Auteur : Mel-Imoen
Titre : Le début après la fin ou l'histoire de Narcisse
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas (hélas ! rires ) pas plus que le mythe de Narcisse, dont je me sert ici en version un peu adaptée à cette histoire…

Pairing : Harry Potter/Draco Malefoy (et vice versa)

Rating : R, soit un lemon a venir à un moment où à un autre.

Notes : Je tiens tout d'abord à m'excuser pour ce retard inadmissible. Le fait est que, le chapitre était prêt depuis fort longtemps, il manquait tout au plus une page à écrire…et l'inspiration ne venait pas ! sur tout ça j'ai eu une période d'examens et de passages de concours (peu fructueux) et bref. Du coup ça a traîné. Je m'en excuse platement !

Mais je tenais à poster ce chapitre aujourd'hui, j'espères que la fin n'est pas trop bâclée.. (enfin, la fin de chapitre hein !), pourquoi aujourd'hui me direz vous ? et bien pour pouvoir vous conseiller d'aller voir La mauvais éducation qui est un excellent film d'Almodovar, que j'ai eu le privilège de voir en version originale et qui sort demain en salles françaises. Ce n'est qu'une opinion à part, mais il m'a tellement plu que j'ai haussé Almodovar au rang de mes réalisateurs favoris juste derrière Tim Burton.. enfin. Trèves de bavardages, à ceux qui sont ouverts d'esprit et aiment les films noirs, c'est pour vous !

Sur-ce, place à la fic !

Réponses aux reviews :

White wolf : désolée de t'avoir fait pleurer ! aurais-je trop pouss ? rires en tout cas merci énormément pour les compliments, ça touche de savoir que j'ai réussi à émouvoir ! voici la suite, encore désolée pour le retard merci de ta review et j'espères que tu appréciera !

Lee-NC-Kass : toute rouge à cause des compliments merci beaucoup ! pour la chanson, c'est en fait Dancetaria (le sample du début) du fait de la boîte à musique ! je vois un peu comme ça la musique de l'avale soucis, légèrement nerveuse… enfin ! je ne connais pas la Bûddha affaire..il faudra que je l'écoute ! moi aussi j'adore 3ème sexe (également « trois nuits par semaine ») bien qu'en ce moment je reviens sur Paradise et Dancetaria..

Bref, merci encore de ta review, contente de te retrouver sur ce chapitre et bonne lecture ! :]

Cordelune : merci de ces compliments et d'apprécier mon style d'écriture :] la mythologie est bien incorporée ? je suis contente alors ! j'espères que sur ce chapitre tu continuera d'apprécier ce chapitre, en espérant aussi que les personnages ne deviennent pas brouillons vers la fin ! je vais faire de mon mieux pour les laisser bien définis ! merci encore bonne lecture !

Florelia : Coucou ! contente de te revoir :] ah, le mythe de Narcisse..mon favori ! Il me ressemble ? rires grand dieux j'espères bien ne pas connaître une fin si funeste ! mais c'est vrai que toutes leur réactions et le mal de vivre me ressemblent… l'avale-soucis te plaît ? j'en suis ravie il n'y avait pas de plus beau compliment merci ! toute contente c'était aussi une de mes craintes qu'à force d'être tellement désespéré ça devienne lourd.. j'espères que je maintiens ça « hors de l'eau » sur ce chapitre ! tu m'en diras des nouvelles !

Pansy ? une grande énigme ! sur ce chapitre son rôle commence à percer (prenez garde ! mdr), sinon oui, le rouge encore et toujours présent…

Bref, merci énormément de ta gentille review ! :] ! grosses bises et à bientôt je t'adore, et j'espères que tu aimeras ce chapitre ! :]

Zairoon: la voici la voilà! Enfin la suite.. désolée d'avoir mis tant de temps ! s'excuse encore qu'est-ce que Harry va faire à Dray ? uahaha. Ne réveilles pas une perverse endormie comme moi, ça fait mal ! mdr ne t'inquiètes pas, l'action sera sans doute pour le chapitre d'après, sur celui-là on recentre un peu les personnages :] ! merci beaucoup de ton dynamisme et de ton soutiens, ça fait très plaisir ! :] merci encore et voici la suite, bonne lecture !

