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Pendant que le Marchand s'était mis à l'aise dans sa chambre, Thorin était aller voir Balin et Dwalin. Ses deux meilleurs compagnons, ceux sur qui il pouvait toujours compter quels que soient les événements. Il leur parla du marchand qui était venu le voir avec une invention qu'il appelait une voiture et eurent une longue discussion à ce sujet. Les deux furent très curieux de le voir, en particulier Balin, c'est pourquoi ils vinrent au dîné qui les attendait. Kili avait en fin de compte eu raison d'inviter cet individu, Balin voulait mieux le connaître contrairement à Thorin.
Ils n'allaient être que les six. Personne d'autre. C'était en quelque sorte privé. Fili et Kili étaient déjà là depuis une bonne demi-heure, ils avaient dressé la table et s'étaient occupés du repas. Tout était prêt. Eux aussi avaient eu une discussion concernant le marchand, mais surtout de sa voiture. Ils voulaient absolument aller faire un tour et ça n'allait pas être leur oncle qui allait les empêcher d'accomplir leur désir, et même si celui-ci disait le contraire, ils iraient d'une façon ou d'une autre.
« Je vais aller chercher Thorin.
— Oui, sinon il ne viendra pas manger, dit Kili en rigolant.
— C'est pas grave, on gardera tout pour nous.
— Ouai.
— Tu pourras mettre les plats chauds sur la table je pense. »
Fili se tourna et fit quelques mètres avant de voir les portes s'ouvrir devant lui. Ils étaient vraiment synchros.
« J'allais justement venir te chercher Thorin.
— Eh Balin ! Dwalin ! s'exclama son frère avec enthousiasme.
— Bonjour les garçons, salua le vieux nain.. Je vois que vous avez déjà tout préparé.
— Oui. On ne voulait pas attendre trop longtemps… on a faim, fit remarquer Kili.. Vous mangez aussi avec nous ?
— Bien sûr, comme toujours.
— Ça tombe bien, on a fait à manger pour tout un régiment. Vous n'avez plus qu'à mettre les pieds sous la table. Tu as de la chance Dwalin, on a fait un beau gros poulet. Mais tu le mangeras pas à toi tout seul hein ?
— Je verrai selon mon envie, dit-il d'un ton neutre.
— Alors ? Où est cet homme ? demanda Balin intrigué.
— Ah, vous voulez le voir aussi, tu as raison Balin. Il ne devrait pas tarder je suppose.
— Vous lui avez dit où est-ce qu'on mangeait et quand au moins ? demanda leur oncle.
— Euh… non… on a oublié, confessa Kili.
— C'est malin. Vous voulez venir me chercher et vous l'oubliez en plus ! tonna Thorin ? Allez, va le chercher Fili. »
Fili partit de la salle et se dirigea en direction des chambres qui n'étaient pas du tout dans le même bloc de celui où ils étaient. Il traversa tous les couloirs jusqu'à arriver à celle du marchand. Il frappa à la porte. Une fois, deux fois. Ce dernier mit un très long moment avant de venir.
« Marchand ? Vous êtes là ? On vous attend, le repas va être froid ! indiqua-t-il derrière la porte .
— Une minute, j'arrive, acquiesça le marchand en faisant un bruit terrible avant d'ouvrir.
— Mais que faisiez-vous ?
— Rien de spécial, j'avais fini. Alors ? Quand est-ce qu'on mange ?
—Tout de suite. On attendait plus que vous. »
Le marchand suivit le jeune nain de près, il le regardait en le dévisageant d'une certaine manière. Il se disait que c'était un beau nain blond et qu'il avait une forte ressemblance avec Thorin, c'était bien son neveu.
« Heureusement que vous êtes venu me chercher. Je pense que je n'aurai pas pu venir vers vous tout seul, je me serais sans doute perdu.
— Oui, c'est pour ça que je suis là, souligna Fili.
— Il faut en faire du chemin pour aller manger, dit son partenaire en soufflant légèrement.
— Les chambres ne sont pas du tout proches de la salle où l'on mange.
— Je vois ça. Quelle idée. On a déjà faim, et en plus il faut faire du chemin pour y aller. Alala.
— Que voulez-vous, c'est comme ça. On est arrivé.
