Bonsoir,
Je vous propose de quoi lire quelques minutes. Rappelez-vous, Severus et Hermione sont dans leur future chambre, après que Louis ait gentiment proposé de porter la valise d'Hermione...Alors bonne lecture, voici la suite :p
CHAPITRE 3
Severus se retourna vers elle. Assise sur le matelas du lit qui trônait dans la chambre, leur chambre, la Gryffondor le fixait patiemment. Ses mains s'en allèrent défaire la veste qu'elle portait toujours, dénudant ses bras, puis ses épaules et enfin, ce buste. Lorsqu'il se rendit compte que ses yeux se plurent à détailler ces nouveaux détails qu'elle venait de découvrir, le Serpentard s'efforça de reporter son attention sur son visage. Ce n'était pas le moment d'être distrait, même s'il dût avouer contre son gré que cette distraction était tout à fait…appétissante.
- Rappelez-moi pourquoi vous êtes ici Granger, finit-il par lui dire d'une voix qu'il aurait voulue nettement plus ferme.
La concernée parut dubitative l'espace d'un instant, ne comprenant sûrement pas où il désirait en venir. Mais connaissant son impatience maladive, elle ne chercha pas à se poser davantage de questions. Elle hocha les épaules, renforçant cette évidence qu'elle énonça ensuite.
- Pour que l'on croit que nous sommes ensemble.
- Exactement, confirma-t-il. Et seriez-vous du genre libertine lorsque vous êtes en couple ?
Cette fois-ci, ce ne fut pas de l'incompréhension qu'il put lire sur son visage, mais un cocktail entier d'émotions. C'était comme si elle hésitait entre être offusquée qu'il ose lui poser ce genre de question, gênée d'aborder ce sujet avec son ancien professeur ou demeurer téméraire, prête à lui répliquer une réponse des plus impertinentes. Voyant qu'elle commençait à s'empêtrer dans un silence, Severus la relança.
- Alors ?
- Je ne vois pas en quoi cela vous regarde, répondit-elle en croisant les bras contre sa poitrine, son visage restant impassible.
- Peut-être cela aurait-il pu expliquer votre comportement à l'égard de mon cousin, enchaîna-t-il en avançant vers elle. Pensez-vous que j'ai envie que l'on croit que la femme qui m'accompagne est prête à faire les yeux doux au premier venu ? Je ne partage pas vos mœurs légères Granger.
À cette accusation, Hermione bondit sur ses pieds, terminant de réduire au néant la distance qui les séparait. Elle se plaça devant lui, les mains sur ses hanches, le regard défiant le sien.
- Je n'ai rien fait ! Se défendit-elle.
- Justement, vous l'encouragez en restant aussi passive qu'un misérable Poufsouffle, contra-t-il en serrant ses mâchoires, agacé.
- C'est de votre faute. Vous ne vouliez pas me donner des informations sur les membres de votre famille, pas même leurs prénoms d'ailleurs…Vous auriez pu par exemple m'avertir que votre cousin drague tout ce qu'il trouve.
Severus ouvrit la bouche, mais la referma la seconde suivante. C'était vrai. Cette horrible, agaçante et énervante Lionne avait raison. Il aurait effectivement pu la prévenir pour ce trait de caractère qui n'était en rien nouveau chez Louis. Et quant à l'histoire de leurs prénoms, il avait préféré la provoquer plutôt que de la renseigner. Elle avait le don de l'exaspérer comme personne. Une situation qui allait donc compliquer les choses entre eux pour les jours qui allaient suivre.
Pourquoi avait-il fallu que son ancienne élève connaisse Elena McFray ?! Il devait réellement être maudit pour l'avoir désormais dans ses pattes jusqu'au week-end prochain. À moins qu'il ne soit complètement dément pour avoir accepté qu'elle l'accompagne.
- Et puis je croyais que nous ne devions plus parler avec des expressions sorcières…, rajouta-t-elle d'une voix malicieuse en relevant le terme « Poufsouffle » qu'il venait de dire.
Cette remarque fut celle qui le sortit de ses rêveries. Severus fronça les sourcils, avant de baisser la tête vers elle. Son regard polaire trouva le sien, désireux de réduire en miettes cet air moqueur qu'elle affichait.
