Bonjour à tous ! Voici la suite (tant ?) attendue de la fic de Speedy-of-77 : Harry Potter et les 10 pouvoirs. Les premiers chapitres peuvent être trouvés sous le profil de Speedy (voir l'adresse dans ma bio).

Disclaimer : Eh non, rien ne m'appartient ! Enfin si, l'histoire, quand même. Quoique… Après tout, cette fic est une idée de Speedy, à l'origine… Et comme je suis son plan… Bref, tout ce que vous pouvez considérer comme nouveau par rapport à l'œuvre de J.K. Rowling est à Speedy, et le reste est à… J.K. Rowling, bien sûr !

Spoiler : Les cinq premiers volumes d'Harry Potter.

Et maintenant, place à l'histoire. Enjoy & review !

Harry Potter et les 10 pouvoirs :

Chapitre 24 :

Lorsque Harry reprit conscience, il n'ouvrit pas tout de suite les yeux. Il tenta tout d'abord de savoir s'il n'avait pas de fracture. Rien, apparemment. Seuls de léger mouvements dans sa main droite lui chatouillaient la paume. Quant à l'endroit où il était allongé, il était cotonneux, doux. Résigné à découvrir les murs immaculés de l'infirmerie, il ouvrit les yeux.

Ce qu'il vit le stupéfia. Ou plus exactement, ce fut le fait de ne quasiment rien voir qui le stupéfia. Partout autour de lui, il ne voyait que la brume. Il était comme assis sur un nuage. Ou à l'intérieur d'un nuage. Quoiqu'il en soit, le paysage autour de lui était caché par la brume. Ou n'était-il entouré que de brume ? N'y avait-il rien au-delà ?

Il sentait un vent vif fouetter son visage, et il n'en était pas tellement mécontent, car l'air pur faisait du bien à ses poumons, et la sensation d'oppression avait disparu. Le troisième Pouvoir était tout proche. Mais que lui faudrait-il faire, cette fois-ci ? Devrait-il se battre contre une armée d'Héliopathes ? Harry sourit lorsque cette pensée lui vint : décidément, il fréquentait trop Luna… Une seule chose était sûre : il allait recevoir ce nouveau Pouvoir. Le troisième. Mais lequel ? Et que devait-il faire, désormais ? Voler ? A peine eut-il formulé cette idée qu'il prit conscience de ce qu'il n'était plus sur son balai, celui-ci n'étant d'ailleurs pas à proximité. Ouvrant son poing toujours serré, il se rendit alors compte qu'il tenait encore le Vif dans sa main, et il le laissa voleter de-ci de-là. Il essaya alors de marcher, craignant que le sol ne se dérobe sous ses pas, mais lorsqu'il eut reposé le pied, il eut l'impression qu'il marchait dans un océan de coton. La matière au-dessous de lui était douce mais ferme et le soutenait sans difficultés. Finalement, ne voyant rien aux alentours, il se décida à avancer.

Et il marcha ainsi pendant plusieurs minutes dans la brume sans rencontrer le moindre obstacle, avant d'arriver devant ce qui paraissait être un escalier de brume. La sensation était vraiment bizarre, de se dire qu'il était en train de marcher sur de l'air. Soudain, le déclic se fit en lui. Bien sûr, il s'agissait du Pouvoir de l'Air. Ce qui expliquait ses symptômes : la sensation d'étouffement, les quintes de toux. Tout était lié à sa respiration, donc à l'air. Confiant, il se mit donc à descendre les marches de brume, et après ce qu'il lui semblait être des heures de descente, il arriva devant une énorme porte, elle aussi faite de brume. Tournant la poignée, il voulut ouvrir, avant de se rendre compte que la porte était fermée à clé. Paniquant, il essaya de forcer l'ouverture, poussant, tirant, frappant de toutes ses forces. Il faillit même se démettre l'épaule en tentant de la défoncer, mais il se rendit compte à cet instant que si elle était faite uniquement d'air, elle était plus solide encore que les Grandes Portes de l'entrée du château.

