L'un de mes chapitres préférés, à l'origine de toute l'histoire et d'une certaine manière un peu beaucoup inspiré d'un passage de mon roman « Tatouage » (je pense toutefois éviter l'auto-spoliation lol).
Pour info, l'histoire s'apprêtant à être longue, je ne pourrais maintenir l'update quotidienne. (Surtout que seuls les 15 premiers chapitres sont clairement définis sur les 37 identifiés). Ayant réfléchis au rythme à prendre qui soit le plus respectueux pour vous et décent pour moi, j'envisage pour l'instant publier cinq publications successives, suivies d'une pause pour avancer, puis de cinq autres publications, etc... À voir si j'arrive à m'y tenir sans trop faire durer les pauses. ^-^''
En attendant merci aux lecteurs qui se sont essayés à commencer cette histoire, pour l'instant très loin de la série. Et plus encore aux reviewer Olicity-love, Tanutwo, bilaccora et Evy47 !
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UNE AUTRE ÉPOQUE
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Il faut sauver le soldat Oliver.
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Cette après-midi là, près de quatre mois depuis son installation, Felicity s'essayait à la création d'une nouvelle tisane vouée à soulager les femmes de la caserne de leurs crampes menstruelles, quand sa porte éclata avec fracas sur un homme qu'elle savait être le fils du seigneur des lieux. Derrière lui, deux soldats - un homme de couleur aux bras imposants, et ce qui paraissait n'être qu'un gamin des rues, qu'elle jugea bien trop jeune pour porter une arme - traînaient un quatrième en bien piètre état.
- Que faites-vous là ? leur hurla-t-elle aussitôt.
- Qui êtes-vous ? répondit en même temps qu'elle le jeune Merlyn.
- Je...
Gelée telle une biche face aux flèches d'un chasseur, elle balbutia quelques mots avant que Sin, la jeune lavandière dont elle s'était prise d'affection depuis son arrivée, les rejoignent et la présente.
- Voici dame Felicity, la nouvelle épouse du capitaine Steele.
- Comment ça sa nouvelle épouse ? questionna sir Thomas Merlyn, tous ceux présents en ces lieux sachant que l'homme évoqué avait manqué depuis des années.
- Votre père. répondit la brunette.
Une réponse laconique qui semblait tout expliquer ces derniers jours.
- Je vois. Dans ce cas. Excusez-nous de débarquer de la sorte en vos lieux ma dame. Mais Oliver est très mal en point et...
- Que lui est-il arrivé ?
- Il a passé plusieurs mois torturé aux mains de nos ennemis. Une façon peu heureuse de terminer là cinq longues années de combat aux ordres de mon père.
Les laissant rapprocher l'homme ainsi défini, la jeune femme ne put retenir un cri d'effroi quand elle constata dans quel état il se trouvait.
- Oh mon Dieu !
- Je sais, ça paraît très mauvais. rebondit sir Merlyn.
- Il était ainsi quand nous l'avons trouvé, il y a déjà quatre jours. Depuis, son empressement à vouloir rentrer ne nous a pas permis de lui apporter les soins adéquats. ajouta l'homme de couleur. Si bien que sa fièvre n'a cessé d'empirer depuis notre départ.
À tel point que le blessé ne paraissait plus même conscient de son entourage, totalement noyé dans des délires fiévreux.
- Je vois. Pouvez-vous l'allonger ici... leur indiqua Felicity, couvrant le matelas de son drap tout en ôtant rapidement la couverture pour ne pas la salir inutilement.
Observant l'ensemble du corps meurtri, elle ne savait pas même par quoi commencer.
- Hé ! Sin. Va chercher notre médecin ! exigea finalement le jeune Merlyn qui à l'évidence connaissait la lavandière.
- Je vais avec elle ! indiqua aussitôt le plus jeune des soldats.
- Bonne chance pour trouver et faire bouger ce soûlard, se permit de souffler Felicity. Puis-je commencer à le soulager en attendant son arrivée ?