- Ne faites pas la maligne avec moi, siffla-t-il. Ce n'est pas parce que nous allons faire semblant d'être ensemble que vous devez vous déconnecter de la réalité : je ne vous permets pas de me parler sur ce ton.
À vrai dire, c'était pourtant bien là leur problème majeur. Ils étaient aussi bien assortis que deux chaussettes provenant de deux paires différentes. Ils manquaient cruellement de vraisemblance. Les deux sorciers devaient réussir à convaincre avec une entente, un lien qui les unissait que fictivement.
- Nous avons besoin de fixer des règles, pensa-t-il soudainement à haute voix.
Ses yeux flottèrent encore un instant sur cet ambre qui le fixait, avant qu'il ne la contourne pour rejoindre le lit où il vint s'assoir. Hermione le suivit du regard, pivotant sur elle-même pour se tourner vers lui. Elle l'observa un moment, avant d'admettre que cela ne pourrait que les aider dans cette drôle de relation qui les liait désormais.
- Et bien pour commencer, nous devons nous appeler par nos prénoms et nous tutoyer, proposa-t-elle lentement en guettant un signe d'approbation de sa part.
La jeune femme en aurait presque frissonné en se remémorant cette voix onctueuse qui avait prononcé son prénom tout à l'heure. Elle se sentit idiote en ressentant une certaine satisfaction à l'idée de savoir qu'il recommencerait forcément.
- Uniquement en leurs présences, précisa-t-il d'une voix qui ne laissa pas de place à la négociation.
Ce ton catégorique amusa Hermione qui finit par s'approcher de lui.
- Pourquoi ? Auriez-vous peur de finir par y prendre goût ? Demanda-t-elle alors que son visage se dérida en arborant un sourire taquin.
- En aucun cas, répondit-il froidement. Gardez à l'esprit que je ne tirerai aucune satisfaction à instaurer ce genre de familiarités avec vous.
La Gryffondor ne se formalisa pas de ses propos crachés avec tant de dégoût, ni de la noirceur rebutante de ses iris. Qu'il le veuille ou non, ils allaient être ensemble durant une semaine. Hermione n'en aurait définitivement pas terminé si elle devait le reprendre sur toutes ses répliques mordantes. Ce fut sans doute pour cela qu'au lieu de contester, elle préféra de loin tendre la main vers lui. Ses cheveux l'intriguaient. Encadrant son visage jusqu'à venir effleurer le haut de ses épaules, ils paraissaient d'une extrême finesse et d'une douceur incontestée. Dans son souvenir scolaire, ils étaient affreux. Taillés comme on l'aurait fait avec un arbuste, ils donnaient l'impression d'être gras, sales. Mais là, ils provoquaient chez elle l'envie d'y passer sa main dedans.
Sauf que lorsque Severus vit cette main droite s'élever dans sa direction, non seulement il se recula, mais il attrapa en vol son poignet pour le stopper. Son regard chercha le sien, alors qu'un de ces sourcils s'éleva sur son front.
- Qu'est-ce que vous faites ?!
Le ton rêche qu'elle perçut alla de paire avec ces deux orbites exorbitées qu'il avait. Une réelle stupéfaction s'étalait sur son visage, effritant son légendaire flegme. Hermione tenta d'échapper à son emprise, mais sa poigne était trop forte pour qu'elle puisse s'y dérober. Penaude, elle reporta son attention sur son visage.
- Je voulais vous toucher, énonça-t-elle simplement.
- Pas question, grimaça-t-il avec répugnance en repoussant sa main qu'il finit par lâcher. Ne vous avisez d'ailleurs plus de recommencer, c'est la deuxième règle.
À ces mots, la Lionne croisa de nouveau ses bras contre son buste, alors que son regard soutint le sien.
- Ah oui, c'est sûr que dans ce cas nous serons crédibles, railla-t-elle sans détour.
- Je ne suis pas du genre démonstratif, se défendit-il en n'en démordant pas.
- Je le suis suffisamment pour deux…, commença-t-elle sournoisement. Essayez simplement de ne plus sursauter comme une fillette apeurée quand je vous toucherai devant votre famille.