« Il ne sert à rien d'essayer de l'ouvrir, Harry Potter. », intervint une voix derrière lui. « Je suis le seul à en posséder la clé, et c'est toi qui l'acquerras lorsque tu recevras le Pouvoir. Si tu es toutefois capable de l'obtenir. »

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Bien au-dessous de ce lieu mythique dont les sorciers avaient oublié l'existence, la panique était à son comble. Car contrairement à la fois précédente, tout le monde avait remarqué que le jeune Gryffondor avait disparu. Tout comme le Vif, d'ailleurs. L'équipe des lions avait gagné par 230 à 20, Mrs. Bibine l'avait confirmé, mais c'était bien là le cadet des soucis des treize joueurs restés sur le terrain malgré la pluie et la fin du match. Aussitôt que l'arbitre eût officialisé la fin du jeu, le professeur McGonagall fit évacuer les gradins. Peu après, le professeur Dumbledore en personne arriva accompagné de Ron, Hermione et Véla. S'approchant des joueurs de Gryffondor et de Serdaigle, aussi blêmes que Nick ou la Dame Grise, il leur signala qu'ils n'avaient pas à s'inquiéter et que Harry reviendrait assez rapidement. Puis il leur conseilla de rentrer se chauffer dans leurs Salles Communes respectives avant de repartir lui-même vers le château.

Il invita les deux Gryffondor et la Serpentard à le suivre, puis se dirigea vers son bureau. La gargouille les laissa passer et ils gravirent les marches avant de parvenir devant la grande porte en bois verni. Dumbledore l'ouvrit et ils pénétrèrent tous les quatre dans le bureau directorial. Ron, qui, s'il était déjà venu dedans, avait été trop préoccupé ce jour-là pour en tenir compte, regardait avec un émerveillement croissant les différents objets, comme l'épée de Gryffondor, toujours rouge du sang du basilic et de retour dans sa vitrine, les nombreux détecteurs de magie noire ou la Pensine, visible à l'intérieur de l'armoire entr'ouverte. Coupant court à cette admiration béate du jeune homme et au regard appréciateur d'Hermione, Dumbledore conjura deux sièges et leur proposa de s'asseoir.

« Je crois savoir que Harry vous a parlé à tous les trois de la Prophétie des Dix Pouvoirs ? »

Les jeunes gens acquiescèrent, ne cherchant même pas à savoir comment le vieux directeur savait cela.

« Bien. Il me semble que le temps soit venu pour lui de recevoir le troisième de ses Pouvoirs. Quel est-il, je ne le sais pas. Quoi qu'il en soit, il est quasiment certain qu'il ne l'obtiendra pas sans douleur. C'est ce qui s'est passé lorsqu'il a reçu le Pouvoir de l'Eau, et il y a fort à penser qu'aucune exception ne confirmera cette règle. Il se peut donc… Il est même fort probable, que Harry soit retrouvé sans connaissance. Vraisemblablement sur le terrain de Quidditch, puisque c'est de là qu'il a disparu. Souvenez-vous que pour le Pouvoir de l'Eau, il avait été retrouvé près du lac, ramené, selon Miss Wolf, par les êtres de l'eau eux-mêmes. J'espère que je peux donc compter sur vous pour vous relayer avec les professeurs afin d'éviter qu'il ne soit découvert par des personnes mal intentionnées. »

Les trois jeunes gens, comprenant le sous-entendu, hochèrent gravement la tête. Il était évident qu'il valait mieux éviter que Malefoy tombe par hasard sur le jeune Gryffondor si celui-ci était à sa merci. Et malgré leur répulsion envers les Serpentard, les deux amis de Harry savait que Véla aurait à cœur de les aider.