La magicienne d'Oz : quel grand honneur de recevoir une de tes reviews ! émue   elle t'a plu ? j'en suis très contente ! une allergie aux dramas ? oui je comprend…moi même dans mes moments « déprime » je lis de tout sauf ça.. faire mourir Harry ? hm. l'auteuse qui se tâte hm hm. Ce n'est pas encore bien décidé.. en tenant en compte que je n'aime pas les fics qui finissent mal parce que je déprime après et que je ne crois pas non plus aux fins heureux… nous verrons ! en tout cas je ferais tout pour ne pas décevoir :] merci beaucoup d'avoir pris le temps de reviewer, bonne lecture et bonne continuation pour ta fic ! :] Bisoux !

- - - - - - - - - - - - - - Le début après la fin

Du jour ou Echo posa ses yeux colorés par l'onde claire sur la peau pâle de Narcisse, elle n'eut cesse de chercher les rouages, les minces fils de la vie qui lui permettraient de tisser, encore et encore, jour après jour et nuit après nuit, une toile où viendrai se prendre l'être adoré… par malheur, ses efforts furent vaincs, car seul son reflet faisait vaciller le cœur de glace de l'insensible Narcisse.

Désespérée, Echo se laissa dépérir. Les anciens racontent que chaque nuit, la lune venait à elle, qu'elle dansait sur l'onde, et que chaque nuit elle perdait plus de la beauté lumineuse d'où elle était née. On raconte qu'elle y laissa la vie, jusqu'à ce qu'il ne subsiste d'elle qu'un écho lointain qui se répercuta sur l'eau vive, que l'on écoute encore au loin, si l'on prête attention et si les vents sont cléments.

On raconte que, tapie dans une recoin de montagne, dans des bribes d'air, la nymphe Echo attend encore, que vienne à elle Narcisse le mortel…

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Harry ferma douloureusement ses paupières et appuya son front sur le dessus de la boîte. Il n'y comprenait plus rien. Il ne comprenait pas cette douce nostalgie qui émanait de Draco, cette tristesse diffuse qui semblait s'attacher inexorable à la chanson mélancolique qui s'échappait de l'Avale-soucis….

Il eut un sourire presque amusé. Les évènements se bousculaient avec une vitesse qui frôlait l'impression d'un destin pour le moins déchaîné qui semblait apprécier s'épancher sur lui… Draco. Il savait pertinemment que cette histoire n'aurait pas d'issue. Il savait qu'il échouerait, que c'était un amour voué à un échec retentissant. Mais à vrai dire, il n'avait pas envie de repousser les idées les plus farfelues et les scénarios les plus fantastiques qui s'imposaient à son esprit. Il avait besoin de croire, il avait envie de croire. Envie de penser que c'était possible, cela le plongeait dans une ambiance douce et sucrée, mélancolique, rêveuse, c'était agréable de croire. Et renoncer à une croyance était plus que difficile.

Harry soupira et ouvrit les yeux. Le ciel au dessus était rougeoyant. Il était beau. Le survivant se perdit dans sa contemplation. Vu d'ici, l'infini astral le surplombait, lui donnait un sentiment d'impuissance, d'absolu il avait l'impression que son corps s'élevait dans les airs et se dissolvait doucement dans l'atmosphère.. il avait envie de ne plus être.

Il cligna des yeux. L'espoir qui prenait possession de lui était aussitôt succédé par un désespoir grandissant et angoissant. Draco était loin il était populaire, il était beau, il avait l'embarras du choix, il ne semblait discuter avec lui que s'il y était obligé. Les paroles de Malefoy semblaient passer à travers lui, elles étaient désintéressées. Il secoua la tête. Le pessimisme s'emparait de lui. Etait-il possible que le prince des serpents montre un quelconque intérêt pour sa personne ? Un nouveau scénario rose et bleu s'imposa à son esprit. Il secoua la tête et reporta son attention sur l'Avale-soucis.

La boîte était identique que lorsque Malefoy l'avait tenue en main l'autre fois. Toujours ce poli de bois de rose, l'emblème Malefoy, frappé à l'argent pur, ou dans un alliage plus pur, peut-être issu de l'alchimie sorcière. Il demanderait à Hermione.

Avec un soupçon d'appréhension, il détailla la danseuse. Elle semblait clamer de tout son être qu'il la connaissait, dieux, si elle pouvait parler… Il battit des paupières.