Elle s'était attendue à le voir se tendre sous l'agacement qu'il ressentirait suite à sa provocation. Ce n'était sûrement pas tous les jours qu'on osait comparer Severus Rogue à une « fillette apeurée ». Hermione devait avouer qu'elle profitait légèrement de la situation pour s'exprimer plus…librement. Mais cette pique ne parut pas l'atteindre. Non. À la place de cela, l'homme commença à plisser les yeux, ne quittant plus les siens. Une lueur suspicieuse illumina ce noir abyssal. Et lorsque la Gryffondor finit par comprendre quelle partie de sa réplique engendra chez lui une pareille réaction, un large sourire moqueur étira ses lèvres charnues.
Il était resté bloqué sur le fait qu'elle comptait malgré tout le toucher. Mais apparemment, ils ne pensaient pas à la même chose. Alors qu'elle faisait allusion à de simples gestes d'affection innocents, lui paraissait se perdre dans des hypothèses qui ne lui seraient jamais venus à l'esprit.
- Et après vous osez prétendre que c'est moi qui ais des mœurs légères ? Lança-t-elle avec amusement. Ne vous inquiétez pas, je ne me risquerai pas à vous toucher à des endroits…indécents…en présence de votre famille. Ni même en d'autres circonstances d'ailleurs.
Une fois les doutes de Severus apaisés, la sorcière tourna les talons pour se diriger vers la porte de la chambre. À peine eut-elle posé la main sur la poignée qu'elle entendit un bruit derrière elle qui lui indiqua très clairement qu'il s'était levé, prêt à la suivre.
- Où allez-vous ? Demanda-t-il tout de même en l'incitant à suspendre son geste.
- Je descends dans le salon, comme l'a recommandé Louis tout à l'heure, répondit-elle en ouvrant la porte sans attendre plus longtemps.
- Je vous accompagne, vous ne savez même pas où c'est.
- Justement, Louis doit me faire visiter les lieux…, s'amusa-t-elle à lancer tandis qu'elle s'engouffrait déjà dans le couloir.
Provoquer son ancien professeur allait probablement devenir son divertissement le plus intéressant dans les jours qui suivraient, pensa-t-elle joyeusement en commençant à descendre les premières marches de l'escalier. Néanmoins, la Gryffondor ne s'était pas attendue à une réplique de la part du concerné. Ce dernier venait en effet de la rejoindre très promptement, s'alignant sur ses pas qui dévalaient l'escalier. Severus se rapprocha d'elle, venant placer sa main gauche dans la chute de ses reins, contre le fin tissu de sa robe, pour l'attirer davantage contre son flanc. Surprise par cette étreinte soudaine qui venait en tout point enfreindre l'une des règles qu'il avait fixées, Hermione s'arrêta.
Le contact de sa paume échauffa ses sens. Grande, chaude et ferme elle se plaça de manière très naturelle dans son dos. Merlin. Elle était si basse que s'il avait le malheur de bouger de quelques centimètres son auriculaire, il aurait le loisir de deviner les contours de son sous-vêtement. Et comme si elle n'était pas suffisamment troublée, Severus pencha ensuite sa tête vers le creux de son cou où il devina son oreille cachée derrière toutes ces mèches bouclées.
- N'y comptez pas trop…, chuchota-t-il lentement.
De ? Ah oui. Louis et sa prétendue visite.
C'était comme si sa voix avait pris le temps de disséquer chaque lettre, la laissant apprécier ce timbre grave qui résonna en elle. Hermione aurait pu frissonner sous ce ton suave, si elle n'était pas autant pétrifiée par ce brusque rapprochement. D'autant plus que ses cheveux chatouillèrent son oreille sous le souffle qu'il expulsa à chaque syllabe prononcée.
- Ressaisissez-vous. On dirait une pauvre fillette apeurée, reprit-il perfidement.
