*Lève les mains pour se protéger du déluge de tomates pourries et autres résidus végétaux qui s'abat sur elle* Désolée pour cette très très longue absence de deux mois (plus ou moins, je ne sais même plus), je ne vous ferai pas l'étalage de mes aventures dans le monde réel, qui donnent la raison de mes vacances prolongées, parce que vous vous en foutez sûrement. Toujours-est-il qu'un déménagement, une vente de maison, un séjour chez divers membres de famille et une crise de flemme légendaire même pour moi, ben... Ça prends du temps. Mais n'ayez crainte, je ne suis pas décédée pour autant, j'ai bien lu tous vos Reviews et je vous adore tous! Alors sans plus tarder, et milles excuses une fois de plus pour le délai, voici le chapitre 3!
Des réponses à la question que certains m'ont posée se trouvent dans ce chapitre!
Sur ce, bonne lecture, je vous fous la paix maintenant.
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Chapitre 3
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Il avait mal. Partout. Voilà la première chose dont il se rendit compte.
La seconde chose dont Rogue se rendit compte était qu'il se trouvait sur un sorte de nid épais fait de coton blanc. C'était doux et confortable. Il resta allongé, immobile, savourant la sensation chaude et agréable du nid moelleux. Il se sentait... En sécurité. Il ne semblait y avoir aucune raison de devoir bouger de là.
Un souvenir vague frôla son esprit, pénétrant la torpeur dans laquelle il se trouvait. Il essaya de l'ignorer, mais la mémoire lui revenait malgré ses efforts. Potter marchant dans les rues de Little Whinging. McNair. Une lame de feu qui arrivait sur lui.
Une poussée d'adrénaline le fit se mettre debout précipitamment. Il se rendit vite compte que ce n'était pas une bonne idée; une douleur aiguë lui traversa le cou, l'épaule et le flanc, lui coupant le souffle et l'empêchant même de crier. Secoué, il s'effondra de nouveau sur le nid de coton. Clignant les yeux pour se débarrasser du vertige qui l'avait saisi, il tendit le bras pour constater les dégâts à son bras et son épaule. Mais au lieu d'une main humaine, il vit un membre couvert de fourrure, duquel partait de longs doigts reliés entre eux par une membrane parchemineuse. Toujours dans sa forme animale, visiblement.
Rogue abandonna ses efforts d'auto-éxamination— pour le moment, du moins— et se mit à observer l'endroit où il se trouvait. Il se déplaça un peu dans son nid et pût constater qu'il se trouvait effectivement allongé sur de l'ouate blanche. Quelqu'un en avait tapissé le fond d'une petite boite en carton et l'avait placée dans— il leva la tête et regarda autour de lui— ce que semblait être une cage à oiseau. Un oiseau assez grand, vu la taille de la cage, comme un perroquet ou un hibou, se dit-il. D'apres l'odeur, c'etait probablement un hibou; la cage avait été récemment nettoyée, mais son odorat animal parvenait tout de même à distinguer l'odeur de l'occupant précédant de la cage.
La cage faisait environ un mètre de haut, et était assez large pour permettre à son occupant d'ouvrir partiellement ses ailes. Au-dessus de lui se trouvait un perchoir solide en bois. Suspendu au sommet de la cage étaient deux petites clochettes en métal. Des fines bandes de métal tordues tenaient en place un os de seiche, et d'autres retenaient un petit miroir. Une mangeoire et un récipient à eau étaient accrochés à un niveau facilement accessible à l'oiseau perché. Le sol de la cage était tapissé de journaux propres, et posé devant sa boite étaient deux bols; de l'eau et— Rogue renifla— des fraises. Il ne pouvait pas voir ce qu'il y avait à l'extérieur, un tissu bleu recouvrait la cage. Un peu de lumière filtrait par en dessous; il devait faire jour, dehors.
Rogue tendit l'oreille. Il pouvait distinguer des sons, dehors— chants d'oiseaux, cris d'enfants, vrombissements de moteur— qui provenaient sans doute d'une fenêtre ouverte, mais la pièce dans laquelle la cage se trouvait était silencieuse. Pas un bruit de pas, de respiration, de battement de cœur. Ilse dit qu'il pouvait procéder à l'inspection de son corps sans risque immédiat.