« Danse »

Le temps s'arrêtait. Elle dansait. Des mouvements graciles, les membres fins qui exécutaient en cadence une danse envoûtante et parfaite. Harry se laissa emporter totalement par la mélodie et ferma les yeux.

La musique sembla durer une éternité et renaître à nouveau.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, il était étendu sur le sable. La danseuse salua et se recroquevilla de nouveau. Il décida qu'il fallait mieux fermer la boîte.

Hermione resserra sa cape autour d'elle et plissa les yeux. Harry avait disparu assez rapidement et il était temps qu'elle le retrouve. Une sorte d'angoisse sourde lui serrait les entrailles.

Et puis elle l'entendit. Le chant de l'Avale-soucis. Elle en avait assez entendu parler pour le reconnaître entre mille mais ne l'avait jamais entendu. Elle lutta contre l'engourdissement qui prenait possession de ses membres et se concentra sur le vent froid qui lui coupait le visage il fallait trouver Harry.

Elle approcha de la baie, Harry était étendu sur la sable. Un instant elle cru qu'il avait un malaise, elle fit un pas en avant, mais une silhouette noire appuyée contre un arbre la fit se glacer d'effroi.

Une silhouette noire qui lui rappelait les mangemorts, les encagoulés. Une vague de sangs et de mémoires s'imposa à elle et fut chassée par l'Avale-soucis. Elle eu un haut le cœur et pointa sa baguette dans la direction de l'intrus.

La silhouette esquissa un quart de tour. Il s'agissait de Pansy Parkinson.

Un poids s'éleva de la poitrine d'Hermione, la gryffondor eu l'envie de se laisser tomber au sol. Mais elle s'avança, l'Avale-soucis jouait en fond.

« Parkinson. » souffla-t-elle. Son regard tomba sur le tissu qui pendait de la main de la serpentard. Un écusson des gryffondor. C'était la cape d'Harry.

Parkinson répondit d'un bref signe de tête.

« Tu espionnes ? » demanda-t-elle dans un soupçon d'ironie.

« Tout à fait. Un bassesse bien serpentard, n'est-ce pas Granger ? » le ton mordant mais blessé surpris la gryffondor. C'était une ton soufflé, acide et amer. Parkison se tourna de nouveau vers la berge. « Dépêches toi Potter, de garder l'espoir à l'intérieur ou bien cette histoire finira mal…. ».

Hermion tendit l'oreille mais ne perçut qu'un souffle. Parkinson semblait plus avoir parlé pour elle-même. La serpentard sortit de son état de contemplation et fourra la cape dans les bras de la préfète des rouges et or, avant de s'en retourner vers le château. Un poids revint sur le cœur d'Hermione.

L'Avale-soucis avait fini de jouer.

Au loin, Pansy se retourna une dernière fois.

« Dépêches toi Potter, de garder l'espoir dedans, ton cœur ne survivrais pas autrement…. » elle se retourna et continua sa marche. « Dépêches toi Potter… » murmura-t-elle comme une litanie, les yeux perdus dans le vague, glacés, vides. « Sinon c'est moi qui vaincrais… ».

Harry épousseta ses vêtements et se dirigea vers le château, l'Avale-soucis reposait dans sa poche, il était lourd, il semblait porter le poids des soucis du monde entier. Le survivant monta directement aux dortoirs, peut-être allait-ce être la première nuit complète depuis la guerre. La première où il n'aurait pas à éviter le sommeil pour éviter les souvenirs.

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Le bruit de pas résonna dans la grande salle. Harry leva les yeux et vit débouler Hermione escortée de Ron à l'angle du couloir Nord. Il rangea l'Avale-soucis d'un mouvement légèrement brusque et l'enfouit au fond de sa poche. Depuis hier nuit, il ne le quittait pas, il l'écouterais dès que l'occasion s'en présenterait, il en avait besoin.

Le regard de la préfète des gryffondors se fixa instantanément sur la poche droite d'Harry elle n'était pas dupe, et lui n'était pas doué pour dissimuler les choses. Il y avait quelque chose. Elle n'en laissa rien paraître et croisa son regard, il lui adressa un sourire en retour.

Ron se laissa tomber à proximité et se releva aussitôt après avoir engloutit le contenu gargantuesque de son assiette pour aller en recherche du pot de confiture qui s'était exilé aux prises avec Seamus et Dean au confins de la grande table. La préfète sauta sur l'occasion.

