Titre : Tout le monde aime K !

Auteur : Ashura-Kageboushi, avec la participation de Mad M.

Titre du chapitre : Le chaste et pur Suguru.

Disclaimer : Rien n'est à moi (ou plutôt, nous, pour cette fois ^^), et heureusement !! ^^

Rating : Aucune idée. (K+ ou T)

Nombre de mots : Sans compter tous les trucs au début et à la fin, un peu plus de 3000. ^^

Notes : Excusez-moi (ou plutôt, NOUS) pour le retard, même si, personnellement, je n'ai rien à me reprocher, j'avais déjà fini il y a 5 semaines.

C'est la faute de Mad M. !!!! (Qui joue aux Sims au lieu de faire sa part de boulot, n's pas ? ^^)

Bref. J'avais dit que ce serait une co-écriture, parce que je ne me voyais pas DU TOUT écrire un K x Suguru toute seule. (PAUUUUUUUVRE SUGURU D'AMOUR !!!! .) Oui, je sais, vous allez me dire : "Et Shûichi ? Et Tetsuya Ukai ? Pas pauvres?". Ben non, parce que Shû-chan, c'était un rêve, et puis Tetsuya Ukai... C'était Tetsuya Ukai... ^^'

Breffffff. Bonne lecture quand même ! Je vous éclairerai sur la fin à la fin du texte !

Ainsi continue la lonnngue et inteminable liste de conquêtes de notre grand ami K ! =D Enjoy !


***

La porte s'ouvrit et claqua avec violence contre le mur déjà défoncé du studio. Suguru, en pleurs, courant presque, traversa prestement la pièce et se jeta sur le petit canapé rouge, seule touche de gaieté dans cet univers grisâtre, qui gisait tristement au fond de l'endroit. Celui-ci s'affaissa légèrement sous le poids pourtant peu conséquent du jeune homme, qui gémit, avant de se prendre la tête entre les mains et de se recroqueviller en position fœtale. Un tel manque de retenue était inhabituel pour le garçon et ce comportement aurait surpris plus d'un spectateur éventuel. Personne n'aurait jamais soupçonné un tel épanchement possible de la part de l'adolescent. Lui qui d'ordinaire affichait un éternel masque d'impassibilité – caractère visiblement héréditaire à chaque membre de la famille Seguchi, sauf en ce qui concernait les affaires avec monsieur Shindô, évidemment, sur qui il s'acharnait autant qu'il le pouvait –, le voilà qui, à présent, restait prostré au fond du canapé, à la manière de quelqu'un dont on aurait sadiquement brisé tous les rêves.

Suguru essuya nerveusement les larmes coulant sur ses joues. Ses yeux se posèrent soudain sur un cadre ornant le mur gris, un cadre contenant un des multiples disques d'or des Nittle Grasper, avec, sous celui-ci, les photos de Ryûichi Sakuma, Noriko Ukai, et… Tohma… Seguchi. A la vue de cette dernière personne, ses pleurs redoublèrent d'intensité. Des bribes de souvenirs des évènements qui s'étaient déroulés quelques minutes plus tôt lui revinrent. Des images défilèrent en masse devant ses yeux mouillés. Des images de son cousin, souriant à la Seguchi, glacial – comme à son habitude –, inquiet, cruel, calculateur... Des images de cet homme blond comme les fleurs du vanillier, aux yeux vert émeraude, au caractère impitoyable et menaçant, au chapeau melon qui ne le quittait jamais, qui possédait le génie du clavier et était certainement l'un des plus grands claviéristes de son temps, s'acharnaient à lui flotter devant les yeux.

Suguru renifla peu élégamment et s'essuya les joues sur la manche de sa chemise vert d'eau. Que s'était-il donc passé ? Personne n'aurait jamais soupçonné la connaissance de la définition et l'aptitude à exécuter le verbe « pleurer » chez un membre de la famille Seguchi. Pourtant, ce qui continuait de déborder des yeux du jeune claviériste, ce n'était pas du vent, mais bel et bien des pleurs. Qu'avait-il bien pu se passer pour qu'il se mette dans un tel état ?

Cinq minutes plus tôt. Bureau de la direction de la maison de disques NG Productions.

― … Et donc, je pense qu'ici, les délais sont trop courts. Jamais monsieur Shindô n'aura fini les paroles de cette chanson à temps, vous le connaissez. Bien que j'aie moi-même préparé des textes qui colleraient parfaitement aux arrangements des instruments, jamais il n'acceptera de les chanter.