- Je vous en prie. Je ne vois pas comment nous pourrions empirer son état. Il...
Le voyant clairement démuni quant à la condition de son ami, Felicity fit signe au seul homme semblant avoir encore un peu la tête sur ses épaules.
- Vous...
- Soldat de première classe John Diggle, ma dame. Mais vous pouvez m'appeler Dig.
- Pourriez-vous aller me chercher du bois et suffisamment d'eau pour remplir cette marmite et la faire bouillir. Voici mes seaux.
Le second soldat aussitôt partit, elle réfléchit à comment s'y prendre. Quoi qu'elle fasse, elle aurait surtout besoin de bandages. Aussi devait-elle sacrifier son unique drap de rechange. S'en saisissant, elle commença à le déchirer l'esprit en ébullition. Avec le blessé ayant souillé celui couvrant son matelas, il n'en resterait plus en sa possession. Mais quelle était l'importance de tel bien matériel quand on voyait l'état du supplicié ?
- En aurez-vous assez ? lui demanda finalement Sir Merlyn l'observant mettre en lambeau son maigre bien.
- Nous devrons nous en contenter. À moins que vous puissiez en trouver un peu plus au magasin. Auquel cas, je pourrais vous rembourser et...
- Vous voulez rire ? Je reviens avec tout ce que je trouve.
L'homme partit, elle vit tout aussitôt les deux soldats revenir les bras remplis de bois pour l'un et de ses deux seaux d'eau pour l'autre. A priori, le plus jeune s'était fait rattraper par son camarade.
- Parfait. Pouvez-vous allumer le feu ?
- Je m'en occupe.
- Merci... ?
- Il s'agit du soldat de troisième classe Roy Harper. lui précisa Dig.
- Merci soldat Harper.
- Je vous en prie ma dame, appelez-moi juste Roy.
- Autre chose ? demanda Dig.
- De l'alcool, le plus fort que vous trouviez et en quantité si vous pouvez.
- Je reviens.
Dans une belle synchronie, sir Merlyn arriva à son tour avec un tas de draps.
- Que devons-nous en faire ?
- Déchirez-en un en bandes larges comme je viens de le faire. Puis un second en plus grandes pièces, tels des torchons. Puis mettez-les tous à bouillir dans l'eau du chaudron.
- Pour quoi faire ?
- Pardon ?
- Pourquoi laver ces draps déjà propres ?
- Nous devons les stériliser.
- Ce qui signifie ?
- Les nettoyer de toutes impuretés qui pourraient par la suite apporter l'infection aux blessures qu'ils vont toucher.
- À quoi bon, quand on sait qu'Oliver a traîné des mois durant dans la crasse d'une prison infectée d'excréments et de rats. Il est déjà infecté de partout.
Et c'était peu dire quand on voyait l'état suintant de ses blessures.
- Voulez-vous bien me faire confiance avec votre ami ?
Si Thomas Merlyn dut y réfléchir un instant, son instinct lui cria de lui laisser les mains libres. Depuis qu'ils avaient retrouvé Oliver, c'était la première personne à sembler savoir quoi faire avec lui.
- Je vais vous faire confiance, Miss Steele.
- S'il vous plaît, appelez-moi, Felicity.
- Si vous m'appelez Tommy.
- Une demande bien lourde de conséquences que vous me faites là. Je me contenterais d'un Thomas et en dehors de toute présence paternelle, si cela vous convient.
- Voilà un juste milieu que je vous accorde avec plaisir. lui répondit-il d'un ton badin.
Ayant là une entente, pour ne pas dire début de complicité scellée d'un sourire échangé, la jeune femme s'attela enfin à prendre soin du blessé. Alors que Dig rapportait deux bouteilles de gnole.
- Voulez-vous m'aider à le dépouiller ?
