Ce chapitre fut un peu long à venir, je m'en excuse. J'espère qu'il vous plaira...

3.

Rachel

Douleurs

J'ouvre difficilement les paupières. Elles me brûlent. J'ai l'impression d'avoir pleuré des heures. Je les referme vivement face à la forte lumière au-dessus de moi.

- Elle se réveille…

La voix que j'entends semble être celle de mon père.

Bordel, j'ai fait un horrible cauchemar.

Je veux passer ma main sur mon front en essayant d'oublier ces mauvais souvenirs, mais ma main est bloquée, je la sens prisonnière dans ce qui semble être une autre main. Ma deuxième main est immobile, elle aussi. J'aime même l'impression que c'est tout mon bras que je ne peux pas bouger. Je papillonne des yeux, perdue, m'habituant à la lumière et me rends compte que je suis couchée sur un lit d'hôpital.

Ce n'était pas un rêve. Oh, mon Dieu.

J'ai du mal à tourner la tête, elle semble peser une tonne et ma nuque est raide. Tout mouvement m'irradie de douleur et me fait froncer les sourcils, augmentant encore plus la douleur.

- Hey ! Ne bouge pas, le médecin arrive.

Finn… Ma main est de-nouveau pressée, et je sais qu'il est là. A mes côtés. Je veux le voir, il faut que je le voie. Ma tête reste immobile alors que j'essaie de la faire tourner. Alors je le sens se lever et il apparaît devant mon visage. Ses yeux sont gonflés, rouge, avec d'énormes cernes, mais quand il les pose sur moi, ils ne sont que réconfort.

La porte blanche à ma droite grince doucement. Le Docteur Elyne Teners — du moins, c'est ce qui est écrit sur son badge — entre et me lance un grand sourire en voyant que je suis réveillée.

- Bonjour.

J'ouvre ma bouche, mais aucun mot n'en sort.

- N'essayez pas de parler.

La douleur commence à se faire sentir à travers mon corps. Mes pensées sont floues, les souvenirs affluent peu à peu alors que ma gorge se noue de plus en plus.

- Vous avez été intubé, alors votre gorge doit être un peu irritée. On va vous donner un peu d'eau plus tard. Vous souvenez vous de ce qui s'est passé ?

Bien sûr que je me souviens de tout, et j'aimerai tellement que ce ne soit pas le cas. Je ferme un instant les paupières en espérant que quand je les rouvre, tout soit différent. Mais non, les larmes qui coulent sur mes joues sont bien le reflet de cette horreur.

- Vous avez passé deux jours dans le coma suite à un traumatisme crânien. Vous avez des ecchymoses sur le visage qui devraient s'estomper dans les jours à venir. Nous avons réduit la luxation de votre coude droit et vous n'aurez pas de séquelles. En revanche…

Elle énumère mes blessures comme une liste de courses et mon cœur s'affole avant qu'elle ne termine.

- … la blessure au niveau de votre abdomen a nécessité une chirurgie pour arrêter l'hémorragie de votre artère iliaque. Vous allez rester encore un ou deux jours dans mon service avant que l'on vous débranche de toutes ces machines.

Bref, je suis passée sous un rouleau compresseur.

- Quand pourra-t-elle être transférée ?

- Elle pourra rejoindre le service de soins de suite quand je lèverai la surveillance sous monitoring cardiaque.

Je regarde l'échange entre mon père et le médecin tandis que ma gorge me brûle de plus en plus.

- Je veux qu'elle soit transférée à l'Hôpital Riverside de Lima. Mon mari prépare son arrivée, là bas.

Je me tends à l'idée de quitter New York et pousse un gémissement de douleur en contractant mes abdos pour me redresser. Finn me soutient les épaules et le médecin redresse la tête du lit. Le changement de position me soulage légèrement.

- J'ai soif, arrivé-je à murmurer.

Le liquide aspiré à la paille me fait l'effet d'avoir avalé des lames de rasoir mais me permet de me faire plus entendre.

- Je ne veux pas partir…

Le médecin augmente un peu le débit de ma perfusion où se trouve, je pense, des antalgiques.

- Vous restez avec moi pour le moment, ne vous en faites pas.

J'ai l'impression que d'avoir prononcé ces cinq mots a puisé tout ce que j'avais d'énergie. Le cocktail d'antalgiques et mon épuisement me plongent à nouveau dans le sommeil.

**Glee**

La nuit a été très difficile. Je me suis réveillée toutes les demi-heures, haletante. J'ai fait des cauchemars et span style="mso-spacerun: yes;" /spanla panique m'a comprimé si fort la poitrine que je me suis débattue comme une hystérique au milieu des draps froids. Les doses d'antalgiques ont été augmentées et un calmant a du m'être administré.