Il fut entendu que Ron écrirait à ses frères pour avoir le mot de passe de la Carte des Maraudeurs, et que Hermione y jetterait un sort pour les prévenir si quelqu'un apparaissait sur le terrain pendant qu'ils étaient dans leur dortoir. De son côté, Véla suivrait chaque entraînement de Serpentard avec le professeur Rogue afin de permettre à Harry de ne pas faire face à une équipe de sept joueurs ayant à cœur de venger leur défaite et de livrer leur ennemi au Seigneur des Ténèbres. Les professeurs se relaieraient, eux, toutes les heures jusqu'au souper, et ce, jusqu'à ce que le jeune Gryffondor soit retrouvé.

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Harry se retourna et vit un homme d'une grande beauté pourvu d'ailes immenses repliées dans son dos.

« Qui êtes-vous ? », demanda le jeune homme, sur la défensive.

L'homme sourit face au ton utilisé et répondit :

« Qui je suis ? Mon nom importe peu. J'en ai porté tant. Mais puisque tu tiens à le savoir, le plus connu d'entre tous est Eole. »

« Mais… Eole est le nom d'un dieu grec ! »

« C'est exact. Mais un sorcier maîtrisant le vent était considéré comme un dieu, ou tout au moins comme un demi-dieu, à l'époque. Et il en est de même pour Hélios, l'un de mes meilleurs amis, qui était parvenu à maîtriser le feu. Le pauvre, il a été un peu trop enthousiaste, un jour, et il s'est brûlé lui-même. La vie est parfois bien étrange… Les forts partent, les faibles restent. J'étais le plus faible de nous deux. Et je suis toujours là. »

« Mais c'est impossible que vous soyez encore vivant, si vous êtes né du temps des anciens grecs. »

« Tu n'es pas le seul à avoir fait l'objet d'une prophétie, Harry Potter, le sais-tu ? Ma naissance elle-même a été annoncée à mes parents par la Grande Prophétesse de l'île de Delphes. Oh, bien sûr, elle n'était pas en communication avec quelque Apollon que ce soit, mais c'était une vraie voyante, qui avait le malheur d'être en transe en quasi-permanence, dès qu'elle voyait quelqu'un. C'est pourquoi elle est morte très jeune, ne pouvant plus même manger. Mais là n'est pas notre sujet. La Prophétesse a prédit que les jours de nombre d'hommes seraient noyés dans les flots du Styx avant que la Parque ne vienne me chercher. Car je ne mourrais pas avant que mes yeux n'aient vu l'élu qui combattrait les ténèbres et pourrait comme moi maîtriser le Pouvoir de l'Air. Nombre de sorciers et sorcières de tous âges et de tous horizons sont venus ici, que j'estimais capables. Mais une seule m'a convaincu autant que toi. Une autre prophétesse d'ailleurs, du nom de Rowena Serdaigle. Toutefois, la voyance était plus ancrée en elle que le désir de recevoir le Pouvoir, et j'ai du la laisser partir sans le lui donner. A toi de me prouver que tu es l'élu de la prophétie, que c'est toi qui permettras à mes yeux de se fermer et me donneras de dormir enfin du long sommeil de la Mort. »

« Pour un esprit équilibré, la mort n'est qu'une grande aventure de plus, c'est cela ? »

« Je vois que tu connais Albus ? Un garçon assez amusant, je dois dire. Et très intelligent. Il m'a tout de suite dit qu'il ne souhaitait pas maîtriser les éléments, et qu'il n'avait d'ailleurs aucun mage noir à combattre. Qu'il me faudrait donc attendre un autre élu. Et il a été le seul à me demander pourquoi j'attendais tant la mort. Cette phrase qu'il t'a dite, elle est de moi, à l'origine. Salue-le de ma part, lorsque tu le verras. De toute manière, si tu es l'élu, je devrais le revoir bientôt, parce qu'il se fait vieux, après tout. »

« Et que dois-je faire, pour obtenir le Pouvoir de l'Air ? », demanda Harry.

Le sourire de l'homme s'élargit et se fit presque carnassier.

