène AppleCherrypie, mais il reviendra, c'est promis.

Je sais que pas mal d'auteur font des fiches avec le déroulement de l'histoire et sur leurs personnages. Mais personnellement, je n'en fais pas. Je stocke tout dans ma petite tête. Même si parfois j'oublie des choses, j'en invente d'autres à la place. J'ai quelques notes avec des listes (les noms des elfes de Crys, les noms et âges des enfants de l'orphelinat par exemple), mais ça prend deux pages à tout casser. Comme dit plus haut, j'avance en fixant certains points de l'histoire et après je remplis au fur et à mesure. Par exemple, le fait que Crys allait tomber enceinte était fixé depuis la fin du tome un et j'ai déjà écris la fin du tome trois.

Quant à la cohérence, la seule solution que j'ai trouvé c'est de me relire régulièrement. Pas juste le chapitre en cours mains aussi les précédents. Je tiens beaucoup (comme tous les auteurs je pense) à ce que j'écris soit cohérent.

Ça fait du bien à Crystall d'avoir une vie stable pour une fois Stilandra Black. Mieux vaut qu'elle en profite (parce que ça ne va pas durer XD).

Sur ce ! Je vous souhaite de passer une bonne Saint Sylvestre et une bonne lecture ! Le titre dit tout : ce chapitre est principalement axé sur la relation Crystall/Dante.


Une année pour te séduire

Samedi 1er Janvier 1983 : maison

Dante a profité du gui et de la tradition du nouvel an pour m'embrasser par surprise. Qu'est ce que cette branche de gui faisait là d'abord ? Ce n'est certainement pas moi qui l'ai installée.

Quand je l'ai regardé d'un air scandalisé, il a argué que Cameron pouvait témoigner qu'on avait fait bien pire. Aileen, rouge comme une tomate, s'est bouchée les oreilles en partant tout en disant qu'elle n'a rien entendu et qu'elle ne voulait rien savoir.

J'ai fusillé Dante du regard, mais il paraissait extrêmement amusé. Il a rajouté qu'à l'occasion il faudrait qu'il me parle de la contraception moldue. Là, c'est moi qui me suis barrée en faisant comme je n'avais rien entendu. On est encore loin d'en arriver à ce point là tous les deux si j'ai mon mot à dire.

Samedi 29 Janvier 1983 : maison

Je reviens tout juste de la pleine lune. Il a neigé toute la nuit, ce qui n'a pas empêché le loup de me faire courir dehors tout le temps. Heureusement que j'avais mis des vêtements chauds. Je peux presque suivre toutes mes déambulations de la nuit en regardant par la fenêtre du Phare : il y a mes traces dans la neige et je vois parfois les restes de bonds improbables. Comment le loup peut –il me faire faire des choses qui ont l'air humainement impossibles alors que je ne me transforme pas ? J'en viens à regretter qu'il ne puisse pas parler pour me le dire.

Mardi 8 Février 1983 : maison

J'ai reçu un courrier des parents de Dante aujourd'hui. Ils veulent savoir quand ils auront enfin la possibilité de garder un peu leur petit-fils et Mary. Pour Cameron, je peux le leur ramener demain. Pour Mary en revanche, c'est hors de question.

*Maison*

J'ai parlé de la lettre à Dante et il a semblé surpris que je demande dans la foulée s'il peut déposer Cameron chez eux dès demain. Il cherchait l'entourloupe jusqu'à ce que je lui dise que je garderais Mary avec moi.

- Tu ne pourras pas toujours l'avoir avec toi 24h sur 24 ! m'a t –il judicieusement faire remarquer.

- Pour l'instant je peux alors je vais le faire, ai – je répliqué en l'assassinant du regard.

- Ce n'est pas bon pour elle. Tu imagines les crises plus tard quand tu devras la laisser ? Tu es encore en train d'essayer de la couper du monde et toi aussi par la même.

- Tu veux savoir ce qu'il s'est passé la dernière fois que j'ai laissé Mary à la garde de quelqu'un ? ai – je demandé. Elle a été enlevée et je l'ai récupérée enfermée dans un placard à balai. Alors là, tu vois, la dernière chose dont j'ai envie c'est de la confier à des étrangers. J'ai déjà du mal à te la laisser alors ne parlons même pas de tes parents qui me détestent.

- Ils ne te détestent pas, a t –il soupiré. Et ils ne s'en prendront jamais à un enfant pour se venger de toi. Ils ne sont pas comme ça.

J'ai secoué la tête, toujours pas convaincue. Je n'ai vraiment pas le cœur à me séparer de Mary.

- Tu sais pourquoi les White ont mauvaise réputation chez les Sang-Purs ? a t –il soudainement demandé.

- Non : je te l'ai déjà dit, je ne savais même pas que les White étaient des Sang-Purs.

- Parce que leur but dans la vie était la protection. C'est inscrit dans leur gêne au même titre que l'albinisme.

- Je ne comprends pas, ai – je avoué.

En général, protéger est une noble tâche et on est content de voir des gens qui dévouent leur vie à ça.

- Quand tu trouvais un White à ta porte, ça voulait en général dire que tu avais fait du mal à ceux qu'ils protégeaient et que tu allais passer un mauvais quart d'heure. Voir vivre le dernier quart d'heure de ta vie. Ils avaient mauvaise réputation à cause de ça.

- Pourquoi tu me dis ça ?

- Pour te montrer qu'ils savent défendre ceux qu'on leur confie et qu'il n'y a rien à craindre. Même Monroe et Victor-Hugo qui n'ont pas été élevés dans cette optique ont choisi des métiers de protection : garde du corps et membre du BIAV.

- Au contraire, ça fait d'eux des gens très dangereux pour moi et par extension pour Mary.

- Réfléchis –y, veux –tu ? Vraiment. Ne te contente pas de hocher la tête pour que je te lâche la grappe parce que je vais insister.

- Tu peux insister : Mary n'ira pas chez eux demain avec Cameron .

- Demain non, mais je compte bien qu'elle y aille à un moment où à un autre. Tu es prévenue.

Je n'aime pas quand Dante me fait la morale et me dicte mon comportement. Et la prochaine fois que je croiserais un White, je ne lui tournerais plus le dos comme ça. Le loup dans ma tête a éternué avec mépris. Il ne laisserait personne m'attaquer par derrière. Finalement, je le trouve quand même assez rassurant, même si la plupart des psychomages me diagnostiqueraient sans doute un dédoublement de personnalité marqué.

Lundi 14 Février 1983 : maison

Dante est arrivé avec un bouquet de fleur aujourd'hui. Un bouquet d'Anthurium orange. Il continue avec la signification des fleurs. Celles-ci n'étaient ni plus ni moins qu'une invitation à flirter en vue d'une aventure. S'il les avait choisies rouges ça aurait été une invitation à une relation amoureuse. Je ne sais pas si je dois penser qu'il a parfaitement compris que je ne serais jamais amoureuse de lui ou si je dois me sentir un peu insultée qu'il ne soit pas plus sérieux. Oui, à part ça je ne suis pas contradictoire.

Je l'ai longuement fixé avec suspicion et il m'a accordé un sourire qui était tout sauf innocent.

- J'ai bien le droit de tenter ma chance vu qu'on va passer les prochaines années ensemble, non ? a t –il demandé en voyant que je ne bougeais pas.

