Disclaimers : Les personnages ne m'appartiennent pas, la « citation » de début non plus, je l'ai trouvée sur l'album « Dead Letters » de The Rasmus. Seul le personnage d'Hélène est à moi ainsi que les situations mises en scène dans cette histoire.

Titre : Lettre morte

Auteur : Ephemeris

Résumé : En fouillant dans le grenier de sa mère, Hélène Yuy, jeune fille de seize ans, trouve une lettre de son père adressée à un inconnu. Touchée par le contenu de cette lettre, elle part à la recherche du destinataire qui ne connaît pas l'existence de cette lettre.

Couple : 1x2x1

Genre : Beaucoup d'amour. Je ne sais pas ce que c'est vraiment, mais c'est de l'amour. Beaucoup plus soft que ce que la dernière histoire.

Rating : T

Warnings : Yaoi. D'un point de vue extérieur malgré quelques insertions de souvenirs sous le POV d'Hélène, mais je crois que ce ne sera pas compliqué à suivre. En tout cas, si c'est le cas, prévenez-moi.


Lettre morte

Chapitre 3


« Quoi ! Quatre Winner, le Quatre Winner est un ancien pilote de Gundam ! »

« Ne crie pas, pitié Hélène, » dit doucement Duo, espérant que la jeune fille l'imite. « Je veux bien te révéler des secrets, mais ne crie pas. Et oui, LE Quatre Winner était un pilote de Gundam. »

Hélène n'en revenait pas. Depuis les quelques heures qu'elle était avec Duo, elle avait déjà appris énormément de choses sur les Gundams et Duo commençait à parler des pilotes eux-mêmes. Elle n'osait pas poser de questions au sujet de son père de peur de s'être trompée et de passer pour une idiote, alors elle attendait que ce soit Duo qui se mette à en parler, ce qu'il venait de commencer à faire.

« Ce cher Quatre ! » lança alors Duo, un sourire doux au visage. « A l'époque, il était un peu coincé, mais il était vachement gentil. Bon, il a eu un petit dérapage une fois, mais c'était pas vraiment de sa faute. Enfin, c'était un chouette compagnon. Les autres aussi d'ailleurs. »

« Combien vous étiez de pilotes ? » demanda Hélène.

Duo eut un sourire nostalgique.

« On était cinq. Cinq gamins totalement différents, mais on en est venu à tellement faire bloc que quand on s'est séparés à la fin de la guerre, ça a été très difficile, enfin pour moi. Les autres, je sais pas. »

Hélène pensa alors à son père pour qui ça avait dû être aussi dur que pour Duo, voire plus. Elle essaya de refouler la tristesse qui l'envahissait, mais Duo vit la lueur qu'elle avait dans ses yeux bleus depuis qu'il avait commencé à parler s'éteindre et fronça les sourcils.

« J'ai dit quelque chose qu'il fallait pas ? »

Hélène secoua la tête en faisant un petit sourire.

« Non, j'ai juste pensé à la douleur que vous aviez dû ressentir… Parle-moi de tes compagnons, s'il te plaît. »

Au sourire de la jeune fille, Duo fut rassuré et entama une autre tirade sur ses anciens camarades.

« On était tous différents, à tel point que je me demande comment on a fait pour s'entendre. Quatre était un fils à Papa, très poli et très gentil, sauf sur les champs de bataille. »

« J'ai du mal à l'imaginer mitraillant des armures mobiles aux commandes d'un Gundam, surtout en pensant à comment il est aujourd'hui. »

« Si tu l'avais connu à cette époque, ça t'aurait fait le même effet. Quand je l'ai rencontré la première fois, je me suis demandé s'il savait seulement comment piloter son Gundam. Mais il savait, et il savait très bien même. Ne jamais médire sur les gens qu'on ne connaît pas. »

Hélène se mit à rire. Duo, tout en lui racontant les horreurs de la guerre qu'elle n'avait pas connues, tournait les choses de façon légère, comme pour ne pas l'effrayer, et lui faisait des petites leçons de morale du genre 'Fais ce que je dis, mais ne fais pas ce que je fais'.

