Chapitre 3

Sam ouvrit les yeux, réveillée en sursaut par une secousse. Elle mit quelques minutes à réaliser où elle était, puis les souvenirs affluèrent : Jack, le complot, le départ…Le temps qu'ils soient près à partir l'aube pointait déjà à l'horizon. La tête appuyée contre la portière, elle constata que le soleil était à présent haut dans le ciel, il devait approximativement être une heure ou deux heures de l'après midi. Elle s'aperçut également qu'elle était enveloppée dans un pan de tissu qu'elle identifia comme étant la veste en cuir de Jack. S'estimant bien installée elle ne bougea pas et l'observa sans qu'il s'en aperçoive, curieuse de comment il agissait quand il ne tenait pas son rôle de colonel. Elle le regarda conduire un moment, gravant dans sa mémoire la façon dont il pianotait impatiemment sur le volant. Concentré sur la route, il n'avait toujours pas remarqué son réveil, elle ferma à nouveau les yeux.

Sam n'avait pas véritablement sommeil mais elle était fatiguée, conséquence d'une semaine de nuits pratiquement blanches. Elle laissa son esprit vagabonder et celui-ci se tendit vers les notes qu'égrenait la radio locale. La mélodie lui rappelait vaguement quelque chose sans qu'elle puisse pourtant l'identifier. Bercée par la musique, elle se sentit partir à nouveau au pays des rêves quand une nouvelle secousse la ramena brutalement à la réalité. Cette fois, elle se redressa carrément, il n'y avait pas beaucoup de choses matérielles en ce monde auxquelles elle tenait véritablement, mais il y en avait quand même quelques unes. Et sa voiture en faisait partie. En fait, elle tenait à sa voiture plus qu'à n'importe quoi d'autre…Sauf peut-être à sa moto. En y repensant, elle préférait sa moto mais elle tenait aussi à sa voiture. Elle scruta la route qui s'étirait devant elle, inquiète de ce qui pouvait bien provoquer ces chaos et surtout des dégâts potentiels dont pouvait souffrir sa précieuse Volvo. Incapable de déterminer d'où pouvait venir ces secousses alors que la route était apparemment goudronnée et lisse, elle conclut que la faute revenait au conducteur et qu'elle ferait mieux de prendre rapidement le volant avant qu'il ne les expédie, pour de bon cette fois, dans le décor.

Jack regarda vers elle heureux, sans vraiment comprendre pourquoi, qu'elle soit réveillée. Ca faisait presque six heures qu'ils étaient partis et elle s'était endormie avant même qu'ils aient quitté le Colorado. Le silence n'avait pas gêné Jack, pas plus que le long trajet. Il avait l'habitude de conduire longtemps et d'ordinaire il faisait ce chemin tout seul, appréciant la diversité des paysages et écoutant les différentes stations de radio. Mais aujourd'hui, la présence de Sam constituait une agréable distraction à laquelle il était loin de vouloir résister. Le souvenir brûlant de ses lèvres sur les siennes et de son corps contre le sien l'avait hanté tout au long de la route, torturant son esprit avec ce qui aurait pu se passer ensuite. Il s'était menti à lui-même pendant une heure ou deux, prétendant que leur baiser avait été banal, que ça n'avait pas d'importance, et qu'il ferait mieux d'oublier. Puis, il avait finit par admettre que personne ne l'avait jamais embrassé comme ça, ça avait été passionnel, presque fusionnel et terriblement excitant. Il avait connu beaucoup de femmes, il ne s'en était jamais caché sans pour autant s'en vanter. Séduire ne lui posait aucun problème, et pourtant, jamais dans sa vie entière il n'avait ressenti ce qu'il avait éprouvé en l'embrassant. Même Sarah n'avait jamais provoqué ça chez lui. A l'instant même où sa bouche s'était soudée à la sienne, un sentiment de plénitude l'avait envahi, mais loin de calmer l'envie de l'embrasser, cela avait amplifié son désir. Il avait alors eut la sensation étrange que tout allait bien, que c'était comme ça que les choses devaient être…