Rogue fit l'inventaire de ses diverses blessures et douleurs. La douleur la plus forte se trouvait sur son épaule droite. Se souvenant du disque de flammes, il se retourna précautionneusement pour inspecter les dégâts. À sa surprise, il vit que la blessure était bandée d'une manière assez compétente. Un tampon de gaze épaisse recouvrait son épaule, retenue par un bandage qui s'enroulait autour de son torse et sous son aile. Sous les bandages, son odorat pouvait détecter une odeur vague... Le parfum d'une pommade faite, s'il ne se trompait pas, d'écorce de bouleau, avec un peu de vanille, de la partenelle et de l'églantine. Étrange... Cette pommade contre la douleur et l'infection ressemblait exactement à celles qu'il aurait préparé lui-même.
Grimaçant de douleur, Rogue se traîna vers les bols qui étaient posés au sol. Il n'était pas intéressé par la nourriture, mais sa gorge était complètement sèche. Il renifla l'eau— des extraits de camomille et de lavande y avaient été ajoutés; pas trop, juste assez pour le mettre à l'aise et le calmer. Il hésita quelque instants, puis avala quelques grandes gorgées avant de retourner à son nid.
Se mouvant doucement pour ne pas abîmer son aile encore plus, il s'assit pour réfléchir. Il était perplexe.
Il fallait regarder le bon côté des choses; celui qui l'avait ramassé l'avait fait dans intention de l'aider. Mais quelle genre de personne voudrait ramasser une chauve-souris blessée, et consacrer de temps à essayer de la soigner? Un enfant Moldu, peut-être— de nombreux enfants, sorciers ou pas, s'essayaient à 'sauver' des animaux blessés. Même si il ou elle avait pu échapper à la vigilance d'une mère pour ramener un animal blessé à la maison, un jeune enfant n'aurait pas su bander sa blessure avec tant d'expertise. Et un Moldu adulte aurait peut-être su mettre les extraits de plante dans son eau, mais seul un sorcier aurait pu préparer le mélange complexe de plantes et de minéraux qui composaient la pommade sous son bandage.
Le fait qu'un sorcier l'ait trouvé ajoutait un nouveau souci à sa liste. Il était certain qu'on lui avait jeté l'Animagus Revelio; même s'il avait été gravement blessé par le sortilège de Bellatrix et la chute, il avait plus mal qu'il n'aurait du s'il ne s!était que blessé. La potion qu'il avait créé pour annuler les effets du sort (une potion qui ne l'aurait pas aidé s'il avait usé de la Métamorphose pour se transformer) semblait avoir fonctionné, mais l'épuisement total de son corps était plus fort qu'il ne l'avait estimé. Chacun de ses muscles étaient endoloris, comme s'ils s'étaient battus de toutes leurs forces pour maintenir leur forme animale, et chacun de ses mouvement lui faisaient souffrir.
Donc... Si un sorcier lui avait jeté le sort, et que sa potion avait marché, pourquoi ce sorcier déciderait-il ensuite de le soigner, sauf pour l'interroger plus tard? Et s'il allait être questionné, pourquoi le mettre dans une cage ou il ne pourrait se retransformer en humain? Et, le plus préoccupant; Ses géoliers le soupçonnaient-t-ils encore d'être un animagus? Comment le pouvaient-ils, alors que la potion avait fait son effet et avait annulé le sort? Lui et lui seul connaissait l'existence de cette potion; même Dumbledore l'ignorait, pour le moment. L'idée que son camouflage avait été découvert le troubla profondément.
Le mal de crâne qui le menaçait depuis son réveil s'installa définitivement. Affaibli par la douleur et les pertes de sang importantes qu'il avait subi, il céda aux effets des herbes relaxantes.
Lorsque Rogue se réveilla de nouveau, la douleur dans son membre droit s'était atténuée, et n se faisait presque plus sentir dans son épaule. Il sentit arrière-gout de quelque chose dans sa bouche— une potion pour faire diminuer la fieve, découvrit-il, avec une autre, un antalgique. Il ouvrit lentement les yeux et leva la tête hors du nid de coton.
Le drap avait été ôté de sa cage. Il faisait sombre dehors— Rogue pouvait apercevoir le ciel étoilé à travers une petite fenêtre carrée. Une petite brise fit onduler les rideaux miteux qui pendaient devant la vitre. Sans bouger, il observa le reste de la pièce.
La chambre était petite, aux murs peints en beige terne. Le sol était nu. Sa cage était suspendue à un crochet dans un coin, près de la porte. En face de lui se trouvait un lit étroit; petit était fait, mais la couverture usée était froissée, comme si quelqu'un s'y était assis récemment. Une petite lampe de chevet se trouvait sur une table de nuit en piteux état, et éclairait pièce d'une lumière blafarde. Sur la table de nuit étaient également posés un album de photos à la couverture de cuir, un verre d'eau à moitié plein, et un livre— Rogue pouvait en distinguer le titre— Le Quidditch à travers les Âges. Suspendu au-dessus de la tête de lit était une bannière rouge sur laquelle le lion de Gryffondor se détachait en doré. Une grande malle ouverte, d'où dépassait quelques affaires, était posée au bout du lit.