« Harry. »

« Oui Hermione ? » tenta-il avec le plus de naturel que faire se pouvait.

« Qu'est-ce que tu as caché dans ta poche ? »

Il se mordit la lèvre. Dans le mille. Hermione était trop perspicace pour être humaine. Ses yeux s'assombrirent. Elle avait été assez perspicace pour survivre à la Grande Guerre, ainsi qu'on l'avait surnommée.

« Je…ne peut pas te le montrer ici. »

Elle leva un sourcil.

« Très bien, sortons, Ron va à son entraînement de Quidditch, il ne va pas tarder à déguerpir. » suggéra-t-elle. Il acquiesça, soulagé de ne pas avoir à mettre son ami à part. Le Quidditch. Un voile de tristesse passa devant ses yeux. Il ne pratiquait plus le Quidditch. Il n'avait plus de foi, l'envie de gagner était partie avec l'envie de faire ses preuves. Les jeux avaient été faits, merlin, et comment…

Un petit bruit mat le sortit de sa rêverie douloureuse. Ron venait de poser le pot de confiture de fraise devant lui. Il détourna les yeux, il ne vit pas son meilleur ami tartiner du rouge sang sur ses tartines, ni se lever rapidement, et répondit machinalement à son adieu.

La préfète des gryffondors se leva à son tour et prit le coude du survivant, qui parut se réveiller, et l'attira au dehors.

Le soleil chauffait délicatement sur les tours hautes du château elle l'emmena vers le lac, c'était l'endroit le plus propice.

Il se laissa tomber sur les galets et sortit la boîte de sa poche, prenant la précaution de garder sa main sur le couvercle, l'effigie des Malefoys semblait jouer sous ses doigts. Il s'attendait presque à ce que le serpent lui morde la paume des mains.

Hermione s'accroupit à côté, elle devinait la nature de ce qu'il tenait dans ses mains.

« C'est…un avale-soucis. »

Elle acquiesça silencieusement.

« Comment un objet pareil est-il entré en ta possession ? »

« Un…ami me l'a donné. » il avait l'air troublé. Elle scruta son regard mais n'y trouva qu'une expression fuyante et décida de ne pas insister.

« Harry Potter. » souffla-t-il.

Elle ne put s'empêcher de penser que l'écho de ses paroles se répercuterait sur la surface polie de la boîte et rebondirait au loin sur le lac.

La boîte s'ouvrit. Hermione scruta la danseuse qui s'inclina devant Harry.

« Une boîte très rare comment tu as pu… »

Il lui fit signe de se taire et reporta son attention sur la danseuse, dans une contemplation muette. La gryffondor regarda avec plus d'attention, quelque chose percuta son esprit, ses yeux s'ouvrirent dans un mouvement d'effroi.

« Je n'arrive pas à savoir qui elle me rappelle…. » lâcha-t-il.

« Harry. » elle déglutit. « C'est…c'est Narcissia Malefoy. »

Le sang du survivant se figea dans ses veines. Toute couleur sembla se retirer de ses joues, les yeux vides, ses yeux s'agrandirent.

« Narcissia…Malefoy…. Je…je ne… »

« Tu ne te rappelais pas ? » demanda-t-elle doucement.

Il retourna vers elle un regard emplit de terreur.

« De quoi je ne me rappelle pas Hermione ? » sa voix sonnait étrangement rauque. Elle ferma les yeux. Les exemples de mémoire sélective étaient en bon nombre, mais merlin savait qu'il serait dur de le lui rappeler celui là.

« Harry tu…enfin.. » elle respira à fond. « C'est grâce à ton témoignage qu'à été condamné Lucius Malefoy, de même que sa femme Narcissia qu'on a surpris à brûler des documents compromettants sur sa situation. »

Le silence lui répondit. Elle poursuivit du ton le plus neutre qu'elle pu.

« C'est…c'est…ils ont été condamnés. Ils ont reçu le baiser du détraqueur. »

La boîte tomba des mains d'Harry avec un léger bruit mat et se referma toute seule. Sur le dessus, l'emblème des Malefoys renvoya un éclat de soleil. Hermione ferma les yeux. Elle était désolée.