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Un esprit équilibré ? Ce n'est pas le terme qu'aurait utilisé Harry, lorsqu'il vit l'épreuve qu'il devait affronter. Un psychopathe, oui ! L'inspirateur de Voldemort, c'était sans doute lui. Il aurait tout imaginé, mais ça, non ! Même Hagrid ne l'aurait pas fait. Tournant le regard vers l'homme désormais à ses côtés, il lui demanda d'une voix tremblante :

« Vous en êtes vraiment certain ? »

« Tu n'as pas le choix, Harry Potter, si tu es bien l'élu, tu devras les vaincre. »

« Mais je croyais qu'il était impossible de leur survivre sans être sérieusement blessé. »

« T'ai-je dit que ceux qui t'avaient précédé étaient repartis indemnes ? », répliqua Eole d'un ton désinvolte.

Harry blêmit malgré lui. Ils faisaient partie des animaux que Hagrid considérait comme étant trop dangereux, ce qui n'était tout de même pas rien. Et même en Défense Contre les Forces du Mal, ils n'avaient pas encore appris comment se défendre des attaques d'un phœnix noir. Cette créature n'était au programme qu'en septième année. Les phœnix maudits. Des créatures aberrantes créées par un mage noir du nom de Paleïkos, qui avait causé par ses phœnix corrompus la destruction de la cité d'Atlantide, et qui aurait fait connaître le même sort à toutes les autres cités grecques n'acceptant pas de le suivre s'il n'avait commis l'erreur de s'approcher de l'île pour contempler sa ruine. Le plus grand mage de la cité l'avait alors touché d'un sort inconnu du commun des sorciers qui l'avait lié à lui corporellement : ainsi le mage s'était-il retrouvé noyé à l'air libre, tandis que son ennemi s'enfonçait sous les eaux.

Privées de maître, les créatures avaient commis des ravages dans toute la Grèce, indomptables, avant de disparaître mystérieusement, pour ne réapparaître qu'épisodiquement, toujours aux côtés de mages blancs, apportant malgré tout la désolation dans chaque camp. C'est pour cette raison qu'ils avaient été considérés comme des créatures des Ténèbres. Et il n'y avait pas ici un seul phœnix, comme cela était le cas les rares fois où ils avaient été observés. Il y en avait des dizaines, arrivés dès lors que leur maître les avait appelés.

Et pour obtenir le Pouvoir, il devrait les combattre et les vaincre. Bien qu'il fût certain d'être l'élu, cela ne suffisait pas à le rassurer pour autant. Ces créatures étaient quasiment invincibles. Et d'ailleurs, en tant que phœnix, ils étaient immortels. Il lui était donc impossible de les vaincre.

Pourtant, Eole semblait affirmer le contraire. Harry réfléchit à toute vitesse. Dans ce genre de situations, il y avait deux possibilités : soit on attaquait à tout va, estimant que l'attaque était la meilleure défense, au risque de subir des attaques plus dangereuses encore de la part des oiseaux, soit on se contentait d'esquiver les attaques reçues, et on observait les faiblesses de son adversaire.

En l'occurrence, vu le niveau de dangerosité et le nombre de ses adversaires, il sembla à Harry qu'il serait plus sage de choisir la seconde solution. Crispant la main sur la baguette que lui avait prêtée Eole, il attendit. Peu de temps. Le premier volatile fondit sur lui tel un oiseau de proie sur sa victime. Harry eut tout juste le temps de se jeter de côté pour éviter les griffes acérées prêtes à lui lacérer la peau. Heureusement, ses entraînements d'attrapeur lui avaient donné des réflexes extrêmement rapides et il parvint à s'en sortir sans la moindre égratignure.

Harry n'avait eu le temps de voir aucune faille dans l'attaque. Il lui faudrait être plus vigilent lorsque le prochain oiseau attaquerait. Ce qui ne tarda pas. Mais une fois encore, Harry, malgré son regard d'aigle, n'avait rien remarqué qui eût pu l'aider. Il fallait donc chercher dans ses propres connaissances. Que savait-il à propos des phœnix ? Leurs larmes avaient un pouvoir de guérison des plus importants. D'accord, mais ça ne lui servirait pas. Il doutait que s'automutiler lui apportât quoi que ce soit contre les volatiles.

