Troisième épisode

Shikamaru sentit son portable vibrer une nouvelle fois et n'eut même pas à y jeter un regard qu'il savait déjà qui la harcelait comme ça. Tayuya. Cette mignonne adolescente sans classe qui divertissait ses soirées de célibataire. Encore une plaie. Fallait qu'il y mette un terme à cette relation douteuse, si jamais il se faisait prendre avec une lycéenne, il était bon pour la prison et ça s'était vraiment trop galère. Il allait se trouver une fille plus âgée, avec qui il ne risquait rien.

Décidé, le brun s'empara de son téléphone et appela Tayuya qui décrocha tout de suite, toute heureuse :

- SHIKA-CHOUUU !

- La ferme, Tayuya. C'était juste pour te dire adieu et réussis bien dans ta vie, Ciao !balança d'une traite le jeune homme, en éteignant son portable.

Il se dirigea au centre commercial, où il s'en acheta un autre, plus moderne, mais surtout pour changer de numéro. Jamais plus Tayuya ne le verrait.

Se sentant libéré d'un poids, Shikamaru rentra chez lui, fit chauffer dans le micro-onde, un plat déjà préparé, le mangea sans en apprécier sa saveur, absorbé par les informations. Il resta un moment devant la télévision à regarder un thriller avant de s'enfermer dans sa salle de bain. Il en ressortit vingt minutes, vêtu de son pyjama, et alla s'enrouler dans sa couette.

Son réveil sonna lui indiquant 18h12.

Il se leva, non sans difficultés, ouvrit son armoire où il en sortit un pantalon en lin noir, avec un maillot de corps de la même couleur et une chemise d'un vert forêt. Bon, il s'habillait peut-être avec les mêmes couleurs, mais ce n'était pas de sa faute s'il appréciait particulièrement ses couleurs. Il se doucha encore, se rasa avec une précision étonnante, se parfuma, coiffa en une habituelle haute queue de cheval ses cheveux, s'habilla, emporta le petit cadeau qu'il avait acheté quelques heures plus tôt et partit chez sa secrétaire


Temari ajusta sa robe mordorée, qui avait l'air d'une seconde peau sur elle, laça ses talons à aiguilles, releva ses cheveux en un lâche chignon, laissant flotter quelques mèches ondulées, embauma ses lèvres d'un rouge à lèvres brillant et enveloppa ses cils d'une touche de mascara, se vaporisa avec son dernier parfum, cadeau de son père, se sourit à elle-même dans son miroir, avant de se décider à quitter son appartement. Elle n'oublia pas son étole, son sac de couleur noire et ouvrit la porte. Un charmant jeune homme s'y trouvait, et contempla avec attention sa robe.

- Comment la trouves-tu ?demanda Temari, en tournant sur elle-même.

- C'est toi qui la rend belle, répondit machinalement le jeune homme, en prenant délicatement son bras.

- Ne sois pas de mauvaise foi, Gaara. Cette robe est sublime, tu féliciteras Matsuri de ma part.

- Pourquoi ne le ferais-tu pas ?ronchonna le rouquin.

- Gaara ! C'est ton secteur !

- Tu es l'inspectrice des travaux finis, tu peux aussi féliciter les employés !répliqua Gaara. Et puis, si je félicite cette fille, je ne t'amène pas à cette soirée !

- Tu y es obligé !riposta Temari. Tu es le DJ et je n'ai plus de voiture à cause de ce connard de balourd qui ne sait pas se garer ! Tenten va me tuer si je n'y vais pas.

- Prends les transports en communs.

- Es-tu suicidaire ?

- Non, juste taquin, corrigea Gaara, en tirant sa sœur dans sa voiture, avant qu'elle ne proteste encore.


- Ah Shikamaru, enchanté de te voir, salua Neji, tu vas bien ?

- Ca peut aller, et toi ?

- Avec Tenten, ça va toujours bien, répondit le Hyûga, en débarrassant le Nara de sa veste.

- Et où est-elle ? J'ai un cadeau à lui donner.

- Dans le salon, avec les autres invités, indiqua Neji, en ouvrant la porte pour accueillir d'autres convives.

Le Nara se dirigea vers le salon, guidé par les rires de son assistante. Quand il y arriva, il la vit s'interrompre et venir vers lui, le sourire aux lèvres :

- Hello, Patron !dit-elle, en lui administrant deux bises sur les joues. Ca va depuis ce matin ?

- Tranquillement.