- Tu peux toujours essayer, mais ça ne changera rien, ai – je répondu.

- Si tu es si sûre de toi, tu n'as qu'à les prendre.

Ça ressemblait presque à un défi. Je ne suis pas certaine qu'en faire une compétition soit une bonne idée, mais il m'a complètement agacée sur le coup. Je lui ai arraché le bouquet des mains et j'ai l'impression de m'être faite manipuler comme une Gryffondor. Advienne que pourra.

*Maison*

Merlin, je me sens tellement coupable par rapport à Sirius. Je l'aime bon sang. Et pourtant ça fait longtemps que je ne suis pas partie en quête de Peter et je viens d'accepter la « compétition » proposée par Dante pour indécente qu'elle soit. Ça fait de moi quelqu'un d'horrible, n'est ce pas ?

Mardi 1er Mars 1983 : maison

Je me remets sérieusement à ma recherche d'une potion pour la lycanthropie aujourd'hui. Ce qui me le permet ? Dante est vraiment passé à mi-temps sur son travail. Hier, c'était mon anniversaire et il m'a dit que ce serait son cadeau. Qu'il reste à la maison plus souvent pour s'occuper des enfants et que je puisse reprendre mes potions comme je le faisais avant.

Je suis un peu horrifié par ce qu'il vient de faire. Il a sacrifié son boulot et donc une part de sa passion pour que je puisse vivre la mienne. C'était un beau cadeau. Mais j'ai l'impression que je suis quelqu'un d'horrible et je culpabilise un tantinet quand même. Est-ce que je ne suis pas aussi horrible de dire que j'aurais préféré qu'il ne le fasse pas ? C'est effrayant de me dire qu'il est capable de faire ça pour moi.

Lundi 7 Mars 1983 : Maison

J'ai reçu une lettre de France aujourd'hui. Aileen m'a envoyé une carte qui montre la place principale de la Cour des Miracles, l'équivalent français du Chemin de Traverse. Vu que la Cour se trouve dans les catacombes, je m'attendais à ce que ce soit petit et sombre mais ça à l'air immense et on dirait qu'un soleil artificiel brûle près du plafond.

Elle a l'air enthousiasmée par son séjour en France et elle m'a dit qu'elle s'est mise à étudier les runes avec sa correspondante, une Pauline qui est passionnée par le sujet. Je ne peux qu'approuver. Les Runes c'est important.

Jeudi 21 Avril 1983 : maison

Ce matin Dante est entré torse-nu dans la cuisine pendant que je mangeais après mon jogging quotidien. Je dois admettre que ses tatouages sont quand même impressionnants. Personnellement, je ne me sentirais pas d'assumer le fait que ma peau soit entièrement recouverte d'encre.

Dans son dos il a tatoué un colonne vertébrale et une partie de sa cage thoracique et j'étais suffisamment proche pour constater la minutie du travail et le fait que ça corresponde à l'emplacement réel de ses os.

- La vue te plaît ? a t –il soudainement demandé sans se retourner.

J'ai sursauté, prise en faute, et je lui ai jeté un regard noir même s'il ne le voyait pas.

- Je ne te matais pas, ai – je répondu. J'observais tes tatouages.

- Tu m'en diras tant, a t –il dit en se servant une tasse de café.

- C'est Arlem qui t'a tatoué ? ai – je questionné pour changer de sujet.

- Non : les encres sorcières perdent toutes leurs propriétés et me brûlent comme de l'acide quand elles me touchent. Mais j'ai quelques amis moldus dans la profession.

C'est vrai qu'il a plein d'amis moldus. Je ne les ai jamais rencontrés d'ailleurs. Il faudrait peut –être. Même si je ne suis pas sûre de vouloir. Je préfère qu'il me sépare de ses amis, aussi étrange que ça puisse paraître.

Il s'est retourné pour s'adosser au plan de travail tout en buvant son café. Il a aussi le torse entièrement tatoué et j'ai pu voir au moins un dragon saisissant de réalité. Ses amis tatoueurs sont talentueux. Je me demande toutefois si ce n'est pas lui qui a fait les dessins. Mais autre chose a rapidement attiré mon attention. Il a un téton percé. Par Merlin je ne savais même pas qu'on pouvait se faire percer là.

- Je ne savais pas que tu avais un autre piercing que celui à l'arcade, ai – je dit en le voyant hausser un sourcil.

- C'était déjà là la dernière fois que tu m'as vu à poil, a t –il mentionné.

Je crois que je n'aime pas du tout sa façon de parler aussi librement de ce genre de sujet. Je ne me considère pas comme étant particulièrement prude, mais merde quand même. Il s'est approché pour venir s'attabler en face de moi et attendant visiblement une réponse.

- Le loup ne se préoccupait pas de ce genre de détail et quand j'ai à nouveau été moi-même j'ai préféré en voir le moins possible, lui ai – je rappelé. Ça a dû faire mal…

- Un putain de mal de chien oui ! Tu remarqueras que j'ai d'ailleurs pas fait le deuxième.

- Alors pourquoi faire ça ? C'était évident que ça allait être douloureux.

- Un ami me l'a conseillé et je ne regrette pas.

Là, j'avais bien envie de demander pourquoi par Merlin, mais j'avais l'impression que j'étais plus ou moins en train de m'enfoncer dans une situation où je n'aurais pas le contrôle alors je me suis bien sagement tue.

- Tu veux savoir pourquoi ? a t –il demandé en se rapprochant brusquement.

- Je crois que j'ai entendu Cameron pleurer, ai – je répondu en me levant pour fuir la cuisine.

Mon côté Poufsouffle ressort. La fuite est le meilleur atout du sage. Et du lâche aussi. Mais je préfère la première option. Je l'ai entendu rire jusqu'à ce que je m'enferme dans ma chambre. Quel salopard.

Dimanche 26 Juin 1983 : maison

Aileen est revenue de Salem. Elle a fini sa quatrième année. J'ai l'impression que c'était hier qu'elle entrait à l'école. Le PESI lui a fait beaucoup de bien. Jusque là, elle était assez craintive, un peu renfermée et silencieuse. Vu ce qu'elle a déjà vécu à son âge, je peux comprendre.

En la retrouvant tout à l'heure, j'ai eu l'impression qu'on m'avait changé ma sœur. Elle paraissait beaucoup plus sûre d'elle, plus heureuse aussi. Elle a mûri. Je crois que l'inscrire au PESI a été la meilleure décision que j'ai prise pour elle, juste après celle de l'envoyer à Salem.

Lundi 4 Juillet 1983 : maison

Dante s'est mis en tête d'aller se baigner dans l'Océan depuis quelques jours. Ce qui est totalement et complètement hors de question. Outre le fait qu'il est le seul de nous 5 à savoir nager, l'Océan c'est dangereux et je ne mets pas le plus petit orteil dans une étendue d'eau où des requins et des prédateurs encore plus dangereux se baladent.

D'accord, je suis aussi un peu effrayée par les grandes étendues d'eau. Pas très intelligent de vivre sur une île dans ce cas là, mais vu que cette eau nous protège aussi du monde je peux m'en accommoder tant qu'on ne me demande pas de m'y baigner.

Comme j'ai Aileen de mon côté, que Mary n'a pas son mot à dire et que Cameron ne s'exprime pas encore je reporte gain de cause.