Que savait-il d'autre ? Ils étaient très sensibles à la magie noire. Mais les phœnix noirs avaient été créés justement pour résister à cette magie. Il s'enflammaient et renaissaient de leurs cendres, lorsqu'ils mouraient. Et si c'était justement là, leur point faible ? S'il les empêchait de s'enflammer après les avoir tués ? Mais comment faire ? Il fallait déjà pouvoir les toucher, avant même de les empêcher de s'enflammer. Et s'il les obligeait à s'attaquer l'un l'autre ? S'il y parvenait, il pourrait alors voir si son idée était bonne.

Il avança alors vers les oiseaux pour se mettre au milieu d'eux. Et il attendit que les oiseaux foncent sur lui. Comme il l'avait prévu, tous se précipitèrent à la fois. Misant sur la chance, il se jeta sur le côté et jeta le sortilège de jet d'eau dès lors qu'il aperçut les premières flammes… avant de voir que tous étaient toujours là.

« C'était une bonne idée, Harry Potter, mais ils ont aussi été immunisés contre cela. Il n'existe qu'un seul point faible qu'ils aient gardé. Un point faible commun à tous les phœnix et qui les tue à petit feu sans possibilité de se réincarner. »

Harry fronça les sourcils. Qu'est-ce que ces phœnix avaient de commun avec Fumseck ? Et surtout, quel point faible connaissait-il à Fumseck qui eût pu l'aider ? Il avait tenté l'eau, et il supposait que la glace aurait le même effet. Son élément était le feu… mais aussi l'air ! Et si le feu avait l'eau pour le contrer, l'air était le contraire de la terre ! Mais quelle tactique pourrait-il en conclure ? Devait-il leur jeter des cailloux ? D'un sortilège, il transforma le Vif en pierre et l'envoya sur les oiseaux avec le maléfice d'expulsion. Raté. Qu'est-ce qui lui serait fatal s'il était lui-même phœnix ? Harry soupira. Il ne connaissait aucun point faible aux phœnix. Alors leurs points forts ? Ils pouvaient pour ainsi dire transplaner, quelque soit le lieu. Mais comment les empêcher de transplaner ? Il fallait trouver autre chose. Leur chant était réconfortant. Mais ça ne l'avançait en rien. Ils étaient les symboles de l'espoir, de la liberté. Et si justement il les privait de toute liberté ? Mais comment les mettre en cage ? Il fallait malgré tout essayer. Se concentrant sur l'espace situé derrière le cercle des oiseaux, il prononça l'incantation suivante :

« Que de l'eau, bien que Pouvoir liquide,

Soit créée une cage solide,

Afin que, privés de liberté,

Les phœnix deviennent prisonniers,

Et que perdant ainsi leur point fort,

Ils ne sèment plus terreur ni mort. »

Un rayon de lumière bleue sortit de sa baguette, et il ressentit une douleur intense au niveau de sa cicatrice. Comme la première fois, sa main était collée à sa baguette. Et lentement, bien trop lentement au goût de Harry, qui avait l'impression que son crâne allait se fendre en deux, un mur d'eau se forma derrière les volatiles. Le mur s'élargit et s'arrondit, commençant à entourer les phœnix. Les oiseaux étaient comme pétrifiés. Il ne resta bientôt plus qu'un mince filet non rempli d'eau, puis la cage se referma complètement. Le rayon de lumière disparut, et la douleur diminua petit à petit.