Ce matin, je me réveille avec l'impression d'avoir passé la nuit dans le tambour d'une machine à laver, programme essorage. Ma tête cogne à chaque clignement des yeux, mes membres sont lourds et endoloris, et je me sens groggy.

Finn est toujours à côté de moi, endormi dans le fauteuil. Mon père fait les cents pas aux pieds de mon lit, pianotant sur son Smartphone.

- Papa…

Je le vois relever la tête, le regard inquiet. Craint-il une nouvelle crise d'angoisse ?

- Comment tu te sens chérie… ? il parle tout bas mais sa voix résonne dans ma tête.

- J'ai mal…

Il actionne la sonnette d'appel et à peine trente secondes plus tard, le docteur Teners fait son apparition.

- Vous voilà réveillée ? Comment vous sentez vous ?

- J'ai mal à la tête…

Mal est un euphémisme… est ce que la Rave party qui se tient dans mon cerveau peut cesser ?

- Je vais arrêter les calmants, explique-t-elle avant de tripoter ma perfusion. Vous allez être un peu plus présente parmi nous, mais je vous les remets si vous vous agitez.

Elle m'aide à boire un peu à l'aide d'une paille et c'est bien la première fois que chose me fait du bien.

- Des inspecteurs veulent vous voir et vous poser quelques questions. Vous sentez vous capable de leur parler ?

Je crois… peut être.

Finn bouge de son fauteuil et se réveille au moment où un homme et une femme entrent dans la chambre.

- Rachel, bonjour je suis le Lieutenant Olivia Benson et voici mon coéquipier, l'inspecteur Amaro. Nous aimerions vous poser quelques questions…

- Je sais qu'il vous est difficile de vous souvenir de tout ce qu'il s'est passé, mais nous voulons vous aider, me dit l'inspecteur. Avant de répondre à vos questions et vous expliquer la situation, j'aimerais que vous nous racontiez ce dont vous vous souvenez.

Je vois Finn s'agiter dans un coin de la chambre, son regard protecteur posé sur moi. Il ne prononce pas un mot, mais s'approche, puis se place près de moi et serre ma main silencieusement. Il se montre fort, mais je sais qu'il est ravagé au fond de lui.

Aucun mot ne sort de ma bouche. Je ne veux pas parler. Plus maintenant.

- Peut être faudrait-il nous laisser un peu avec Rachel ? suggère le Lieutenant.

Oh non, je ne vais pas rester seule à raconter toute l'histoire à deux inconnus.

- Je veux pas…

- Je reste, me coupe Finn.

- Non, proteste mon père.

Un silence de plomb immerge la chambre. Chacun d'un côté de mon lit, Finn et mon père se font face. Je ne sais pas pourquoi il règne une telle tension entre eux, mais ça ne présage rien de bon.

- Ce n'est pas une déposition officielle… mais il faut mieux ne pas être trop nombreux autour de Rachel.

Le Lieutenant accepte une seule personne avec moi durant leurs questions. Au risque de froisser mon père, je choisis Finn.

Bien sûr, il faut que je leur raconte tout ce dont je me souviens. L'arrivée au loft, ma dispute avec Brody puis les coups… Au fur et à mesure de l'interrogatoire, tout devient confus. Je ne sais plus s'il m'a giflé avant que je ne le fasse, ni à quel moment il a enfoncé un tesson de verre dans mon abdomen.

- Désolée, je… tout est confus.

Ma tête tourne à m'en donner la nausée et mon cœur s'emballe.

- Ne vous inquiétez pas, nous repasserons plus tard quand vous irez mieux.

Le calme revient quand la porte se ferme derrière les inspecteurs. La pièce, silencieuse, m'apaise, mes yeux se ferment quelques instants et je sens mon corps se détendre progressivement.

Finn, toujours à mes côtés, garde le silence. Ses doigts crispés sur les miens, je sais qu'il est tendu. Quand j'ouvre les yeux, Finn s'installe sur le bord du lit et regarde nos doigts entrelacés. Mâchoire crispée, lèvres pincées, tête baisée, il semble dévasté.

- Finn…

- Quand Kurt m'a appelé pour me dire qu'il t'était arrivé quelque chose, j'ai cru que la terre venait de s'ouvrir sous mes pieds. Finn parle d'une voix monocorde, toujours en regardant nos mains. Je ne veux pas l'interrompre alors je ressers mes doigts autour des siens pour l'inciter à continuer. On a roulé toute la nuit, Burt et ma mère se sont relayés pour qu'on ne perde pas une minute. J'étais perdu, je n'avais qu'une chose en tête. Te voir.