Laissant la tache de découper les draps et les faire bouillir à Roy, Thomas et Dig s'approchèrent pour agir au mieux. En la situation, il fut décidé de le déshabiller entièrement. Une partie de ses guenilles et pansements de fortunes s'étant incrustée dans ses blessures, ils durent parfois aller jusqu'à les imbiber d'eau pour réussir à les extraire. Chose faite, Felicity prit une courte seconde de réflexion avant de prendre une seconde décision dans la veine de sa mise à nu. Il y avait bien trop de vermines sur lui.
- Nous allons couper ses cheveux et le raser.
- N'y a-t-il pas plus urgent ? demanda Thomas.
- Avez-vous vu ce qui y grouille ?
- Bah...
- Avec monsieur Diggle, nous allons nous occuper de ses cheveux, barbe, aisselles et torse. Et vous Thomas nous vous laissons...
Indiquant non sans rougir le bas ventre du blessé, le jeune Merlyn devint blanc à l'idée de devoir raser le sexe de son meilleur ami.
- Sérieux ?
- Ainsi que ses jambes, s'il vous plaît. Il faut absolument nous défaire de l'ensemble de ses cheveux et poils et brûler le tout avec ses guenilles. Après quoi, une fois qu'il sera enfin nettoyé, nous changerons et brûlerons tout autant le drap sur lequel il repose. Je refuse d'infester les lieux de ces bestioles porteuses de maladies.
- Bien.
C'est finalement une fois le corps entièrement rasé qu'ils s'attaquèrent à laver l'homme gémissant - dorénavant en partie couvert d'un drap pour préserver sa nudité, bien qu'il n'ait plus rien à cacher des quatre occupants de la chambre.
La face avant d'Oliver enfin consciencieusement nettoyée, ils le tournèrent pour s'atteler au versant. De quoi entrevoir le pire de ce qu'il avait dû subir comme sévices.
- Le plus grave est sans conteste les coups de fouet.
Et c'était peu dire, quand les lacérations étaient si profondes qu'elles avaient pour certaines découvert toute sa chair en profondeur. Se mettant sans plus attendre à l'œuvre, c'est sous le regard parfois horrifié, souvent ébahi, et toujours écœuré, des trois hommes ne cessant de se seconder pour lui apporter toute l'eau bouillie et morceau de drap stérilisé qu'elle leur réclama que la jeune femme s'assigna la tâche terriblement douloureuse pour le patient de découper les lambeaux de chair pourrie avec ses ciseaux de couture préalablement brûlés à l'alcool.
Elle nettoya ainsi chaque once de sa peau et blessure, ne rechignant à aucun râle de douleur de l'homme qu'elle manipulait avec des mains sûres et confiantes. Après plusieurs heures d'un travail sans pause, elle poursuivit ses soins à la lueur des chandelles en désinfectant par la suite chaque blessure et coupure d'une forte dose d'alcool. La souffrance fusant de cet acte eut là pour conséquence non plus des râles, mais véritables cris rauques et puissants de la part du supplicié. Pourtant, jamais elle ne fit montre de vouloir stopper sa torture.
Concentrée sur sa tâche, Felicity ne sut jamais que Thomas avait renvoyé leur médecin trop enivré pour aider à quoi que ce soit quand il les avait finalement rejoints des heures plus tard. Après un temps d'observation, il avait surtout eu la certitude que l'homme de science n'aurait jamais agi aussi efficacement que cette jeune femme sur son ami ! Bien que ses premières actions lui avaient paru étranges, le fait qu'elle prenne chaque fois le temps de leur expliquer le pourquoi de chacun de ses actes, en une transparence inconnue des médecins, avait contribué à ce qu'il lui fasse dorénavant une confiance aveugle.