- Vous pouvez vous installer sur le canapé, je vais chercher d'autres apéritifs.

- Tenten, interpella Shikamaru, alors que la brune allait disparaître dans sa cuisine.

- Oui ?

- Tenez, c'est pour vous, dit-il, en lui tendant un paquet emballé.

- Oh, il ne fallait pas, Patron, s'exclama Tenten, en ouvrant son paquet.

Et elle découvrit un livre particulier : L'informatique pour les nuls, qui la fit sourire.

- Ca vous aidera à comprendre le problème des pare-feu. Je ne vous vexe pas ? se justifia Shikamaru.

- Pas du tout. Je ris juste car ma meilleure amie vient de m'offrir le même, expliqua la jolie brune, en reposant deux bises sur les joues du brun. Merci beaucoup, Patron, mettez-vous à votre aise, je vais chercher ces apéritifs !

Shikamaru alla s'asseoir sur une chaise, et jeta un regard sur la pièce et les gens qui la remplissaient. Son regard se fixa sur une belle blonde qui brillait dans sa robe mordorée. Elle avait de belles formes et tenait un verre d'une boisson alcoolisée bien sûr. Elle arborait un sourire franc à l'homme devant elle, brun avec des tatouages rouges étranges sous ses yeux. Et il pouvait entendre son rire de l'endroit où il se trouvait. Un rire doux, au timbre feutré, agréable pour les oreilles, pour lui …il souhaitait le réentendre.

Comme si elle avait entendu sa requête intérieure, Temari rit à nouveau, Kiba faisant preuve d'une belle imagination pour ses blagues. Elle vida son verre avec élégance, le déposa sur le bar et un rouquin, vint lui glisser quelque chose à l'oreille, qu'il n'entendit pas certainement.

Shikamaru détourna les yeux et manqua de croiser le regard curieux que lui lançait la blonde qu'il étudiait quelques secondes auparavant. Neji vint le retrouver, sachant qu'il ne connaissait personne.

- Ca va ? Tu ne t'ennuies pas trop ?

- Non, j'ai l'habitude d'être seul, rassura Shikamaru.

- On ne t'a pas servi ?

- Je n'ai pas très so …

- Neji, tous les invités sont arrivés, il est temps d'entrer en action !l'interrompit Tenten, en enlevant son fiancé au brun.

Ils se placèrent au milieu de la pièce, attirèrent, enfin, Tenten capta l'attention de tous ses convives, et quand le silence complet fut obtenu, la jolie brune prit la main de son fiancé, impassible et annonça d'une voix claire, maîtrisant mal son excitation :

- Si nous vous avons tous réunis ici, c'est pour vous faire part d'une joyeuse nouvelle. Vous êtes nos amis les plus chers et nous souhaitons vivement que vous soyez tous présents à notre mariage qui se déroulera le 2 Juillet.

Les invités demeurèrent muets de surprise, avant d'applaudir à s'en faire mal aux mains. Ils se ruèrent ensuite vers les futurs mariés pour les féliciter. Gaara regarda sa montre, arrangea sa mèche de cheveux et but une gorgée de sa coupe de champagne rosé.

- Je comprends encore mieux pourquoi elle n'a pas convié Kankûro. Elle est assez gentille de l'avoir préservé d'un suicide.

- Gaara !morigéna Temari, jetant un regard noir à son jeune frère. Tu vas arrêter de dire des bêtises ? C'est de la vie de ton frère dont on parle, là !

- Je sais. Cette histoire avec Tenten me fait juste rire.

- Rire ? Gaara !

- Au lieu de me gueuler dessus, va réserver celui qui partagera ta couche ce soir avant qu'il ne s'en aille pour ennui, conseilla le rouquin, sérieux. Va le tirer de cet ennui, Temari.

La belle blonde le darda d'un regard noir, s'empara de sa coupe et partit rejoindre le brun qui jouait avec les clés de sa voiture pour tuer le temps. Il n'allait pas tarder. Cette soirée aurait été sympa, surtout s'il connaissait cette sulfureuse blonde qui l'attirait terriblement.

Comme si son souhait avait été entendu par on-ne-sait-quel-djinn, il fut exaucé et l'inconnue encore plus belle de près, se posta devant lui, deux coupes pleines de champagne à la main.

- Bonsoir, beau brun, on s'ennuie ?