Le souvenir du baiser l'avait fait se tourner instinctivement vers la Sam endormie et paisible qui reposait sur le siège à côté de lui et il l'avait recouverte de sa veste craignant qu'elle n'ait froid. Et tandis qu'il la regardait, il avait compris que ce qu'il avait ressenti plus tôt n'était rien d'autre que de l'amour, plus fort, plus puissant que tout ce qu'il aurait pu imaginer, mais de l'amour néanmoins. Il savait déjà qu'il l'aimait, il l'avait su à l'instant où il avait croisé ses yeux, mais jusqu'à présent il ne soupçonnait pas à quel point. Jack n'avait jamais été très doué pour les relations qu'elles soient amoureuses ou amicales. Il s'était engagé dans l'armée après que ses parents l'aient mis à la porte, fatigués d'avoir à assumer ses erreurs et ses ennuis. Il aurait pu mal tourner mais un juge, persuadé qu'il avait un avenir, lui avait donné le choix entre la prison et la vie militaire. Il avait choisit l'armée. Les Black Ops d'abord, il y avait appris beaucoup, en particulier à se blinder, à ne jamais laisser transparaître ses émotions ou tout ce qui pourrait être considéré comme une faiblesse. Puis il avait rencontré Sarah. Elle était celle qui lui avait appris à aimer la vie, à aimer simplement. Elle avait lentement gagné sa confiance puis son cœur, ensuite, elle lui avait offert Charlie. C'était là que le destin l'avait frappé, en lui retirant son enfant. Sa réaction avait été de construire un mur autour de lui, muraille inébranlable que personne ne pourrait percer. Surtout, ne pas permettre à quelqu'un de passer de l'autre côté, ne pas dévoiler sa douleur, la cacher, toujours.

C'est à cette période qu'il avait rencontré Daniel, il l'avait aidé à accepter. Du moins, il avait essayé. Sam avait réussi là où il avait échoué. D'un regard, elle avait fait voler le mur en éclat, voyant en lui ce que les autres ne percevaient pas. Il était tombé amoureux d'elle au premier coup d'œil, aussi bêtement qu'un collégien émotif. Sa façon de lui tenir tête l'avait immédiatement séduit. Il se l'était caché pendant quatre ans, jusqu'à cette histoire de Zatarc où ils avaient été obligé d'admettre tout les deux avoir des sentiments l'un pour l'autre. Ils n'en avaient jamais reparlé et s'étaient appliqués au cours des années suivantes à étouffer cet amour impossible qui pourtant les consumait intérieurement. En l'embrassant, elle avait brisé le fragile équilibre entre amitié et amour qu'ils avaient eu tant de mal à installer. Jack n'était pas sûr de ce qu'il voulait faire, il avait cherché une solution pendant qu'elle dormait mais en sept ans, il avait été incapable de prendre une décision et il ne s'en sentait pas plus capable aujourd'hui.

Il existait trois éventualités : elle pouvait démissionner mais il refusait de sacrifier sa carrière au profit de la sienne, ou alors il pouvait prendre sa retraite anticipée mais même si le président acceptait il ne se sentait pas prêt à ça. La dernière possibilité était le mensonge, rien ne les empêchait de se cacher mais cela impliquait de mentir à leurs amis (il doutait d'ailleurs que Daniel et Teal'c soient dupes très longtemps) et ils risqueraient tous les deux la cour martiale s'ils étaient découverts. Il en était là quand elle l'avait interrompu en se réveillant et maintenant, il ne savait pas vraiment comment agir. Il décida que la meilleure attitude à avoir était d'être naturel.

« Mon colonel, vous ne voulez pas que je conduise ? »

« Non, ça va. »

« Vous, je n'en doute pas mais ma voiture, elle, n'a pas l'air bien. »

« J'ai pris un raccourci. Les routes ne sont pas géniales mais on s'économisera une ou deux heures. »

« C'est ok pour moi tant que ma voiture arrive en seul morceau. »

« Carter, de ma vie entière j'ai du avoir au plus trois accidents, de quoi avez-vous peur ? »

« Vu l'état de votre dernier véhicule, j'avoue que j'ai une légère appréhension. »

« Ne m'en parlez pas ! J'adorais cette voiture, elle était géniale ! »

Sam ne put cacher une moue sceptique qui fit sourire Jack. Il adorait quand elle faisait ça, en général c'était plutôt réservé à tout instrument scientifique affichant un résultat incohérent, mais le fait est qu'il adorait ça. Cependant, il n'était pas décidé à la laisser s'en tirer à si bon compte.