Une larme brilla sur la joue d'Harry. Les souvenirs semblaient s'évader de l'Avale-soucis, et revenir vite, bien trop vite. C'était un tourbillon noir qui l'absorbait, et il menaçait de perdre pied….

« Coupables. »

Le verdict était tombé tel un couperet. L'assemblée de visages sévères et fermés. L'avocat peu convaincu, qui avait haussé des épaules, fataliste. Dumbledore avait lentement baissé la tête. Le survivant était sortit, il avait salué l'assemblée et il avait disparu par la portée réservée aux témoins. Il n'avait pas eu le cran de rester jusqu'à la fin.

Sur les dernières marches de la salle crasseuse dans laquelle avait pris fin le procès de ses parents, Draco serra le poing sur sa jambe et se mordit la lèvre. Rien n'avait pu être fait. L'avocat était un triste incapable, l'assemblée suivait Dumbledore à la baguette. Et la sentence était tombée tout naturellement.

Sur l'estrade, Narcissia Malefoy enleva un de ses gants et se réajusta les cheveux aristocratique et parfaite jusqu'au dernier moment. Son mari lui prit la main, son regard était résigné, la lueur grise farouche y brillait, ployait sous le feu de la sentence. Draco résista à l'envie de se lever : le détraqueur venait d'arriver par la porte convexe. Il s'approcha de sa démarche surréaliste, le froid saisit Draco à la gorge. Il fallait qu'il lutte.

Un main sur son torse le fit se rasseoir. Severus Rogue lui renvoya un regard peiné mais neutre. Il ne fallait pas qu'il intervienne, sa propre innocence était en jeu.

L'héritier Malefoy déglutit avec peine.

Sur l'estrade, le détraqueur se pencha et pressa sa bouche béante contre les lèvres fines et tendres de sa mère. Draco sentit qu'on lui arrachait une partie de son âme. Il allait vomir. Il se penchait à présent sur son père, les yeux grands ouverts.

Il ne sut plus exactement lequel avait hurlé, si ç'avait été son père ou bien lui, ou peut-être les deux. Il se débattait. Il voulait vivre. Des larmes ruisselèrent sur les joues de Draco, il hurlait, il en était sur, à présent c'était lui qui hurlait. Un hurlement désespéré et rageur. Il sentit vaguement que Rogue et Dumbledore le ramenaient sur sa chaise. Les larmes lui brouillaient la vue, devant, sur l'estrade, la coque inanimée de sa mère tourna le regard vers lui, un regard vide, blafard, sans aucune lueur. Il hurla, et ce fut le noir complet.

Draco secoua la tête en s'acheminant vers le lac. Pourquoi fallait-il que ces pensées là reviennent maintenant ? Un goût amer lui remonta dans la bouche. Il n'avait même pas eu le cran de voir ce qu'il se passait jusqu'au bout. Il s'était réveillé deux jours plus tard dans les draps de l'infirmerie. Rogue lui avait dit que ses parents avaient été amenés à Azkaban, mais qu'une pétition avait été faite pour qu'ils soient placé à Sainte Mangouste, dans une section à part, et que leur survie soit assurée.

Puis il la lui avait donné, la boîte. L'Avale-soucis, avec une lettre écrite de la main de sa mère, ferme et bouclée. Il s'imaginait le noir de la salle, juste avant l'audience. L'écriture de sa mère ne tremblait pas, elle était aussi ferme qu'autrefois, comme si elle avait ignoré qu'elle allait mourir.

C'était une lettre simple. Un testament de son père lui léguait le tout du manoir, toutes les possessions Malefoys, faisant de lui l'héritier d'une fortune immense. Sa mère quand à elle, lui léguait la boîte en bois de rose. Un Avale-soucis, l'un des derniers au monde, il avait été fait spécialement pour elle par l'un des hauts mages, certainement décédé aujourd'hui. Un présent d'une valeur certes inestimable, mais bien plus, l'Avale-soucis était à son image. Une larme brilla dans l'œil de Draco et fut ravalée.

Des mots simples accompagnaient le dernier présent de sa mère « Fais-en bon usage. »

En avait-il fait bon usage ? Un rictus douloureux passa sur son visage. Il l'avait prêté à Potter. Il avait permis à Potter d'ouvrir l'Avale-soucis. Merlin, sa mère devait se retourner dans sa tombe.