Mercredi 6 Juillet 1983 : maison

Aileen a cédé et a avoué à Dante que nous ne savions pas nager. Je parie qu'il l'a harcelée jusqu'à ce qu'elle lui dise pourquoi on refusait d'aller se baigner. Je vais lui faire passer l'envie d'arracher ce genre d'info à ma sœur.

Il a décrété que c'était intolérable qu'une personne habitant sur une île ne sache pas nager.

- Pourquoi faire ? me suis – je récriée. Avec la magie je n'ai pas besoin de savoir nager !

- Les sorciers ne savent rien faire sans leur magie. Ça ne t'agace pas de dépendre de ce bout de bois ?

- Les moldus ont besoin de tas de machines alors que les sorciers n'ont besoin que de ce "bout de bois" comme tu dis alors tu n'as pas de leçon à me faire là-dessus ! Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre dans l'histoire !

- Oh là, du calme. Ce que je voulais dire c'est que nager est un apprentissage de base. Tu vis sur une île avec des enfants. Il se pourrait que savoir nager leur sauve la vie un jour vu qu'ils n'ont pas le droit de se servir de la magie.

- Le rapport avec moi ?

- Il faut leur montrer le bon exemple.

Il m'a tué avec cet argument. Comment convaincre les enfants d'apprendre à nager si on refuse de le faire soit même ? Je l'ai regardé stupidement avant de me prendre la tête entre les mains :

- Tu m'énerves Dante ! lui ai – je crié. Je te hais !

- C'est déjà ça de gagné. De la haine à l'amour, il n'y a qu'un pas.

- Ne me parle pas d'amour, me suis – je hérissé.

- Je t'ai servi la version édulcorée de ce que je pensais, a t –il rectifié avec le plus grand sérieux. Aileen est dans la pièce à côté et je suis sûr qu'elle écoute tout ce qu'on dit. Et Mary aussi au passage. C'était plus joli dit comme ça.

Je l'ai fixé tandis que mon cerveau analysait les informations. J'ai attrapé la première chose qui me passait sous la main, une tasse, et je la lui ai lancée au visage. Il a évité, bien sûr, avant d'ajouter :

- Est-ce que tu es aussi violente dans tous les domaines ?

- Tu n'en sauras jamais rien, ai – je sèchement répondu en quittant la pièce.

- Nous verrons bien.

Il m'énerve ! Mais d'une puissance inimaginable !

Vendredi 8 Juillet 1983 : maison

Aujourd'hui aurait dû être le jour de ma première leçon de natation. Malheureusement, Dante a joué au con.

J'avais spécifié à Dante qu'il était hors de question qu'il nous fasse cours à Aileen et moi en même temps. D'abord parce que s'il y a un problème il ne peut pas sauver deux personnes à la fois (même si ma baguette ne m'aurait pas quittée) et ensuite parce qu'il était hors de question qu'Aileen me voit en maillot de bain.

Pourquoi ? Ben la tête qu'elle a fait en me voyant a tout à fait justifier le regard incendiaire que j'ai lancé à Dante. Il ne m'a pas écouté encore une fois. Il a au moins eu la bonne grâce de paraître gêné.

Tu crois que je ressemble à quoi après des années de guerre contre les Mangemorts, Journal ? Jusque là, Aileen n'avait vu que la cicatrice sur ma joue. La moins terrible de toute. Là, elle a eu le droit à la totale.

La morsure d'inférius sur mon bras gauche avec sa cicatrice noirâtre et boursouflée. La morsure de vampire et les griffes de loup-garou de chaque côté de ma gorge puisque mes cheveux étaient attachés ce que je ne fais jamais en temps normal justement pour les cacher. La piqûre de manticore qui a quand même 7 pouces de diamètre et forme une excroissance rugueuse et blanchâtre sur mes côtes. Ma jambe gauche qui est recouverte des cicatrices laissées par le sort de magie noir qui me l'a lacérée.

Oh et ça sans compter mon tatouage au bras gauche qui passe pour une marque des Ténèbres de loin et les noms sur mon dos qui me font ressembler à une pierre tombale ambulante.

Pour une gamine traumatisée par la guerre qui a eu ses souvenirs modifiés, c'était sans doute trop d'un coup. Elle m'a fait l'une des crises contre lesquelles les psychomages m'avaient mise en garde quand ils ont joué avec son esprit. Je me suis précipitée vers elle pendant qu'elle se mettait à trembler tout en gémissant. Elle a attrapé sa tête à deux mains et cette fois se sont des hurlements qui sont sortis de sa gorge. J'étais paniquée, mais je savais qu'il fallait que j'arrête ça.

Je me suis agenouillée près d'elle vu qu'elle était tombée au sol le temps que j'arrive et j'ai doucement relevé son menton pour que ses yeux bruns rencontrent les miens. Elle pleurait et elle semblait terrifiée et déboussolée.

- Aileen, ai – je appelé de la voix la plus douce que j'avais en stock. Aileen. Tout va bien. Tu es à la maison et en sécurité, Aileen. Personne ne te fera du mal.

Je prenais garde à placer son prénom régulièrement pour essayer de la focaliser sur moi. J'ai dû parler de longues minutes avant que sa panique ne commence à refluer. Et là je l'ai ensorcelée pour la faire dormir. Je l'ai rattrapée et soulevée dans mes bras avant de me tourner vers Dante :

- La prochaine fois au lieu de jouer au con, tu m'écouteras.

- Je ne savais pas, je… a t –il commencé.

- Justement. Tu es un étranger dans nos vies et tu t'octroies le droit de prendre des décisions sans penser une seule seconde que je peux avoir des raisons.

- Je…

- Va te faire foutre Dante.

Je me suis détournée et je suis remontée jusqu'au Phare le plus rapidement possible pour la coucher dans son lit. Elle avait de la fièvre. Je l'ai longuement surveillée et elle a fini par revenir à elle.

- Crystall ? a t –elle chuchoté en me voyant.

- Oui, je suis là. Je suis désolée.

C'est terrible de me dire que tout ça est arrivé parce qu'elle m'a vue. Elle est restée silencieuse mais n'a pas bronché quand j'ai doucement caressé ses cheveux et sa joue. Le silence s'est étiré dans la pièce jusqu'à ce qu'elle me demande :

- Qu'est ce qu'il t'est arrivé ?

La question a figé un moment ma main sur ses cheveux. Mais j'ai choisi de répondre la vérité. Je pense qu'elle s'en doutait de toute façon.

- La guerre, ai – je murmuré.

Il n'y avait pas besoin d'autres explications. Deux mots suffisaient. J'aurais préféré qu'elle n'ai jamais d'images aussi vivace que ça à se rappeler. Les psychomages y avaient veillé et j'ai tout bousillé. Mais elle ne semble pas réellement se souvenir de ce qu'ils ont effacé de son esprit. Ça c'est un soulagement.

Dante était assis dans le couloir à côté de la porte de la chambre d'Aileen quand j'en suis ressortie. Je lui ai à peine jeté un coup d'œil avant de descendre au rez-de-chaussée puis de sortir du Phare.

- Crystall ! Attends ! Je suis désolé !

- Ça tu peux l'être crétin ! ai – je répliqué en m'arrêtant soudainement.

- Je ne pouvais pas savoir !

- Non, tu ne pouvais pas. Mais au lieu d'agir en douce comme un gamin immature, tu aurais pu venir m'en parler et en insistant un peu j'aurais fini par te répondre comme d'habitude ! C'était sans doute trop intelligent pour que tu y penses.

