Coucou les amis :) Me voilà fin prête pour vous poster ce troisième chapitre. Au menu : des prises de têtes, des prises de têtes et...une petite surprise à la fin ;) J'espère que ce chapitre vous plaira tout autant que les deux autres, même si je sais que ce que vous attendez par-dessus tout c'est les retrouvailles entre Kili et Fili. Il vous faudra avoir encore un peu de patience ;)
Mis à part ça je tenais à remercier du fond du cœur tous ceux qui m'ont laissé des reviews. Merciiii! :D Vous êtes géniaux :3 C'est très encourageant et ça me motive toujours davantage à continuer à poster :)
What else? Le rating risque peut-être d'évoluer en M, en raison d'une scène hypothétiquement violente (âmes sensibles s'abstenir donc) au prochain chapitre (peut-être, c'est pas encore sûr)
Je vous souhaite aussi une bonne année 2015! :D
Bonne lecture & enjoy !
Des grognements, encore et toujours les mêmes qui parvenaient à ses oreilles et résonnaient dans sa tête en un écho des plus désagréables. Des morceaux de phrases, des mots qu'il ne comprenait pas et, plus que tout, toujours cette douleur lancinante dans son corps...
Lorsque Kili rouvrit les yeux, plusieurs heures avaient dû s'écouler mais il n'avait pour autant aucune idée de l'heure précise qu'il pouvait être. Tout ce qu'il savait – et surtout ce qu'il remarqua – c'était qu'il était toujours prisonnier de cette lugubre cellule et que sa jambe ne le faisait pas moins souffrir, au contraire. C'était les cris des orcs qui l'avaient tiré de son demi-sommeil. Que pouvaient-ils bien encore lui vouloir ?
Cependant, il n'était plus dans le noir, du moins en partie. Il distinguait à présent une lueur orangée qui dansait sur les murs : une flamme, et cette flamme se rapprochait de lui. C'était un orc qui tenait une torche. L'espace d'un instant, toutefois, Kili s'était pris à espérer qu'il pourrait s'agir de Fili qui serait venu pour le libérer, mais non, il devait bien se rendre à l'évidence, ni Fili ni personne d'autre ne viendrait le chercher dans ce trou.
Durant plusieurs minutes, qui lui parurent une éternité, Kili oscilla entre éveil et léthargie, comme s'il ne parvenait pas totalement à se raccrocher au fil de la réalité. Allongé sur le sol humide de sa cellule, l'archer se sentait fiévreux, et pour cause, son front était brûlant et des gouttes de sueur lui glissaient dans le cou, détrempant un peu plus le col de sa tunique. Il était vraiment en mauvaise posture et il se sentait faible...
Il y avait le visage de Fili...ses yeux bleus, ses cheveux clairs, son sourire franc, sa voix rassurante... Ce n'était qu'une illusion, bien sûr, mais Kili aurait voulu croire que ça puisse être vrai. Il aurait tout donné pour que Fili soit à ses côtés en ce moment, oui...il aurait donné n'importe quoi pour que Fili le prenne simplement dans ses bras et pour qu'il lui dise que tout irait bien, comme autrefois lorsqu'il n'était encore qu'un enfant apeuré par le tonnerre d'été ou le noir de la nuit...
Mais il fut à nouveau brusquement rappelé à la réalité lorsque l'orc à la torche cogna contre les barreaux pour le faire bouger. Là, Kili se redressa, non sans éprouver tout le mal du monde pour se mettre debout. Il avait la désagréable impression que plus les heures passaient, plus sa blessure s'aggravait, ce qui en soi était malheureusement bien vrai.
L'orc ouvrit la porte de sa cage, et aussitôt, deux autres se saisirent de lui pour l'emmener dieu sait où.
Encore ces couloirs interminables et ces escaliers humides... Ici tout se ressemblait. En un sens, dans son malheur Kili s'estimait « heureux » d'être tenu par les deux orcs car sans cela il se serait retrouvé par terre, incapable d'avancer par lui-même tant sa jambe le lançait. Cependant il était sûr d'une chose : ce n'était certainement pas pour aller voir un guérisseur que les orcs l'avaient fait sortir de sa prison d'acier et il redoutait de voir quelle serait sa destination cette fois-ci...
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La compagnie de Thorin avait avancée sans relâche depuis l'enlèvement de Kili et le roi sous la Montagne n'était guère décidé à s'arrêter, pas plus que son neveu, Fili, lequel le suivait à bonne distance, concentré et silencieux. Même si personne ne disait mot, tous devaient bien avouer que la présence de Kili manquait cruellement dans le groupe, lui qui habituellement était si guilleret, si intrépide... Chacun des nains avait mal aux pieds ou ailleurs, évidemment, cela paraissait normal vu la déconvenue qu'ils avaient eu un peu plus tôt avec les elfes et les orcs et la cadence à laquelle ils avançaient depuis des heures, mais personne ne se permit d'émettre la moindre remarque quant à leur désir de faire une pause, car tout le monde savait dans quel état d'esprit se trouvait leur chef un état d'esprit qui ne laissait pas de place à la discussion.