« Vous doutez que j'aimais ma voiture ? »

« Non, juste qu'elle était géniale. »

«Carter, cette voiture était géniale. C'était la meilleure voiture du monde. »

« Elle ne pouvait pas être meilleure que la mienne, c'est tout simplement impossible. »

Le commentaire amusa Jack au plus haut point. Il savait qu'elle aimait sa voiture et sa moto plus que tout. C'était pour elle des sortes d'animaux de compagnie, les désagréments en moins. Elle les avait elle-même remis en état et refusait absolument que quiconque les conduise, c'est pourquoi il avait était très étonné lorsqu'elle lui avait proposé le volant. Ceci dit, il restait un bon bout de route et il ne voyait pas de raison de ne pas en profiter pour la taquiner. La mettre en colère était toujours un passe temps amusant pour lui, surtout quand elle se rendait compte qu'il plaisantait, là elle était gênée de ne pas avoir compris plus tôt et elle se débrouillait pour se venger à travers Daniel. Ca pouvait prendre la forme d'une petite plaisanterie innocente comme du sel au lieu du sucre dans son café ou bien carrément un énorme traquenard impliquant la disparition de rapports quand Hammond était furieux du retard. Curieusement, Daniel semblait toujours partant.

« Des fois, Carter, il m'arrive de me demander si vous n'aimez pas ce tas de ferraille plus que vos amis. »

« Tas de ferraille ? »

« Non, sérieusement, si vous deviez choisir entre votre… » devant le regard noir de sa passagère, il préféra utiliser ses mots avec prudence, le souvenir de la gifle trottant toujours dans son esprit « …très jolie voiture et, disons, Daniel, lequel sauveriez vous ? »

« Je ne suis pas stupide, je saurai reconnaître le prix d'une vie par rapport à celui d'une machine… »

Elle marqua un temps d'arrêt, réfléchissant à ce qu'elle avait dit, demandant intérieurement pardon à l'âme de sa voiture.

« Et, disons, entre Daniel et Teal'c ? »

« Je ne pourrai pas choisir. »

« Bien sûr que si ! Allez répondez, ça ne sortira pas d'ici. »

Elle hésita un moment puis répondit.

« Probablement Daniel. Et vous ? »

« Daniel évidement. Teal'c pourrait s'en sortir tout seul quelle que soit la situation. »

« C'est vrai. »

« Et entre Daniel et moi ? »

Jack se figea lorsqu'il se rendit compte de ce que sa question impliquait. Qu'il était jaloux de Daniel. Il avait beau savoir que ce qu'il y avait entre eux n'était que platonique, le fait que Daniel puisse la prendre dans ses bras dès qu'il le voulait, la toucher sans risquer de passer le reste de sa vie en prison ou tout simplement la regarder comme il le voulait à longueur de journée, même de façon ouvertement intéressée, le rendait vraiment jaloux. Bien sûr Daniel ne faisait jamais ça. Sam n'était rien d'autre qu'une amie pour lui et puis, il avait deviné depuis longtemps que les sentiments de Jack à son égard étaient loin d'être aussi innocents que les siens et Daniel n'était pas le genre de personne à mettre en péril une amitié pour une femme.

Sam fut surprise par la question, et plus surprise encore que la réponse passe ses lèvres si rapidement avec autant de facilité, sans l'accord de son cerveau, qu'elle trouvait bien inactif ces temps-ci.

« Vous. »

Le mot n'avait été qu'un murmure et pourtant, il remplit l'espace, amenant avec lui une sensation de chaleur extrême. Jack regarda vers elle, oubliant momentanément la route et pourquoi ils étaient là, absorbé par la façon dont ses yeux bleus se posaient sur lui et les reflets dorés que le soleil faisait naître dans ses cheveux. C'était un de leur moment. Un de ces instants où tout ce qui n'était pas eux semblait disparaître. Où tout était dit sans qu'un mot soit prononcé. Il la regardait et le monde entier s'évaporait, laissant derrière lui une bulle à la fois éphémère et éternelle où ils s'enfermaient tous deux pour quelques minutes parfois quelques secondes. Il y en avait eu beaucoup. Ils ne les cherchaient pas, ça arrivait simplement. Sam sourit tristement et baissa la tête. C'était un de leur moment. Un de plus qu'il leur faudrait oublier…

Un cahot plus fort que les précédents obligea Jack à se reconcentrer sur la route. Pendant un instant, il sembla perdre le contrôle de la voiture et elle tourna sur elle-même à la manière d'une toupie. Enfin, il parvint à la stopper en poussant de toutes ses forces sur la pédale de frein. Une fois le choc passé, Sam sentit la colère monter rapidement. Ca faisait beaucoup d'émotion en 24 heures, même pour elle.