Shikamaru ne put pas s'empêcher de sourire, et jubila intérieurement. Cette blonde lui plaisait vraiment beaucoup. Piquante, charmante, séduisante, sexy …mais cette avalanche de qualités lui faisait peur : n'allait-elle pas révéler un côté plus sombre qu'il abhorrait chez les femmes, en sa bonne qualité de macho ? Soit. Il ignora ses craintes et entra dans le jeu de cette inconnue :

- Bonsoir, belle blonde, on vient tuer l'ennui ?

Temari afficha un éclatant sourire qui aveugla presque le brun qui baissa les yeux. Fière, la Sabaku s'installa sur la chaise près du jeune médecin et lui tendit une coupe, qu'il prit délicatement, en prenant bien soin d'effleurer ses doigts. Contact qui cristallisa quelque chose en eux : l'une ressentit une chaleur nouvelle, l'autre un courant électrique glacial. Quelque soit la nature de leur sensation, ils se fixèrent les yeux dans les yeux pendant quelques instants, scrupuleusement surveillés par Gaara, qui eut un rire.

- Va falloir que j'aille m'en chercher une, moi aussi, dit-il, avant de se fendre dans la foule à la recherche d'une belle demoiselle. J'ai pas envie de m'emmerder ce soir.

Avant même qu'il ne puisse faire un pas, il fut retenu par une poigne ferme. Il se retourna à contrecoeur et découvrit non sans surprise une belle brune qui le fixait d'un air sévère.

- Ah, Shizune, quel plaisir de te voir !

- Sale enfoiré, pourriture extrême, bouse que je voudrai détruire, excré…commença ladite Shizune.

Avant même qu'elle ne continue sa tirade d'insultes, le rouquin la prit par la taille, la colla contre lui et l'embrassa passionnément, sous les yeux rieurs de Kiba. Au début, la brune protesta mais impuissante face au rouquin, et surtout incapable d'oublier les sentiments qu'elle avait pour lui, elle répondit avec ferveur au baiser, et l'échange n'en fut plus que langoureux. Finalement, Gaara n'avait pas eu besoin à chercher bien loin sa compagne d'un soir : elle était venue à lui.

Temari avait pour principe de ne pas dévoiler sa véritable identité à ses partenaires passagers. Soit elle leur donnait un surnom, soit une identité appartenant à son entourage. Rares étaient ceux qui avaient droit à son vrai prénom. Pour sa nouvelle proie, Temari aurait bien voulu lui offrir cette chance et lui décliner son véritable identité. Seulement, elle désirait s'amuser jusqu'au bout et ce brun semblait être un adorable joujou.

- Shiho Nishimura, se présenta-t-elle, en tendant sa main droite au brun, qui lui fit un adorable baisemain.

- Asuma Sarutobi, répondit le jeune homme, pas dupe.

Il n'était pas simple à le berner. Avec ses 200 de QI s'était impossible, et aussi intelligente que semblait être cette femme, elle ne faisait pas le poids face à lui. Lui non plus ne donnait son véritable nom aux autres. Pour qu'on lui saute dessus en hurlant : Waouh ! Vous êtes le gynécologue de ….et patati et patata… Vraiment trop galère de courser des fanatiques qui étaient prêts à lui donner des milliers de yens pour qu'il demande un autographe à ses patientes. L'horreur …

Seuls son père, ses proches amis et certaines de ses conquêtes le connaissaient. A part ça, il prenait toujours le nom de son parrain, grand Don Juan, lui aussi, qui était décédé alors qu'il venait tout juste de se caser.

Alors bien qu'il aimait cette inconnue pas le moins du monde innocente, il n'allait pas faire exception à la règle pour elle non plus. Elle aurait droit à Asuma, point final.

- Asuma Sarutobi ? Il me semble l'avoir connu, dit-elle énigmatiquement, songeuse. Il avait un bouc, des favoris, fumait comme un dragon, avait un beau regard de velours et …. Vous le connaissiez ?

Shikamaru but une gorgée de champagne, le temps de trouver un mensonge encore. Décidément, cette femme avait connu Asuma, il se moquait éperdument du comment, mais paniquait plutôt à l'explication rationnelle qu'il fallait lui donner. Car dans ses yeux pers, magnifiques, il pouvait voir que cette femme n'était pas ingénue et l'esprit de malice et d'intelligence brilla dans ses yeux à cet instant, confirmant sa thèse. Il regarda sa coupe, la fit tournoyer avant de croiser le regard vif de la blonde.

- C'était mon père.

- Vous êtes donc Asuma Junior.