- Il faut aller par-là, déclara Thorin, d'une voix forte, tandis qu'il s'apprêtait à prendre un tournant au milieu des arbres et des buissons.
Une chose toutefois ne manqua pas d'éveiller les interrogations de la compagnie. En effet, la forteresse de Dol Guldur se trouvait au sud de la Forêt Noire et pour l'atteindre, il leur faudrait à nouveau traverser le territoire des elfes. Néanmoins, Thorin ne se dirigeait pas par là et semblait même emprunter une bifurcation opposée, mais ils finirent par se dire que leur chef devait vouloir emprunter un raccourcit ou chercher à éviter une nouvelle confrontation avec les elfes. Aussi, tous suivirent en un mouvement unanime et silencieux. Tous sauf Bilbo. Le hobbit fermait la marche et avait bien du mal à tenir la cadence que leur avait imposé leur chef mais personne, mis à part Balin, ne semblait s'en préoccuper.
- Thorin, Bilbo a besoin de faire une pause, et nous aussi, déclara le nain à la barbe blanche à l'attention de son meneur. – Arrêtons-nous un peu.
Tous attendirent de voir comment allait réagir Thorin, et en effet, sa réaction fut telle qu'ils l'avaient prévu : vive.
- Nous n'avons pas le temps de faire une pause. S'il n'est pas capable de suivre, qu'il reste ici. Le jour de Durin approche, il faut que nous retrouvions le pont et que nous allions vers l'Est, répondit Thorin, d'un ton abrupt.
Bilbo ne voulait en aucun cas faire monter Thorin sur ses grands chevaux, et encore moins être à l'origine d'un quelconque conflit. Il savait que la situation était déjà suffisamment grave et s'efforça donc de faire comme si la fatigue ne l'atteignait pas le moins du monde. Mais Balin, lui, n'entendait pas renoncer. C'était d'ailleurs le seul qui osait ouvertement tenir tête à Thorin quand il jugeait cela nécessaire. Puis, ce fut Fili qui intervint, ignorant totalement les tensions entre Balin, Thorin et Bilbo. Seul lui importait le fait de retrouver son frère et il ne manqua pas de manifester son désaccord quant à la marche à suivre.
- Comment ça vers l'est ? C'est par là-bas qu'il faut aller, dit-il, en désignant un tout autre chemin que celui que voulait emprunter Thorin.
Son oncle s'approcha alors de lui et posa une main sur son épaule, d'un air grave, dur, d'un air que Fili ne lui connaissait que trop bien : celui du chef qui avait pris une lourde décision.
- Je sais que tu veux retrouver Kili, seulement... J'ai réfléchis. Il faut se rendre à l'évidence, il est sûrement déjà mort à l'heure qu'il est. Je ne peux pas prendre le risque de mettre la vie de chacun en danger pour nous jeter droit dans un piège. Il faut que nous poursuivions notre route, le temps presse.
Personne, à commencer par Fili, n'en crut ses oreilles. Certes, Thorin avait toujours agit en chef, intransigeant et réfléchis, mais sa réaction était totalement incompréhensible et tout le monde était sous le choc.
- Comment ça ? répliqua Fili, abasourdi, peinant à croire que les dures paroles qu'il venait d'entendre étaient bien sorties de la bouche de son oncle. – Tu disais que nous allions récupérer Kili à Dol Guldur et maintenant tu serais prêt à l'abandonner lâchement et à le considérer mort ?!
Thorin lui-même semblait être peiné par la décision qu'il avait dû prendre, toutefois il ne pouvait pas être faible et mener toute la compagnie à sa perte en fonçant tête baissée comme il avait été sur le point de le faire. Il fit quelques pas supplémentaires vers Fili et voulut poser une main sur son épaule, mais le nain blond se déroba vivement, tout en le fusillant du regard.
- Kili est mon frère et ton neveu et tu serais prêt à le laisser tomber ! C'est là toute la valeur qu'a la famille à tes yeux ?!
- Thorin, il a raison, on ne peut pas le laisser..., commença Balin, mais Thorin le coupa d'un geste de la main. Sa décision était irrévocable.