― C'est vrai… Il s'agit de Shindô, après tout, répondit aimablement la deuxième voix. Bien, alors que dis-tu de deux semaines de délai en plus ?

― En tant que producteur de Bad Luck, je ne puis vous affirmer que le délai sera respecté – comme vous l'avez dit, il s'agit de monsieur Shindô… Mais je pense que notre manager saura arranger cela, répondit avec suffisance la voix d'un homme plus jeune.

Un bruit de chaise raclant le sol se fit entendre.

― Vous y aurez tout intérêt. Ah, au fait, Suguru, à propos de votre concert au Tokyo Dôme, le vingt-six juillet…

― Cette date est parfaite. D'ici là, nous aurons terminé les trois prochains singles, dont celui qui a deux semaines de retard sur le temps imposé, et monsieur Shindô aura eu le temps d'apprendre par cœur les paroles de ses chansons. Et si ce n'est pas le cas, nous mettrons un prompteur au fond du stade.

― Bien. En ce qui concerne la tournée de septembre, de Kyûshû à Hokkaido… Par où passerez-vous ?

― Eh bien… sembla réfléchir Suguru. Nous arriverons à Fukuoka dans la nuit. Nous remonterons jusqu'à Hokkaido en passant par les villes les plus importantes, comme Kobe, Kyôtô, Nagoya, Naka… pardon, Nagano, Yamata et d'autres, jusqu'à Hokkaido, puis nous redescendrons en direction de Tôkyô.

― Je vois que tout est parfaitement organisé, félicita le directeur de NG Productions. Je n'ai visiblement pas fait d'erreurs en te nommant producteur de Bad Luck, Suguru.

― Je vous remercie, Tohma-san.

Tohma se leva, contourna son bureau, et s'arrêta devant la porte entrouverte de la pièce, qu'il désigna d'un geste de la main. Son jeune cousin se leva et s'apprêta à s'en aller, mais quelque chose le retint. Il se stoppa devant le battant, la main en suspendue au-dessus de la poignée. Tohma, qui avait déjà regagné son espace de travail et qui en caressait le bois du bout de son doigt ganté, le regarda d'un air interrogateur.

― Oui ? questionna-t-il. Tu as encore quelque chose à m'énoncer ?

― Euh… Tohma-san…

Suguru se retourna et planta ses yeux dans ceux de son cousin.

― Tohma-san… Si vous saviez à quel point je vous aime…

Bien sûr, cela n'avait aucune connotation amoureuse. L'adolescent n'était absolument pas en train de faire des avances à un homme de seize ans son aîné, qui plus est, était de sa famille, et marié ! Non, simplement, il voulait lui dire à quel point il l'admirait. A quel point cet homme l'avait influencé dans ses actes comme dans sa vie, à quel point il le respectait.

Malheureusement, le directeur de NG Productions ne comprit pas la phrase dans ce sens-là. Il fallait aussi avouer qu'elle portait à confusion. Il eut une moue dégoûtée.

― Malheureusement, Suguru, je ne partage pas tes pensées. Je pense que tu es fatigué, tu devrais aller te coucher. Je te suggère de quitter mon bureau, à présent, fit-il d'une voix plus que glaciale.

Jamais un Seguchi n'aurait parlé de cette manière à quelqu'un de sa famille. La famille était sacrée chez eux. Pourtant, c'était bel et bien ce que Tohma avait fait. Suguru était sous le choc. Quoi ? L'homme qui, pour lui, comptait plus que tout, l'homme qui avait influencé toute sa vie depuis sa plus tendre enfance… Il n'était donc rien pour lui ? Cette voix dont la température était assimilable à celle du zéro absolu, qu'il réservait la plupart du temps aux employés tels monsieur Shindô qui ne travaillaient guère, il l'avait utilisée contre lui ? Le considérait-il comme… un second monsieur Shindô ? Ne le considérait-il pas comme un membre à part entière de la famille Seguchi ?

A ces pensées, la souffrance envahit Suguru, les larmes emplirent ses yeux. Ne voulant pas que l'homme qu'il avait adulé toute sa vie – et qui maintenant le rejetait comme une vulgaire chaussette – ne le voie pleurer – un Seguchi ne pleurait pas –, il essuya ses yeux d'un vif revers de manche.

Seulement, Tohma, voyant la réaction de son jeune cousin, fut encore plus écœuré, se méprenant sur la véritable raison de la tristesse du jeune homme.

― Suguru, sortez d'ici. Allez vous reposer, et ne revenez que lorsque vous serez calmé. Et je vous interdis de remettre les pieds dans cette pièce sans convocation officielle du directeur de NG. Sortez, maintenant.