« Et ensuite ? »

« Ensuite, il y avait Trowa, le type avec le moins d'expression faciale que je connaisse. C'en était presque effrayant. En plus, il travaillait dans un cirque en tant que clown, encore plus effrayant. Mais sur le terrain, il était intraitable et faisait ce qu'il avait à faire sans broncher. Mais il était très attentif aux autres. Quand on le connaissait, c'était un type vraiment bien. »

Duo s'arrêta un instant, posant sa main sur son ventre, et releva la tête vers Hélène.

« Je meurs de faim, et ça doit être pire pour toi avec le décalage horaire par rapport à la terre. Vraiment désolé, je reçois tellement jamais personne que j'en oublie les convenances. Je vais nous chercher quelque chose à manger. »

Il s'éclipsa un moment dans la cuisine, laissant Hélène dans le salon où elle avait pris ses aises. Discrètement, bien que Duo ne puisse la voir, elle sortit de la poche de sa veste la photo de son père et l'observa un moment. En faisant parler Duo, elle avait découvert un homme gentil, drôle et dont la compagnie était plus qu'agréable. En regardant ce sourire sur la photo, elle reconnaissait parfaitement le Duo qu'elle avait devant elle.

Ce dernier revint dans le salon et Hélène eut juste le temps de remettre la photo dans sa poche avant qu'il n'entre dans la pièce. Il déposa un plateau sur la table basse, entre le fauteuil où était assise Hélène et le canapé, où trônaient deux assiettes de pâtes fumantes.

« Tu m'excuseras du manque de luxe du repas, mais je n'avais pas prévu de recevoir ce soir. »

« Ca me va très bien, surtout que je m'impose un peu, je suis désolée. »

Duo sourit à cette phrase, approcha sa main de la joue de la jeune fille et la caressa doucement avant de se rasseoir.

« Ne t'en fais pas, ça me fait plaisir de t'avoir avec moi. Bon, où en étais-je ? »

« A Trowa. »

« Ah oui ! Trowa, un type super. »

« Mais après ? »

Duo rit doucement face à l'impatience dont faisant preuve Hélène. Elle lui faisait penser à lui, quelques années plus tôt et il trouva cela plutôt amusant. Ainsi, il continua, ne voulant faire plus attendre la demoiselle.

« Tu vois, autant Trowa ne montrait aucune expression, autant Wufei était incapable de maîtriser les siennes. Il se mettait tout le temps en colère, surtout contre moi en fait, mais je faisais exprès de le provoquer pour qu'il se décoince. »

Sans montrer de changement sur son visage, Hélène s'interrogea intérieurement. Wufei ? Ce nom lui disait quelque chose. Il lui semblait l'avoir entendu dans un laps de temps très court, mais elle ne voyait pas à qui appartenait ce nom. Enfin, ça lui reviendrait sans doute plus tard. Duo continuait.

« Il disait qu'il travaillait mieux seul, qu'il n'avait besoin de personne pour mener à bien une mission et ça l'a enragé quand on nous a demandé de faire équipe. En plus, il était misogyne comme je n'ai jamais vu ça. Je crois que ça venait de son éducation stricte, mais il ne parlait pas beaucoup de son passé, même à moi. Mais il dénigrait tellement les femmes qu'une fois, Trowa lui a fait une réflexion que j'ai cru tomber par terre tant je riais ! »

« Qu'est-ce qu'il lui avait dit de si drôle ? » demanda la jeune fille.

Duo se remit à rire en repensant à ce souvenir.

« Ce n'était pas ce que Trowa avait dit qui était drôle, c'était la réaction de Wufei. En fait, on était dans l'espace et il râlait parce que l'un d'entre nous était parti sauver une fille, enfin, ce n'était pas ce qu'il nous avait dit, mais c'était ce qu'on avait compris. Et Trowa lui a alors dit que s'il ramenait cette fille sur notre vaisseau, il faudrait qu'il lui fasse un accueil correct, parce qu'il était si facile de faire de la peine à une femme. Et Wufei, qui faisait des exercices, a redoublé d'efforts dans ce qu'il faisait avec une expression comme jamais je n'en ai vu (1). S'il y a quelque chose que je veux bien devoir à Relena, c'est bien ça. »

Hélène sursauta à ce nom. Duo parlait de sa mère, il la connaissait. Remarque, si elle s'était mariée à un pilote de Gundam, il était logique qu'elle en connaisse d'autres. Par curiosité, elle tenta de faire parler Duo à ce sujet.