Ces deux derniers mots eurent en effet le don de la sortir de sa brève torpeur. Il se jouait d'elle, tout comme elle l'avait fait dans la chambre. Jetant un coup d'œil vers son visage, Hermione eut tout juste le temps d'apercevoir cette lueur fourbe qui anima son regard, avant qu'il ne la pousse légèrement pour l'inciter à poursuivre leur descente. Résignée, la jeune femme dut suivre son rythme, guidée par cette main qui restait encrée sur ses reins. Même si elle s'était reprise de son étonnement, elle n'en menait toujours pas large intérieurement. La présence de cette intruse dans son dos la perturba bien plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Peut-être parce qu'il s'agissait de Rogue, son ancien professeur. Ou alors parce qu'elle commençait à apprécier involontairement son contact, coincée ainsi contre lui.
Il avait fait de l'interdiction d'être touché une deuxième règle. Mais pourtant, elle ne put s'empêcher de constater que cela ne lui demandait pas beaucoup d'effort pour qu'il laisse sa main aussi longtemps dans son dos. D'ailleurs, Severus ne l'enleva que lorsqu'on proposa à Hermione de lui faire visiter la maison. Et en bon Serpentard qu'il était, le professeur parvint à accaparer l'attention de son cousin durant un moment suffisant, puisque ce fut finalement son oncle Gaspard qui se proposa aimablement. Une ruse qui n'échappa en rien à la Gryffondor, elle se nota mentalement de le lui rappeler lorsqu'ils seraient seuls. En attendant, la Rouge & Or découvrit chacune des pièces de cette maison qu'elle trouva très chaleureuse. C'était une vieille bâtisse qu'ils avaient pris le temps de rénover de manière beaucoup plus contemporaine. Son principal atout était sans aucun doute cette piscine qu'ils avaient faite construire dans leur jardin. Longue de huit mètres sur quatre, elle prenait la majeure partie de leur terrasse. Mais d'après ce que lui expliquait l'oncle de Severus, il faisait tellement beau à Narbonne qu'ils en profitaient jusqu'à huit mois sur douze dans l'année. Un ajout qu'ils ne regrettaient nullement. D'autant plus que malgré le manque d'espace vert, ils avaient réussi à installer plusieurs arbustes qui délimitaient leur propriété. Des arbres à papillons, des lauriers, des hibiscus autant de couleurs que d'espèces qui apportèrent une touche fleurie et colorée tout à fait appréciable.
C'était ravissant. À cet instant, Hermione ne regretta en aucun cas d'être venue, surtout avec un cadre de vie à l'apparence idyllique. Cela devait réellement être agréable de vivre dans ce coin de la France. Il faudrait qu'elle pense à demander à Rogue s'il venait régulièrement voir sa famille. En tout cas, la jeune femme pouvait aisément comprendre qu'il ait envie d'y revenir au moins une fois par an. Ils étaient très accueillants, souriants et soucieux qu'elle se sente à l'aise en leur compagnie. Gillian l'invita à les rejoindre sur la terrasse ensoleillée, un savoureux vin rosé étant apparemment sorti en compagnie de quelques amuses-bouches pour qu'ils prennent tranquillement l'apéritif. Une offre qu'elle s'empressa d'accepter, se retrouvant donc installée aux côtés du couple et en face des deux hommes. Même si Severus ne paraissait pas cautionner le côté coureur de jupons de Louis – surtout s'il le mettait en pratique sur elle – les deux cousins semblaient bien s'entendre. Ils appréciaient visiblement tous les deux les joutes verbales, un sport où l'ancien Mangemort sortait quasiment toujours gagnant. Cela n'étonna nullement la Lionne, étant elle-même victime de ses sarcasmes.
Pendant ce temps, elle discuta paisiblement avec son oncle et sa tante. Hermione parvint à échanger avec eux, posant adroitement certaines questions pour avoir davantage de renseignements puisque Rogue ne daignait lui en fournir. En prêchant le faux pour obtenir le vrai ou en faisant quelque fois mine de comprendre de quoi ils parlaient, elle réussit à dégoter plusieurs informations utiles. Par exemple, Louis était commercial pour une marque de sport et son grand-frère Martin, était ingénieur dans l'usine nucléaire située dans la ville tandis que Gillian et Gaspard étaient retraités depuis peu. La Gryffondor apprit également que Severus leur avait toujours dit qu'il était professeur, certes, mais de chimie dans un lycée écossais. Ce qui s'approchait effectivement le plus de son ancien poste de professeur de Potions. Désormais chargé des Défenses Contre les Forces du Mal, elle le voyait mal trouver un équivalent moldu. Professeur d'arts martiaux ? D'auto-défense ? Il n'en avait guère le profil.
