Si ce chapitre est dans les temps, il est impossible de dire si les prochains le seront, car en ce moment, autant chez Bubble que chez moi, c'est la panne sèche. On va faire de notre mieux pour ne pas trop tarder, mais on ne promet rien. Aussi je m'excuse si en ce moment je ne poste pas grand chose sur mon propre profil, c'est l'anarchie dans ma tête, j'arrive tout simplement plus à écrire. BREF.
Passons les blabla inintéressant, et allons directement au chapitre. Bonne lecture !
De la part de Bubble : " Joyeux Noël, vive les gâteaux, et pas d'indigestion comme dit ma prof ! "
Après cette longue journée de dur labeur, le jeune homme aux cheveux bleus nuits avait bien besoin d'un peu de repos Il alla donc trouver une auberge pour passer la nuit. Épuisé à force de chercher, il se contenta d'entrer dans la première qu'il trouva, un bâtiment simple, assez petit mais non pas moins animé. Lorsqu'il passa le pas de la porte, le claquement de ses bottes contre le plancher en frêne alerta l'aubergiste, qui l'observa de derrière son comptoir. Il cessa alors toute conversation qu'il avait engagée avec l'un de ses clients pour s'attarder sur le physique imposant du garçon, et il fut très vite suivi par un bon nombre de personnes présentes. Ignorant tous ces regards accusateurs, Kyousuke s'avança tranquillement vers le restaurateur tandis que la foule, inquiète, se rendit moins bruyante et dérangeante. Une aubaine pour ses propres oreilles.
« - Une chambre, s'il vous plait. » Adressa-t-il froidement au gérant en posant une petite bourse sur le bar, de quoi payer la nuit.
Sans même daigner lui donner une réponse orale, l'homme lui indiqua où il pouvait passer la nuit. Ce ne fut que lorsqu'il quitta la pièce pour se rendre dans sa chambre, au premier étage, que le brouhaha des clients reprit de plus belle.
Tsurugi claqua la porte derrière lui et s'empressa de retirer cette armure qui le pesait tant, soupirant de soulagement une fois que le tout fut enlevé. Il ne tarda pas non plus à s'affaler sur son lit, offrant une pause à ses jambes exténuées. Allongé sur le côté, il jeta un regard pensif par la fenêtre, d'où il pouvait voir les toits de certaines maisons, recouverts du sombre manteau du soir. Il posa ensuite ses yeux sur l'épée qu'il avait lancée à terre avec négligence lorsqu'il s'était défait de son attirail. Atteint d'une soudaine culpabilité due à son acte, il se redressa en soupirant et attrapa le manche d'acier pour le déposer, délicatement, dressée contre l'un des pieds de son lit. Une certaine rassurance émanait du seul et unique souvenir de son défunt père. Le sentiment de se sentir protégé, où qu'il aille, tant qu'il est à ses côtés.
Il se rallongea alors puis ferma les yeux, cédant finalement à la fatigue et plongeant dans un profond sommeil, ignorant même tout le raffut de la clientèle juste en dessous.
Mais sa nuit n'en fut pas reposante pour autant.
Il se tourna et se retourna maintes fois sur le matelas, n'arrivant pas à extraire de ses pensées cet atroce souvenir qu'était le jour où il perdit tout. Il se rappela les corps calcinés, la maison en cendres, les cris terrifiés de son frère lorsque ce monstre l'avait emmené… Il les revoyait chaque soir, lorsqu'il essayait de trouver un tant soit peu de repos… En vain.
Il se réveilla en sursaut cette fois-là aussi, le front perlé de sueur et la respiration forte. Il prit un instant pour se calmer, secouant doucement la tête pour en retirer ces affreuses pensées, puis regarda le ciel à travers la fenêtre. Il remarqua alors qu'il n'était encore que très tôt le matin et qu'il avait, par conséquent, peu dormi. Et il les ressentait, les effets de sa lourde fatigue.
Malgré cela, il se leva et entreprit de revêtir son armure, puis il attrape son épée et l'accrocha à sa ceinture. Il sortit ensuite de sa chambre en poussant un long soupire, avant de quitter l'auberge. Il se balada d'un pas tranquille dans les rues encore vides, seuls traînaient dehors encore quelques animaux errants, dans un calme reposant. Le silence n'était perturbé que par le bruit des bottes de fer claquant contre le sol dur et froid, à une allure lente et régulière. Il fit ainsi le tour de quelques quartiers, profitant de cette tranquillité pour s'abandonner ses pensées alors qu'il avançait, celles-ci étant toujours dirigées vers ce sujet récurrent dans la tête du jeune homme : Cette horrible sensation de vide, ce sentiment de manque alors qu'il songeait à son frère. Ça en devenait insupportable…
Il se rapprocha doucement de la place sur laquelle il avait donné rendez-vous au garçon la veille, alors que le soleil commençait à se dresser dans le ciel. Il était, certes, encore bien tôt, mais de toute façon, il n'avait rien d'autre à faire. Il s'adossa alors à un mur et patienta, sans rien dire, contemplant simplement l'étendue bleue au dessus de sa tête. Celle-ci s'éclaircit petit à petit, et sans même porter son attention sur la foule qui commençait à peupler doucement les rues, Kyousuke pouvait l'entendre recréer un brouhaha insupportable. Pourtant, peu après, il entendit une voix enfantine s'élever au milieu de tout ce bouquant, clamant une chanson que le jeune homme reconnu facilement. Il baissa le regard pour distinguer, non loin de lui, cet enfant qui avançait d'un pas dansant, un grand sourire figé sur ses lèvres et son fidèle compagnon le suivant tranquillement. Il garda les yeux rivés sur lui, impassible, tandis qu'il s'approchait sans hésitation jusqu'à être à ses côtés. Alors, il le salua d'un ton enjoué, et Tsurugi le lui rendit d'un simple mouvement de tête.