Elle sembla évasive pendant un moment, avant de reprendre, s'attendant sûrement à cette excuse banale.

- Il devait être assez jeune alors quand il vous a eu.

Shikamaru ne laissa rien transparaître mais cette blonde le mettait mal à l'aise. Elle devait bien connaître Asuma pour savoir sa date de naissance et ainsi calculer le nombre d'années d'écart qu'ils avaient. Soit douze ans au total. Son mensonge tombait à l'eau et elle le fixa longuement d'un regard pesant, attendant une explication, le poussant dans ses retranchements.

- Ok, je l'avoue. J'ai subtilisé son nom pour continuer ses affaires, mentit encore le jeune homme.

- Hmm…je comprends pourquoi sa boîte de nuit fonctionne toujours aussi bien : elle a l'air d'avoir un bon gérant, dit rêveuse la blonde, avant de porter son verre à ses lèvres. Je pensais qu'il allait la léguer à son filleul. Visiblement, ce dernier n'a pas désiré prendre la relève.

A cette évocation, Shikamaru la fixa étrangement. Cette femme l'intriguait de plus en plus. Elle semblait vraiment tenir des informations sur son parrain, comme s'il avait fait partie de sa vie. La question que lui posa la blonde, le troubla encore plus et le convainquit dans son hypothèse : cette Shiho avait été très proche d'Asuma.

- Vous savez comment va Kurenai ?

Shikamaru faillit sursauter en entendant cette demande. Qui était-elle donc pour savoir autant de choses sur son parrain ? Pratiquement personne, mis à part ses proches, c'est-à-dire peu de personnes, était au courant de sa relation avec Kurenai, qu'il désirait discrète. Si cette inconnue savait l'existence de Kurenai et donc les sentiments que lui portait Asuma, cela voulait donc dire que Shiho était très proche de son parrain. Shikamaru était fasciné par cette femme, sortie de nulle part et qui connaissait Asuma, presqu'autant que lui.

Fasciné, troublé, curieux. Cette femme était vraiment mystérieuse.

- Qui était-il pour vous ?posa-t-il, désirant mettre un terme à sa curiosité.

- Un ami de longue date, répondit-elle, brûle-pourpoint, sans laisser passer quelconque sentiment sur son joli minois. Et pour vous ?

Shikamaru se tut, prenant le soin de réfléchir avant de dire une bêtise. S'il dévoilait qu'Asuma était son parrain, elle ferait aussitôt le lien entre le filleul dont le Sarutobi lui avait parlé et lui. En découlerait donc pour elle, de savoir sa véritable identité, soit Shikamaru Nara. Il serait démasqué tandis qu'elle, intouchable, se protégerait derrière un faux nom. Mauvaise stratégie. Il fallait jouer comme elle. Etre fin, discret, secret et efficace.

- Un ami de longue date également, dit-il, enfin, après mûres réflexions.

- Qu'il repose en paix, lança-t-elle, en trinquant.

Shikamaru l'observa vider sa coupe d'un trait et passer sa langue sur ses lèvres maquillées. Elle était vraiment belle, il n'y avait rien à dire. Il la contempla pendant un long moment, ancra dans sa mémoire la longueur de ses jambes, la forme de ses mains, le contour de sa bouche pulpeuse, le volume de ses cils, la mensuration de sa poitrine qu'il pouvait deviner grâce à sa robe moulante, le diamètre de ses boucles blondes… Elle était vraiment magnifique.

- Mademoiselle Nishimura, je vous trouve ravissante, complimenta-t-il, son regard rivé sur la ligne longue et fine qu'était la jambe dénudée de la blonde.

- Je vous remercie, Monsieur Sarutobi. Il faut avouer que vous n'êtes pas mal, vous non plus. J'apprécie beaucoup votre parfum : DominationMâle, by MenPower, je suppose ?retourna Temari, posant ses yeux sur les boucles d'oreilles, simples, que portait le brun.

- Exact. Vous avez un nez plutôt fin …

- Et vous, vous avez acheté ce parfum pour son arôme subtil ou pour son nom ?

- Un peu des deux, avoua Shikamaru, en esquissant un sourire.

- Légèrement macho, alors ?

- Un soupçon féministe, je me trompe ?

Pour toute réponse, Temari se leva avec une grâce exquise et se dirigea sur la terrasse où personne ne se trouvait.

- Vous ne trouvez pas qu'il fait un peu chaud ?