— Ah ! Enfin ! »
Fili ouvrit la porte. Elle donna tout de suite sur la longue table. Elle était resplendissante, les couleurs se mélangeaient entre elles. Elle était très garnie, il y avait le choix. Hors-d'œuvre, plats chauds, plats froids, légumes, viande et bien sûr le fromage et le dessert. Tout était là pour combler les ventres. Les yeux du marchand pétillaient de bonheur. Les deux nains avaient vraiment tout mis.
« Je sens que je vais me régaler !
— Faites comme chez vous, dit Kili.
— J'y compte bien. Nous avons de la compagnie ? interrogea le marchand.
— Oui.
— Plus on est de fous plus on rit. C'est bien ! Bonjour Messieurs ! salua-t-il en leur serrant la main.
— Bonjour, comment vous appelle-t-on ? demanda Balin.
— Quoi ? Monsieur Thorin ne vous l'a pas dit ? Ah euh oui… c'est vrai… murmura-t-il entre ses dents. Vous n'avez qu'à m'appeler Monsieur le Marchand comme tout le monde.
— D'accord.
— Et vous c'est ?
— Je m'appelle Balin, et voici Dwalin. Enchanté de faire votre connaissance.
— Moi de même.
— Allez-y installez-vous.
— Oh oui ! Miam. Je m'assieds où ? Là ? Là ? Où là ? demanda-t-il en montrant toutes les chaises du doigt.
— Non, là c'est moi et Fili.
— Là alors ?
— Non, c'est ma place, riposta Dwalin.
— Vous n'avez qu'à vous mettre ici, proposa Balin.
— D'accord, approuva-t-il en se mettant en bout de table. Oh ! Super ! Je suis face à Monsieur Thorin, pourquoi je n'ai pas pensé à me mettre là avant ? Bonjour ! dit-il en faisant un signe de la main à Thorin pour s'amuser, qui lui, le lui rendit pas.
— Eh bien bon appétit à tout le monde !
— Merci !»
Le marchand commença à engloutir toutes sortes de nourriture, il avait très faim. Il prit des cuisses de poulet, du riz puis des fraises puis encore des cuisses, il mélangeait tout. Tout ce qui se trouvait devant lui, il prenait. Kili le regarda bizarrement, mais après tout il avait raison, il faisait comme chez lui.
« Tu peux me donner le poulet avant que Dwalin ne prenne tout, réclama Kili.
— Tient, lui donna son frère.
— Votre chambre vous plaît ? Elle est à votre goût ? demanda Balin.
— Oui, elle est très belle, mieux que la mienne, mais elle est bien aussi, dit-il en souriant. Surtout que c'est moi qui l'ai aménagé comme je le voulais.
— Oui, heureusement.
— Par contre, c'est ce que je disais à votre neveu Monsieur Thorin, c'est long pour venir jusqu'ici, vous ne trouvez pas ?
— Ça fait de la marche, répondit sèchement Dwalin.
— Moui.
— Thorin nous a parlé de votre voiture, reprit Balin.
— C'est vrai ?
— Oui, comment avez-vous fait pour la créer ? Je suis très curieux de savoir.
— Eh bien… je ne peux pas vous le dire…
— Pourquoi ?
— Parce que je ne peux pas vous le dire… je ne sais pas moi-même comment j'ai fait en fait… mais elle est chouette n'est-ce pas ? Alala, vous allez aimer ça !
— Quoi ? Vous ne savez pas comment vous l'avez faite ? siffla Thorin.
— Non. Mon esprit a pris le dessus sur mon corps, et je l'ai laissé faire, j'en suis même très satisfait. Ça vous est déjà arrivé à vous ?
— Non. Je me demande comment ça ferait, dit Kili.
– Oui, moi aussi.
— Ce ne sont que des sottises ! héla le grand Roi. Il ne veut pas nous le dire un point c'est tout, et nous n'avons pas besoin de le savoir.
— C'est vrai ? Vous ne voulez pas nous le dire ? interrogea Fili.
— Non. Elle est mon œuvre, à moi. Mais je pourrai sûrement vous le dire si Monsieur Thorin accepterait de la conduire. J'aimerais tant qu'il le fasse, confessa-t-il.
— Vous voulez qu'il conduise ? s'exclama le plus jeune. Mais c'est super ! Vas-y Thorin !
— C'est du chantage tout ça.
— Oui tout à fait, admit l'homme en face de lui.
— Je vous ai dit que je ne la conduirai pas. J'ai apprécié notre petite balade, et que votre invention était très bien pensée, mais c'est tout.
— Vous me faites de la peine Monsieur Thorin.
