Titre: Secret Garden
Auteur: Tomoyo Fanel
Disclamer: Sherlock Holmes ne m'appartient pas, tout est à la BBC ou à Steven Moffat et Mark Gatiss ou à Arthur Conan Doyle, whatever vous avez saisi l'idée
Genre: General, Slash
Rating: K mais il est possible qu'un chapitre dans le lot soit M.
Résumé: Sherlock sait ou devine beaucoup de choses mais il existe certains aspects de la vie qu'il n'a pas encore découvert et qui ne semble pas l'intéresser. Sherlock demeurera toujours un mystère pour John. Mais jamais John ne se lassera de découvrir ses secrets.
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Secret Garden
Irish Coffee
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John ne se souvenait plus vraiment de comment il s'était trouvé au milieu du salon, une écharpe verte autour du cou, sous le regard scrutateur de Sherlock Holmes. Il savait seulement que la façon dont le détective consultant le regardait le faisait se sentir très stupide.
« Je n'ai jamais rien entendu de plus ridicule. »
Le 17 Mars. John avait pour habitude de faire la tournée des bars. Pas qu'il accordait un crédit particulier à la Saint-Patrick. C'était simplement pour le concept. Il n'avait pas une goutte d'irlandais dans le sang. Avant de partir à la guerre, il le faisait avec des amis. Depuis son retour… Eh bien, disons qu'il n'avait plus vraiment d'amis avec qui aller boire un verre dans un bar le soir de la Saint-Patrick.
« En quoi est-ce ridicule ? Vous n'êtes pas sorti de la journée, vous n'êtes visiblement pas occupé alors sortons.
- Je ne suis pas plus chrétien qu'irlandais, je n'ai aucune raison de faire la fête ce soir.
- Connaissez-vous l'expression "Irlandais pour un jour" ?
- Ridicule.
- Ca fait des jours qu'on se tue à la tâche, ne pouvons-nous pas prendre un peu de bon temps ? La date n'a pas d'importance !
- Alors nous irons demain. »
Que pouvait-on répondre à un homme… à un enfant aussi têtu ?
« Que faites-vous ?
- Je sors. »
John ne prêta pas attention à l'expression exacerbée de Sherlock. Il sortit de l'appartement d'un pas lourd. Il sortait parce qu'il voulait faire bonne figure devant son colocataire mais la vérité était qu'il n'avait pas vraiment le goût à se rendre seul dans un bar. N'était-ce pas pathétique ? Il eut à peine le temps de traverser la rue que la voix de Sherlock lui demandait d'attendre. Dix minutes plus tard, ils étaient dans un bar.
« Et maintenant ? »
Sherlock Holmes n'était qu'un enfant. Un enfant qui n'aimait pas être laissé à la maison quand les autres sortaient s'amuser mais qui, une fois qu'on l'emmenait avec soi, ne demandait qu'à rentrer. Les enfants ne faisaient que des caprices.
« Maintenant : buvons. »
Quelques heures plus tard, ils étaient tous deux hilares. L'alcool leur chatouillait gentiment le cerveau et ils en redemandaient. Ils enchaînaient cocktails sur cocktails, lassés du goût âcre de la bière. Sherlock semblait encore en pleine réflexion. Il réfléchissait. A haute voix. John put alors s'apercevoir que ses pensées n'étaient pas plus claires et précises que celles des autres. Il devenait tout à coup bien ordinaire et ce qu'il disait n'avait de sens que pour lui uniquement. Pourtant, John demeurait fasciné. Ses phrases prenaient des formes abstraites et lui-même semblait se perdre dans cette labyrinthique réflexion. Lui-même riait de ce flux incessant de mots. Si bien qu'il ne put finalement que se taire, sa voix étouffée par un rire clair et fort. Le rire de Sherlock était trop rare. Le rire de Sherlock était celui d'un enfant espiègle.
Sherlock avait payé plusieurs tournées. Jusqu'à ce qu'il n'ait plus de billet. John tenta de jouer les figures de sagesse et l'entraîna dehors pour rentrer. John ne marchait plus très droit mais Sherlock semblait garder un très bon équilibre.
« On fait la course ! »
John n'eut pas le temps de comprendre de quoi il s'agissait mais quand Sherlock commença à courir, il le suivit sans réfléchir.