« Relena ? Tu parles de la ministre des affaires étrangères ? »

« Je parle de Relena Peacecraft. Elle est ministre maintenant ? Quand je suis parti de la terre, elle n'était que vice-ministre. Et comme je ne peux pas la supporter, je n'ai pas suivi sa carrière politique. »

« Pourquoi tu ne la supportes pas ? Qu'est-ce qu'elle t'a fait ? »

« Ecoute Hélène, je te trouve très sympathique, je t'aime bien, mais si tu me parles de cette fille stupide, ça va plus aller. Parle-moi de tout ce que tu veux, du temps qu'il fait ou des poisson d'eau douce, mais ne me parle pas de Relena Peacecraft ! »

Hélène retint un sourire et hocha de la tête.

« D'accord, je n'en parlerais plus. »

Duo acquiesça à son tour et se calma un peu. Puis, il sembla réfléchir un moment avant de demander à Hélène où il en était.

« Tu m'as parlé de trois de tes compagnons. Il en manque un. »

Un sourire qu'Hélène qualifia de nostalgique apparut alors sur le visage de Duo. Ce dernier se renfonça dans le canapé, croisant les mains derrière sa tête.

« Eh oui, il en manque un, et pas des moindres. Heero, c'était mon pote à moi. C'est lui que j'ai rencontré en premier, c'est par lui que j'ai découvert que je n'étais pas seul à posséder un Gundam. Ce qu'il était fort ce mec. Il s'arrêtait jamais, toujours près à partir en mission, comme s'il ne vivait que pour recevoir des ordres. Quand on se cachait, il nous est arrivé plus d'une fois de dormir dans le même lit, situations délicates obligeaient, mais ça nous paraissait complètement naturel. »

Hélène, depuis que le nom de son père était tombé, écoutait les mots qui sortaient de la bouche de Duo, fascinée. Ce dernier parlait de son père comme d'une personne qui avait beaucoup compté pour lui, mais jusqu'où allait ce sentiment ? Est-ce que ça rejoignait ceux de son père ? Lorsque Duo avait évoqué ces moments où ils leur arrivaient de dormir ensemble, elle repensa à la lettre de son père.

nous avons passé toutes ces années ensemble, souvent dans la même chambre et parfois même dans le même lit…

Elle secoua légèrement la tête pour s'enlever cette phrase pleine de regret de la tête et tenta de détourner un peu la conversation de cette tristesse qu'elle ressentait et de la mélancolie de Duo.

« Et, tu sais ce qu'ils sont devenus ? »

Cette question sembla faire revenir Duo à lui et il se redressa dans le canapé.

« Pas vraiment, à part Quatre qui a fait prospérer L4, je ne sais pas où sont les trois autres. Remarque, s'ils ont fait comme moi, ça peut se comprendre. J'ai tout fait pour disparaître. »

« Pourquoi ? »

Duo soupira.

« Avant de me battre avec mon Gundam, j'ai subi la guerre, depuis mon enfance, j'étais dedans. Une fois que tout a été terminé, je voulais tout oublier, ne plus penser à tout ça. Je suis quand même revenu sur cette colonie qui m'a tant fait souffrir, mais elle est en bien meilleur état que quand j'y ai vécu la dernière fois. »

Un silence s'installa entre les deux, Duo perdu dans ses souvenirs et Hélène n'osant plus rien dire. Elle se rendait à peine compte de l'atrocité de la guerre, qu'elle ne connaissait pas, mais que Duo et son père avaient endurée pendant des années. D'un coup, elle se trouvait ridicule de se plaindre de sa mère et de ces petites choses de la vie qui ne sont pas toujours agréables, mais qui sont tellement insignifiantes par rapport à la vraie souffrance.