- Fili, essaie de comprendre. Tout ce que veulent les orcs, c'est détruire la lignée de Durin. Ils veulent nous détourner de notre quête, nous empêcher de reprendre Erebor. Il faut que nous restions unis et on ne peut tout remettre en cause pour une seule personne, même si elle est de notre famille. Un jour quand tu seras roi à ton tour, tu le comprendras. Kili l'aurait compris lui aussi, j'en suis sûr.
- Tout ce qui m'importe c'est de retrouver Kili au plus vite avant que ces pourritures ne le mettent en pièces si ce n'est pas déjà fait ! Alors ne me parle pas de « noble quête » ou de quoi que ce soit d'autre ! Rien ne sera jamais plus important que la vie de mon frère ! Et tu avais fait une promesse à notre mère, tu lui avais promis que tu ferais tout pour nous protéger Kili et moi, mais tout ce qui t'importe au final c'est de reprendre ton trône et rien d'autre n'a d'importance à tes yeux ! Tu es lâche et égoïste ! tonna Fili, qui laissa éclater toute sa colère.
- Fili ! l'appella Thorin, tandis que le blond, armé de ses épées, commençait à s'enfoncer dans la forêt.
Alors Fili se retourna une dernière fois pour faire face à son oncle. Lui aussi avait pris sa décision et il ne reviendrait pas dessus.
- Moi je vais aller chercher Kili, peu importe si tu m'accompagnes ou non. Je ne laisserais pas Bolg lui faire du mal sans rien faire.
- C'est un piège et ils te feront prisonnier ! tenta de le raisonner Thorin, mais en vain. Au fond il savait très bien que rien ne pourrait le faire renoncer. Et ainsi il vit son neveu disparaître pour de bon entre les arbres.
Un lourd silence s'était installé, pesant sur les épaules de chacun, mais surtout sur celles de Thorin. Ce dernier avait bien sûr remarqué les regards posés sur lui. « Comment peut-il abandonner Kili ? », « comment peut-il se montrer si égoïste ? », « c'est indigne d'un chef »... Thorin savait bien ce qu'ils pensaient, ce devait être tout cela à la fois.
Erebor... Il avait trop attendu pour y retourner, trop souffert pour reprendre leur terre, SA terre, celle qui lui revenait de droit. Il ne pouvait compromettre tout cela ni mettre en péril la vie de tous les membres de sa compagnie... Mais d'un autre côté, il ne pouvait faire abstraction de la douleur qui lui empoignait le cœur à l'idée que Kili puisse être mort par sa faute.
Non, Thorin n'était pas un être fait de pierre. Il était seulement un chef, un meneur d'hommes, et un meneur se devait de penser à sa troupe avant de penser à lui-même. Bien sûr, il savait que s'il décidait de suivre Fili jusqu'à Dol Guldur, les autres le suivraient sans l'ombre d'une hésitation, mais il savait aussi que se rendre là-bas signerait leur arrêt de mort à tous car il ne pouvait s'agir que d'un piège.
Thorin, au départ des Montagnes Bleues, avait promis à sa sœur, Dis, de veiller sur ses fils, surtout sur Kili, et voilà ce qui en résultait : il n'avait pas pu empêcher son enlèvement. C'était un échec en tant que chef, mais l'échec était encore plus cuisant dans son cœur d'oncle. Il avait élevé Kili et Fili comme ses propres fils toutes ces années, ce n'était pas pour les voir disparaître dans de pareilles circonstances...
Son cœur pleurait en silence, mais Thorin ne laissa pas une larme le trahir. Il ne pouvait se montrer faible aux yeux des autres. Alors, à regret, il se remit en marche dans la direction qu'il avait choisi d'emprunter.
- On ne peut pas laisser le petit y aller seul... déclara Balin, espérant peut-être faire plier son chef.
Personne n'avait contesté la décision de Thorin, mais pour autant, personne ne l'approuvait totalement non plus. La compagnie était déchirée : après avoir perdu Kili, voilà qu'ils allaient aussi perdre très probablement Fili.
- Il a fait son choix. Je n'y peux rien, répliqua Thorin, essayant de ne laisser transparaître aucune émotion dans sa voix.
Balin soupira légèrement et secoua la tête, dépité. Il avait peur. Peur pour Thorin, pour ce jeune roi si prometteur, celui qui leur avait redonné force et espoir sur le champ de bataille des années auparavant. Celui en qui il avait eu foi. Balin avait peur car il sentait le cœur de Thorin devenir chaque jour plus sec, plus renfermé. Il avait peur que la folie de l'or d'Erebor ne s'empare de lui comme elle s'était emparée de Thror, son grand-père. Jamais le Thorin qu'il connaissait jadis n'aurait abandonné les membres de sa famille, ni même qui que ce soit d'autre, à une mort certaine. Non, jamais.