- Tu…

- Tais –toi, ai –je répondu d'une voix qui ne souffrait d'aucune contradiction. Tu m'as suffisamment fait la leçon. Maintenant, c'est mon tour. Que ce soit Aileen, Mary ou moi nous avons vécu des événements que la plupart des gens ne connaîtront jamais dans leur vie. Des choses traumatisantes. Je veille au grain pour que tout se passe bien et toi tu arrives et tu détruis des années de travail. Pour cette fois je m'arrêterais là parce qu'au fond tu ne pouvais réellement pas deviner. Mais veille à ce que ça ne se reproduise plus jamais. Pigé ?

- Oui.

Il a baissé les yeux et j'ai eu l'impression de me retrouver face à un gamin qui a fait une grosse bêtise, qui le sait et qui est prêt à subir la punition. Sur le coup, je crois que je me suis surprise par ma magnanimité : il a quand même faillit bousiller l'esprit d'Aileen avec ses petites combines. J'ai poussé un soupir et je me suis détournée.

- Tu vas me dire ce qu'il s'est passé au juste quand elle t'a vue ? a t -il repris alors que je commençais à m'éloigner.

- Je vais te la faire courte : Aileen a été enlevée et torturée par les Mangemorts pendant deux semaines avant que je ne la retrouve pour la tirer de là. Il était déjà trop tard. Si elle est aussi bien maintenant, c'est parce que les psychomages ont retiré une partie de ses souvenirs. Mais ça comporte un risque non négligeable de flash-back si certaines choses qu'elle vit lui rappellent trop cette période. C'est pour ça que je préfère qu'elle reste le plus longtemps possible à Salem et qu'elle soit confinée au Phare quand elle est en Angleterre : il n'y a rien ici qui risque de lui rappeler ces événements déplaisant. Sauf moi, visiblement.

- Je ne savais pas non plus que tu étais marquée à ce point là.

- C'était déjà là la dernière fois que tu m'as vue à poil, lui ai – je répondu en reprenant une phrase qu'il m'avait déjà dite.

- Certes, mais j'étais un peu occupé à ce moment là, a t –il avoué avec son premier sourire de la journée. Si on excepte Maugrey aucun auror n'est autant marqué : comment peux – tu l'être toi ?

- Parce que je ne me cachais pas pendant que les autres se battaient. J'étais en première ligne Dante et j'étais une gamine inexpérimentée tout juste sortie de Poudlard avec des idéaux plein la tête.

- Qu'est ce qu'il t'est arrivé ? a t –il demandé en reprenant exactement les mêmes mots qu'Aileen sans le savoir.

- La guerre, ai – je répondu sur le ton de l'évidence.

- Et plus précisément ?

- Tu veux les détails de toutes mes cicatrices ? me suis – je étonnée.

- Je suis parfois trop curieux pour mon propre bien, a t –il acquiescé.

J'ai haussé un sourcil. Il était curieux ? J'allais lui faire passer l'envie de l'être. Je lui ai tout dit et je l'ai vu pâlir.

- La guerre c'est moche Dante, lui ai – je appris tandis qu'il restait silencieux. C'est prendre le risque de souffrir tous les jours et de ressembler à Maugrey où à moi et se faire traiter de monstre. Ce n'est pas héroïque, glorieux ou beau comme le décrivent les gens restés derrière leurs bureaux.

- Tu es un héros, a t –il dit. Tu ne te rends pas compte de toutes les vies que tu as pu sauver ?

- Je ne suis qu'une meurtrière Dante. Rien de plus, rien de moins. Et je vais devoir vivre avec ça jusqu'à ma mort.

Je ne me voile pas la face. Je suis juste quelqu'un qui s'est cru suffisamment important pour décider de qui devait vivre ou mourir. Et on appelle ces gens là des meurtriers. Et même si je ne regrette pas une seule des morts que j'ai donné ça n'empêche pas que ça m'ait touchée et entaché mon âme. Je ne regrette pas. Mais je porterais le poids de la mort de ces Mangemorts sur ma conscience toute ma vie aussi contradictoire que ça puisse paraître.

Samedi 9 Juillet 1983 : maison

Dante à pour le moment renoncé à m'apprendre à nager et c'est mieux comme ça. Par contre il a emmené Aileen avec lui pour ça aujourd'hui. Ils ne m'ont pas vue, mais je les surveillais depuis le haut de la modeste falaise surplombant la plage. Juste au cas où.

Je n'apprendrais peut –être jamais à nager, mais il y a une chose que je peux faire pour toute cette eau. Je maîtrise plutôt bien mon élément de base maintenant, la terre. Je pourrais me lancer dans l'apprentissage de la magie élémentaire aqueuse ce qui pourrait se montrer fichtrement utile sur cette île. A voir si j'ai le temps.

Dimanche 31 Juillet 1983 : maison

On a fêté le troisième anniversaire de Mary chez les Levis aujourd'hui. Je l'ai aussi emmenée voir Bathilda qui nous a accueillie avec un sourire comme d'habitude. Elle est toujours aussi sympathique et elle est apparemment en train d'écrire un nouveau livre dont elle n'a pas voulu me dire le sujet. A son âge, ça m'impressionne.

Jeudi 1er Septembre 1983 : maison

J'ai emmené les enfants de l'orphelinat jusqu'au train aujourd'hui. Depuis la fin de la guerre c'était Tobias, Kathie ou Marlène qui s'en chargeaient. Mais cette année Théodore rentre à Poudlard alors j'ai demandé à le faire. La preuve n'est plus à faire qu'il est plus attaché à moi qu'aux autres. Il était extrêmement content de mon initiative. Les jumeaux et Amandine aussi ont fait leur rentrée en première année aujourd'hui. Ils sont 7 à être à Poudlard maintenant.

J'étais un peu inquiète pour Amandine. Elle va à Poudlard, mais elle est toujours aveugle. D'ailleurs, quand je suis allée la chercher ce matin ses yeux brûlés jusque là complètement blanc avaient retrouvés un aspect normal. Kathie a utilisé le sort de métamorphose que j'avais trouvé. Étant donné combien je suis mauvaise dans cet art, j'ai préféré qu'elle s'en occupe.

Amandine ne voit pas, mais elle à présent retrouvé des yeux avec une pupille et un iris qu'elle a choisi vert. Kathie m'a dit qu'elle l'a choisi pour me remercier d'avoir trouvé ce sort. Elle voulait, je cite "les même yeux que moi". Je trouve ça assez touchant même si c'est dérangeant de voir mes propres yeux me fixer.

Bref, toujours est – il que je ne savais pas trop quoi faire d'elle quand nous sommes arrivées près du Poudlard Express. Elle était accrochée à mon bras et le serrait si fort que j'en grimaçais par moment. Elle n'a plus côtoyé beaucoup de monde depuis qu'elle est devenue aveugle. Et le bruit de la gare ne doit pas arranger les choses...

Une élève qui devait entrer en 6ème ou 7ème année est venue à ma rencontre. Elle portait déjà son uniforme de Poudlard mais à la place du blason sur sa poitrine il y avait juste un écusson blanc des plus voyant au milieu du tissus noir. C'est la marque de leur section "spécialisée" et je me demande comment j'ai pu ne pas le remarquer avant. Je n'étais quand même pas si centrée sur moi-même si ? J'aurais dû le voir au moins une fois en 7 ans…

- Je m'appelle Clarisse, m'a t –elle dit.