Shikamaru ne répondit pas tout de suite. C'est vrai qu'il trouvait que la température était assez élevée. Seulement, il hésitait entre les verres de champagne, la chaleur humaine des convives, du four allumé de la maîtresse de maison, ou alors l'effet que lui produisait cette belle inconnue absolument attirante.

- Maintenant que vous le dites …

- Et si nous allions sur la terrasse ?proposa-t-elle, avec un regard malicieux.

- A une condition : arrêtez de me vouvoyer.

- Condition acceptée, accorda Temari, en disparaissant du salon, suivie par le jeune médecin.


- Neji, tu aurais vu Gaara ?

- Euh … il était là tout à l'heure, répondit le Hyûga.

- Mais où est-il ?paniqua Tenten.

- Ma petite Tenten, intervint Kiba, avec un rire narquois. Tu as perdu ton DJ.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Gaara est parti avec une jolie demoiselle, et ne reviendra pas, si tu vois ce que je veux dire, informa Kiba, alors que le visage de Tenten se décomposait.

Mais c'était mal la connaître, si on pensait qu'elle resterait dépitée longtemps. La brunette releva la tête, fière, empoigna Kiba par le col et le tira vers la table de mixage.

- Je fais de toi mon nouveau DJ, Kiba.

- Hey ! Mais moi, je ne suis pas venu ici pour ça !protesta le brun, impuissant.


La blonde envoya le brun s'asseoir sur le haut tabouret du bar, gardé par un homme aux répugnants sourcils, nommé Lee. Finalement la terrasse avait été oubliée, dès que Neji avait activé la climatisation. Les deux adultes s'étaient alors rabattus sur le bar, s'interrogeant du regard. L'un et l'autre se sentaient irrésistiblement attirés par une attraction étrange et nouvelle. Temari croisa ses jambes, sa robe remontant un peu plus, posture qui ne gêna pas le Nara, qui trouva là un bon moyen d'admirer les somptueuses gambettes de l'inconnue. Cette dernière jeta un œil à sa montre. Cela faisait exactement une heure et quarante-deux minutes qu'elle était à cette soirée. L'ambiance ne la dérangeait pas, assez sympa, mais elle commençait sérieusement à s'ennuyer. Elle balaya la pièce du regard, cherchant quelqu'un en particulier.

- Si tu cherches le rouquin, il n'est pas là, indiqua Shikamaru, d'une voix plus sèche qu'auparavant.

- J'ai comme l'impression qu'un « Tant mieux » est implicitement caché sous cette phrase, non ?

- Simple impression ou imagination de ta part, répliqua Shikamaru, la blonde lui lançant un sourire taquin.

- Dommage, nargua-t-elle, en faisant une moue, exprimant sa déception.

Shikamaru détourna la tête de cette charmante bouille qui était à croquer. Cette mine faussement déçue et moqueuse réveillait en lui une flamme qu'il avait difficilement réussi à atténuer avec l'aide de Tayuya.

- Tu es déçue ?

- So disappointed, insista Temari, avec une voix attristée.

- Tu n'as pas à l'être.

- Porque ?

- Parce que …débuta Shikamaru, avant de s'arrêter.

Non, il ne pouvait pas lui sortir tout de suite qu'il avait envie d'elle. Ils se connaissaient à peine. Quoique ça ne changeait pas de ses habitudes. Il couchait avec des filles, surtout les lycéennes son péché mignon, alors qu'il discutait avec elles depuis une dizaine de minutes. Pourquoi devrait-il changer avec elle ?

Tout simplement parce qu'elle était différente. Il le sentait. Il sentait aussi le changement qui opérait en lui et dont elle était la responsable, la coupable. Il fallait qu'elle paie quand même.

- Parce que ?demanda Temari.

- Because I want you, avoua-t-il, attendant la réaction de l'inconnue.

Celle-ci baissa les yeux, pour mieux les plonger dans ceux du Nara. Elle eut un rire avant de se lever rapidement. L'avait-il brusquée ? Pourtant, c'était elle qui avait commencé à jouer, il n'avait fait que répliquer. Galère, cette femme était vraiment étrange.

Shikamaru fit mine de se redresser pour la suivre, mais Temari stoppa ses gestes, en le plaquant contre le bar. Lee croisa son regard pers où brûlaient les flammes du désir et partit directement, effrayé par cette femme. Le gêneur enfui, la Sabaku fixa dans les yeux le Nara dont le regard reflétait ses précédentes paroles. Temari sourit dangereusement, s'approcha de l'oreille et lui susurra, d'une voix ensorcelante :

- Moi aussi j'ai envie de toi, Asuma. Seulement, j'ai une condition à poser.