« Tu as eu là une excellente idée, Harry Potter. Je n'avais pas utilisé la même technique pour les enfermer, mais leur point faible est effectivement la liberté. Et seule une cage très puissante peut enfermer un phœnix. Cependant, les phœnix noirs sont plus faibles encore que les phœnix dorés à ce niveau-là, et ta cage a suffi. Ils seront donc tes alliés, désormais. Ils n'obéiront plus qu'à toi. Toi seul pourras les arrêter si tu les appelles. S'il y avait eu un risque qu'ils te blessent gravement, c'est d'ailleurs ce que j'aurais fait. Tu n'aurais pas obtenu le Pouvoir, mais tu ne pouvais pas mourir. Cependant, tu as prouvé ton courage et ton audace, et il est désormais temps pour toi de recevoir ton dû. Il me reste une dernière chose à te dire avant de voir la Parque. Le seul moyen d'ouvrir cette porte est d'utiliser la clé. Mais pour l'avoir, tu devras faire usage de ton Pouvoir, car nulle clé n'existe sinon la clé intérieure. Et lorsque tu sortiras d'ici, tu auras la possibilité d'y retourner dès que tu le voudras en appelant les phœnix noirs et en les laissant t'emmener. Et maintenant, regarde moi bien en face, Harry Potter, et laisse-toi faire. »

Harry obéit et planta son regard émeraude dans les yeux noirs de l'homme. Celui-ci tendit la main et effleura son torse. L'homme ferma les yeux et un vent puissant les entoura, faisant voler ses longs cheveux. Lorsqu'il les rouvrit, ses iris étaient devenus gris. Harry frissonna. Sans savoir pourquoi, il avait peur. Soudain, les yeux de l'homme s'ouvrirent en grand et Harry vit un rayon de la même couleur que ses iris en sortir et se diriger vers lui. La douleur fut si grande que Harry crut qu'il allait s'évanouir. Avant de sombrer dans l'inconscience, cependant, il entendit ces derniers mots :

« Au nom des êtres de l'air, je te donne le pouvoir de maîtriser le vent et t'accorde la protection de tous les oiseaux et de tous les animaux sachant voler, ici et partout, maintenant et à jamais. »

Le rayon devint lumière aveuglante et le jeune homme perdit connaissance tandis que son vis-à-vis hurlait de douleur. Lorsque la lumière disparut, le plus âgé des deux tomba au sol, murmura « enfin… » et ferma les yeux à jamais. Bientôt, un grand vent se leva et fit se disperser dans l'Oubli ce qu'on aurait pris pour de la poussière. Alors, il ne resta plus rien du grand Eole, sinon le souvenir du plus grand sorcier de l'Antiquité, le premier à avoir maîtrisé l'un des dix Pouvoirs Elémentaires. Un souvenir que ne pourraient partager que deux sorciers, les deux derniers à l'avoir vu vivant.

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Lorsqu'il se réveilla, Harry vit qu'il se trouvait toujours dans ce monde de brume. Il ne comprenait pas. La dernière fois, lorsqu'il était revenu à lui, il était à l'infirmerie. Puis les ultimes paroles d'Eole lui revinrent à l'esprit : il devait utiliser la clé pour sortir de ce monde. Et où était-elle, cette fameuse clé ? Il l'avait en sa possession, avait dit Eole. Mais il avait beau fouiller sa robe de Quidditch, il n'avait pas la plus petite idée de l'endroit où pouvait se trouver cette clé. Une clé intérieure, avait-il précisé. Que signifiait cette phrase ? Allait-il devoir utiliser son pouvoir ? Et comment ferait-il ? Il l'avait toujours fait de manière instinctive, jusqu'à présent. Il s'agissait donc de parvenir à l'utiliser de manière consciente, ce qui ne serait pas chose facile.

Et ils venaient à peine de commencer le chapitre des conjurations, en métamorphose, une technique de haute magie qui permettait au lanceur de créer un objet sans qu'il s'agisse de la métamorphose d'un objet déjà existant. C'était une technique hautement difficile, car elle demandait une intense concentration. Il fallait visualiser très clairement l'objet désiré et en voir en pensée tous les éléments de manière très précise. Il fallait ensuite se concentrer sur le vide et avoir en tête l'image exacte de l'objet désiré. C'était une étape extrêmement importante, car l'objet créé serait en tous points identique à l'image présente dans l'esprit de son créateur. C'est ainsi que certaines salles de Poudlard avaient été créées par conjuration, en particulier les Salles Communes, qui correspondaient de cette façon exactement aux souhaits de chacun des quatre Fondateurs.