Lorsque Louis lui demanda ce qu'elle faisait dans la vie, Hermione fut surprise de sentir sur son visage un regard brûlant de curiosité. Il ne s'agissait pas de l'océan vert de son interlocuteur, mais bien de ces deux perles noires appartenant à Severus. Il la fixait avec une intensité qui trahit son réel intérêt. Avait-il peur qu'elle ne sache pas tenir sa langue sur le monde sorcier ? D'autant plus que son poste n'était pas spécifique à leur univers, elle pouvait en parler sans craindre de révéler quoique se soit.
- Je suis propriétaire d'une librairie, répondit-elle fièrement.
Inutile de leur préciser qu'elle avait racheté la boutique de Fleury et Bott du Chemin de Traverse, grâce à la coquette somme que le Magenmagot lui avait versée en dédommagement de sa contribution durant la dernière Guerre. Ni qu'elle était désormais membre de l'Ordre de Merlin, tout comme Severus d'ailleurs.
- J'ai toujours adoré les livres…, rajouta-t-elle pensivement. Alors posséder ma propre libraire était la meilleure excuse que je me sois trouvée pour en avoir des milliers. Bien sûr, je les ai dans l'unique but de les faire partager en les vendant pour répondre aux besoins de mes clients, mais je peux presque certifier que je les ai quasiment tous lus avant de les proposer à la vente…
Severus se retint de justesse de pousser un soupir, moqueur. Le rat de bibliothèque qu'elle était n'avait pas complètement disparu visiblement. Elle dévorait toujours tout ce qu'elle pouvait lire. Mais il dut néanmoins reconnaitre que ce trait de caractère lui avait octroyé une certaine ouverture d'esprit et une maturité qu'il n'avait pas encore trouvées chez des sorciers de son âge. Il fallait juste faire abstraction de son côté de Miss-insupportable-qui-veut-tout-savoir.
- Et depuis combien de temps vous êtes ensemble ? Les interrogea Louis en sortant son cousin de ses pensées.
L'ancien espion qu'il était sentit de suite le regard de Granger chercher le sien, presque paniquée. Si elle ne se reprenait pas un tant soit peu, cette idiote allait se faire repérer. Certes, ils n'en avaient pas discuté, mais ce n'était pas un problème. Severus devait juste trouver une réponse en quelques secondes, il avait connu pire comme interrogatoire.
- Huit mois, lâcha-t-il avec flegme.
Une durée convenable. Pas encore très longue, mais suffisamment sérieuse pour qu'il la présente à l'occasion du mariage de son cousin. Du coin de l'œil, il vit d'ailleurs sa prétendue compagne pousser un discret soupir de soulagement. Severus se retint de lever les yeux au ciel. Douterait-elle de ses capacités ? Il était tout de même à l'origine de ce plan complètement tordu. Il pouvait donc parfaitement l'assumer et faire en sorte que cela fonctionne.
- Et comment vous vous êtes connus ? Poursuivit Louis.
Mais quel emmerdeur pensa Severus, alors qu'il attrapa son verre pour boire une gorgée de vin en espérant que l'inspiration le transpercerait grâce aux effets désinhibiteurs de l'alcool.
- Tu es trop curieux, le prévint sa mère bien que le ton de la réprimande n'y était pas. C'est peut-être de l'ordre du privé, laisse-les donc tranquille Louis.
- Moi aussi j'ai envie de savoir, intervint Gaspard en croquant dans une tomate cerise garnie de fromage aux fines herbes.
Gillian lui adressa un regard circonspect, qu'Hermione soupçonna d'être en réalité un avertissement.
- Et bien quoi ? C'est la première fois que Severus nous présente une amie, se défendit-il avec amusement. Je suis certain que ce doit être une histoire intéressante. Alors oui, je suis comme Louis et je meurs d'envie de la connaitre.