La désinfection à l'alcool terminée. Felicity leur fit bouillir sa bobine de fil, tandis qu'elle brûlait l'une de ses plus fines aiguilles de fer dans un verre d'alcool, après l'avoir tordu en un demi-cercle pour en faciliter l'utilisation. Alors débuta pour elle le plus difficile, recoudre une à une chaque lacération, coupure et déchirure à la lueur des chandelles qui se multiplièrent autour d'elle, au grès de son avancée. Sachant n'en posséder que deux, sans doute l'un des hommes en avait-il rapporté. Tandis qu'en permanence, deux d'entre eux la secondaient toujours avec pour rôle ingrat de maintenir fermement le corps agité pour l'aider dans sa couture.
Au dernier point donné, alors qu'elle faiblissait d'épuisement, une main la fit sursauter.
- Vous allez bien ? lui demanda Dig.
- Oui. Pardon. Juste un moment d'absence.
- Pourquoi ne pas vous reposer un peu ma dame. Nous pouvons vous trouver une autre chambre. proposa Thomas, inquiet de la voir si pâle à la lueur de l'aube.
- Non. Il reste encore à faire.
- Cela ne peut donc attendre ?
- Il n'a déjà que trop attendu. Je dormirais après. Ses blessures nettoyées et scalpées de toute infection et pourriture, puis désinfectées, j'ai pu recoudre ce qui le nécessitait de sorte que cela cicatrise plus facilement. Mais nous devons dorénavant couvrir toutes ses blessures ouvertes pour que la saleté ne vienne pas défaire ce que nous venons juste de terminer.
- Je vois.
Honnêtement, Thomas Merlyn n'y voyait pas tant que ça. Mais ses paroles avaient du sens.
Les pansements nécessitèrent comme à chacun de ses actes, tout un tas de manipulations du corps inconscient, pour lui permettre d'accéder à chaque plaie. Après une bonne heure d'emmaillotage, Felicity s'attela finalement aux dernières blessures. Celles présentes sur son dos ravagé de mille cicatrices.
- Pour son dos, nous devrions plutôt y apposer un cataplasme. Je dois pour cela mélanger une herbe déjà en ma possession avec de l'huile.
- J'apporte l'huile ! sauta aussitôt Roy en besoin de bouger et prendre l'air.
- Qu'est-ce que cela va apporter ? demanda studieusement le soldat Diggle
- Le corps gras va aider à nourrir la peau et les vertus des plantes que nous allons utiliser vont aider à accélérer la cicatrisation.
- Êtes-vous la fille d'un médecin, dame Felicity ? questionna finalement le jeune Merlyn.
La tournure de sa demande avait été conçue pour ne pas la mettre à mal, sachant que cette profession de science était scrupuleusement interdite aux femmes sur les Terres Merlyn... du moins sous cette appellation.
- Non. Je... j'aime juste lire depuis que je suis toute petite. Et j'ai pu par le passé dévorer nombre d'ouvrages de médecine... bien que je sache que cela ne m'était pas permis.
- Vous voulez dire que vous n'aviez jamais soigné quiconque avant lui ?
- Disons que j'ai pu récemment apporter quelques « conseils » à mon entourage. Mais jamais je n'avais traité si imposant. Regrettez-vous déjà de m'avoir donné carte blanche ?
- Sincèrement, peut-être que cela aurait eu son importance plus tôt. Comme mon père vous mettrait sans doute aux fers s'il avait connaissance de vos activités de « conseils ». Mais après vous avoir vu à l'œuvre. Je pense que si mon ami survit à cette épreuve, il vous devra sa vie. Je n'ai jamais vu personne revenir de la fièvre qui commençait à l'emporter quand nous l'avons trouvé. Et après une journée et une nuit entre vos mains, j'ai déjà retrouvé tous mes espoirs. Il suffit de le regarder. Son teint est moins pâle, il respire plus facilement et sa peau n'est plus moite...
- La crasse empoisonnait son sang, provoquant la fièvre. Il lui faudra plusieurs mois pour qu'il se remette entièrement. Mais les bienfaits apportés aux blessures nouvellement traitées et la médication que nous lui donnerons devraient réduire la fièvre en quelques jours seulement.