« Vous êtes trop lent John ! »
Malgré tout, il l'attendait. Il courait mais il s'arrangeait pour que John puisse le rattraper. Il le taquinait et le provoquait et tout cela n'était que le jeu d'un enfant.
John réalisait que c'était ce qui faisait tout son charme. Sherlock Holmes n'était qu'un enfant avec un comportement d'enfant, oui, mais surtout dans sa façon voir le monde. Tout n'était qu'un jeu, tout n'était qu'un petit pourcentage d'effort contre la satisfaction immense d'avoir raison, de savoir la vérité, de connaître toutes les réponses. Sherlock Holmes était un enfant dans sa soif de connaissance, dans cette curiosité parfois malsaine dont il faisait preuve, dans sa passion pour les mystères et dans ce jeu de rôle auquel il s'adonnait chaque jour avec les autres. Sherlock Holmes s'amusait à faire l'adulte quand il n'était qu'un enfant excité débordant de vie.
John réalisait qu'il était le seul à connaître cet enfant.
Sherlock s'arrêta enfin pour reprendre son souffle et s'adossa au mur, certainement parce qu'il n'était plus capable de soutenir son propre corps. John l'imita. Sherlock recommença à rire. John ne l'avait jamais vu comme ça. C'était magique. Son rire était contagieux. Après un moment, il se tourna vers lui et sourit.
« Je n'avais jamais autant ri.
- Je m'en serais douté. »
La main de Sherlock se posa sur son épaule et il lui fit face, le visage illuminé.
« Merci John. »
John sentait son visage se tordre en un sourire. Un sourire idiot. Il éprouvait énormément de fierté. Sherlock Holmes le remerciait. Pour une idiotie. Simplement pour l'avoir sorti. Pour l'avoir amusé. Sherlock Holmes s'était-il déjà autant amusé avant ? Sans que cela n'inclus la mort de quelqu'un, évidement. Sherlock arrêta de rire et ils échangèrent un long regard. Il arrêta de sourire et sa main vint se nicher dans le col de la chemise de John qui déglutit difficilement. Son cerveau était définitivement trop ralenti par l'alcool pour trouver étrange que les doigts frais de Sherlock dans la chaleur de son cou puissent lui donner un frisson pareil. Sherlock plongea son regard dans le sien, incrédule, comme s'il ne comprenait pas ce qui était entrain de se passer. John s'humidifia machinalement les lèvres en les sentant sèches tout à coup.
La seconde d'après, Sherlock se penchait en avant, s'accrochant au manteau de John pour ne pas tomber, vomissant allégrement sur les chaussures de son colocataire. John soupira longuement avec une expression de dégoût au visage.
La fête semblait être finie.
Le lendemain, lorsque John descendit, il trouva Sherlock sur le sol de la salle de bain, la tête sur la cuvette, les sourcils froncés. Un grognement incessant s'échappait de sa gorge. John devina que la journée allait être longue.
« Ca n'a pas l'air d'aller.
- Vous pensez? »
Sherlock lui lança un regard noir avant de tenter de se lever. Il tituba jusqu'à son canapé où il se laissa tomber mollement.
« Dormez un peu, le crime attendra.
- Vous avez essayé de me tuer.
- Pardon ?
- Coma éthylique. »
John s'empêcha de sourire. Sherlock tenta d'attraper la boîte de cachets d'aspirine, il s'étira pour l'atteindre mais tomba lamentablement sur le sol. John ne put s'empêcher d'éclater de rire. Son visage se pétrifia cependant lorsque Sherlock se releva misérablement avec son révolver en main, pointé sur lui. John comprit qu'il valait mieux le laisser décuver. Seul.
« Dites à Mme Hudson de faire du thé.
- J'y vais.
- Jasmin. Trois sucres. Avec des biscuits.
- Bien.
- Descendez calmement les escaliers sans faire le moindre bruit et dites-lui que je suis souffrant et qu'il ne fait pas me déranger.
- Très bien.
- Vous pouvez disposer.
- Bien monsieur. »
John devina que la journée allait être longue.
Très longue.
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Le thème de la journée était le whisky et le café à la maison alors je me suis dit que je devais écrire là-dessus.