- Bonjour, ai – je dit en baissant la tête pour attraper Amandine et la mettre devant moi.

- S'il vous plaît, il faut me regarder quand vous me parlez : je suis sourde et je ne peux pas lire sur vos lèvres autrement.

J'ai haussé les sourcils d'étonnement et elle a continué à sourire sans ciller, sans doute habituée à la réaction. Je n'aurais jamais deviné.

- Comment ça va se passer pour elle ? ai – je demandé en serrant Amandine contre moi.

- Nous sommes un petit groupe de 20 personnes, m'a appris cette Clarisse. Nous avons tous divers handicap et nous nous débrouillons très bien pour y palier entre nous, ne vous inquiétez pas. Nous avons deux autres aveugles et nous savons très bien répondre à leurs besoins.

- Je n'avais jamais entendu parler de votre classe spéciale avant, ai – je avoué.

- Le professeur Dumbledore l'a instaurée depuis qu'il est arrivé au poste de directeur, mais il a fallu longtemps pour qu'il arrive à convaincre des familles d'envoyer leurs enfants handicapés à Poudlard malgré tout. J'ai été la première à y entrer à vrai dire. A terme il est prévu de réintégrer les élèves avec un handicap au sein des Maisons, quand nous aurons trouvé un moyen de répondre à nos besoins sans gêner les autres et sans qu'ils ne soient un danger pour nous.

J'ai haussé les sourcils encore plus haut. Ça ne m'étonne pas que l'initiative soit récente. Je suis quand même stupéfaite que Dumby ait pu faire quelque chose d'aussi bien. Je sais qu'il n'est pas tout noir, mais j'ai du mal à l'associer à cette initiative. Pour une fois, je suis contente qu'il ait fait quelque chose. Je me demande si le fait de scolariser Remus à Poudlard ne faisait pas partit de son "programme" pour réintégrer les enfants différents. Comme un tour d'essai.

Clarisse a attrapé Amandine et a passé son bras sous le sien pour la guider tout en lui lançant des paroles rassurantes. Elle a l'air de savoir ce qu'elle fait. Ça me rassure un peu quand même. Je lui aurais bien accordé plus d'attention mais Théodore a exigé que je me consacre un peu à lui. Il a promis de m'écrire souvent et j'ai dû jurer de lui répondre.

Vendredi 2 Septembre 1983 : maison

La une de la Gazette disait ce matin que le Ministère avait remercié Maugrey pour ses bons et loyaux services. L'article évoquait le fait qu'il était complètement paranoïaque et avait été jugé incapable de continuer à assurer ses fonctions d'aurors. Paranoïaque je veux bien, mais il est parfaitement sain d'esprit par ailleurs. Du coup je suis partie à sa recherche. Vu le nombre de fois où j'ai utilisé des sorts de localisation l'an dernier ça n'a pas été bien difficile de le repérer.

Il était installé à une table du Chaudron Baveur à boire dans la flasque qu'il transporte toujours avec lui et sur laquelle il a dû appliquer un sort de remplissage éternel. Sort interdit par le Ministère (ce serait la fin du commerce s'il était autorisé). Et vu qu'il vacillait un tant sois peu sur sa chaise quand je l'ai retrouvé, ce n'était pas du jus de citrouille qu'il buvait avec tant d'empressement. Je voyais le patron du bar et les sorciers les plus proches lui jeter de fréquents regards. Tu m'étonnes. On ne croise pas tous les jours le terrible patron du bureau des Aurors en train de se saouler. Même si à mon avis le barman le regardait surtout parce qu'il craignait ce qui allait se passer une fois qu'Alastor serait beurré comme une biscotte.

- A quoi ça sert de venir te saouler dans un bar si tu ne commandes rien ? lui ai – je demandé en guise de bonjour.

Il m'a regardé quelques secondes avant de sembler se rappeler qui je suis. Finalement il a grogné :

- Gamine…

- Salut vieux croulant. Alors il paraît que t'as eu le droit à une retraite anticipée ?

- Tous des cons, a t –il répondu en démarrant au quart de tour.

- Ce n'est pas moi qui te contredirait… Que s'est – il réellement passé ? Tu dois avoir 50 ans à tout casser alors tu avais encore de longues années à te traîner des incapables comme subordonnés avant de goûter aux joies de la retraire.

- J'ai 55 ans gamine. Et y s'passe que ces abrutis refusent de poursuivre les recherches des Mangemorts. C'est du passé qu'y disent ! Moi j'peux pas vivre en sachant que ces enfoirés sauvent leurs culs d'Azkaban. Alors y z'ont décidé de s'débarrasser de moi. Y vont nommer un bureaucrate à ma place et d'ici dix ans les aurors s'ront juste bons à ramasser les élèves de Poudlard qu'utilisent leurs baguettes en dehors de l'école.

Il descendait le contenu de sa flasque à une vitesse impressionnante. Ce qui me faisait craindre pour la sécurité de toutes les personnes dans ce bar. Il est déjà parano en temps normal, mais bourré c'est pire encore. Il a l'alcool plutôt mauvais. Quand il a commencé à chercher la bagarre avec n'importe qui le barman m'a demandé si je pouvais le faire sortir du Chaudron Baveur. Tout en veillant à ne pas trop s'approcher lui même. C'est vrai que devoir mettre à la porte Alastor Maugrey a de quoi filer la chaire de poule à tout le monde. Et ça peut se montrer assez compliqué.

Le raccompagner jusque chez lui a été encore plus compliqué, surtout le transplanage. Qu'il n'a pas supporté. Il est allé vomir dans une des poubelles qui m'avait un jour attaquée. J'espère que ça ne lui était pas arrivé avant qu'elles ne renversent tout leurs contenus sur moi. Cette fois, elles n'ont heureusement pas bronché et j'ai à moitié porté Maugrey à l'intérieur. Hors de question que je me risque à lui jeter un sort pour le transporter alors qu'il est prêt à se battre avec un lampadaire qui l'a, sois disant, « regardé de travers ». Je tiens un minimum à ma vie.

L'auror terreur des Mangemorts s'est réduit à un bien triste état. Mais j'imagine que ce boulot était la seule chose qu'il avait et le perdre l'a anéanti. Je trouve ça triste qu'il n'y ai eu personne d'autre que moi pour le ramasser.

Il s'est mis à ronfler dès que j'ai réussi à le ramener jusqu'au canapé. Je n'avais pas envie d'essayer de le monter jusqu'à l'étage. On se serait sans doute cassé la gueule dans les escaliers. J'ai viré ses vêtements imprégnés de vomis et d'alcool avant de le recouvrir d'une couverture. Puis je me suis intéressée à sa maison. Tout le monde ne peut pas se targuer d'avoir pu s'y promener en toute impunité et j'étais trop curieuse pour me soucier du faire qu'il n'allait pas apprécier cette incursion dans son intimité. Il n'avait qu'à pas se saouler au point d'être incapable de rentrer seul.

Il a soigneusement calfeutré toutes les fenêtres et dans le silence entrecoupé de ses ronflements je pouvais entendre les murs bourdonner à cause de tous les sorts qu'il a posé dessus. Sa maison est un putain de bunker. Je suis assez admirative. Si seulement je pouvais reproduire ça sur le Phare. Ou sur toute l'île.