Tout ceci lui donnait encore plus envie d'offrir le bonheur à son père, bonheur qu'il n'avait sans doute jamais ressenti.

« Est-ce qu'il a seulement été heureux lorsque je suis née ? Est-ce que je lui ai donné un peu de joie, même un tout petit peu ? »

Le sourire que son père lui offrait parfois, quand il la regardait, lui laissa croire qu'elle l'avait sans doute rendu un temps soit peu heureux, au moins lorsqu'il vivait à la maison avec elle et sa mère.

« Ca va Hélène ? Tu me sembles partie bien loin. »

« Excuse-moi Duo, tout ça m'a fait pensé à un truc pas très joyeux, mais c'est passé. »

Duo sourit en détournant le regard vers la pendule accrochée au mur et ouvrit de grands yeux.

« Eh ben, on parle, on parle et on se rend pas compte de l'heure. Il est super tard. Je crois qu'il est temps d'aller se coucher. Je vais changer les draps de mon lit pour toi. »

« Et toi ? Tu vas dormir où ? »

Duo tapota le coussin du canapé où il était assis.

« Là, ne t'en fais pas. C'est petit ici, j'ai qu'une chambre, mais je te la laisse. C'est pas tous les jours que j'ai une si charmante jeune fille chez moi, je dois bien la recevoir. »

Il lui fit un clin d'œil et se leva pour se diriger vers sa chambre.

« Suis-moi, je vais te montrer. »

Hélène se leva d'un bond et suivit Duo dans un petit couloir jusqu'à une porte qu'il ouvrit et où il entra. La décoration était simple, mais très esthétique. Duo lui dit d'installer ses affaires alors qu'il prenait un jeu de draps dans un tiroir.

« Je peux très bien dormir sur le canapé, je veux pas te déranger. »

« Je te dis que tu vas dormir là, ça ne me dérange pas du tout et c'est moi qui te le propose. Que diraient tes parents s'ils savaient que je te faisais dormir sur le canapé ? »

Hélène soupira.

« C'est sûr que ma mère hurlerait, mais je crois qu'elle serait trop en colère du fait que je sois partie pour se préoccuper de comment j'ai dormi. »

Duo eut un petit sourire et arracha les draps de son lit. En s'exécutant, et sans regarder Hélène, un peu réticent, il lui demanda :

« Tu ne parles tout le temps que de ta mère ? Tu n'as pas de père ? »

A cette question, Hélène eut envie de dire que oui, elle avait un père, que ce père, il le connaissait et qu'il l'aimait à la folie, mais il était trop tôt. Elle se contenta de baisser la tête en énonçant la triste vérité de sa famille.

« Mes parents ont divorcé quand j'avais sept ans et je n'ai pas beaucoup revu mon père depuis ce temps. Je vis avec ma mère. »

Duo ne dit rien. Ainsi, il était fixé et ne lui poserait plus de questions sur ses parents, surtout qu'Hélène en semblait presque blessée. Comme il avait terminé d'arranger les draps pour la jeune fille, Duo se releva, la regarda et, avec un grand sourire, il lança :

« Maintenant, au lit ! Les enfants devraient dormir à cette heure ! »

Hélène fronça les sourcils à cette phrase.

« Duo, je suis plus une gamine ! »

« Comparé à moi si, tu pourrais être ma fille ! »

Elle sourit doucement. Il disait vrai. Puisqu'il avait le même âge que son père, Duo aurait très bien pu être le sien. Puis, une idée lui vint en tête et elle regarda l'homme en face d'elle avec de l'espièglerie dans les yeux.

« Mais pour que je sois ta fille, il faudrait que je me fasse une tresse comme toi. »

Le sourire de Duo s'agrandit alors, semblant remarquer qu'Hélène avait les cheveux d'une longueur plus que respectable et qui lui permettait amplement d'en faire une tresse. Il s'approcha alors d'elle et passa dans son dos.