Harry examina la porte face à lui. Il lui fallait une clé faite d'air, de brume. Et il faudrait qu'elle s'adapte parfaitement à la serrure. Harry ferma les yeux durant quelques minutes pour visualiser précisément la clé qu'il souhaitait obtenir. Puis il se concentra pour la faire apparaître. Au bout de plusieurs minutes qui lui parurent interminables, il vit se former petit à petit dans sa main une clé. Une clé minuscule, exactement de la même grosseur, du moins en apparence, que la serrure, et faite uniquement d'air pur.

Les mains tremblantes, il approcha de la porte de brume la clé nouvellement créée, et il l'enfonça progressivement dans la serrure. Elle y entrait parfaitement. Harry soupira de soulagement et fit jouer le mécanisme en tournant la clé. Un déclic se fit entendre, et Harry mit la main sur poignée. Il la tourna… et la porte s'ouvrit sur le vide.

Alors qu'il se demandait se qu'il devait encore faire, il sentit un grand vent derrière lui et fut emporté dans une tempête. Pour la troisième fois en moins de vingt-quatre heures, il sombra dans l'inconscience, mais ce fut cette fois-ci en voyant la terre se rapprocher.

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Un sifflement suraigu réveilla en sursaut les quatre élèves du dortoir de Gryffondor. Neville, Seamus et Dean se redressèrent avec difficulté dans leur lit, tandis que Ron se précipitait déjà sur la Carte des Maraudeurs.

Il soupira de désespoir.

« Keskyspasse ? », lui parvint la voix endormie de Neville.

« Ce n'est rien, Neville, rendors-toi. », répliqua Ron

« On va difficilement pouvoir se rendormir, vu le boucan que ça fait. », rétorqua Dean. « Qu'est-ce que c'est que ça ? », demanda-t-il en regardant la Carte avec intérêt.

« Une carte de Poudlard. », répondit laconiquement Ron.

« Et pourquoi siffle-t-elle comme ça ? »

« Parce que… Silencio ! » Le sifflement s'éteignit. « Parce qu'on a jeté un sort dessus. Pour nous prévenir si Harry réapparaissait quelque part à Poudlard. », mentit-il.

« Alors tu as du te tromper dans ton sort, parce qu'il n'est nulle part. »

« Tu as raison. Allez, maintenant, va te recoucher. », coupa Ron avec agressivité.

Voyant qu'il n'était pas à prendre avec des pincettes, et comprenant sans doute qu'il était peut-être allé un peu trop loin, Dean retourna dans son lit.

Ron, lui, resta près de la Carte des Maraudeurs, fronçant les sourcils. Pour quelle raison la Serdaigle se promenait-elle à une heure du matin sur le terrain de Quidditch. Et tandis qu'il essayait de comprendre sans y parvenir la pensée de la jeune fille, il s'endormit sans s'en rendre compte et sans avoir eu le temps de retirer le sortilège de silence.

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Un grand vent soufflait dans le stade, mais cela ne gênait pas la jeune femme qui se promenait tranquillement, pensant que l'air frais lui ferait plus de bien que l'air confiné du dortoir des Serdaigle. Un éclair frappa soudain le terrain de Quidditch, faisant sursauter la jeune femme qui s'y trouvait. Elle ne savait pas pourquoi elle était venue là. Peut-être parce que c'était là que Harry avait disparu. Peut-être aussi parce que c'était le dernier endroit où elle avait vu Cedric vivant. Se dirigeant vers l'endroit du terrain qui avait été frappé par la foudre, elle sursauta à nouveau.