Il a de la paperasse et des bouquins empilés dans tous les coins, des assiettes sales oubliées un peu partout et je ne parle même pas de l'état dans lequel se trouve sa salle de bain. J'ai même pas osé entrer pour tout dire. Mais il n'y avait pas de cadres aux murs, pas de photo de sa famille ou de ses amis. Par contre il a un placard remplit d'armes qu'elles soient moldues ou gobelines. A faire pâlir de jalousie n'importe quel guerrier. Et aussi une collection de potion comprenant des potions de soins, d'endormissement mais aussi de quoi faire exploser tout le pâté de maison. Ce type est taré de les garder toutes les unes à côté des autres comme ça.

Et il y avait aussi des choses qui ressemblaient suspicieusement à du polynectar, du véritasérum et du Felix Felicis. Deux dont la préparation est contrôlée par le Ministère (imagine le bordel si tout le monde pouvait prendre l'apparence de n'importe qui ou pire, faire dire la vérité à n'importe qui) et la dernière qui est carrément interdite à la fabrication à moins d'avoir une dérogation et de la préparer en milieu contrôlé (c'est à dire dans l'un des labo que possède le Ministère).

J'ai fini par m'en aller et cette fois ses poubelles ont tenté de me refaire le même coup que la dernière fois. Mais j'étais prévenue et j'ai réussi à fuir avant qu'elles ne m'atteignent. Je m'en suis mieux sortie que la dernière fois que j'étais chez lui.

Mardi 6 Septembre 1983 : Maison

Aujourd'hui, c'était le premier anniversaire de Cameron. Déjà un an qu'il est là et je n'ai pas vu le temps passer. C'est fou ce qu'il a changé en quelques mois...

Lundi 10 Octobre 1983 : maison

J'ai été contactée par Maugrey tout à l'heure. Du coup j'ai abandonné la maison, les enfants et mes potions pendant une heure histoire d'aller le retrouver. Il n'était pas bourré cette fois heureusement.

- Comment c'est la retraite ? ai – je demandé en le rejoignant dans un bar moldu.

Il portait un chapeau de travers pour cacher son œil magique et dissimuler une partie de son visage. Ça n'empêchait pas les moldus de nous regarder de travers.

- Te fous pas de ma gueule, a t –il grogné en réponse. Gamine, j'ai eu une idée.

- Et ?

- Et on pourrait chercher les Mangemorts tous les deux comme tu l'as fait avec Negresco. Pas besoin du Ministère.

Je le pensais fidèle au Ministère, mais en fait ce n'est pas du tout ça. Il veut éradiquer cette engeance peu importe la manière, qu'il soit considéré comme auror ou pas. Le premier étonnement passé j'ai noté que c'était vers moi qu'il s'était tourné pour ça. Sans doute parce qu'il n'avait personne d'autre à qui en parler.

Je me suis adossée au siège en le fixant tout en réfléchissant. Je comprenais pourquoi il venait vers moi et pourquoi il en était arrivé à proposer ça. J'aurais pu le suivre sans hésitation s'il était venu et que je n'avais ni Mary, ni Cameron, ni Aileen, ni Dante. Mais là je ne pouvais pas.

- Je suis désolée Alastor, mais je ne peux pas te suivre sur ce coup là.

- T'es de leur avis Gamine ? Tu crois que c'est du passé les Mangemorts et Tu-Sais-Qui ?

- Certainement pas. Je sais que ces connards sont toujours là à attendre et je suis persuadée que Voldy va trouver un moyen de revenir. Mais j'ai des enfants à charge maintenant. Que se passera t –il s'il m'arrive malheur ?

Il m'a jeté un regard mauvais et je me suis levée. Mais alors que j'allais partir, je me suis quand même tournée vers lui. Quelque chose m'a empêchée de partir comme ça. Si je le faisais, il n'aurait vraiment plus personne. Il ne reviendrait plus vers moi.

- Toutefois, si tu trouves une piste sérieuse avec des preuves réelles, je viendrais.

En un sens se débarrasser des Mangemorts cachés c'est protéger Mary pour la suite. Il m'a adressé un sourire tordu un peu effrayant.

- J'savais que je pouvais compter sur toi.

- Avec des preuves irréfutables Alastor, ai – je répété. Et tiens, puisque tu vas faire des recherches, je veux que tu en fasses une autre en parallèle : celle de Peter Pettigrow.

- Gamine…

- Non, ai – je dit. Je connais ton avis sur la question, mais je sais que j'ai raison. Il est vivant Alastor. Alors si tu veux que je vienne t'aider en cas de besoin, tu vas me faire le plaisir de le chercher en parallèle. J'ai déjà essayé et ça n'a rien donné. Je suis sûre que tu as d'autres moyens auxquels je n'ai même pas pensé.

Il m'a regardée une seconde avant de tendre sa main :

- Deal, a t –il dit.

- Deal, ai – je répété en serrant sa main et évitant qu'il ne broie la mienne.

La guerre ne disparaît jamais vraiment. Elle est seulement en suspend pour l'instant. La paix relative de ces deux dernières années n'est pas une raison pour que je me relâche.

Mercredi 12 Octobre 1983 : maison

Dante et moi avons sorti les enfants dans le monde moldu aujourd'hui. Je n'étais pas très tranquille mais il ne paraissait pas inquiet. Et au final tout c'est bien passé. Les moldus n'ont aucune idée de qui est Mary Potter et je n'ai donc pas eu à craindre à tout bout de champ que quelqu'un la reconnaisse. Nous sommes allés au zoo et c'était une première fois autant pour les enfants que pour moi. Les moldus ont vraiment de drôles d'idées. Je veux bien que ce soit sympa de montrer des animaux exotiques aux gens, mais je trouve ça triste pour eux.

On ne pourrait jamais faire un équivalent magique d'un zoo. Les Créatures Magiques ne sont pas du genre à rester bien sagement en cage. Essayez donc avec un dragon et vous verrez. Je crois que c'est mieux comme ça d'ailleurs.

Mary a eu l'air fascinée par les serpents et ça m'a mise mal à l'aise de la voir babiller en face des vitres en verre de ces reptiles. J'ai dû l'arracher de là et elle a boudé au moins jusqu'à ce qu'on arrive devant les lions.

Samedi 19 Octobre 1983 : maison

J'ai reçu une lettre d'Elena aujourd'hui. Elle me demandait si c'était possible que je garde Luna la semaine prochaine. Il y a du progrès par rapport à la dernière fois où elle m'a simplement fourré sa gamine dans les bras. Et j'encourage ce genre de progrès alors je vais accepter.

Le Phare va être un véritable enfer pendant une semaine. J'aurais à garder trois gamins de 3, 2 et 1 an. Je me demande qui va hurler le plus fort.

Lundi 31 Octobre 1983 : maison

Je suis allée rendre visite à James et Lily aujourd'hui. C'est Mary qui a porté et déposé sur leur tombe les fleurs qu'elle avait choisi.

- Tu dis bonjour à Maman et Papa, Mary ? ai – je demandé.

- Pourquoi ils sont sous un caillou ? a t –elle demandé en retour.