« Trois accidents dans votre vie entière, hein ? Vu que ça fait deux en une semaine, je dois être particulièrement malchanceuse ! »

Jack ignora sa remarque, sachant pertinemment qu'un autre que lui n'aurait pas toléré ça de la part de son second.

« On a du crever. »

« Il y a une roue de secours dans le coffre. »

Elle descendit du véhicule sans attendre, heureuse de se dégourdir un peu les jambes, et se dirigea vers l'arrière de la voiture. La route, bordée de chaque côté par une forêt, était déserte et vu l'état d'entretien de celle-ci, elle ne devait pas voir du monde tous les jours. Jack la rejoignit quelques secondes plus tard avec un air inquiet.

« Carter, il y a un truc qui cloche… »

Le bruit sourd d'une détonation lui coupa la parole. La balle alla se loger dans son épaule. Erigeant un mur entre lui et la douleur, Jack, incapable de déterminer la position exacte du tireur, partit vers l'abri que leur offriraient les arbres, entraînant Carter à sa suite. Aucun d'eux ne prêta attention à la direction qu'ils prenaient, s'assurant seulement que ça les mènerait loin de la route. Ils ne s'arrêtèrent que beaucoup, beaucoup plus loin, une fois sûr qu'ils étaient assez loin de leur poursuivant.

A bout de souffle, Jack s'adossa contre un arbre. Il ne put plus longtemps ignorer la douleur et lâcha un grognement. Aussitôt alertée, Sam s'approcha et examina la plaie. Un sentiment de panique s'immisça en elle lorsqu'elle vit la blessure, elle le rejeta immédiatement reprenant un mode militaire. La balle avait fait des dégâts et il n'y avait pas de point de sortie ce qui signifiait qu'elle était toujours à l'intérieur. Ce qui augmentait le risque d'infection. Elle retira son gilet, bénissant Dieu qu'il ait plu le matin et son père pour avoir hérité de sa faible résistance au froid, et appuya sur la blessure aussi fort qu'elle le pu. La priorité était d'endiguer l'hémorragie, ensuite elle trouverait un plan génial pour les sortir d'ici. Elle était entièrement convaincue que chaque problème avait une solution et, sa non relation avec Jack mis à part, elle avait toujours trouvé les solutions à tous les problèmes qu'elle avait pu rencontrer au cours de sa vie. Ce n'était qu'un problème de plus qu'il fallait résoudre rapidement…

« Ce n'est pas bon. »

Ce n'était pas une question. Sam leva les yeux vers lui, désirant de toutes ses forces pouvoir lui mentir de façon convaincante. La peur de le perdre à nouveau la dominant presque.

« Ce n'est pas aussi grave que ça en à l'air. »

Jack ne la crut pas. Il avait été blessé pas mal de fois dans sa carrière et il avait vu assez de ses compagnons d'armes mourir pour savoir quand une balle avait fait des dégâts ou pas. Et actuellement, ce qu'il lisait sur son visage ne laissait aucun doute quand aux conséquences probables de la blessure. Elle n'avait jamais pu lui cacher quelque chose, il lisait en elle aussi facilement qu'elle le faisait avec lui. A plus ou moins court terme, s'ils ne trouvaient pas de secours, il allait mourir.

« Vous n'avez jamais su mentir, Sam. »

ssssssssssssssssssssssssssssss

« Jack est vivant ? »

Le soulagement de Daniel laissa vite place à la consternation. Le général venait d'expliquer à Teal'c et lui de quelle façon ils étaient arrivés à bout de Kinsey. Même si une part de lui comprenait, la majorité de l'esprit de Daniel ne parvenait pas à franchir la frontière du 'il nous a menti'. Jamais, il ne s'habituerait à ces procédés militaires qui faisaient souffrir les gens. Conséquences acceptables selon eux. Spontanément, Daniel pensa à Sam. Etait-elle au courant ? Etait ce pour ça qu'elle était absente du briefing ? Hammond leur avait dit ce matin qu'elle était partie à San Diego chez son frère, mais cela aussi aurait pu être un mensonge. Il rejeta cette hypothèse quand le souvenir de la Sam désespérée qu'il avait côtoyé la semaine dernière s'imposa à lui. Personne ne pouvait jouer la comédie comme ça. Il était impossible de créer de toute pièce cette souffrance qu'il avait lue dans ses yeux.