— J'en ai que faire.
— Allez Thorin, j'aimerais trop te voir dedans. Et nous aussi on viendrait, comme ça tu ne seras pas tout seul, glissa Kili.
— Oui, et on pourra regarder, en plus, on est même pas monté dedans. On n'a pas mit un seul pied à l'intérieur, ça sera l'occasion. On ferait une d'une pierre deux coups, s'enthousiasma son frère.
— On sera juste derrière.
— Écoutez vos neveux Monsieur Thorin ! Et vous Monsieur Balin ? Monsieur Dwalin ? Qu'en pensez-vous ? J'ai raison n'est-ce pas ?
— Tu peux toujours essayer Thorin, insista Kili.
— Tu t'y mets aussi Balin ? Dwalin ! Épaule-moi !
— C'est toi qui vois.
— Voilà ! C'est réglé ! Vous venez demain à neuf heures tapantes, précisa le marchand en piquant son poulet.
— Je n'ai pas dit oui.
— Mais vous allez le dire.
— Ce n'est qu'une petite virée en voiture, de pas longtemps et puis ça va nous faire prendre l'air. On ne peut pas dire non, après tout, il est venu pour ça.
— Oui ! Tout à fait ! Merci euh… c'est comment ton nom déjà ? Billy ?
— Non, c'est Kili.
— Ah oui, et lui c'est… Fili, c'est vrai. Mais au fait, vous êtes frères ?
— Bien sûr.
— Mmh, vous ne vous ressemblez pas.
— Oh si ! Ils se ressemblent suffisamment, s'écria Thorin.
— Si vous le dites… vous êtes bien frères ?
— Les meilleurs frères du monde !
— Oh que oui ! approuva Fili en mettant une tape sur l'épaule de Kili.
— Et qu'allez-vous faire avec votre voiture une fois que Thorin l'aura essayé, poursuit Balin.
— Eh bien… je veux lui en vendre plein ! Énormément !
— Vous plaisantez ? demanda Fili surpris.
— Non. Vous pensez que je suis là pour quoi ? Pour faire la causette ? Nooonn ! Je rigole ! Bien sûr que je veux lui en vendre, et même si ce n'est pas le cas, je suis venu exprès pour lui montrer. C'est vraiment un honneur d'avoir pu faire ça.
— Nous vous remercions Monsieur Marchand. N'est-ce pas Thorin ? lui demanda-t-il sans obtenir de réponse.
— Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Vous venez avec moi demain matin et je vous montre tout ?
— En tout cas, même si Thorin ne vient pas, vous pouvez compter sur nous, on veut bien le remplacer
— Bon ben tant pis pour vous Monsieur Thorin… j'emmènerai vos neveux conduire alors. Ils sont gentils EUX !
— Oui. C'est encore mieux que ce qu'on pensait, on va la conduire ! s'exclama Kili.
— Très bien… j''accepte. Je serai là demain matin. C'est bien pour vous faire plaisir, regretta-t-il déjà.
— Ouiiii ! Merci Monsieur Thorin ! Merci ! Merci vieux nain ! Merci grand nain ! Merci vous deux !
— Oh ben non ! On aurait pu conduire avant lui, c'est nul, bougonna le brun.
— Ce n'est pas grave mes petits, vous le ferez aussi. Donc on fait comme ça ? Neuf heures demain.
— Oui.
— Vous allez voir, ça va être extraordinaire ! »
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Le repas se termina avec de bonnes bières. Le marchand était repu, Fili et Kili également. Thorin avait très peu parlé à la fin, laissant Balin écouter et discuter avec leur invité. Il l'avait trouvé très intéressant. Dwalin, lui, s'était contenté de manger en les écoutant. Ce fut une excellente soirée pour le marchand, et un très bon repas. Il appréciait tout le monde. En un après-midi et une soirée, il eut tout ce qu'il voulait. Il se sentait comme chez lui. Il avait beaucoup aimé le vieux nain. Fili et Kili avaient fait en peu de temps ce qu'il attendait d'eux, et ce, sans leur en avoir parlé. Il n'avait pas pensé que ça irait aussi vite, mais il n'allait pas s'en plaindre, bien au contraire.
Il commença à faire tard et tous regagnèrent leur chambre. Une personne en particulier allait très bien dormir, une autre se posant encore des questions, et les deux restantes, fines excitées. La journée qui les attendait allait s'annoncer très bonne ou pas.
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