Ce n'était pas possible ! Un peu moins de deux ans auparavant, c'est le corps du jeune Poufsouffle qu'elle avait découvert sur la pelouse du stade. Et voilà désormais que Harry était lui aussi mort, là, devant elle. Finalement, tremblant de tous ses membres, elle s'approcha du corps inanimé du jeune Gryffondor. Il respirait ! Il était donc vivant ! Elle avait tellement craint pour lui. Ce devait être le destin qui l'avait fait venir ici.

Se ressaisissant, elle fit léviter le corps du jeune homme. Après plusieurs minutes de marche dans les couloirs sans rencontrer le concierge ou sa chatte hideuse, elle parvint finalement dans l'infirmerie. Elle déposa son ancien adversaire sur l'un des lits et courut aussitôt vers une porte de l'infirmerie marquée « Privé ». Elle frappa de toutes ses forces, et quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit sur une infirmière en robe de chambre, les cheveux maintenus dans un filet.

Mrs. Pomfresh regarda la nouvelle venue avec reproche.

« Que voulez-vous ? »

« C'est Harry, je l'ai retrouvé sans connaissance. »

« Mr. Potter ? Et où se trouve-t-il désormais ? »

La jeune Serdaigle lui désigna le lit ou elle avait déposé le garçon. Aussitôt, l'infirmière lança quelques sorts pour vérifier qu'il ne souffrait pas de quoi que ce soit. Finalement, il apparut qu'il n'avait rien, sinon une forte fatigue, et Mrs. Pomfresh décida de le mettre en observation durant la matinée. Elle envoya un fantôme prévenir le professeur Dumbledore et, après de longues et houleuses minutes durant lesquelles les deux femmes parlementèrent, l'infirmière finit par céder et par autoriser la jeune femme à attendre le réveil, lui faisant promettre de l'appeler dès lors qu'il reprendrait conscience.

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L'endroit était doux, cotonneux. La dernière fois qu'il avait été conscient, il était parti de ce monde de brume, qu'Eole avait appelé Olympe. C'était, parait-il, la demeure imaginaire des dieux de l'Antiquité grecque. Un monde qu'il avait lui-même créé, et visible par les seuls sorciers. Mais un monde dont seuls Dumbledore et lui connaissaient désormais l'existence, et dont il était le seul hôte. Et désormais, Harry seul avait le pouvoir d'y aller et d'y faire entrer qui il souhaitait.

Mais cette fois-ci, il ne pouvait pas être revenu dans ce monde de brume. C'était impossible. Il avait bien ouvert la porte de brume. Alors où ? La réponse lui vint bien vite : une fois de plus, il se trouvait dans l'un des lits aux draps blancs de l'infirmerie. Soupirant de désespoir, il se résolut à ouvrir les yeux.

« Harry ! Merlin soir loué, tu es enfin réveillé ! », s'écria une voix féminine, faisant sursauter le jeune homme.

Le garçon, dont les lunettes avaient été enlevées, cligna des yeux et chercha à savoir à qui appartenait cette voix, pourtant bien connue.

Un visage qui ne lui rappelait pas celui de Véla, mais qui lui était cependant familier. Des yeux bridés, des cheveux d'un noir de jais, un teint asiatique…

« Cho ! »

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Voilà… Et un chapitre, un ! Le prochain, je l'avoue, est à peine commencé. Mais il devrait rapidement être achevé (en tout cas, au plus tard avant Noël), et chaque review encourageante permet à l'humble auteur de cette histoire de continuer la lourde tâche qu'il a de vous satisfaire toujours plus. Merci à Speedy, ma beta-lectrice et créatrice de cette fic, à mes revieweurs, et vous tous qui m'avez lus. Review, SVP. Et maintenant, place aux RAR.

Kitou 717 : Voila le nouveau chapitre. Désolé, mais je n'ai pas pu résister à la tentation d'être sadique, une fois de plus. A bientôt.

Greg83 : Merci pour ta review. En ce qui concerne la vengeance d'Harry contre Malefoy, j'avais bien précisé que ce serait plus une humiliation qu'une torture. Et puis, question sang, je crois que tu as été servi, non ? A bientôt.