« Il faut le dire à Sam. »

« Le major Carter est déjà au courant. »

Daniel se sentit trahi. Que Jack mente, il pouvait l'accepter, ce n'était pas nouveau. De la part de Sam par contre cela le peinait. Elle les avait laissé souffrir Teal'c et lui sans le moindre remord. Instinctivement, l'archéologue se tourna vers le Jaffa. Il n'avait pas ouvert la bouche depuis le début de la réunion et quand il croisa son regard, il comprit pourquoi. Teal'c était partagé comme lui entre la colère et le soulagement. Interceptant l'échange muet entre les deux hommes, le général Hammond se sentit obligé de donner des précisions à propos de la participation du major Carter, après tout ce n'était pas sa faute et elle ne méritait pas les reproches de ses amis.

« Elle ne l'a appris qu'hier soir. »

Daniel reporta son attention sur Hammond, c'était à lui de poser les questions. Teal'c ne prendrait pas la parole à moins d'avoir quelque chose d'important à dire.

« Comment ? »

« Elle est allée chez le colonel et l'a surpris. »

« Elle est allée chez Jack ? »

Daniel aurait voulut demander pourquoi mais il connaissait déjà la réponse et il ne pensait pas que le général serait enchanté de l'entendre. Leur supérieur était au courant de l'ambiguïté de leurs sentiments mais il n'en parlait jamais. Le général avait confiance en eux et ça suffisait. D'ailleurs lui et Teal'c non plus n'en avaient jamais parlé, Jack et Sam alimentaient assez de commérages sans que leurs amis aient besoin d'en rajouter.

« Donc je suppose qu'elle n'est pas vraiment chez son frère ? »

« Elle est avec le colonel et c'est bien le problème. »

Hammond ne put retenir un soupir. Il avait attendu longtemps le coup de fil de Jack, ils auraient du arriver au chalet depuis presque deux heures à présent.

« En quoi la présence du major Carter auprès de O'Neill est-elle un problème Général Hammond ? »

La voix profonde de Teal'c le ramena à la réalité.

« J'avais ordonné à Jack de se cacher quelques jours, le temps que le Président puisse monter un dossier contre Kinsey. Il a insisté pour amener le major avec lui, il craignait pour sa sécurité… »

« L'attitude de O'Neill me semble avisée, général. »

« Oui, Teal'c. Elle l'était mais ils ont deux heures de retard sur l'horaire de contact. Ils ne sont jamais arrivés au Minnesota, j'ai vérifié. »

« Peut-être ont-ils crevé ou qu'ils sont tombés en panne ? », Daniel sentait l'inquiétude le gagner, il refusait de retrouver Jack pour le perdre à nouveau.

« Daniel Jackson a raison, une défaillance technique a pu survenir. »

Le général s'apprêtait à répondre quand Walter demanda la permission d'entrer. Il remit un papier à Hammond et s'en alla aussi silencieusement qu'il était venu. La figure du militaire se décomposa au fur et à mesure qu'il lisait.

« La voiture du major a été découverte près d'un bois dans le Dakota. » Il marqua un temps avant de poursuivre. « Il y avait des impacts de balles ainsi que des traces de sang. »

« L'un d'entre eux est blessé ? » Daniel avait la fâcheuse tendance de ne pas vouloir comprendre les choses qu'il n'aimait pas, particulièrement quand cela concernait ses amis. Jack, Sam et Teal'c était sa famille et il ne voulait pas qu'il leur arrive quelque chose.

Jugeant que Daniel ne serait pas d'une grande efficacité au niveau de la prise de décision, Teal'c s'imposa comme leader temporaire de leur équipe. Ou plutôt de leur tandem.

« Si le major Carter ou le colonel O'Neill sont blessés, ils vont avoir besoin d'assistance. Daniel Jackson et moi, devrions nous rendre dans cette contrée et leur porter secours. »

Fin du chapitre 3