Il prit la télécommande et alla dans la section VOD (NdA : Pour ceux qui savent pas Vidéo à la Demande ^^) il entreprit de rechercher un film à l'eau de rose quand quelqu'un frappa à notre porte. Je me levais péniblement en ruminant qui pouvait bien nous déranger alors qu'on était dans un hôtel et pas dans un moulin. J'ouvris la porte.
-Salut. Je voudrais parler à Edward Cullen, s'il te plait, dit Demi Moore.
Je n'avais jamais porté attention à toute ces stars qui apparaissait dans les tabloïds. Savoir que Demi Moore alimentait la plupart des magazines people m'importait peu. Sauf depuis maintenant. Et si jamais elle parlait ? Que se passerait-il ? Les Volturis agiraient. Ils la tueraient.
Je la fixais sans vraiment la voir. Je la fis entrer et elle se dirigea vers Edward. Il avait arrêté de chercher un film. Il avait la main crispé sur la télécommande et je me demandais comment ce bout de plastique arrivait encore ne pas exploser dans sa poignée de fer. Ses yeux étaient rivés sur la télévision.
Je sais ce que tu es, dit-elle sans détour.
Je retenais mon souffle, encore à la porte. Je ne savais pas si je devais revenir dans la pièce principale ou les laisser discuter entre eux. Et écouter en douce. Finalement, je décidais de me placer à côté d'Edward : J'avais trop la frousse de rester en retrait.
Personne ne parlait. Je me tournais vers Edward, pensant qu'il répondrait quelque chose. Ses yeux contemplaient toujours la page d'accueil de la section VOD. Demi Moore l'observait sans ciller. Pourquoi ne bougeait-il pas ? Il était pourtant le seul homme que je connaisse qui ne se défilait pas. Je me raclais la gorge :
Comment ?
Ca n'a pas d'importance.
J'allais lui répliquer une phrase qui l'aurait remis à sa place quand Edward daigna se manifester.
Que veux-tu ?
Qu'as-tu à me donner ?
Il soupira et ferma les yeux. Il les ouvrit.
Rien que tu n'as déjà.
C'est ce que tu crois.
A quoi tu penses, lançais-je.
Je l'appréciais de moins en moins et je sentais que quelque chose n'allait pas. Je commençais à y réfléchir quand elle m'adressa la parole.
Tu détruis mon couple et je dois regarder ça en silence ? Dit-elle sèchement.
Quoi ? Je détruisais son couple ? Mais je n'avais rien demandé ! Je me mordais la langue pour me retenir de lui cracher au visage.
Bella n'a rien à voir la dedans, tu te trompes, interrompis Edward.
Je mettais enfin la main sur ce qui n'allait pas rond : ils se tutoyaient. Jamais Edward ne tutoierais quelqu'un sans le connaître. Du moins, c'est ce que je croyais.
Soudainement, le téléphone gris argent d'Edward sonna. A la vitesse de l'éclair, il décrocha :
Oui ? Je te la passe, Alice.
Il me tendit le téléphone. Il n'avait pas caché sa vitesse surnaturelle à une inconnue. Elle savait peut-être son secret mais ça devait être bouleversant. En tout, cas, je ne m'y suis presque jamais habituée. Je lui lançais un regard en biais pour observer sa réaction tandis que je prenais le téléphone. Elle était impassible, ses yeux restaient de marbre.
Allô, Alice ?
Bella ! Je viens de lire l'article éclair de Willy dans le magazine…
Je ne l'écoutais pas, observant sans me cacher maintenant Demi qui avait fait un pas vers Edward.
Tu m'écoutes Bella ?
Oui, oui, écoute, je te rappelle plus tard.
Je raccrochais avant qu'elle ne proteste. Mais que faisais-t-elle ? Je me collais un peu plus d'Edward.
Edward… commença-t-elle.
Je crois que tu devrais t'en aller maintenant.
On aurait dit qu'il l'avait giflé au vu de son regard. Pendant un moment, j'eus de la pitié avant de me rappeler que je ne l'aimais pas. Elle fit demi-tour sans un mot et avant qu'elle ferme la porte je l'appelais.
Vous… vous n'allez rien dire, n'est-ce pas ?
Elle eut un rire faux et claqua la porte.
Je vacillai jusqu'au lit, pas sure de ce qui venait de se passer.
Edward m'attrapa par le bras et me serra contre lui. Je restais ainsi pendant je ne sais combien de temps j'avais perdu la notion du temps. Au bout d'un moment, il me repoussa doucement. Je le regardais, ahuri, quand je compris que je tremblais. Je pris la couette et m'enroulais dedans. Mais je m'écartais de lui. Je ne comprenais pas ce qui s'était passé.
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Rien.
Mais enfin, si elle parle, les Volturis viendront la tuer !
Elle ne parlera pas.
Comment tu le sais ?
Je le sais.
Parle-moi, Edward ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
Rien.
Vous vous êtes tutoyés. Tu la connaissais ?