« Eh bien, si ce n'est que ça, je vais t'en faire une tout de suite ! Comme ça, on sera pareils ! »

Et il commença à tresser les longs cheveux noirs d'Hélène qui lui arrivaient plus bas que le milieu du dos. Alors que Duo faisait passer ses doigts dans ses cheveux, elle lui dit :

« Et c'est moi la gamine ? Duo, c'est pas parce qu'on sera coiffé pareil qu'on sera père et fille. C'est toi qui fait le gamin là. »

« Je sais, mais moi, j'ai plus de trente ans, alors on peut plus rien me dire ! Et ça me plaît de faire des tresses, alors comme tu t'es invitée chez moi, je vais abuser de tes cheveux ! »

Hélène éclata de rire à cette déclaration pendant que Duo finissait de tresser ses cheveux. Lorsqu'il eut fini, il la fit se retourner en la prenant par les épaules et, une fois face à elle, il se pencha sur son front pour y déposer un baiser.

« Bonne nuit, Hélène. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux te servir, et si tu trouves pas, réveille-moi. »

« D'accord. Bonne nuit Duo. Et merci. »

« Y'a pas de quoi chérie. »

Et Duo sortit de la chambre, en tirant un peu la porte vers lui sans pour autant la fermer. Il laissait cela à la discrétion d'Hélène. Il ouvrit ensuite un placard et en sortit un drap blanc et une couette pour s'arranger un lit sur le canapé. Tout en s'installant, et avec un sourire qui ne le quittait plus, il murmura pour lui-même :

« Vraiment, quelle histoire ! »


Cela faisait maintenant plus d'une demi-heure qu'une équipe de Preventers étaient chez Relena, en train d'éplucher la maison pour trouver une piste pour commencer les recherches d'Hélène Yuy qui, visiblement, avait fugué.

« Vous ne trouvez vraiment rien ? » demanda Relena au premier homme qu'elle croisa, vraiment inquiète.

« Je suis désolée Madame. Le Colonel Chang ne devrait pas tarder, il pourra sans doute nous aider. »

Relena acquiesça, de plus en plus inquiète. Après avoir parlé avec Wufei, ce dernier lui avait dit qu'il ne pouvait pas se libérer tout de suite, mais qu'il envoyait une équipe en attendant son arrivée. Mais comme elle était seule, ne se sentant pas du tout entourée par ces hommes qu'elle ne connaissait pas et qui étaient occupés à autre chose, elle attendait l'arrivée de Wufei avec agitation.

Malgré le fait qu'elle ne se soit jamais vraiment rapprochée des pilotes de Gundam pendant la guerre en dehors de Heero et qu'à cause justement de ce dernier, elle avait fait le mieux possible pour effacer tout ce qui avait un rapport avec les Gundams de sa vie, elle sentait que la présence de Wufei la rassurerait.

D'ailleurs, lorsqu'il sonna à la porte et qu'elle lui ouvrit, elle sentit les larmes lui monter aux yeux et elle se jeta dans ses bras.

« Oh Wufei ! Je suis si inquiète ! Qu'est-ce que je vais faire si ma fille ne revient jamais ? »

Le jeune homme, sur le coup, eut envie de la repousser, ne comprenant pas ce débordement de sentiments dont il faisait les frais, mais il se ravisa, réalisant que la jeune femme devait énormément souffrir du départ de sa fille. Doucement, il la fit se détacher de lui et la regarda dans les yeux.

« Enfin Relena, il n'y a pas de raison que ta fille ne revienne jamais. Elle a seulement fait une petite fugue comme ça arrive souvent aux adolescents rebelles. Et puis, elle n'a que seize ans, que veux-tu qu'elle fasse à cet âge-là ? »

« Wufei, tu te rappelles ce que tu faisais à cet âge ? Tu explosais des armures mobiles avec un Gundam. Et ça, c'est plus qu'une fugue comme ça arrive à tous les adolescents rebelles ! »

Wufei fronça les sourcils en reculant un peu, détournant les yeux du regard de Relena qui lançait des éclairs.