Je n'ai pas su comment expliquer les choses clairement sans qu'elles semblent aussi horribles qu'elles le sont. Comment expliquer à une enfant que ses parents sont morts et qu'elle ne les reverra jamais ? Comment parler de la mort à une gamine de 3 ans ? Est-ce qu'elle est capable de comprendre ? J'ai fini par opter pour la franchise. Je me suis accroupie et je l'ai prise contre moi pour lui dire :

- Tu te rappelles de cet oiseau que tu as trouvé l'autre jour ? ai – je demandé.

- Oui. Il ne bougeait plus.

- Je t'ai alors expliqué qu'il était mort et qu'il ne pourrait plus jamais voler, ai – je doucement connu.

- On l'a mis dans la terre, s'est – elle rappelée.

- Oui, on l'a enterré. La mort peut toucher tous les êtres vivants. Ton Papa et ta Maman sont morts Mary. Ils sont sous un caillou pour les protéger.

Elle est restée silencieuse pendant un long moment, les sourcils froncés et semblant réfléchir intensément. Je l'ai laissée faire pendant que mon esprit vagabondait en se demandant comment James et Lily auraient abordés le sujet avec elle. Ça ne serait pas arrivé aussi tôt s'ils étaient encore là. C'est cruel.

- Quand reviendront – ils ? a t –elle finalement demandé.

- Ils ne reviendront pas Mary. Les personnes mortes ne peuvent pas revenir. Mais ils sont toujours dans ton cœur. Ils veillent sur toi-même si tu ne les vois pas.

- Je ne comprends pas, a t –elle avoué.

- Ce n'est pas grave, tu comprendras quand tu seras plus grande.

- Et moi je vais mourir ? Je vais aller sous un caillou aussi ?

Je l'ai attrapée pour qu'elle me regarde droit dans les yeux. Elle paraissait sincèrement inquiète. Alors j'ai fait la promesse la plus fausse de toute ma vie :

- Tu ne vas pas mourir Mary. C'est promis.

Elle m'a encore regardé une seconde avant de m'adresser un énorme sourire. Je sais bien que tout le monde meurt et elle l'apprendra bien vite aussi. Mais pour l'heure elle n'a pas besoin de s'inquiéter de ça. Vraiment pas. Je le suis déjà bien assez. Je l'ai serrée dans mes bras et je me suis excusée auprès de Lily et James d'être celle qui étreint leur fille. Ils sont morts depuis deux ans, mais je ne cesserais jamais de culpabiliser pour ça.

Mardi 1er Novembre 1983 : maison

J'ai été contactée par Tobias aujourd'hui. Je me suis d'abord inquiétée que Kathie ait un problème. Mais non, il faisait son boulot d'avocat : il me rappelait que ça fait deux ans que Sirius est en prison et que c'était le moment d'essayer de le faire libérer.

Je suis restée tétanisée avec cette lettre en main. Parce que je n'ai pas avancé depuis le 1er Novembre 1981. Je sais qu'il est innocent et que Peter court toujours mais je n'ai pas réussi à lui mettre la main dessus.

- Crys ? m'a appelé Dante.

- Ah, tu es revenu du travail.

- Les petits te demandent, a t –il continué. Qu'est ce que c'est cette lettre ?

Il a attrapé un coin du papier et j'ai résisté une seconde avant de la lui laisser. Il l'a lue rapidement avant de la reposer :

- Je suis désolé, a t –il dit. Je sais que tu y croyais.

- Je crois toujours que je vais réussir à le faire libérer, me suis – je hérissée. Peter fera une erreur à un moment. Et quand il la fera, je serais là. Je rendrais justice.

- Ce n'est pas à toi de le faire.

- Qui le fera autrement ?

Il n'a pas pu répondre à cette question. Moi je sais : personne. Personne ne croît en l'innocence de Sirius pas même son avocat. Je suis la seule capable de rendre justice sur le coup. J'ai soupiré et je me suis levée de derrière mon bureau pour descendre avec les enfants. Dante m'a attrapée le bras quand je suis passée près de lui :

- Tu dois arrêter de regarder sans cesse en arrière, a t –il dit. Tu te fais du mal pour rien.

- Je vois le passé à chaque fois que je me regarde dans un miroir, ai – je répondu sèchement.

A chaque fois que je vois mon visage, je pense à Greg, à sa mort et à tout ce que ça a entraîné. Il a levé sa main libre pour caresser ma cicatrice.

- C'est terminé, a t –il répondu. Tu –Sais – Qui n'est plus, vaincu par la fillette qui joue dans le salon.

- Tu te trompes, ai – je soufflé. Il a seulement disparu. Il va revenir et ce sera pire.

Il a haussé haut les sourcils. Je ne sais pas s'il m'a cru. Sans doute pas. Mais il ne voulait pas me fâcher et donc il a répondu :

- Alors autant essayer de profiter de ces années de répits, tu ne crois pas ? Au lieu de t'inquiéter du futur et de vivre dans le passé, apprend à être dans le présent. Et pour le moment, il n'y a pas de Tu-Sais-Qui, il n'y a pas de guerre, pas de morts, pas de cicatrices.

Ça semble tellement évident. Mais j'avais tellement besoin qu'on me le dise. Comme si j'avais été incapable de réaliser toute seule. J'ai posé mon front sur son épaule en fermant les yeux.

- C'est difficile, ai – je répondu. Mais je vais essayer. Promis.

- Je sais.

Il m'a serrée contre lui et ça m'a fait du bien. J'ai beau être mère, avoir fait la guerre et tout le bazar, j'ai quand même besoin d'être rassurée. Est-ce qu'on devient adulte quand on arrive à se rassurer seul ou est ce qu'au fond on a toujours besoin de quelqu'un ? Dante a sa mère pour ça, même si j'imagine que je pourrais aussi tenir ce rôle. Mais moi je n'ai que Dante. J'ai besoin qu'il soit là.

Dimanche 18 Décembre 1983 : maisons

Aileen vient de rentrer à la maison pour les vacances et elle a réussi à me convaincre que Gabrielle vienne aussi passer Noël et la nouvelle année au Phare puisque sa famille ne sera pas là. Je préfère que se soit elle qui vienne plutôt qu'Aileen qui aille chez elle. J'ai gardé un très mauvais souvenir de la dernière fois que je l'ai laissée aller chez une de ses amie.

Elle m'a parlé avec enthousiasme de Cloud, son hippogriffe, et du fait qu'elle allait sans doute commencer à jouer des matchs d'Hippo-ball au lieu de seulement les regarder depuis le banc de touche. J'aurais préféré qu'elle ne participe pas à ces matchs. Voilà une raison de plus de m'inquiéter pour elle.

Son correspondant de cette année est Australien. Elle a l'air ravie de partir là bas en début d'année prochaine, d'autant plus que la correspondante de Gabrielle est dans la même école. Ce qui m'inquiète d'avantage que de les voir toutes les deux dans une école inconnue perdue je ne sais où en Australie c'est que le correspondant d'Aileen soit un garçon. Elle a 15 ans et il serait hors de question qu'elle y aille si je ne savais pas qu'ils dormiront dans des dortoirs séparés. Si elle avait dû aller vivre chez lui elle serait restée à Salem sans possibilité de négocier.

Dimanche 25 Décembre 1983 : maison

Nous sommes tous allés passer la journée et fêter Noël chez les Levis. Jonathan a 5 ans maintenant et il me fait sourire à entraîner Mary avec lui pour lui montrer des choses dont je ne comprends pas l'intérêt mais qui ont l'air si importantes pour lui. Plus il grandit et plus il ressemble physiquement à Greg. S'en est troublant et douloureux.