Dieu seul savait pourquoi il avait permis à son pire ennemi l'ouverture de son dernier et plus précieux héritage. Il ferma les yeux et pressa la paume de sa main sur ses paupières. Potter n'avait pas l'air bien dernièrement. Peut-être avait-il l'air d'en avoir plus besoin que lui…

Potter. Potter n'avait pas de raison d'être en mauvais état. Potter avait eu son quart d'heure de gloire, ses fanfares et son rouge et or. Il n'avait pas perdu de proche, sauf Black peut-être. Potter devrait être heureux et il jouait les chiots égarés. Draco renifla avec mépris, Potter et encore Potter…

Harry secoua doucement la tête. Il avait oublié. Il avait chassé ces pensées là dans le recoin le plus noir et le plus profond de sa tête dans celui qui ressortait la nuit dans ses pires cauchemars. Il ferma les yeux et une vague douloureuse le submergea. Comment pouvait-il espérer la moindre chose de Malefoy ? Belle illusion…

Il déglutit.

« Je ne savais pas que Malefoy…. »

Une voix retentit dans son dos, fraîche, coupante.

« Il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas Potter. »

Le sang d'Harry se figea dans ses veines. Un étau se resserra autour de sa poitrine.

« Malefoy je… »

La main de Malefoy se saisit lestement et rapidement de l'Avale-soucis et l'enfouit dans sa poche, avant de faire demi tour et de s'éloigner sur la berge.

Harry eut la nausée. Le regard de Malefoy était glacé, indifférent, haineux. Il se leva d'un bond et empoigna sa cape.

« Hermione. Je reviens. »

La préfète acquiesça doucement et le suivit du regard, sa silhouette s'élançait sur la plage, surréelle, à la poursuite de l'héritier des serpentards.

Draco plissa des yeux, le vent était coupant et faisait voler ses capes en cœur avec ses cheveux, l'Avale-soucis glissait doucement sous ses doigts dans sa poche. La texture douce et parfaite qu'il connaissait si bien… Il fronça les sourcils. Potter. Comment avait-il pu faire confiance au fils Potter ? Il avait courut le montrer à la sang de bourbe, évidemment. C'était illusoire que de penser qu'il pouvait y avoir un changement, une évolution.

« Malefoy ! »

Son nom résonna à ses oreilles avec le tintement d'un écho lointain. Il se figea.

« Malefoy ! »

Il eut la vague impression que ce deuxième cri n'était que répercussion du premier sur la surface polie et lustrée du lac. Des pas crissèrent sur les galets derrière lui, accompagnés par une brève chaleur. Il se retourna pour toiser Potter de toute la hauteur qu'il était possible d'avoir.

« Quoi Potter ? »

Le survivant détourna les yeux, une lueur chaude dansa sur ses joues, ses yeux verts vacillèrent.

« Je suis désolé. »

Draco sentit une colère sourde gronder en lui. On allait donc lui refaire le moment du bon samaritain, Potter le saint et d'éternels remords à la clé, sans pardon, néanmoins.

« Je…c'est de ma faute aussi, si Sirius… »

La voix de Potter s'étrangla dans sa gorge. Draco tiqua. Ainsi donc le survivant s'accusait de la mort de Black ? Charmante attention. La colère monta en lui, inexplicable.

« De quoi es-tu désolé Potter ? » siffla-t-il d'une voix glacée.

Le survivant ouvrit la bouche, mais il ne lui laissa pas le temps de répondre.

« D'avoir montré l'Avale-soucis à la sang de bourbe ou bien d'avoir envoyé mes géniteurs au casse-pipe ? » La voix de Malefoy résonna, mordante, coupante. Harry se figea.

« Dans les deux cas sache que je n'ai nullement l'intention de te pardonner. ».

Harry eut l'impression que le sol était mouvant. Il ne déterminait pas ce qui causait ce remous, ses émotions s'empilèrent comme dans un sac usé, et s'évadèrent aux quatre vents.

« Je…Tu crois que je l'ai fait exprès ? » la voix du survivant perça, sourde.

« Lequel des deux ? à moins que tu n'aies plus conscience de tes actes… »

« SILENCE ! »

Le hurlement était sorti de la gorge d'Harry comme un volcan explose au grand jour. Malefoy réprima un léger sursaut et fronça un sourcil.