- C'est merveilleux.
Roy alors de retour avec un pot d'huile, ils façonnèrent le cataplasme que Felicity étala copieusement sur le dos, avant qu'elle ne le couvre d'un imposant bandage encore humide.
- Il ne sera pas très confortable, avec l'épaisseur du pansement, mais en le couchant sur le côté avec un oreiller sous le ventre, il devrait pouvoir se reposer plus sereinement à présent. Il ne nous reste plus qu'à changer une dernière fois le drap sur lequel il repose et le mettre brièvement sur le dos pour le faire boire. Il sera essentiel le temps de son inconscience de l'hydrater au maximum. Il devra boire toutes les heures, en alternant un bol de bouillon et ma concoction de plantes. Le bouillon pour aider son corps à se remettre de toute ses privations nutritives et la concoction pour l'aider à soulager ses douleurs et abaisser la fièvre.
- Cela ne va-t-il pas lui imposer de se soulager ? réagit automatiquement Roy, resté en retrait à regrouper tous les linges crasseux et ensanglantés.
- Une incontinence que nous devrons prendre en compte. Alors si vous pouviez me trouver un peu plus de draps frais, Thomas.
- Je ferais en sorte que vous n'en manquez pas.
Débutant sa propre consigne en faisant boire à son patient un premier bol d'eau chaude où elle avait fait infuser un mélange de plantes de sa composition, Felicity estima à son terme en avoir enfin terminé avec ses premiers soins.
- Le soleil est levé ?
- Depuis de longues heures déjà. lui répondit aimable le jeune Merlyn.
- Oh.
Roy aidait dorénavant à ranger une partie des bougies depuis longtemps éteinte. Tandis que Dig rapportait un beau tas de bois qu'il stocka aux côtés de la cheminée. Quand Felicity réalisa à cet instant seulement qu'il s'agissait de bois de coupe.
- Où avez-vous trouvé ces bûches ?
- Là où elles se trouvent. Sur le bûcher jouxtant l'écurie.
- Un problème ? questionna Thomas.
- Je... Je n'ai pas pour habitude d'utiliser le bois de chauffe du domaine. Je glane habituellement du bois mort à l'orée de la forêt. Mais je suppose que notre besoin cette nuit était plus important que je ne l'ai réalisé.
- Ne vous souciez de rien, Felicity. Je prends tout à ma charge. C'est le moins que je puisse faire pour mon meilleur ami et sa femme.
- Qui est-elle ?
- Qui est qui ?
- Sa femme.
Au bug mental de Thomas obtenu par cette question, au terme d'une nuit blanche, Dig incita Roy à le suivre pour les laisser seuls. Maintenant que leur capitaine ne risquait plus la mort à tout instant et que les lieux avaient retrouvé un état décent, ils n'étaient clairement plus utiles.
- Vous m'avez bien dit à notre arrivée être l'épouse du capitaine...
- ...Jonas Steele, oui.
- Et donc vous êtes sa femme.
- La femme du soldat Oliver ?
- Oh Dieu. On ne vous a pas prévenu ?
- Prévenu de quoi ?
- Oliver est votre époux, Felicity.
- Je ne comprends pas. Pourquoi ne pas l'appeler Jonas dans ce cas ?
- C'est compliqué. Mais pour faire au plus simple. Disons que pour éviter qu'il ne soit reconnu et donc une cible privilégiée sur le champ de bataille, tout le monde l'appelle Oliver. Ainsi quand l'ennemi était en recherche du capitaine Steele, cela lui permettait de réduire les risques d'être identifié et plus spécifiquement attaqué. Je pense qu'il appréciera que vous le nommiez aussi Oliver, à son réveil. Je sais de source sûre qu'il déteste le prénom de Jonas.
- Alors vous voulez dire ?
- ...que vous venez de sauver la vie de votre époux.