- Tout ce que tu voudras, assura Shikamaru, ne se contrôlant déjà plus, toute raison disparut dès lors que la blonde s'était collée à lui, exerçant une pression sur son corps parcouru par de multiples frissons.

- Tu devras me laisser partir demain et m'oublier aussitôt, d'accord ?imposa Temari, cruelle.

- Compris, confirma le brun, sentant le souffle de la blonde descendre le long de sa jugulaire.

Elle se détacha brutalement de lui, toujours avec son sourire angélique.

- Au fait, le rouquin est mon frère, apprit-elle. Il se nomme Hidan Nishimura.

Shikamaru l'enlaça à la taille, lui rendit son sourire. Elle persistait toujours dans sa fausse identité.

Même son frère était inclus lui aussi dans cette comédie.

- Et si on allait dire au revoir à nos hôtes ?


Shikamaru ouvrit avec difficulté la porte d'entrée de son appartement. La blonde appuyée contre lui, lui léchait le lobe de son oreille, avant de lui apposer des suçons partout sur son cou. Le brun se contrôlait du mieux qu'il pouvait, seulement ce n'était pas si facile.

Depuis qu'il l'avait placée dans sa voiture, la blonde ne cessait de l'aguicher dangereusement. Elle se savait attirante et désirée, et elle usait de ses atouts pour le mettre à bout, lui. Et elle excellait dans son jeu de charme, la garce. Jamais Shikamaru n'avait ressenti autant de désir pour une femme, et il approchait quand même de la trentaine et en avait fréquenté des femmes, alors il pouvait aisément comparer. Cette Shiho était vraiment un petit ange démon tombé du ciel ou sorti des entrailles de la terre pour le tirer de son quotidien. Et il n'allait pas la laisser filer.

Déjà, il avait oublié sa condition.

Temari s'amusait drôlement bien.

On lui avait donné un homme bien bâti, sexy, qu'elle devinait intelligent et qui semblait aussi doué au lit. Alors, toutes les conditions étaient réunies pour qu'elle en profite à fond ce soir. Anticipant déjà le bon moment qu'elle allait passer, Temari se jura de remercier sa meilleure amie pour avoir fait venir cette perle chez elle. Et dire qu'au départ, Tenten voulait qu'elle rencontre son …Temari n'en avait cure de ce patron qu'elle s'était imaginée collant, répugnant, horrible, pervers, vieux …

Ce brun-là était triplement meilleur. Il était presque à bout, elle le sentait. Encore quelques instants et sûr qu'il allait se jeter sur elle. Et dire qu'elle n'attendait que ça. Visiblement, il était plus lent que les autres hommes, il semblait prendre son temps, se délecter de toutes les précieuses secondes qui s'écoulaient …et si elle insupportait cela chez les autres hommes, elle adorait ça chez lui.

Tandis qu'il était parvenu à ouvrir la porte de son appartement, elle passa ses bras derrière sa nuque et se mit à déposer des bises fiévreuses sur le visage du Nara.

« Craque, supplia-t-elle, craque ».

Son vœu fut exaucé.

Shikamaru la serra contre lui, la porta et l'amena vers une pièce qu'elle devina avant même d'y avoir posé le pied : sa chambre.

Il referma la porte de cette fameuse chambre d'un coup de pied vif, il l'allongea au centre du lit et se mit à l'embrasser langoureusement. Temari jubila intérieurement, trouvant le brun encore plus désirable dans cet état fiévreux, et répondit avec plus d'ardeur au baiser qu'il lui donnait. Elle passa ses mains sous sa chemise, déboutonnant au passage celle-ci et tâtant avec appétit le torse musclé découvert.

Shikamaru avait beau être un génie, il ne parvint pas à trouver la fermeture Eclair de la robe de la blonde, qui se moquait de son ignorance. Aveuglé par sa faim charnelle, il perdait toute faculté rationnelle, et de rage, il déchira brutalement la robe de Matsuri.

Temari lui lança un regard amusé. Elle l'aimait beaucoup cette robe, mais déchirée, elle l'aimait encore plus. Et elle désirait encore plus cet Asuma, qui déjà taquinait sa poitrine mise à nue.


Sincèrement, je mande un tout petit review pour savoir si réellement je dois continuer ou pas cette histoire.

Merci d'avance ^^