« Tu…Tu penses que j'ai fait ça par plaisir ? » Harry tremblait. « Et bien laisse moi te dire que je ne le regrette pas une seconde ! Tes parents étaient de sales mangemorts dégoulinants de servitude devant un cadavre et qu'ils soient morts arrange bien la face du monde ! »

Draco sentit la voix de Potter tonner à ses oreilles comme s'il était devenu sourd. Son nom était souillé. Sa vie, sa famille. On ne marchait pas sur les morts. Un bourdonnement indistinct emplit l'héritier Malefoy.

« Potter. »

« Et autre chose Malefoy ! Laisse moi te dire que la prochaine fois que tu traites mon amie de sang de bourbe c'est toi que j'envoie à Azkaban ! Et je si je te tue… » la voix d'Harry se brisa. Qu'était-il en train de faire ? Rien ne se passait comme prévu. Tout allait de travers. Il voulait mourir. La fin de la phrase s'étrangla dans sa gorge.

Ce fut une seconde d'hésitation.

Il ressentit une vague brûlante sur sa mâchoire accompagné d'un bruit mat. Devant lui, Malefoy, le poing levé.

« Va mourir Potter ! » Malefoy cracha comme s'il s'était brûlé. « Je te souhaite de crever ! » Il recula comme un serpent ondulant sur la berge. « Tu peux mourir Potter ! Dans ton cas aussi le monde s'en portera mieux ! Je m'en porterai mieux ! »

Le survivant sentit le venin de Malefoy pénétrer dans sa poitrine comme on y enfonce une lame chauffée à blanc, facile, tendre. Il ne pouvait plus respirer.

« VA MOURIR POTTER !! »

Les paroles explosèrent dans sa tête comme un coup de gong. Il croyait sentir ses veines bouillonner et exploser comme si une bourrasque mortelle avait décidé de comprimer ses poumons. Il ne pouvait pas respirer. Il eut la nausée.

« HARRY !! »

La voix d'Hermione résonna. Lointaine, un écho bientôt mort. Sa vue se brouillait. Il ne voulait pas respirer.

« HARRY !! »

Il sentit le sol entrer en contact avec sa tête dans un bruit dur, le son arrivait déformé, enveloppé d'ouate. Puis ce fut le noir, le noir bienfaisant.

La gryffondor aux cheveux noisette se précipita vers son ami et pris sa tension, le visage crispé par la peur. Elle sentit la veine majeure battre doucement sous son index. Il était en vie.

Elle ferma les yeux de soulagement, puis redressa la tête vers le serpentard.

« Malefoy. » Sa voix sonnait grave, étrangement grave. « Je pourrais te tuer, Malefoy. »

Une lueur indéfinie passa dans les yeux du serpentard.

« Ce n'est pas ma faute si Potter est en hypoglycémie constante. » répondit-il d'un ton qui sonnait faux.

« Mais c'est ta faute s'il est dans cet état. » Elle se tourna vers son ami et murmura doucement une formule. Le corps d'Harry s'éleva dans les airs. Elle le fit léviter et passa devant Malefoy sans lui accorder un regard.

Le serpentard observa l'étrange cortège s'éloigner. La voix dure de la gryffondor parvint à ses oreilles. « C'est ta faute Malefoy… »

Au loin, la cape de Pansy Parkinson étendit ses ailes comme un oiseau funeste. Les pans noirs s'éparpillèrent autour de sa silhouette. Un sourire incurva ses lèvres, et elle s'en retourna vers le château.

« Tu vas perdre, Potter… »

- - - - - - -  Fin de chapitre 3.

Sur la fin j'ai bien cru que je n'y arriverai pas…la « discussion » entre les deux n'a pas été aussi longue que je l'aurais voulue, du coup je pense qu'ils en auront d'autres où s'expliquer mieux qu'ici haut. Enfin. Sinon dans le chapitre à venir je ferais une introspection-Harry, on m'a notamment dit que je n'avais pas assez bien envisagé la dureté du fait de se rendre compte qu'on est attiré par une personne du même sexe, avec raison d'ailleurs. Un retour sur les pensées d'Harry s'impose donc !

Laissez moi vos opinions quelles qu'elles soient sur ce chapitre, merci beaucoup d'avoir lu, sur-ce, bonne continuation !

Mel