Dans le coin près de la porte se trouvait une armoire qui avait vu des jours meilleurs; une des portes avait le loquet cassé, et était légèrement entrouverte. Sous la fenêtre était un minuscule bureau branlant sur lequel était éparpillés divers livres de magie, feuilles de parchemin, plumes et une bouteille d'encre. La chaise posée devant était simplement faite et n'allait pas avec le bureau; un des pieds était mal joint, et était plus court que les trous autres de quelques centimètres.
La porte était fermée. Une sorte de petite trappe, comme une chatière, y était installée pour une raison qui échappait totalement à Rogue.
Ça n'était pas difficile de deviner chez qui il avait atteri— le lieu de sa chute, la bannière aux couleurs de Gryffondor, les livres et fournitures scolaires de l'élève magique moyen, le Quidditch à travers les Âges. Même la cage avait un sens; Rogue savait que l'animal familier du garçon se trouvait avec Hagrid. Mais Rogue se sentait toujours confus. Si on lui avait demandé à quoi cette pièce pourrait servir, il n'aurait certainement pas répondu la chambre du grand Harry Potter. Il aurait plutôt dit une salle de stockage (pour entreposer de vieux meubles, par exemple) dans une maison sans aucune autre pièce disponible, qu'on aurait organisée à l'arrache pour un invité imprévu qui n'allait pas rester longtemps. Passable (à peine) comme abri, réduite au strict minimum de confort, mais surtout pas un sanctuaire tranquille pour adolescent. Elle ressemblait à la chambre qu'il avait eu pendant son adolescence après qu'il ait commencé à Poudlard.
Les réflexions de Rogue furent interrompues par le bruit de la porte qui s'ouvrait, et le sujet de sa pensée lui-même entra dans la pièce.
C'était la première fois depuis la fin des cours que Rogue le voyait de près. Le garçon avait toujours été un gringalet, mais il avait l'air plus maigre que d'habitude. Il avait aussi l'air mal en point; des cernes sombres rendaient son teint maladif plus pâle encore et ses épaules étaient voutées par la fatigue ou le poids d'un chagrin profond, ou les deux. La mort de Black, sans doute, pensa Rogue.
Potter ferma la porte, se retourna, aperçut la chauve-souris éveillée et se figea.
"T'es réveillé," dit-il à voix basse.
À l'exception de son premier jour de cours, Potter n'avait jamais regardé Rogue qu'avec méfiance, peur, colère ou haine. Maintenant, il avait plutôt l'air... curieux, son visage doux. Il s'approcha lentement et avec précaution de la cage, exactement comme s'il était près d'un animal effrayé— ce qui était bien sur, exactement ce qu'il croyait faire.
"Hé bien, tu as l'air d'aller un peu mieux." Le garçon parla à voix basse d'un ton apaisant. "Je t'ai apporté quelque chose de plus frais, si tu as faim. Tu devrais en manger cette fois-ci... tu dois prendre des forces..."
Il ouvrit doucement la porte de la cage, sortit le bol, et vida les baies flétries dans une corbeille sous le bureau. Il déposa quelques tranches de pomme dans le bol et le remit sur le sol de la cage. Rogue l'observa avec méfiance.
"Tu devrais les manger,' dit le garçon d'un air encourageant. "Je suis allé à la bibliothèque pour voir quels genres de fruits tu manges... Les fruits, ça, je peux faire. Heureusement que tu ne manges pas d'insectes!" Il sourit un peu.
Potter recula jusqu'à sa malle. Lentement, il s'assit dessus, ne quittant pas la gage des yeux et dévisageant avec fascination l'animal à l'intérieur. Sans doute la première fois qu'il voit une chauve-souris de près, se dit Rogue. On dirait que ses yeux vont sortir de leurs orbites, cet imbécile.
"Tu t'es bien amoché l'aile,' dit Potter d'une voix qui se voulait calme et rassurante. " J'ai fait de mon mieux pour te soigner avec ce que j'ai, mais je ne connais pas beaucoup de sorts pour soigner les blessures et de toute façon je n'ai pas le droit de faire de la magie. Le Ministère l'apprendrait."
Il se tint immobile sur la malle— plus immobile que dans mon cours, grommela Rogue en lui-même. Le garçon avait l'air à l'aise, les bras relâchés et les mains posées sur ses genoux recouverts de toile en jean rapiécée et usée.