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Cela faisait de longues heures que Fili marchait, avançant sans relâche à travers la forêt. A présent il faisait nuit noire et le nain ne pouvait repérer son chemin qu'à la lueur blafarde des rayons de lune qui filtraient à travers les branchages. Autant dire que la tâche était ardue. Mais Fili était bien décidé à retrouver Kili et rien ne pourrait entraver sa détermination.
Il avançait, le visage fermé, la mine sombre, ne prêtant pas même attention à tous les bruits étranges alentours. Il pouvait bien s'agir de loups, d'ours, de Wargs ou de dieu sait quoi d'autre, il n'en avait que faire. Rien ni personne ne l'empêcherait de retrouver Kili. Mais plus il progressait, plus les feuillages épais et touffus rendaient son avancée difficile. La lumière était quasi nulle et Fili dû se rendre à l'évidence : avec de telles conditions il risquait davantage de se perdre lui-même que de prendre la bonne direction pour rejoindre son frère. Il soupira rageusement et s'assit sur un tronc d'arbre renversé. Il n'avait visiblement pas d'autre choix que de s'arrêter ici jusqu'à l'aube.
Fili leva son regard vers le ciel, lequel lui était en partie dissimulé par les arbres. Il pouvait tout de même percevoir la faible lueur de la lune et il demeura ainsi un moment, songeant. Son cœur se serra. Où était Kili ? Dans quel état était-il ? Etait-ce déjà trop tard comme Thorin l'avait laissé entendre ? Non, ça il ne pouvait le croire ! Kili était loin d'être faible, il le savait. Il résisterait jusqu'à ce qu'il vienne le chercher. C'est du moins ce dont Fili essaya de se persuader pour trouver un semblant de calme.
- Kili..., murmura-t-il, las.
Il aurait tout donné pour qu'on lui rende Kili, pour pouvoir à nouveau le serrer dans ses bras, comme avant. Il resongea à la douceur de son visage, à son sourire malicieux, à ses prunelles chocolat qui rayonnaient toujours de fougue et de joie de vivre... C'était ainsi qu'était Kili. Son Kili...
Le blond s'imagina en train de glisser tendrement une main le long de sa joue. Il imagina le doux sourire enfantin que Kili lui aurait adressé. Puis, il se rêva en train de le serrer contre lui, sentant leurs cœurs battre à l'unisson dans une douce étreinte. Son esprit lui renvoya l'image des lèvres de Kili et Fili s'imagina goûter leur saveur.
Il aurait voulu pouvoir lui dire à quel point il l'aimait chaque jour et chaque nuit. Il aurait voulu connaître par cœur chaque parcelle de sa peau, de son corps, chacun de ses frissons, de ses soupires... Il aurait voulu l'entendre murmurer son nom dans un souffle chaud, le cœur battant. Il songea à déposer ses lèvres dans le cou de l'archer, à l'embrasser avec ardeur jusqu'à lui en faire perdre la raison. Il se demanda comment Kili aurait réagi s'il avait eu le courage, ou plutôt la folie de lui avouer qu'il l'aimait depuis toujours. Les choses auraient-elles pu être différentes ? Kili aurait-il pu partager ses sentiments ?
Mais un craquement sonore de branchage au sol le tira soudain de ses pensées. Aussitôt, Fili se redressa et se saisit d'une de ses épées, la main solidement enserrée autour de la garde. Il scruta les alentours et ne vit rien. Le nain n'aimait pas ça. Il y avait quelque chose tout près, il en était certain. Il devait à tout prix rester sur ses gardes car ce « quelque chose » pourrait surgir de nulle part d'un instant à l'autre et Fili n'avait aucune idée d'à qui ou à quoi il avait affaire. Un instant d'inattention et tout serait perdu. Il fronça les sourcils et regarda à plusieurs reprises tout autour de lui.
Mais alors qu'un nouveau craquement – à peine perceptible cette fois – se fit entendre dans un buisson derrière lui, Fili fit volte-face et brandit sa lame, laquelle s'entrechoqua avec une autre dans un bruit sourd de métal, à sa plus grande surprise.
Il n'avait en face de lui ni un orc, ni un gobelin, ni toute autre créature déplaisante qui grouillait dans la forêt, mais la plus surprenante de toutes : le hobbit, Bilbo Sacquet.
Que faisait-il ici à une heure pareille et pourquoi ? L'avait-il suivi ? Etait-il seul ou la compagnie de son oncle était-elle tout près ? Tout cela constituait pour le moment un mystère qui rendit Fili pour le moins perplexe. Bilbo allait devoir lui fournir quelques explications...
A suivre...
Et comme toujours, vos reviews sont les bienvenues ;)
