La Lettre

Le Soleil tapait fort sur la terrasse de Florian Fortârome, mais je prenais le temps de savourer ma glace, protégée par un malin petit sortilège contre la température ambiante. La dernière fois que j'étais venue ici j'avais été accompagnée par Harry et Ron… Je souri tristement en regardant ma glace.

J'avais prit sur moi, depuis mon arrivée, de ne pas déprimer, enfin d'essayer, et de trouver un moyen de tirer profit de la situation en attendant que Dumbledore ne trouve la solution à mon problème, comme il l'appelait… Certes une solution s'offrait à moi, mais je ne pouvais m'y résoudre, la laissant dans un recoin de mon esprit… J'avais connu Tom autrefois… Séduisant et manipulateur, et l'idée de retourner son propre jeu contre lui était tentante… Mais je ne pouvais que perdre, il était bien entraîné…

Le tuer peut-être ? Il me verrait surement venir… Mais ça valait le coup d'essayer non ?

-Vous désirez autre chose Mademoiselle ? demanda la voix enjouée de Florian derrière moi.

-Non merci, ça ira pour aujourd'hui, répondis-je en souriant. Combien est-ce que je vous dois ?

-Huit petites Mornilles… Mais pour vos beaux yeux, ce sera cinq… Il me fit un sourire charmeur, me faisant rougir jusqu'aux oreilles.

C'était devenu une habitude depuis mon arrivée ici, mais le blondinet ne s'arrêtait pas, puisqu'il savait que c'était l'une des rares choses qui me redonnait le sourire, du moins au début… Et puis il était joli garçon à cette époque…

Je pouffai brièvement et lui tendit une dizaine de pièces argentée. Il me regarda avant d'ajouter

-Euh… Il y en a trop là tu sais Ginny ?

-Le reste, c'est pour tes beaux yeux Flo, glissai-je sournoisement, le faisant rougir à son tour.

Le laissant planté au milieu de sa terrasse, je me retournais et regagnais le Chaudron baveur… Cela faisait du bien de sortir de temps à autre… et de rire aussi…

Je fixais le plafond de ma chambre au Chaudron Baveur, pour laquelle j'avais dû âprement batailler… Le Professeur Dippet avait en effet fermement défendu l'idée de me confier à une famille d'accueil, ou de me placer dans un orphelinat moldu, comme l'un de leurs élèves… Et ce jusqu'à ma majorité.

Mais l'idée de me retrouver entourée de monde, dans une famille, ou tout simplement avec un tas de gamins ne me plaisait guère… Cela m'aurait constamment rappelé la situation dans laquelle je m'étais involontairement et malheureusement fourrée… Indéfiniment séparée de tous ceux que j'aimais… Même aujourd'hui, qui aurait pourtant dû être l'un des plus beau de ma vie puisque j'avais enfin 17 ans, et que j'aurais aimé passer entourée de tous mes frères, de mon père, ma mère… Et même ma Grand-tante Muriel…

Un sourire triste traversa mon visage tandis que mon cœur se serrait à nouveau. Le réveil était toujours le moment le plus difficile de la journée, malgré la promesse que je m'étais faite…

Je restai ainsi étendu pendant un long moment, quand un petit bruit attira mon attention vers l'unique petite fenêtre de sa chambre. Un hibou grand duc patientait derrière celle-ci. Je me redressai, très intriguée… Si je ne savais pas que les hiboux étaient parfaitement fiables, j'aurai tout de suite pensé à une erreur… Après tout, qui pouvait bien m'écrire ici ? A part ceux qui m'avaient vu le jour de mon arrivée ici, personne ne savait qui j'étais et ne me connaissait réellement…

Traversant la pièce d'un pas vif, j'ouvris la fenêtre et pris la lettre que me tendait l'oiseau. Je la fixais un instant, contemplant la fine écriture sur l'enveloppe :

A Miss Ginny Weasley,

Chambre 11 du Chaudron Baveur

Chemin de Traverse, Londres.

Je fus soudain prise d'une impatiente envie de savoir ce que contenait la lettre, peut-être n'était-ce pas un hasard si elle arrivait aujourd'hui… Je dépliai alors le parchemin et lu la lettre, restant perplexe un instant…

Ginny,

Cette lettre va probablement te surprendre, tout comme elle me paraît à moi-même surréaliste tandis que je l'écris… Cependant, je vais essayer de rester claire dans mes propos…

Il y a de cela quelques jours, le Professeur Dumbledore est venu nous rendre visite à mon mari et à moi, pour nous expliquer la situation délicate dans la quelle tu te retrouves actuellement.

Il nous a aussi apprit, et j'en reste encore ébahie, que ta mère est, enfin, sera notre fille… Comme je le disais, j'essaie de rester claire, mais ce n'est pas chose facile…

Il m'a fallu longtemps et j'en suis profondément désolée pour t'écrire cette lettre, mais j'espère qu'en la lisant, tu comprendras.

La raison principale pour laquelle je l'écris, est que le Professeur Dumbledore a pensé, et nous sommes parfaitement d'accord avec lui, que tu ne devrais pas rester sans attaches dans cet … univers et c'est pourquoi nous aimerions énormément que tu viennes t'installer chez nous pour les périodes de vacances scolaires, et ce, jusqu'à ce que ton problème soit résolu.

Accepterais tu que nous passions te chercher au Chemin de Traverse dès ce soir ?

En attendant ta réponse,

Affectueusement, joyeux anniversaire,

Gabriel et Idris Prewett.

Gabriel et Idris Prewett… Mes Grands-parents…

Un sentiment étrange s'était progressivement insinué en moins au cours de ma lecture et des petites gouttes salées perlaient au coin de mes yeux encore une fois.

Je n'étais plus seule.

Je me souvenais bien des récits de ma mère, qui me parlait de ses parents, quand j'étais plus petite, me racontant son enfance alors qu'elle me lisait les contes de Beedle le Barde ou m'apprenait à préparer ses fameux cookies…

Assise sur mon lit, je séchais mes larmes, fixant la lettre dans un mélange de tristesse, de soulagement et de joie naissante…


NA : Merci de me lire ! Pensez lorsque vous avez aimé, ou non aussi d'ailleurs, à laisser une petite review. En fin de chapitre ou en fin de fiction, elle est toujours appréciée à sa juste valeur :)