« Oui, mais bon. Pour ta fille, ce n'est pas pareil. Il faut avoir des prédispositions pour piloter un Gundam. »

Relena fit un pas en avant, annulant la manœuvre de Wufei pour s'éloigner d'elle.

« Qu'est-ce que tu crois ? C'est la fille d'un pilote de Gundam, et du meilleur même. Elle les a, les prédispositions ! »

Wufei fronça alors les sourcils et avança à son tour d'un pas.

« Comment ça du meilleur ? Heero n'était pas du tout le meilleur. Je le dépassais sur tous les tableaux avec mon Nataku ! »

Il s'arrêta là. Au moment où il avait prononcé le nom de Heero, il avait vu les yeux de Relena se voiler et il en conclut que de continuer cette conversation inutile ne servirait qu'à ajouter à la peine de la jeune femme et ce n'était pas nécessaire.

« Excuse-moi, je vais voir où en sont les hommes. »

Wufei contourna Relena et monta à l'étage pour rejoindre ses hommes qui étaient dans la chambre de la jeune fille. Une fois que Wufei fut monté, Relena resta un moment dans le couloir, devant l'entrée, sans pouvoir bouger. Puis, elle alla s'enfermer dans son bureau et laissa alors couler quelques larmes sur ses joues.

Elle était assise sur sa chaise, un coude sur le bureau, sa main retenant sa tête. Elle se frottait le front et les yeux, complètement désemparée. Les quelques larmes qu'elle laissa couler tombèrent sur le bureau, faisant ainsi bouger quelque chose qui attira son attention.

Relena baissa la tête et vit le mot que sa fille lui avait laissé. Elle repensa alors à Heero dont elle n'avait pas de nouvelles depuis plus de trois ans. Elle n'était pas d'accord avec Wufei ; pour elle, Heero était le meilleur, le meilleur pilote et le meilleur pour exécuter des missions données.

Mais elle lui en voulait tellement, il lui avait tellement fait de mal qu'elle voulait l'oublier, ne plus penser à lui. Mais d'un autre côté, Hélène lui rappelait sans cesse son père. En dehors du fait que parfois, elle s'échappait et laissait passer une réflexion sur Heero, elle lui ressemblait. Dans son caractère, bien qu'elle ne soit pas aussi fermée que lui, mais elle avait aussi des expressions qui lui faisaient penser à lui. Et ses yeux… Elle avait ses yeux, ce bleu profond dans lequel il était si facile de se perdre.

Mais malgré ce qui s'était passé entre elle et Heero, Relena aimait sa fille et acceptait d'avoir le souvenir de Heero sous les yeux presque en permanence, parce que c'était sa fille. Il fallait qu'elle la retrouve, que quelqu'un la retrouve pour elle. Ce fut alors qu'une idée lui traversa l'esprit et qu'elle saisit le combiné du téléphone.

Elle composa un numéro de téléphone qu'elle connaissait par cœur et attendit qu'on lui réponde. Un coup d'œil à la pendule lui fit réaliser qu'il était tard et qu'elle allait sûrement déranger, mais il s'agissait de sa fille. Au bout de la troisième sonnerie, quelqu'un décrocha.

« Allô ? »

« Heero ? J'ai besoin de ton aide… »


A suivre…


(1) Scène tirée de l'épisode 46. L'expression de Wufei après que Trowa lui ait dit ça est vraiment trop drôle !

Note de l'auteur : Surprise surprise ! Qui s'y attendait ? Tout le monde, je sais bien… Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour les erreurs multiples que vous avez pu retrouver dans le chapitre précédent. Certains me les ont faites remarquer et je les en remercie. Je n'étais pas très en forme ces derniers temps et j'ai vraiment écrit ce chapitre comme une patate. Je vous présente donc mes plus plates excuses et je tâcherais de ne plus le faire, bien que ça n'ait pas été volontaire… J'espère que ce chapitre vous a plu et que le retour de Heero vous fait plaisir ! Question stupide, bien sûr que tout le monde est content, comment faire un 1x2x1 sans Heero ? Enfin, merci de m'avoir lu et à bientôt.

-Ephemeris-