- Tu t'entends bien avec Dante, n'est-ce pas ? m'a demandé Elisabeth quand nous nous sommes retrouvées seules.

- J'imagine qu'on peut dire ça. Mais… Mais ce n'est pas comme avec Sirius.

- Non et ça se voit.

- Pardon ? me suis – je étonnée.

- Avec Sirius j'avais l'impression que vous étiez tout le temps en confrontation. C'est ce qui se passe souvent quand deux fortes personnalités se côtoient. J'avais l'impression qu'aucun de vous ne voulait céder.

- Et maintenant ? me suis – je intéressée parce qu'elle n'avait pas totalement tord.

- Tu es plus calme, plus ouverte. J'ai l'impression que plutôt que de vous affronter vous… fusionnez faute de meilleur mot. Votre relation m'a l'air beaucoup plus harmonieuse.

- Plus égale, je dirais, ai – je rectifié.

Avec Sirius on passait notre temps à se disputer à se réconcilier puis à nouveau à nous bagarrer. C'est triste et on s'aime, mais ça n'en est pas moins vrai. Dante est beaucoup moins adepte du conflit et ça me permet de me calmer aussi par la même occasion. Pour faire simple ma relation avec Sirius c'était les montagnes russes alors qu'avec Dante c'est une ligne droite avec quelques soubresauts parce que tout ne peut pas être parfait.

Je ne comprends pas comment je peux être plus stable avec Dante qu'avec Sirius puisque j'aime le second et pas le premier. Enfin… J'aime bien Dante, mais je n'en suis pas amoureuse.

Samedi 31 Décembre 1983 : Maison

Hier soir j'étais bien tranquillement en train de récurer mes chaudrons (faire des expériences laisse des traces qui ne s'effacent pas avec la magie mais avec une brosse et du détergent) quand Dante m'a rejoint en bas.

- Oui ?

- Rien.

J'ai haussé un sourcil et j'ai continué à frotter sous son regard scrutateur. J'ai d'abord essayé de l'occulter mais c'est rapidement devenu difficile. Qu'il vienne m'observer récurer des chaudrons pour le plaisir, j'y croyais moyennement. J'ai fini par craquer :

- Et réellement, qu'est ce que tu veux ? ai – je demandé en balançant ma brosse dans le chaudron pour poser mes mains sur mes hanches.

- Toi.

J'ai cligné des yeux interloquée avant de froncer les sourcils. Je ne voyais que trop bien ce qu'il sous-entendait.

- Je ne suis pas… Va plutôt te trouver quelqu'un d'autre pour ça.

- Vraiment ? Comment réagirais – tu si je faisais ça et que je revenais ici comme une fleur après ?

J'ai pris le temps de réfléchir à la question. Et j'ai dû admettre que je le tuerais sans doute avant de le jeter hors de chez moi. Il s'est approché.

- Tu es terriblement exclusive dans tes relations avec les gens. Tu leur demandes de n'être qu'à toi, ce que je trouverais normal si tu acceptais de donner un peu de toi aux autres. Mais tu en es incapable.

- Je ne suis pas comme ça.

- Tu ne veux pas de moi, mais tu refuserais que je vois quelqu'un d'autre.

- Je ne suis pas uniquement un corps dont tu peux disposer pour satisfaire tes pulsions, ai – je précisé. Je ne serais jamais ça.

- Ça, je crois que je l'ai bien compris, a t –il souri. En revanche ce que toi tu n'as pas compris c'est que la raison pour laquelle je ne suis pas "allé voir quelqu'un d'autre" c'est parce que c'est toi que je veux.

Ça par contre, je ne le comprends pas plus que quand c'était Sirius qui me le disait. Je n'ai pas fait de mal à Dante comme ça a été le cas avec Sirius, du moins je ne le pense pas, mais je ne vois pas pourquoi qui que ce soit voudrait s'attacher à moi après m'avoir côtoyée de près. Je ne me supporterais pas au quotidien si je devais vivre avec moi-même.

- Tu es difficile à vivre, a t –il continué puisque je restais silencieuse. Et tu es extrêmement exigeante avec les gens qui t'entourent. Sans compter ton mauvais caractère.

- Merci, ai – je grincé. J'apprécie toujours les compliments.

- Mais quand on t'observe plus attentivement, on arrive à comprendre ce que tu es vraiment. Tu devrais voir la façon dont tu couves ta sœur, Mary et Cameron du regard. Les yeux sont les miroirs de l'âme et les tiens montrent combien tu les aimes et combien tu t'inquiètes pour eux. Et aussi jusqu'où tu serais prête à aller pour t'assurer qu'ils iront bien.

Ce n'est pas la première fois qu'on me fait cette remarque. Sirius m'a dit ça aussi au début. Qu'il m'avait remarquée en voyant la façon dont je regardais Greg. Moi, tout ce que je vois quand je me regarde dans un miroir ce sont des yeux de meurtrière. Je pense que Maugrey est beaucoup plus dans le vrai que Sirius et Dante réunis. Ou peut -être que, paradoxalement, lui accepte mieux ce que je suis vraiment que les deux autres.

- J'ai appris à te connaître au-delà de cette armure que tu t'es forgée et ce que j'ai vu m'a plu, a dit Dante. Il n'y a rien d'étonnant à ce que je ne veuille que toi.

A partir de là, je ne saurais même plus dire comment on en est arrivé là. Mais il était dans mon lit ce matin. Je ne suis plus à une trahison près envers Sirius… J'ai l'impression d'être déchirée en deux entre l'amour que j'éprouve pour lui et ce qu'il se passe avec Dante. Les deux n'ont rien à voir et je ne les vois pas de la même façon mais l'un empiète sur l'autre.

Quand je suis rentrée de mon footing Dante m'attendait devant le Phare. Je ne savais pas vraiment comment me comporter alors je lui ai simplement adressé une grimace que j'espérais suffisamment parlante.

- Tu réfléchis trop Crys, c'est ton plus gros problème, m'a t –il dit en me barrant le passage.

- J'ai un cerveau alors je m'en sers, c'est tout.

- Tu devrais apprendre à lâcher prise. Il n'y a pas de honte à être simplement humain.

- Et trahir la personne qu'on aime ? ai – je jeté.

- Et continuer à vivre malgré tout, a t –il corrigé avant de continuer : tu as déjà dit que tu allais essayer Crystall.

- Tu vas devoir te battre, Dante.

Se battre contre quoi je ne sais pas, mais se battre. Parce que seule je n'arriverais pas à tenir cette promesse. Il a hoché la tête :

- Je n'en attendais pas moins venant de toi, a t –il répondu gravement.

Je ne suis pas au bout de ma peine avec lui et avec cette vie sans la guerre. J'ai l'impression que tout était plus simple quand Voldemort était là. Je savais exactement contre quoi je me battais et je n'avais pas le temps de me plonger dans mes états d'âme. C'est fatiguant de se battre contre soi-même.


Alors ? Quel est le verdict ? Je sais que certains ne sont pas adeptes de cette relation alors j'aimerais bien avoir leur avis... Crystall ne pouvait quand même pas cesser de vivre parce que Sirius est en prison pour une durée indéterminée. Tout n'est pas aussi simple que ça. C'est triste et cruel, mais réaliste de mon point de vue.

A suivre...