« - Bon, allons-y. » Prononça simplement le jeune chevalier.
« - Et bien, tu ne perds pas de temps… Mais bon, allons-y ! »
Sans plus de cérémonie, le petit brun tourna les talons et se mit à sautiller en direction de la sortie de la ville, suivi de son chien ainsi que de Kyousuke. Des tonnes de regards mauvais se posaient sur eux alors qu'ils traversèrent la cohue, et les suivirent jusqu'à ce qu'ils atteignirent les grandes murailles de pierre qui marquaient les limites de la citadelle, et pourtant, aucun des deux garçons n'y prêtait attention. Finalement, ils sortirent de la cité sans regarder derrière eux, et entamèrent leur long chemin vers chez cette fameuse voyante.
Les heures défilèrent alors que Tsurugi suivait bêtement Tenma, dont la bonne humeur semblait ne jamais s'épuiser. Il continuait de chantonner à en exaspérer le jeune chevalier, dont la patience fut mise à l'épreuve. « Il ne va pas faire ça durant tout le trajet, quand même… » Se dit-il alors qu'il soupira. Pourtant, le plus jeune n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter.
La journée parut extrêmement longue aux yeux du garçon aux cheveux bleus nuits, une journée durant laquelle il avait à peine engagé la conversation avec Matsukaze au moment du repas, qui avait été tiré du baluchon de ce dernier. Ce n'était certes pas un met des plus somptueux, il n'était histoire ici que de quelques fruits et d'une tranche de pain chacun, mais ce n'est pas comme s'ils allaient rencontrer un marchand de viande au milieu de nulle part.
Le soleil commençait donc à s'affaisser et le gamin, au grand bonheur de l'autre, avait cessé de clamer des paroles sans importance en sautillant fièrement. Il s'était tut et marchait d'un pas tranquille, toujours accompagné de cette bête à ses pieds qui n'avait porté aucune attention au jeune chevalier de tout le trajet, bien trop occupé à guetter un éventuel danger pour son maître.
Cependant, le sourire n'avait pas quitté ses lèvres une seule seconde.
La nuit venait de tomber, et il valait mieux pour eux s'arrêter et prendre un peu de repos. Après tout ils n'étaient qu'au début de leur longue route, et vagabonder la nuit n'était pas vraiment prévoyant.
Ils s'étaient donc installés à proximité du chemin de terre, et avaient allumé un feu avec les moyens du bord Des brindilles trouvées auprès de quelques arbres dressés par-ci par-là, et des allumettes que le jeune brun avait toujours avec lui, bien rangées dans son petit bagage improvisé - ce sac, bien qu'il n'était pas bien impressionnant, renfermait décidément bien des choses utiles. Ils s'étaient assis de part et d'autre de la flamme moyenne, Kyousuke seul de son côté et Tenma en face de lui, le chien étant allongé sur ses jambes, probablement pour lui tenir chaud. Il caressait doucement sa tête alors que son compagnon dormait profondément, n'en restant pas moins attentif à ce qu'il se passait autour.
Le silence était complet, n'étant perturbé que par le crépitement des petites branches consumées par le feu, alors que le jeune chevalier se contentait de fixer les braises.
« - Comment tu t'appelles ? » L'interrompit finalement l'enfant d'une voix bien plus posée qu'à son habitude, sûrement par peur d'alarmer la bête calmement installée sur lui.
« - Tsurugi Kyousuke. » Finit par lui répondre l'autre après quelques instants de silence.
« - C'est un joli nom. »
Le plus jeune lui sourit pour la énième fois, sans recevoir de réponse. Finalement, il s'allongea sur le dos sans déranger l'animal, épuisé de cette journée qu'il avait passé à marcher.
« - Bonne nuit, Tsurugi. » Murmura-t-il joyeusement avant de fermer les yeux.
Impassible, le garçon aux cheveux bleus nuits laissa son accompagnateur s'endormir sans lui donner de réponse. Il ne tarda pas à lui-même s'installer sur le sol, la terre dure et l'herbe lui chatouillant la peau n'étant pas propices à son sommeil, pourtant, il n'eut pas de mal à se laisser gagner par sa fatigue.