Tohma Seguchi ! Il l'avait… il l'avait… vouvoyé… Comme s'il ne le connaissait pas. Et sa voix, encore plus glaciale que celle qu'il avait utilisée précédemment, l'avait touché au cœur. Il lui avait parlé comme à un inconnu incompétent et lui avait ordonné de ne plus l'approcher. Suguru n'y comprenait rien, et avait envie de hurler de douleur. Il se retint et cavala dans les couloirs – heureusement vides – de NG Productions, avant de se jeter avec force sur le canapé du studio attribué au groupe Bad Luck.

Se souvenant de cette scène exactement de la manière dont il l'avait vécue, Suguru se dit que, vraiment, il n'avait pas été malin de déclarer son admiration à son cousin en lui disant « je vous aime ». Il aurait peut-être pu choisir un peu mieux ses mots.
Mais il était trop tard, maintenant. Tohma Seguchi le prenait à présent pour un petit dévergondé, et Suguru doutait qu'il puisse un jour remonter dans son estime. Après tout, le blond lui avait très clairement donné l'ordre de ne plus jamais remettre les pieds dans son bureau après l'avoir congédié de manière peu sympathique. Mais Tohma Seguchi n'était pas fait pour être sympathique. Il était là pour diriger NG, et c'était tout.

Suguru se remit à pleurer – des larmes de rage, cette fois – et bourra le canapé de coups de poing, qui n'avait rien demandé à personne.

― Fujisaki, laisse donc ce pauvre canapé tranquille, il va finir par rendre l'âme, déclara une voix bien connue du claviériste à l'accent américain marqué.

Suguru redoubla alors d'assaut contre le pauvre meuble.

― Tu peux m'expliquer ce qui ne va pas ? D'habitude, tu es toujours… euh… how can I say that…

― De toute façon, je ne vois pas en quoi cela vous regarde, mister K, le coupa l'adolescent, amer.

K se planta face au jeune homme, les mains sur les hanches, l'air furibond.

― Oh que si, ça me regarde ! Vous êtes sous ma responsabilité, you know ? If mister Seguchi knows that I'm a bad manager because you are crying, I'll be fired !

― Vous ne serez pas un mauvais manager tout simplement parce que je pleure, mister K…

― No, of course. Mais j'ai le devoir de m'occuper de mes protégés, et donc, tu dois me dire ce qui ne va pas.

― Mais je vais très bien ! s'exclama Suguru dans un élan de rage. J'ai le droit de pleurer parce que j'ai envie, non ?

K sourit d'un sourire démoniaque. Il agita un index de droite à gauche en chantonnant : « No, no, no, you're a liar, Fujisaki… ».

― Si je vous dis que tout va très bien, c'est que tout va très bien ! Ne me traitez pas de menteur !

Il n'était pas dans les habitudes de Suguru Fujisaki de s'énerver, mais aujourd'hui, il décida de laisser libre cours à ses sentiments. Après tout, K l'avait vu pleurer, alors au point où il en était… Le grand américain fit une moue dépitée.

― Si tu ne me dis pas ce qui ne va pas, je risque de ne plus pouvoir me contrôler.

Suguru resta un instant sans bouger, sans comprendre les paroles de son manager. De quoi parlait-il ? S'était-il trompé de nom ? Après tout, parler le japonais lorsqu'on était d'origine américaine était une véritable galère, surtout pour s'y retrouver dans les mots.

― …Excusez-moi, mister K, mais je n'ai pas très bien compris le sens de vos paroles… Et je me répète, tout va très bien.

― Menteur, sourit K. So, tu va connaître bientôt le sens de mes paroles, don't worry.

Sur ces mots quelque peu étranges, l'Américain se dirigea vers la porte du studio. Suguru se sentit soulagé : enfin, il allait le laisser tranquille ! Son soulagement disparu aussi vite qu'il était apparu lorsqu'il s'aperçut que, si K s'approchait de la porte, ce n'était pas pour s'en aller, mais pour la fermer. A clé.

L'américain s'approcha de Suguru, un immense sourire mi-sadique mi-vorace plaqué sur le visage.

***

Epilogue

Cela faisait une heure que Suguru avait quitté le bureau de son cousin, et, depuis une heure, celui-ci n'avait eu de cesse que de penser aux mots qu'il lui avait dits. Suguru ne pouvait tout simplement pas lui déclarer son amour. D'une parce qu'ils étaient de la même famille, de deux parce qu'il avait clairement vu les regards flamboyants et chargés de passion qu'il envoyait à Nakano pendant leurs répétitions et enregistrements. Il avait simplement dû vouloir lui exprimer toute son admiration, c'était sûrement ça.