"Bon, je vais laisser ta cage découverte, puisque tu vas rester éveillé maintenant,' Potter dit enfin, croyant qu'il rendait nerveux la chauve-souris. " demain je regarderai ton aile, et je te donnerai d'autres potions. Je sais pas combien de temps tu vas mettre à guérir— j'espère que tu pourras partir avant qu'Hedwige revienne, je ne pense pas qu'elle apprécierait un autre animal de compagnie."
Animal de compagnie!, pensa Rogue furieusement. Suis-je vraiment tombé aussi bas? Comment je vais faire pour me sortir de cette situation? J'aurais presque préféré être capturé et interrogé par des Mangemorts!
'Je devrais peut-être de donner un nom pendant que tu restes avec moi,' poursuivit l'adolescent. Il parut réfléchir un moment. "Je pourrai t'appeler 'Rogue' ou 'Severus'— tu ressembles un peu à mon salaud de Professeur de Potions!" il sourit impudemment.
Rogue ne put retenir un crachement de colère.
"Ouais, t'as raison— tu mérites mieux. Tiens, je vais te donner un mon qui ressemble un peu à ça; Spartacus. J'ai vu ça dans un livre d'Histoire." Potter lui envoya un sourire. "Spartacus était un esclave qui est devenu un guérrier, et qui a ensuite libéré d'autres esclaves. J'espère que je pourrai bientôt te libérer toi aussi."
Le garçon se leva, récupéra un pyjama bleu usé et une brosse à dents dans l'armoire, et disparut en direction de la salle de bain.
Rogue se sentait complètement dépassé. Comment était-il censé se sortir de cette situation? Dumbledore était sans doute déjà inquiet, et si le Seigneur Noir le convoquait?
Peut-être que Potter parlera de moi dans une de ses lettres à Lupin ou le garçon Weasley, se dit Rogue. Puis il se rendit compte que ça ne lui servirait à rien, puisque seul Dumbledore savait qu'il était un Animagus. De plus, l'Ordre avait des choses plus importantes à discuter lors de leurs réunions que l'acquisition récente du Garçon-qui-a-Survécu d'une chauve-souris blessée; il était extrêmement improbable que quelqu'un parle de lui au cours d'une réunion.
Il était probable, par contre, que Potter le sortirait de sa cage lorsqu'il s'occuperait de sa blessure. Mais ensuite? Devrait-il tenter de se retransformer, au risque de compromettre sa couverture? Potter serait incapable de garder un tel secret, Rogue en était sûr; d'ici la rentrée, tout Poudlard serait au courant— non seulement la Chauve-souris des Donjons en était vraiment une, mais avait en plus était mis en cage, et par Potter, en plus! Rien que d'y penser l'horripilait. Non, mieux valait attendre que Potter le sorte de la cage, puis s'enfuir vers la fenêtre. Si elle avait été laissée ouverte. Et si son aile était assez guérie pour qu'il puisse voler. Rogue tendit un peu l'aile pour mesurer l'étendue de la douleur, puis, grimaçant, laissa tomber. Donc, je vais être forcé de jouer l'animal de compagnie de Potter pour Merlin sait combien de temps. Géee-nial.
La porte s'ouvrit— Potter était de retour. Il ferma la porte, rangea la brosse à dents dans l'armoire, et se coucha, ôtant ses lunettes au passage et les posant sur la table de nuit. Rogue put clairement voir, sans que les lunettes de James Potter leur fasse obstacle, les yeux verts et expressifs de Lily.
"Bonne nuit, Spartacus", dit le garçon à voix basse. Il éteignit la lampe de chevet, et la pièce s'obscurcit, à l'exception d'une lueur orangée provenant des réverbères dans la rue. Potter tira la couette sur lui, puis s'allongea; au bout de quelques minutes, sa respiration changea de rythme et il s'endormit profondément.
Lâchant un soupir de découragement, 'Spartacus' se dirigea vers le bol de nourriture pour un repas de tranches de pomme. La convalescence allait être très longue.
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Le prochain Chapitre sera du point de vue de Harry, pour ceux qui en ont marre de la Chauve-Souris grincheuse qu'est Severus.
Merci merci merci à tous ceux qui ontFFRés, vous êtes tous géniaux, et vous méritez tous votre part de tiramisu que je viens de décider de vous offrir. On en est à 73 Followers, le 100e reçoit une peluche virtuelle de Chauve-souris/Rogue! Vous savez maintenant qu'avec moi, c'est très irrégulier les Chapitres, alors pour être au courant du prochain chapitre... Abonnez-vous!
...euh...
Ah mince... J'me suis trompée de site, ça c'est pour Youtube... Désolée..
Enfin bref, appuyez sur le bouton Follow!
-C.S