Cette nuit-là, encore, il revit cette vision d'horreur qu'il ne connaissait que trop bien, ces flammes qui avaient marqué la fin de sa petite vie tranquille aux côtés de sa famille. Et une fois de plus, il se réveilla en sursaut au beau milieu de la nuit, incapable de se rendormir par la suite. Le feu était déjà éteint. Il jeta un regard sur Tenma, qui lui dormait toujours paisiblement avec son compagnon, alors que le ciel était toujours sombre. Il ne lui restait plus qu'à attendre le lever du jour…
Après avoir passé quelques heures à patienter silencieusement, le soleil s'éleva finalement, venant réveiller avec douceur le jeune brun en caressant sa peau bronzée de ses rayons chauds. Celui-ci émergea de son sommeil après quelques minutes et se redressa en s'étirant, tandis que l'animal s'écarta de ses jambes. Il posa alors son regard sur le garçon en face de lui, puis il se remit à sourire.
« - Bonjour, Tsurugi ! »
Kyousuke le salua d'un simple mouvement de tête avant de se lever.
« - Ne perdons pas de temps. Allons-y.
- Quoi, déjà ? »
Ne recevant aucune réponse, Matsukaze soupira puis se leva à son tour. Il garda les yeux rivés sur le chevalier un instant, qui finit par s'interroger.
« - Tout va bien ? » S'enquit le plus jeune.
« - Oui. Pourquoi cette question ?
- Et bien, tu as une mine affreuse… Tu es encore fatigué ? »
Voulant éviter le sujet, Tsurugi se mit à marcher en balançant un simple « On y va ». Faisant la moue, l'autre se mit finalement à le suivre, toujours aux côtés de son ami poilu.
La journée était similaire à la précédente. Ils passèrent par un village où ils refirent le plein de provisions, avec l'argent tiré de la poche des deux garçons. Ils ne restèrent, bien sûr, qu'un court instant, l'aîné étant bien trop pressé à en finir avec tout ça. Ils repartirent donc aussi vite qu'ils étaient arrivés, et ils continuèrent leur chemin sous la voix chantante du petit brun.
Trois longues journées et deux épuisantes nuits, toutes abominablement identiques, venaient de passer alors qu'ils arrivèrent enfin dans la ville où habitait la fameuse voyante. C'est au milieu du troisième jour qu'ils parvinrent devant la tente de la devineresse, et c'est à ce moment que le garçon aux cheveux bleus nuit se remit en question. Est-ce que tout ce trajet n'avait pas été effectué pour rien ? Est-ce que cette vieille pie allait être vraiment utile dans la recherche de son frère ? Est-ce qu'il avait placé trop d'espoirs dans cette rencontre ?
« - Ne restez pas plantés là, entrez ! »
C'était une voix jeune, féminine et pleine d'énergie qui venait d'interrompre les pensées du jeune chevalier. Sans plus de cérémonie, le gamin à ses côtés entraîna Kyousuke à l'intérieur. Tout ce qu'il vit n'était qu'un amas de clichés sur les voyantes - sans les têtes miniatures et parlantes -, ce qui exaspéra bien vite Tsurugi Une ambiance sombre légèrement éclairée par la lumière du dehors se reflétant dans la boule de cristal placée au beau milieu de la pièce, sur une simple et petite table en bois, ainsi que par quelques bougies placées par-ci par-là. La couleur dominant les décorations intérieure, l'extérieur et les tapis était le mauve, mais ce qui étonna l'aîné, ce fut de voir une jeune fille sauter littéralement au cou de Tenma. Elle était de petite taille et possédait de longs cheveux châtains ornés d'un serre-tête blanc fleuri ainsi que de grands yeux d'or, et elle était vêtue d'une longue robe blanche et rose. Kyousuke put mieux distinguer son visage lorsqu'elle s'écarta du garçon Sa peau était pâle, ses joues généreuses et ses fines lèvres étaient courbées en un sourire radieux. Au vu de son comportement ainsi que de son apparence, il n'était pas étonnant qu'elle s'entende aussi bien avec l'autre enfant…
« - Je t'attendais, Tenma ! Je suis si heureuse de te voir !
- Moi aussi je suis content de te voir, Kinako. » Sourit Matsukaze.
Elle s'abaissa ensuite pour venir caresser l'animal avec un grand sourire, celui-ci semblant bien apprécier cela car il se frottait joyeusement à elle.
« - Et toi, tu es Tsurugi, n'est-ce pas ? » Questionna-t-elle en se redressant et en se tournant vers l'intéressé.
Étonné qu'elle connaisse son nom sans jamais l'avoir vu, il acquiesça d'un simple signe de tête.
« - Tu n'es pas venu juste pour passer voir ta bonne amie, n'est-ce pas ? » Soupira la dénommée Kinako à l'intention de Tenma.
« - Eh, non, désolé… Je suis venu pour que tu aides Tsurugi !
- Bien. Venez-vous asseoir. »
Elle leur indiqua alors deux chaises en bois placées face à la boule étincelante au milieu de la salle. Les deux voyageurs s'exécutèrent et la jeune fille prit elle aussi place de l'autre côté de la table.
Kyousuke scruta l'objet sous son nez. C'était trop irréaliste à son goût. Comment cette chose allait pouvoir l'aider à retrouver son frère ?
Il restait sceptique quant à l'utilité de tout cela, mais qui ne tente rien n'a rien…