Tohma réfléchissait. Il avait été brutal avec Suguru, sous le coup de la surprise. Il devait s'excuser. Son jeune cousin devait être totalement perdu et triste à l'heure qu'il était. Mais comment faire ?

Le directeur de NG Productions descendit dans la rue – non sans avoir enfilé son nouveau manteau violet – et sonda les boutiques alentour du regard. Ses yeux se portèrent sur une en particulier. Une chocolaterie. Il n'ignorait pas l'amour que portait Suguru au chocolat, et se dit que ses excuses seraient plus facilement acceptées avec un gros paquet de Leonidas. Pour sa famille, Tohma ne regardait pas à la dépense. Il espérait que son cousin soit aussi docile qu'Eiri lorsqu'on ramenait des sucreries à celui-ci.

Le paquet emballé à la main, Tohma prit la direction du studio attribué à Bad Luck. Arrivé dans le couloir du deuxième étage, il entendit des hurlements terrifiants.
Perdant de sa superbe, il se dirigea vers l'endroit d'où venaient ces cris, et se retrouva… face au studio de Bad Luck.

Un troisième hurlement retentit. Mais… C'était la voix de Suguru ! Etait-ce son cousin qui braillait ainsi ? Etonné, Tohma tenta d'ouvrir la porte. Fermée.

Il plongea une main dans sa poche et en sortit un passe-partout qu'il glissa dans la serrure. La porte pivota lentement sur ses gonds.

Suguru aperçut le visage de Tohma. En larmes, il cria un « Tohma-san ! » d'une voix exténuée.

L'américain se retourna et vit le visage rouge, mi-furieux mi-stupéfait de son directeur.

Oh, mister Seguchi ! How are you ? Come on, come on ! Plus on est de fous…

Le directeur de NG Productions s'effondra en arrière, sous le regard désespéré de Suguru, et celui barbare de K.

Oh, quel dommage. Mister Seguchi cannot help you, on dirait.

TOHMA-SAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Le hurlement retentit encore longtemps dans les couloirs.

Le lendemain matin, arrivé plus tôt qu'à son habitude, le guitariste de Bad Luck, Hiroshi Nakano, eut la surprise de trouver tendrement enlacés sur le canapé du studio son manager et le claviériste du groupe. Jusqu'à ce que celui-ci ouvre un œil et se précipite sur lui, l'air tout bonnement traumatisé, balbutiant des bribes de phrases incompréhensibles pour le commun des mortels, du genre « Non, non… pas ça, Mister K… Non… Il m'a pris mon précieux ! Il me l'a pris, monsieur Nakano ! »

Hiroshi, ne sachant que faire, tapota le dos de l'adolescent en se demandant ce qu'il avait bien pu faire au bon Dieu pour être entouré de fous.

***


Voilà ! J'espère que ça vous a plu ! Alors, concernant le "précieux" de la fin...

En fait, c'est parce que quand on a commencé ce truc, on était au Conservatoire, sur mon ordinateur, et on a commencé à DELIRER comme des malades sur une simple phrase que j'avais écrite pour le fun en bas de l'écran : "Le chaste et pur Suguru – du moins, avant le futur passage de K… – se roula en boule et hurla que JAMAIS, non JAMAIS, il ne donnerait son précieux à l'Américain."
(Parce qu'on avait parlé de Gollum avant. Enfin, bref.) Et donc, ça nous est resté, et comme Mad M. avait l'air de tenir beaucoup à cette avant dernière phrase du chapitre... Je n'ai pas pu l'enlever... JE N'AI PAS PU !!!!!!

(Et maintenant, vous allez nous prendre pour des folles hystériques et psychopathes. Ce que nous sommes certainement. Et en plus, en ce qui me concerne, j'ai des cheveux bicolores. Mad M., elle, a des CILS bicolores. =D)

Merci d'avoir attendu !

Et comme j'ai trouvé qu'elle mettait longtemps à faire son travail, j'ai commencé le prochain chapitre (dans lequel une partie est dédiée à des pigeons (je suis désolée, mais c'est psychologique, j'ai quelque chose contre eux ou je ne sais pas mais... .)), et donc, je ne vous ai pas demandé votre avis.

Mais donnez-moi des idées pour celui d'après, parce que j'ai presque fini le prochain (je ne vous dis pas sur qui c'est ^^). Il sortira vendredi soir maximum. ^^

Voilà, merci beaucoup d'avoir prêté attention à tout ça !

Ashura. (et Mad M.)