- Oh.
- Maintenant que je sais que vous ignoriez ce qu'il était pour vous, je suis plus encore en admiration, Felicity. Tant de dévotion offerte pour un étranger. Pourquoi nous avez-vous seulement laissés le mettre dans votre lit ?
- C'est que... comme évoqué plus tôt, j'ai pu peut-être donner l'habitude à quelques personnes d'ici de les soulager de leurs maux. Alors, j'ai pensé que l'un d'eux vous avait conduit à moi, quand vous avez bondi en ce lieu. Après quoi, vous sembliez tous trois tant tenir à lui et si perdus quant à savoir quoi faire que je n'ai pas plus réfléchi.
- Ce qui est tout à votre mérite.
- Le direz-vous à votre père ?
- Que vous avez pris soin de votre époux ? Bien sur ! Mais je vous garantie que les détails ne laisseront planer aucun doute quant à vos dons. Vous n'avez rien à craindre de moi. Ou de Dig et Roy, par là même. Soyez-en sûre.
- Merci.
- Puis-je à présent vous guider dans une autre chambre pour vous permettre de vous reposer ?
- Je vous remercie, mais je dois décliner votre proposition. Sa fièvre pourrait reprendre. Alors, maintenant que je connais son identité et ce que cela implique pour moi. Je me dois de rester à ses côtés pour le veiller.
- Felicity. Aussi dévouée puissiez-vous être, je ne vous laisserais pas tranquille sans m'assurer que vous dormiez un peu...
- Il n'y a pas de problème, je m'arrangerais.
- Je refuse tout autant vous laisser dormir sur le sol.
- Dans ce cas... Peut-être...
- Dites- moi.
- Si vous pouviez me trouver une sorte de vielle causeuse où je pourrais me reposer quelques heures... Je sais que des travaux ont débuté dans une aile du château, mais je n'ai pas encore eu l'occasion d'aller trouver l'homme en charge de la remise. Il sait déjà ce que je cherchais. Je vous payerai, bien sûr. Je pourrais m'y rendre dés à présent par moi-même, mais je doute pouvoir la porter seule.
- Ne vous en préoccupez plus ! Je vais vous en procurer une de ce pas !
- Cela peut attendre que vous preniez vous-même du repos. Vous revenez d'un long voyage et pourtant vous êtes restés à nos côtés toute cette nuit.
- Je vous en prie, laissez-moi m'assurer que vous soyez un peu plus confortable.
- Bien.
Le voyant la quitter, Felicity se dépêcha de tirer sa bourse pour lui donner quelques pièces. Mais Thomas les lui refusa d'emblée.
- Vous me feriez affront que de payer pour quoi que ce soit.
- J'insiste.
- Tout comme moi. Considérez cela comme mon cadeau de mariage pour vous deux. ajouta-t-il d'un clin d'œil.
- Je... Bien... Merci.
A peine une petite heure plus tard et une banquette de velours qu'elle estimait neuve et non remisée, lui fut livrée par trois hommes. Le meuble attendu était accompagné d'une coiffeuse et de son banc arborant la même finesse et couleur que la causeuse. Nul doute que le jeune Merlyn avait tout de même discuté avec le remiseur pour savoir ce qu'elle souhaitait se procurer. S'y ajoutaient de nombreux coussins moelleux. Mais surtout une magnifique, épaisse et duveteuse couverture d'une qualité qu'elle n'avait jamais entrevue de sa courte vie.
Touchée par ce don précieux, Felicity profita sans honte du confort des coussins rembourrés et de la douceur de la couverture. Elle n'avait pas bénéficié d'un tel luxe depuis son départ pour le couvent où les sœurs dormaient sur des matelas de paille et sous des couvertures en bure. Épuisée, elle n'attendit pas plus pour enfin fermer les yeux quelques heures.
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À suivre.
Oliver est donc enfin arrivé en la place ! ^-^
mimi yuy