Sa femme ne put qu'hausser les épaules en signe d'excuse, ne pouvant pas cacher sa propre curiosité. Ils n'allaient pas pouvoir y échapper. En posant son attention sur la Gryffondor, Severus comprit à son regard qu'elle en était arrivée à la même conclusion. Peut-être auraient-ils dû mieux accorder leurs chaudrons tout à l'heure. Quoique, cela pourrait être intéressant. Cette Lionne avait voulu l'accompagner dans cet unique but après tout, non ? Il allait lui tendre une belle perche pour faire en sorte que les choses aillent dans cette direction.
L'homme prit le temps de boire une seconde gorgée de vin, tout à fait conscient que sa famille était plongée dans une expectative insoutenable. Bloquant ensuite ses yeux dans ces ambres dont il commençait à apprécier les différentes nuances, Severus mit à exécution son idée.
- Hermione était mon élève quand je l'ai connue, annonça-t-il avant de mastiquer quelques chips au paprika.
Son calme ébranla non seulement sa famille, mais aussi la principale concernée. Tous haussèrent des sourcils, ouvrirent la bouche prêts à parler, mais l'incompréhension et l'embarras qui les animaient les empêchèrent de dire quoique se soit. Étant professeur de chimie dans un lycée à leurs yeux, il s'occupait majoritairement d'élèves mineurs. Tout comme à Poudlard en réalité. De ce fait, prétendre qu'il ait connu Granger alors qu'elle était élève pouvait effectivement prêter légèrement à confusion. Et s'il en croyait le regard courroucé que lui lança furtivement Hermione, elle n'appréciait en aucun cas l'approche de leur prétendue rencontre. Comportement qui lui déclencha un rictus rieur.
- Mais c'est dégueulasse ! Ne put finalement plus se retenir Louis en brisant le silence qui les entourait. Elle était ton élève ?! Tu n'es qu'un vieux pervers en fait…
- Je ne suis pas un pédophile, le contra durement Severus. Tu m'as demandé comment je l'ai connue, je t'ai répondu : au lycée où j'enseigne. Ça ne veut pas dire que notre histoire a commencé dès la première heure de cours que j'ai eue avec elle.
Tous se retinrent de pousser un soupir à ces précisions, mais leurs visages laissèrent toutefois exprimer ce soulagement qu'ils ressentaient. Depuis le temps, ils devraient connaitre le personnage.
- Espèce de crétin ! Tu n'es vraiment pas doué pour raconter des histoires, se plaignit son cousin, n'appréciant pas de s'être fait entourloupé ainsi.
- C'est vrai, concéda calmement Severus. Il vaudrait mieux qu'Hermione poursuive à ma place. C'est une très bonne oratrice.
Il aurait pu sourire en voyant son visage à la fois atterré et indigné. Sans doute ne s'était-elle pas attendue à être ainsi acculée, même si son esprit brillant avait probablement deviné qu'il y avait Strongulot sous roche. D'autant plus que désormais, sa famille avait posé toute son attention sur elle, suspendue à ses lèvres pour qu'elle révèle enfin toute l'histoire. Ne lui avait-il pas promis une situation gênante ? C'était autant divertissant que ce qu'il avait prévu. Peut-être même plus, tout dépendrait de son imagination et de ses capacités à inventer sur le vif leur rencontre.
Heureusement toutefois qu'elle parvint à se reprendre très vite, affichant une mine beaucoup plus enthousiaste. Elle avala ensuite une longue gorgée de ce rosé, puis grignota le gressin qu'elle avait toujours en main, avant de se lancer.
Hannnnnn, oui, j'ai coupé le chapitre pile ici ! Je n'ai pas pu résister, c'était trop tentant.
Que va bien pouvoir dire Hermione ? Surtout que finalement, ils n'ont rien mis au point pendant leur prétendue discussion. Finalement, il s'amuse bien ce cher Severus ! Tout comme elle se plait à lui rendre la pareille. Reste à savoir comment ça va évoluer tout ça...
Promis, le chapitre 4 ne tardera pas trop. En attendant, merci à tous pour vos reviews, mais surtout pour vos nombreuses lectures. Je suis content de savoir que j'arrive à vous divertir l'espace de quelques petites minutes :p Bonne soirée, à très vite !