Tu as faim ? Me dit-il en me tendant un toast.
Je repoussais sa main tendue. Je n'avais pas faim. Je le toisais.
Dis-moi la vérité, Edward. S'il te plaît, ajoutais-je.
Tout ce que je peux t'affirmer, c'est qu'elle ne parlera pas.
Comment tu le sais ?
Je l'ai lu dans son esprit.
Oh ! Dis-je.
J'avais oublié que mon vampire pouvait entendre nos pensées. Enfin, les pensées des personnes qui l'entourent sauf les miennes. Ce qui l'énervait au plus haut point. J'en étais plutôt heureuse, ce qui l'enrageait encore plus bien qu'il ne le montrait pas. Après tout, je m'étais fait du souci pour rien, j'étais beaucoup trop propice à sauter sur de mauvaises conclusions. Je devais y remédier.
Que veux-tu faire ? Aller à Central parc ? Proposa-t-il.
Je jetais un coup par la fenêtre.
Il ne fait pas beaucoup de soleil, dit-il comme s'il lisait dans mes pensées bien qu'il ne puisse pas le faire.
Je veux téléphoner à Alice.
Pendant un instant, je crus apercevoir quelque chose dans son regard. Que… Non, ce n'étais rien. J'empruntais son téléphone et appelais Alice.
Je coupais la conversation un bon moment plus tard. Par la fenêtre, le soleil amorçait sa descente. J'avais passé autant de temps au téléphone ?
Edward zappais les chaînes de la télévision si vite qu'il me donna le tournis. Je décidais d'aller dans la salle de bain me rafraichir. L'eau chaude me fit du bien. Ca me permettait de réfléchir avec toutes mes capacités. Bon, en premier, elle ne parlera pas. Pas de meurtres sur le dos. Edward était stressé, c'est pour ça qu'il l'a tutoyé. Oui, c'était ça ! Elle l'a tutoyé et ne sachant pas encore sa décision si elle voulait parler et ça le mettais mal à l'aise. Mais elle désirait quelque chose. Qu'est-ce qu'elle voulait ? Elle a tout : un mari, de l'argent, la célébrité… Si je ne connaissais pas l'existence d'Edward et que je ne faisais pas tout pour éviter de me retrouver sous les projecteurs à cause de ma maladresse, je pense que je ne désirerai rien d'autre. En tout cas, pas à ma connaissance. Il n'y avait qu'une personne qui pouvait le savoir. Je me dépêchais de sortir de la douche, un mauvais pressentiment me torturant le ventre.
Edward n'étais nulle part. Je me couchais sur le lit en l'attendant. C'est là que je remarquais un bout de papier sur la table de nuit, à côté de son téléphone.
Je suis parti chasser, je ne serai pas long
Je t'aime, E.
Je soupirais. D'un coup, je me relevais. Ca ne collait pas ! Il avait chassé il y a deux jours, et ses yeux étaient toujours d'une couleur claire. Son besoin n'était pas pressant, donc. Mais pourquoi m'aurait-t-il menti ?
Pour te protéger, me susurra une voix dans ma tête.
Il est vrai qu'il avait une tendance un peu protectrice qui avait fini par me lasser au bout de deux ans. Il est vrai que Victoria était dangereuse mais elle ne sait pas où je suis, apparemment, elle serait en Alaska. Pour y faire je ne sais quoi. Cela m'importait peu tant qu'elle était loin. Ce qui était le cas.
Mais si ça n'avait pas de rapport avec elle, mais plutôt avec Moore, ajouta cette voix désagréable.
En quoi est-elle un danger ? Elle a dit qu'elle ne parlerait pas. En fait, elle ne l'a pas dit. C'est Edward qui l'a dit. Et Edward possède cette tendance à vouloir me surprotéger. Je sentais qu'il allait m'entendre sur ce sujet dès qu'il rentrerait. Je commençais à avoir faim et je me servis un toast qui était toujours sur le plateau. Il était froid. Je le jetais et composais le numéro du room service. Je commandais des œufs, en pensant à ma lune de miel, deux ans auparavant. (NdA : elle n'est pas tombée enceinte comme dans le livre de Stephenie Meyer)
Elle avait duré un peu plus de trois semaines. Je me souvenais particulièrement du jour de départ. Je faisais ma valise tandis qu'Edward ouvrait au service de chambre. La vieille dame passait presque tous les deux jours pour m'apporter des spécialités portugaises. Enfin, c'était la raison apparente. En réalité, elle vérifiait que j'étais toujours en vie puisqu'elle croyait aux vampires. Ils faisaient partis des légendes de son peuple. Elle m'apportait cette fois-ci des Pastéis de Nata, des sortes de flans sur une pâte feuilletée. Cela sentait incroyablement bon et je la remerciais avec le rudiment de mes connaissances dans cette langue. Je laissais Edward annoncer notre départ prochain et je sentais son affolement. Si seulement elle connaissait mon vampire, elle ne s'inquièterait pas tant ! Le voyage retour fut très rapide compréhensible puisque j'ai dormi pendant tout le long. Ce que je regrettais d'ailleurs à l'époque. Tous les moments en la compagnie de mon amoureux étaient gâchés. J'ai vite réalisé que c'était inutile, car même si j'étais endormie, il était là, et c'est ce qu'il comptait. Rien d'autre ne comptait, pas même Jacob. J'ai réalisé cela quand j'ai vu Jacob à l'aéroport à mon retour de ma lune de miel. J'étais surprise de le voir, je ne pensais pas le voir après l'altercation à mon mariage. Il dépassait les gens alentours d'une bonne tête et j'aperçu quelques filles le regarder avec intérêt. Il est vrai que Jacob a toujours été un bon parti à ce niveau là. Je ne ressentis aucune jalousie, mais c'est qu'après coup que je m'en suis rendue compte. Il me prit dans ses bras en m'étouffant. Je savais qu'Edward n'aimait pas cela, mais cette fois-ci, je me serrais plus contre lui. Je devais me libérer. Quand il me lâcha, un seul regard de sa part montra qu'il avait compris. Je lançais un regard en coin à Edward qui comprit et s'éloigna en compagnie d'Alice qui était également présente. Il y eut un silence. Je n'osais pas parler la première de peur d'être trop directe.