Je me souviens que Kurt et Santana sont arrivés au loft, mettant fin à mon calvaire. Mais je ne me rappelle de rien jusqu'à mon réveil hier. J'imagine qu'ils ont prévenu Finn et mes pères aussitôt.

- Quand on est arrivé à l'hôpital, personne ne voulait nous donner de tes nouvelles car nous n'étions pas de la famille. Kurt et Santana ont pu juste nous dire que t'étais passé en chirurgie. Tes pères… Finn me regarde enfin, et je pressens que je ne vais pas aimer la suite de ce qu'il va me dire. Ses yeux sont rivés aux miens et j'y vois tant de colère.

- Dis-moi…

- Ils… ils nous ont empêchés d'avoir de tes nouvelles, jusqu'à leur arrivée. Ma mère a réussit, je sais pas vraiment comment, mais on nous a enfin dit comment tu allais. Je pense que c'est à ce moment là que j'ai recommencé à respirer…

- Mais pourquoi… essayé-je de demander en me redressant, grimaçant de douleur. Pourquoi, ils ont fait ça ?

- Rachel… Ils disent que tu ne leur as jamais parlé de Brody… Finn a prononcé son nom avec tant de haine.

- Ça ne les regardait pas, je m'en défends.

Aborder Brody a jeté un froid entre nous. Je ne peux lui en vouloir de le détester. Doucement, Finn porte ma main à ses lèvres et ce contact nous détend tous les deux.

- Ils en veulent à Kurt et Santana… Ils disent que tu as changé, que New York a transformé leur fille…

La porte claque brutalement et nous fait sursauter tous les deux.

- Tu étais au courant, toi aussi ?

Mon père vient de faire irruption dans la chambre, surprenant notre conversation.

- Comment as-tu pu laisser ma fille vivre avec ce monstre ?

- Papa !

Comment mon père peut-il accusé Finn des décisions que j'ai prise ?

- Non, Rachel, tu m'écoutes ! Mon père me parle comme si j'avais encore six ans. Tu vas rentrer à Lima. On va te faire transférer à Riverside et tu pourras te reposer loin d'ici.

- Papa, non !

- C'est non négociable ! L'autorité de mon père est inquiétante tant elle me surprend. Il reprend plus calmement. Tu as tellement changé Rachel. Tu as de mauvaises fréquentations et…tu as fait des choix…mon dieu, qui es-tu devenu ? Tu vas rentrer avec moi, et ton père et moi allons prendre soin de toi. On sait ce qui est bon pour toi.

Finn se lève tout en gardant ma main dans la sienne.

- Vous n'êtes pas les seuls à pouvoir prendre soin d'elle. Face à face, mon père et Finn se livrent à un vrai duel. Lima ou New York, vous ne me tiendrez pas éloigner d'elle. Rachel, continue-t-il en me regardant, si tu veux rentrer à Lima, je viendrais avec toi. Et si tu veux rester, je reste, d'accord ?

J'acquiesce silencieusement.

- Je veux rester ici… murmuré-je doucement.

C'est au tour de Finn d'hocher la tête, prenant acte de ma décision.

- Je ne vais pas laisser ma fille ici, alors que le monstre qui lui a fait ça, se trouve à peine à quelque chambre d'elle.

Je me fige. Brody est ici, à l'hôpital… Je ne me sens pas bien. Finn voit aussitôt la panique m'envahir.

- Hey, hey… Rach regarde moi…

Ma respiration s'accélère et ma mâchoire se met à trembler. Ma poitrine me sert et je sens que je manque d'air.

- Il est ici…

- Il peut rien te faire Rach… Finn reprend place sur le lit et tente de me rassurer. Tu l'as blessé. Malheureusement pas assez, me sourit-il. Il a du être soigné dans le service d'à côté, et sa chambre est gardée en permanence par des flics. Il ne peut pas en sortir, tout comme personne ne peut l'approcher, crois-moi.

Ses doigts viennent chasser les larmes qui coulent sur mes joues, et son contact m'apaise. Quelques secondes de silence me permettent de me calmer et de retrouver une respiration normale. Je suis encore nouée, non pas seulement par les coups que j'ai reçu, mais par la tension qui règne également dans cette chambre. Mon père nous fixe et, même si je comprends son inquiétude, son attitude me stress. J'ai besoin d'assimiler tous les événements passés et je ne peux pas le faire tant qu'il se comportera comme ça.

- Papa… Je veux rester ici, s'il te plait. Mon père me regarde tout en jetant un coup d'œil sur Finn qui l'ignore. Et je veux voir Kurt et Santana !