Je crois avoir compris, Bella. Commença Jacob.
Je suis…
Non, tu ne l'es pas. Je ne t'en veux pas, tu sais.
Jacob, écoute…
Non, tu m'écoutes Bella, me coupa-t-il, je t'ai menti.
Je ne comprenais pas. Il dut le lire sur mon visage car il m'expliqua.
Tu te souviens quand je t'ai dit que je me battrais jusqu'au bout pour toi ? Eh bien, j'ai menti. J'arrête. Je n'ai plus la force de me battre pour toi. J'étais aveugle, je voulais que tu sois mienne, mais ce que je préférais était ce combat. Car tu m'aimais. Ce n'est plus le cas. Je le vois. Je vais te laisser partir malgré le fait que ça me tue. Tu vas me manquer, tous les jours. Et ce n'est pas juste. C'est comme ça, je suppose. Et ce n'est pas parce que j'abandonne que je passerai à autre chose comme ça. Non, dit-il quand je tentais de le couper. Je veux passer à autre chose. Je t'aime Bella. Mais c'est mieux de cette façon. Je veux guérir de toi. J'en suis malade. Mais je vais guérir, te dire tout ça m'aide. Je commence à me soigner. Maintenant c'est terminé.
Je ne savais pas quoi dire. J'avais les larmes aux yeux. J'avais mal pour lui. Mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir mal d'être soulagée. Car je l'étais. Au moins, je ne lui ferai plus de mal en l'éloignant de moi.
Tu mérites d'être heureux Jake. Tu restes mon meilleur ami malgré tout.
J'aurais besoin de temps.
J'hochais la tête. Moi aussi, j'avais besoin de tout mettre en ordre.
Nous étions rentrés dans la voiture d'Alice. Jacob reparti dans sa voiture qu'il avait retapé. Il suivit la voiture d'Alice jusque chez mon père. C'était prévu que je retrouve Charlie dès mon retour. Jake s'arrêta mais ne descendit pas. Il me lança :
Au moins, tu es entre de bonnes mains. J'ai fais un bout de chemin déjà, remercie Leah, ria-t-il.
Je n'avais aucune envie de rire mais j'esquissais un sourire. Il s'en alla.
Il avait manqué plusieurs fois à sa parole comme le jour de mon départ. Mais aujourd'hui, il était plus facile de calmer ses ardeurs même si sa douleur ne me laissait pas indifférente. Je me demandais comment il avait géré la douleur. Mais surtout, je me demandais comment en deux ans il n'arrivait pas à surmonter son amour. Il avait nettement guéri de moi, c'était indéniable. Je ne pouvais m'empêcher de penser que certaines douleurs ne s'effaçaient jamais. Cela m'était déjà arrivé mais on m'avait aidé. Il m'avait aidé. Je ne pouvais pas lui rendre la pareille, c'était trop différent. On gardait tout de même contact bien que ce n'était pas comme avant. Il m'arrivait parfois de regretter ces moments mais j'étais très heureuse ainsi avec mon Edward. Pour autant, je sentais que Jacob s'était rapproché de Leah. Peut-être n'était-il pas imprégné mais l'amour existait toujours sans. J'étais contente pour lui, il le méritait. Après tout ce que je lui avais fait subir. Finalement, presque tout s'était arrangé.
Le serveur du room service m'interrompit dans mes pensées. J'allais ouvrir et je me dépêchais, la faim me tenaillait de plus en plus. Après avoir fini, j'entrepris de faire ma valise. Je ne voulais pas rester plus longtemps dans cet endroit. Dès qu'Edward serait de retour, nous partirions.
D'ailleurs, je l'entendais rentrer.
-Où étais-tu ? Lui demandais-je.
